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Arc Raiders : Le jeu où les robots gagnent, même en coulisses

🤖 Un jeu sur la lutte contre les robots… avec des voix de robots pour les humains ! La polémique Arc Raiders et l’impact de l’IA sur le doublage.


Arc Raiders : la polémique des voix générées par IA entache le phénomène vidéoludique

L’essentiel en 3 points :

  • Le blockbuster Arc Raiders utilise massivement des voix générées par IA pour accélérer son développement.
  • Ce choix provoque un tollé en raison de la qualité médiocre des voix, de l’ironie narrative et de graves préoccupations éthiques.
  • La polémique soulève des questions cruciales sur l’avenir des comédiens de doublage et l’équilibre entre efficacité technologique et créativité humaine dans le jeu vidéo.

On lance Arc Raiders, le carton du moment, et soudain, un malaise s’installe : pourquoi les personnages parlent-ils comme des GPS fatigués ?

Imaginez la scène : vous lancez Arc Raiders, le carton absolu du moment (plus de 700 000 joueurs en simultané à la sortie !). Vous êtes prêt à défendre l’humanité contre une apocalypse robotique. Et là, votre personnage ouvre la bouche… et c’est la voix de votre GPS fatigué qui sort.

Bienvenue dans la controverse qui secoue le monde du gaming. Arc Raiders, ce shooter futuriste développé par Embark Studios, est un phénomène. Mais son triomphe est aujourd’hui éclipsé par un choix technologique qui divise : une bonne partie des voix que vous entendez n’a pas été enregistrée par des comédiens, mais générée par intelligence artificielle (IA).

Vitesse vs humanité

Embark Studios ne s’en cache pas. C’est une stratégie assumée, déjà utilisée sur leur précédent titre, The Finals. L’idée est simple : utiliser la synthèse vocale (Text-to-Speech ou TTS) pour créer rapidement des dialogues fonctionnels.

Concrètement, le studio engage des acteurs, enregistre leurs voix, puis utilise ces enregistrements pour entraîner une IA. Cette IA peut ensuite générer de nouvelles répliques à la volée – noms d’objets, indications de lieux, cris de ralliement.

L’objectif affiché ? L’efficacité. « Cela nous permet de mettre à jour le jeu en quelques heures, là où cela prendrait des mois autrement », expliquent les développeurs. Pour eux, l’IA est un outil d’appoint pour les tâches répétitives, pas un remplacement total. Ils insistent : les dialogues principaux sont joués par de « vrais acteurs » et les comédiens utilisés pour l’IA ont été payés et ont donné leur consentement.

Sur le papier, ça peut sembler pragmatique. Sauf que…

Un rendu qui dérange et une ironie mordante

Le premier problème, c’est que ça s’entend. Beaucoup de joueurs et de joueuses rapportent une expérience vocale plate, monotone, « robotique ». Des inflexions bizarres (certains entendent « Bird City » au lieu de « Buried City »), des pauses abruptes, bref, un manque de vie qui nuit sérieusement à l’immersion.

Mais le malaise est plus profond. Et c’est là que l’affaire devient intéressante (et un peu… déprimante).

Arc Raiders se déroule dans un futur où l’humanité lutte pour sa survie contre des robots géants, ses propres créations mécaniques. Vous voyez l’ironie ? Le studio utilise précisément la technologie de l’IA pour remplacer des voix humaines, contredisant le cœur même de l’histoire qu’il raconte.

C’est cette hypocrisie artistique qui a fait sortir de ses gonds la critique. Le site de référence Eurogamer a infligé un cinglant 2/5 à Arc Raiders, qualifiant l’utilisation de l’IA d' »inexcusable » et de « tache » sur le jeu. Pour eux, c’est un acte de désacralisation, où la machine remplace l’homme là où il est le plus nécessaire : dans l’émotion et la connexion.

L’éthique du « consentement forcé »

Embark se défend en soulignant le consentement des acteurs. C’est ce que certains appellent une utilisation « éthique » de l’IA.

Mais ce consentement est-il vraiment libre ? Sur les réseaux sociaux, les professionnels du doublage montent au créneau. Ils parlent de « chantage à l’emploi ». Difficile de refuser de céder sa voix à une IA quand l’alternative, c’est de ne plus jamais travailler.

Le signal est alarmant. Chaque ligne générée par une machine est un cachet en moins pour un humain. Rappelons qu’en 2024-2025, Hollywood a fait grève pendant des mois pour obtenir des garde-fous face à l’IA. En France, en mars 2025, 32 comédiens de la VF d’Apex Legends ont été licenciés pour avoir refusé de céder leurs voix. Et en mai, on se souvient de la voix de Dark Vador sur Fortnite, également générée par IA.

Un précédent inquiétant

L’ironie ultime ? Arc Raiders compte déjà trois millions d’exemplaires vendus. Le studio avait largement les moyens d’engager des doubleurs supplémentaires.

Cette polémique pose donc une question cruciale pour nous, gamers et gameuses : ce gain de productivité vaut-il le sacrifice de la voix / âme humaine ?

Arc Raiders illustre un tournant plutôt… inquiétant, pour ne pas dire effrayant, où l’efficience technologique risque de primer sur la créativité artistique. Un futur où le jeu vidéo pourrait bien perdre son âme, au profit de mondes vastes, certes, mais étrangement froids. Arc Raiders est peut-être le jeu du futur, mais espérons que ce ne soit pas l’avenir du jeu.

L'utilisation de voix IA dans un jeu vidéo vous dérange-t-elle ?

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