Jeux de société : Pourquoi on ne s’est jamais autant « mis à table » ?
🎲 110 000 visiteurs à Cannes en 2025, 10M sur BGA… Le jeu de société est le nouveau média de masse. Pourquoi jouer nous fait du bien.
Pourquoi on ne s’est jamais autant « mis à table » ? (Et ce n’est pas juste pour manger)
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L’essentiel en 3 points :
- Le marché des jeux de société explose, porté par les adultes et non plus les enfants.
- On ne joue pas juste pour s’amuser, mais pour tester des interactions dans un cadre sécurisé.
- Loin de tuer le jeu physique, les plateformes comme BGA accélèrent la passion et la découverte.
Avouez-le. Il y a dix ans, quand on vous parlait de « soirée jeux », vous visualisiez immédiatement une partie de Monopoly interminable sous la pluie, ou un Scrabble avec Tonton Gérard qui invente des mots. Avance rapide jusqu’en ce début 2026 : votre étagère Kallax déborde, vous débriefez votre dernière partie d’Arcs à la machine à café, et Cannes est devenue votre lieu de pèlerinage.
Mais que s’est-il passé ? Pourquoi sommes-nous passés du « ringard » au « phénomène de société » ? Si vous avez l’impression que tout le monde autour de vous s’est mis à pousser des cubes en bois, vous ne rêvez pas.
Les chiffres qui donnent le vertige
La France est devenue une terre sainte du ludique. Le Festival International des Jeux de Cannes (FIJ) a explosé ses compteurs avec 110 000 entrées en 2025 (+30% !), et on nous promet une édition 2026 encore plus titanesque. Avec près de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, le secteur ne connaît pas la crise.

Et ne croyez pas que les écrans sont les ennemis. Au contraire ! Board Game Arena (BGA) affiche en ce début d’année plus de 10 millions de comptes. Le numérique est devenu notre salle d’entraînement : on y teste, on s’y affronte, pour mieux craquer ensuite sur la version physique.
Mais pourquoi sommes-nous accros ? (La science répond)
Au-delà de la « hype », une analyse passionnante de The Conversation (signée Isabel Colón de Carvajal et publiée ce mercredi 28 janvier 2026) met le doigt sur l’essentiel : le jeu est notre nouveau laboratoire social.
Une boîte de jeu, c’est inerte. Le « fun », c’est ce que nous construisons autour. Quand vous jouez, vous faites en réalité trois choses essentielles sans vous en rendre compte :
- Vous apprenez (les normes, pas juste les règles) : Le jeu est un espace sécurisé pour tester les limites morales. Jusqu’où peut-on mentir à The Resistance ? Peut-on trahir son conjoint à Catan sans dormir sur le canapé ? On y négocie en permanence ce qui est « acceptable » ou non.
- Vous organisez le chaos : Jouer, c’est gérer une « multiactivité ». On joue, mais on mange des chips, on répond à un SMS, on surveille le petit dernier. Le jeu moderne cartonne parce qu’il s’insère parfaitement dans cette vie hachée.
- Vous expérimentez l’interdit : C’est le seul endroit où vous pouvez être une ordure absolue (coucou les joueurs et joueuses de Splendor qui « réservent » la carte que vous vouliez juste pour vous embêter) sans risquer la prison. Le jeu est une scène de théâtre où l’on peut endosser des rôles antisociaux « pour rire ».
La revanche des « kidultes »
Oubliez l’idée que le jeu est pour les enfants. Aujourd’hui, près de la moitié du chiffre d’affaires du secteur est portée par les « kidultes » (oui, c’est nous). Nous cherchons du « temps de qualité ». Dans un monde hyper-connecté mais paradoxalement isolé, s’asseoir autour d’une table oblige à une présence physique. C’est la nouvelle « détox » sociale.
Alors, les jeux de société, c’était mieux avant ? Non, c’est mieux maintenant. Que ce soit sur un Skyjo ou un Trio accessible ou un jeu expert, l’essentiel n’est pas dans la boîte. L’essentiel, c’est les rires, les négociations et cette mauvaise foi légendaire que nous partageons toutes et tous. Le jeu, c’est la vie en mieux : il y a des règles claires, et quand on perd, on peut tout ranger dans la boîte et recommencer.
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