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Jeux de plateau

BGA 2026 : Le palmarès (et 403 ans sur Ark Nova)

🦍 Avec 403 ans de temps de jeu sur Ark Nova et le palmarès des BGA Awards 2026, Board Game Arena prouve que le virtuel sauve nos étagères !


BGA 2026 : Entre les 403 ans d’Ark Nova et le nouveau palmarès, l’algo a peut-être sauvé notre Kallax

L’essentiel en 3 points :

  • Le chiffre fou sur BGA : les joueurs ont cumulé 403 ans de temps de jeu sur Ark Nova en 2025.
  • Toy Battle réalise le doublé 2026. Le duel d’affrontement rafle le prix du public ET le coup de cœur de l’équipe BGA.
  • Flip 7 triomphe en 10 minutes chrono pour l’apéro, tandis Galactic Cruise s’impose pour les experts exigeants.

Louis XIII était encore sur le trône quand la première partie a commencé. Enfin, mathématiquement parlant.

L’année ludique 2025 a été, comment dire… un poil sportive. Hausse des prix (on se demande à cause de qui…), Kickstarters qui tirent la langue, inflation qui nous tape sur les doigts, éditeurs en crise dont certains qui tirent la prise. Mais pendant que l’industrie du meeple cherchait son second souffle, on a été quelques-uns et quelques-unes à se réfugier sur Board Game Arena (BGA pour les intimes) pour poncer du meeple. En pantoufles, et devant son écran.

Le bilan 2025 de BGA est tombé début janvier, et ce chiffre a complètement fait péter les records.

Et vous, vous avez passé une bonne année 2025 ? Parce que pendant ce temps-là, une bande d’acharnés (nous ? vous ?) a passé l’équivalent de 403 années ininterrompues à construire des enclos pour macaques et à valider des projets de conservation. Oui, sur Ark Nova. Et sur un écran.

Ouais. 403 piges.

Pour situer le délire, c’est comme si une partie avait commencé pépouze sous le règne de Louis XIII et venait tout juste de se terminer en 2026. Dingue. Ça représente environ 7,1 millions d’heures jouées. En fait, c’est tout bête (promis, on range la calculette après ça). BGA compte en « heures-joueurs ». Si vous jouez à deux pendant une heure, ça fait deux heures au compteur global. Les fameux 403 ans, c’est le « temps de table » réel (environ 3,5 millions d’heures).

Le fait que le ratio soit pile-poil de deux confirme un truc qu’on savait déjà tous au fond : Ark Nova en ligne, ça s’apprécie essentiellement en duel. C’est devenu LE jeu à deux par excellence (pour ruiner sa productivité au bureau entre deux prompts ChatGPT).

Non, le numérique ne va pas ringardiser nos étagères

Mais pourquoi un Eurogame aussi massif et touffu explose-t-il les compteurs de la plateforme ? Honnêtement ? Parce qu’installer la boîte physique, c’est parfois aussi pénible que de manger du cenovis suisse (si vous n’avez jamais goûté, continuez ainsi).

On l’adore, ce jeu. Vraiment. Mais sortir l’immense plateau, brasser le deck monstrueux de 255 cartes, vérifier cinquante fois si on a bien le badge « Reptile » pour poser son croco… ça pompe une énergie folle. Sans parler de l’Analysis Paralysis de votre pote en face qui vous fait poireauter 20 minutes parce qu’il hésite entre un zoo partenaire et un kiosque à frites.

Sur BGA ? L’algorithme se tape le sale boulot. Zéro friction matérielle. Les pistes se croisent toutes seules. Ça libère 100 % de votre cerveau pour la stratégie pure. Du coup, on enchaîne les parties asynchrones. La charge mentale du « gros jeu » disparaît par magie.

Rappelez-vous en 2021, quand Asmodee a racheté BGA. Tout le monde hurlait à la mort des (petits) éditeurs et prédisait la fin du monde ludique. Quatre ans plus tard, la plateforme culmine à 11 millions d’utilisateurs et le catalogue déborde avec plus de 1000 jeux. L’abonnement Premium coûte le prix d’un demiard en terrasse (autour de 36 balles par an).

Et vous savez quoi ? Ça n’a pas tué le marché physique. BGA, c’est juste devenu la plus grande cabine d’essayage du monde. Avec le prix des grosses boîtes qui flambe et l’angoisse de la « pile de la honte » (ces jeux neufs sous blister qui vous fixent depuis votre étagère Kallax), tester un jeu de gestion à 75 balles en ligne, c’est juste du bon sens.

Le slow-gaming s’impose naturellement : on ponce le jeu virtuellement, on assimile les règles sans saigner des yeux et du nez sur un livret de 43 pages et demi, et on n’achète la grosse boîte en carton que si on sait qu’elle va vraiment sortir le week-end avec le bon groupe.

403 ans à construire des zoos… Finalement, on a peut-être trouvé le moyen le plus écolo de jouer à des jeux experts sans déforester la moitié de la planète et en faire le tour pour amener le jeu en container depuis la Chine. Allez, à vous de jouer, j’ai mon tour asynchrone qui m’attend.

BGA Awards 2026, le palmarès qui cannibalise nos nuits

Et c’est pile dans cette frénésie numérique que la plateforme a rendu son grand verdict annuel il y a quelques jours le 17 février : les BGA Awards 2026 (après ceux de l’année passée).

Petite piqûre de rappel pour celles et ceux du fond près du radiateur. Ici, pour voter dans une catégorie, il fallait obligatoirement y avoir joué au moins une fois. Pas de vote au doigt mouillé sur une jolie illustration. Une vraie votation éclairée (en Suisse, on valide 🇨🇭).

Roulement de tambours… On décortique les 5 pépites.

Toy Battle

Grosse claque. Toy Battle rafle le prix du public pour le jeu à 2, ET le prestigieux coup de cœur de l’équipe BGA. Paolo Mori nous lâche ici un duel tactique de 15 minutes chrono. Le pitch ? Des licornes, des canards en plastique et des robots qui se mettent sur la tronche. C’est vif, c’est méchant. Le système pour écraser les troupes adverses est d’une fourberie absolue. Pas étonnant qu’il lorgne sur l’As d’Or « Initié » à Cannes cette semaine (remise, ce jeudi soir !).


Flip 7

Catégorie « Grand Public », Flip 7 a écrasé la concurrence (42,5 % des voix !). Un prof de maths américain a inventé la drogue ludique la plus dure de l’année. Un « stop ou encore » pur jus. Vous piochez, mais si vous révélez un chiffre que vous avez déjà… banqueroute, vous perdez tout. Le vice, c’est que le deck est asymétrique (un seul « 1 », douze « 12 »). Autour de la table, ça hurle, ça parie, ça tente la 7e carte pour le méga bonus. Pur caviar. Comme Toy Battle plus haut, Flip 7 est également nommé pour rafler un prix à Cannes. Et il risque bien de décrocher l’As d’Or.


La Guilde des Expéditions Marchandes

Élu « Meilleur Jeu Classique », ce flip & fill de luxe nous fait tracer des routes commerciales. Le twist ? À chaque changement d’ère, on nettoie tout, sauf vos villages. En vrai, manipuler 150 mini-cubes, c’est vite l’enfer (surtout si le chat saute sur la table). Mais sur BGA ? Le code purge la carte en un dixième de seconde. Fini la friction, il ne reste que le frisson du puzzle spatial. L’effet Ark Nova, on vous dit.

Galactic Cruise

Vous aimez quand ça crisse sous la boîte crânienne ? Galactic Cruise décroche le prix « Expert ». Plus de deux heures pour gérer une compagnie de tourisme spatial. C’est du lourd. Mais la trouvaille de génie, c’est le bumping. Quelqu’un vous pique votre place ? Au lieu de rager, vous récupérez votre ouvrier et un énorme bonus. L’interaction devient positive, c’est hyper fluide. L’iconographie de Ian O’Toole pique un peu les yeux au début, c’est vrai, mais la mécanique est ouf.


Orapa Mine

Victoire sur le fil (0,7 % d’écart). Édité par le petit studio coréen Playte, Orapa Mine est un OVNI de déduction pure. On balance des « ultrasons » dans une mine pour deviner où sont les diamants selon la couleur des rebonds. C’est la bataille navale pour ceux qui lisent des thèses de physique quantique aux toilettes. Mon cerveau a littéralement fondu. Mais l’ordinateur fait un arbitre parfait pour calculer les trajectoires sans se planter.

Bref. 403 ans à construire des zoos virtuels ou 15 minutes à envoyer des canards au combat… Le numérique ne tue pas le carton. Il le sublime, le teste et le valide.

Le virtuel ne remplacera jamais nos soirées pizzas à l’ananas-plateaux, mais vu ce palmarès BGA 2026, il risque fort de siphonner l’intégralité de ce qu’il nous reste de productivité. Allez, on en discute : vous auriez voté pour qui, vous ? Moi j’y retourne, j’ai mon tour asynchrone qui m’attend.

Soyons honnêtes : Board Game Arena vous fait-il acheter PLUS de jeux physiques ou MOINS ?

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4 Comments

  • Fred de Gus&Co

    Eeeeexcellent papier (façon de parler 😉) sur BGA ! Je crois que c’est en effet comme plein de choses virtuelles, elles ne remplaceront jamais vraiment le physique, mais elles peuvent le compléter et co-exister en trouvant leur place sans lui nuire … au contraire !

  • Telliac

    BGA, Tabletop ou n’importe quelle autre plateforme, j’ai toujours le même souci : je ne réussis pas à apprendre un nouveau jeu pensé pour un plateau en face d’un écran. J’ai besoin de tourner les pages d’une règle de jeu en manipulant des cartes et des meeples…. Mais une fois le jeu connu, c’est très agréable d’y jouer en virtuel, et surtout ça facilite la recherche de partenaires (« oh non pas encore tes jeux qui durent des plombes ! »)
    Ce n’est donc pas prescripteur pour moi, juste facilitateur pour jouer aux jeux que je possède où auxquels j’ai déjà eu l’occasion de jouer sur table.
    Franchement, où ailleurs aurais-je pu enfiler des centaines (milliers ?) de parties bouche-trou de mon antique Can’t stop sans passer pour un forcené ?

    • cidrixx

      Je suis 100% d’accord avec ton commentaire.
      Je n’ai jamais réussi à apprendre les règles d’un nouveau jeu en passant par une plateforme de ce type.
      Par contre, j’aime y revenir pour faire des parties de certains de mes jeux « physiques » pour lesquels je ne trouve pas de partenaire ou je ne veux pas passer plus de temps à installer et ranger qu’à jouer…
      Et surtout, je crois que Can’t Stop est le jeu auquel j’ai le plus joué sur BGA !!! 😆

  • davidluudo

    Il manque 1 ligne de vote. Je n’achète pas plus ni moins en ce qui me concerne, du coup je ne peux pas voter :-).

    BGA me sert professionnellement et personnellement. Je regrette grandement HappyMeeples, Boiteàjeux qui ont malheureusement cessés.
    Les sites en ligne dont BGA me servent pour
    – Découvrir des jeux avant de décider de les acheter.
    – Faire des soirées entre amis longue distance.
    – Rejouer à des jeux que j’ai déjà comme Caylus, Scythe…, histoire d’être prêt le jour J pour les ressortir et les expliquer correctement car plus joué depuis très longtemps, ce qui n’empêche pas d’avoir la règle papier sous les yeux (d’ailleurs ya de belles coquilles et erreurs de sens dans la trad fr sur BGA pour Scythe).
    Evidemment je suis d’accord avec vous 2, forcement, le jeu étant automatisé, on ne mémorise pas la mise en place et certains points automatique, ca ne nous exempt pas de lire la règle.
    – Jouer à des jeux en tour par tour ou j’aime vraiment prendre mon temps pour réfléchir et optimiser vraiment mes coups (Les Châteaux de Bourgognes, Concordia, Keyflower, Deus…) , ce que je ne pourrait pas faire à ma tablée de gens pressés.
    – Jouer à des jeux pas encore reçu (Dinogenics).
    – Et puis jouer un peu quand ya des périodes de creux en soirée jeux et que le manque se fait sentir.

    Donc BGA me sert beaucoup mais ya aucun lien avec les achats me concernant. Je rejoins l’avis Fred de Gus&Co, c’est complémentaire et pas nefaste, contrairement à la surabondance et au marché saturé.

    A noter que certains jeux sur BGA changent complètement la façon de jouer du jeu original de par le fait que l’on puisse connaitre le score en temps réel ou autre. C’est comme si on jouait à des versions bien différentes.

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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