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Look Outside : Paranoïa pixelisée et horreur lovecraftienne en huis clos

🗝️ Ne regardez pas dehors. Notre test complet de Look Outside, le RPG horreur viral de Devolver. Un chef-d’œuvre d’angoisse pixelisée.


Look Outside : Le chef-d’œuvre indé qui vous interdira d’ouvrir vos rideaux

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Un RPG de survie en huis clos où le simple fait de regarder par la fenêtre transforme les gens en monstres.
  • Un système de combat au tour par tour spatial innovant mêlé à une gestion de ressources exigeante.
  • Une direction artistique en pixel art sublime et une durée de vie de 20h grâce à la mise à jour gratuite 2.0.

C’est la règle d’or. La seule qui compte. Ne. Regardez. Pas. Dehors.

Dans le petit monde parfois trop sage du jeu vidéo, il arrive qu’une anomalie surgisse. Un truc bizarre, un peu sale, qui vous attrape par le col et ne vous lâche plus. Look Outside (ici sur Steam) est de cette trempe. Ce qui n’était qu’un prototype bricolé en un mois lors d’une Game Jam en 2024 est devenu, sous la houlette du créateur québécois Francis Coulombe (alias FrankieSmileShow) et des dénicheurs de talents de Devolver Digital, le phénomène viral de cette fin d’année.

Avec plus de 200 000 exemplaires écoulés et une mise à jour 2.0 « Final Vision » qui vient d’enfoncer le clou, nous nous sommes enfermés à double tour dans l’appartement 32 pour voir si la hype était justifiée. Spoiler : on n’a toujours pas osé rouvrir les volets.

L’appel du vide (et du pixel)

Le postulat est d’une simplicité géniale, flirtant avec le mythe de Lovecraft et l’absurdité de David Lynch. Un événement cosmique a eu lieu. Le « Visitor » est là, dehors. La sanction est immédiate : le simple fait de l’observer, même via un reflet, déclenche une mutation irréversible. Vous ne mourez pas ; vous devenez « autre ». Une caricature grotesque de vos obsessions, fusionnée avec votre chair et vos meubles.

Vous incarnez Sam. Votre univers se limite désormais à un immeuble de quatre étages devenu un huis clos de l’enfer. Votre mission ? Tenir 15 jours. Mais ici, l’horreur n’est pas faite de jumpscares faciles. Elle est domestique, poisseuse. Elle se niche dans le grattement contre la vitre ou dans le silence du couloir.

Quand Earthbound rencontre Silent Hill

Là où Look Outside frappe fort, c’est qu’il ne se contente pas d’être « glauque ». C’est un excellent jeu, doté de mécaniques en béton armé qui dépoussièrent le RPG.

1. La danse macabre spatiale Oubliez le tour par tour statique à la Final Fantasy. Ici, la distance est une ressource vitale. Les ennemis apparaissent au fond du couloir (sur l’écran de combat) et avancent inexorablement vers vous. C’est brillant : vous avez quelques tours pour tirer, poser des pièges ou vous buffer avant que l’horreur ne soit au corps-à-corps. Et croyez-nous, quand un voisin muté arrive à portée de claque, la panique est réelle.

2. Le Tamagotchi de l’angoisse Entre deux expéditions, l’appartement de Sam est votre refuge. Mais survivre, c’est aussi gérer le quotidien. Sam doit manger, dormir et… se laver (l’hygiène influe sur votre santé mentale !). Négligez votre moral, et la folie vous guettera aussi sûrement que les monstres. C’est une boucle de gameplay addictive : on sort, on loote avec un inventaire microscopique (qui nous fait rager, mais c’est voulu), on rentre, on cuisine des plats douteux et on joue à la console dans le jeu pour gagner de l’XP. Méta, non ?

La tragédie de la « Teeth Family »

On doit vous parler de l’étage 3. C’est là que le jeu a basculé pour nous du « très bon jeu » au « chef-d’œuvre ». L’arc narratif de la Famille aux Dents est un sommet d’écriture.

Imaginez un bébé laissé près d’une fenêtre par négligence. Il a vu. Il a muté en une abomination faite de dents et de gencives. La corruption s’est étendue aux parents, puis aux murs. Vous y croisez Joel, le frère survivant, qui brosse obsessionnellement les dents qui poussent sur les murs pour maintenir un semblant de normalité. C’est triste, c’est tragique, c’est humain. Francis Coulombe prouve qu’avec du pixel art « chunky » et organique, on peut faire pleurer.

« Final Vision », l’apothéose 2.0

Sortie discrètement en octobre, la mise à jour gratuite a doublé le contenu du jeu, le transformant en œuvre somme.

  • Le Meat World : Une dimension parallèle faite de chair (miam), accessible via l’Iris Key. Vous devez y traquer les 9 organes de Sybil dans une mécanique de régénération chronométrée stressante.
  • Le Glitch World : Pour les fans de Doki Doki Literature Club, cette zone brise le quatrième mur et interroge notre rapport au jeu vidéo.
  • Le Mode « Maudit » : Pour les masochistes, ce mode remanie les ennemis et les boss pour un challenge brutal. Très brutal.

Look Outside, verdict

Look Outside est une leçon. Il transforme des limitations techniques en force artistique. Il mélange l’humour absurde et l’horreur viscérale tout en respectant l’intelligence du joueur. C’est une lettre d’amour au genre, cruelle et bizarrement touchante.

Alors, un conseil d’ami : jouez-y. Mais par pitié, gardez les rideaux fermés.

On a aimé : L’ambiance sonore qui rend paranoïaque, le système de combat qui dépoussière le RPG classique, la « Famille aux Dents » (moment culte), et la générosité de la mise à jour 2.0.

On a moins aimé : Quelques pics de difficulté brutaux en mode « Cursed » qui nous ont fait manger notre manette, et l’inventaire parfois un peu trop petit (mais c’est le jeu, ma pauvre Lucette).

C’est plutôt pour vous si… Vous aimez Earthbound, Undertale ou Fear & Hunger, et vous cherchez une histoire qui vous prend aux tripes.

Ce n’est plutôt pas pour vous si… Le « Body Horror » (organes, dents, chair) vous donne la nausée, ou si vous êtes nyctalope et trop curieux.

Look Outside est la preuve qu’on peut faire des cauchemars en 16 bits. Allez, on y retourne, il nous manque une fin (et quelques dents).

Excelllent(issime) !

Note : 5 sur 5.

👉 Look Outside sur Steam (pour une petite poignée d’euros)


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