đŽ Banni de Steam et Epic, Horses est-il allĂ© trop loin ? Notre critique du jeu d’horreur le plus controversĂ© et dĂ©rangeant de 2025.
Horses : Le jeu vidĂ©o d’horreur interdit
â ïž Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous nâavons reçu aucune contrepartie de la part de lâĂ©diteur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.
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L’essentiel en 3 points :
- Horses est une expĂ©rience narrative d’horreur extrĂȘme dotĂ©e d’une ambiance unique et oppressante.
- Le gameplay est volontairement minimaliste et rĂ©pĂ©titif, visant Ă rendre le joueur complice des atrocitĂ©s montrĂ©es Ă l’Ă©cran.
- Le jeu a provoquĂ© une controverse majeure suite Ă son bannissement de Steam et Epic, soulevant le dĂ©bat sur la censure et les limites de l’art vidĂ©oludique.
Vous cherchez un jeu pour vous détendre aprÚs le boulot ? Fuyez.
On pensait avoir tout vu en matiĂšre d’horreur vidĂ©oludique. On s’Ă©tait habituĂ©s aux jumpscares faciles et au gore complaisant. Et puis Horses est arrivĂ©. La nouvelle crĂ©ation du studio indĂ©pendant italien Santa Ragione n’est pas juste un jeu dĂ©rangeant. C’est une vĂ©ritable descente aux enfers, un cauchemar Ă©veillĂ© qui a rĂ©ussi l’exploit de se faire bannir de Steam et de l’Epic Games Store. Rien que ça. On y a jouĂ©, et on vous raconte notre expĂ©rience.
PrĂ©sentĂ© comme un jeu dâhorreur narratif en vue subjective, Horses vous met dans la peau dâun Ă©tudiant qui part taffer l’Ă©tĂ© dans une ferme isolĂ©e. Spoiler : vous n’allez pas traire des vaches. La rĂ©alitĂ© est infiniment plus⊠commment dire⊠sinistre. Les « chevaux » du titre sont en fait des ĂȘtres humains asservis, nus, obligĂ©s de porter en permanence un masque Ă©quin fixĂ© par un collier de mĂ©tal. Ils sont traitĂ©s comme du bĂ©tail. VoilĂ . Sympa.
Votre rÎle ? Accomplir des tùches quotidiennes répétitives : couper du bois, arroser les « animaux », nettoyer le sang, enterrer des cadavres (oui, oui), tout en devenant le témoin, et bientÎt le complice, de cette horreur absolue. En 2 à 3 heures chrono, Horses propose un voyage bref, mais dont on ne ressort pas indemne. Pas du tout indemne.
Un cauchemar expressionniste
La premiĂšre claque est visuelle. Horses baigne dans un noir et blanc granuleux et sale, Ă©voquant le cinĂ©ma muet le plus glauque. Le silence est roi. Seuls quelques bruitages ultra-prĂ©cis viennent dĂ©chirer l’atmosphĂšre, rendant le moindre craquement insupportable. Ajoutez Ă cela l’incrustation de courtes sĂ©quences vidĂ©o filmĂ©es (FMV) au milieu du gameplay, et vous obtenez un malaise. Constant.
Le fermier qui vous accueille, avec son rictus dĂ©formĂ© et ses membres disproportionnĂ©s, semble tout droit sorti de vos pires terreurs nocturnes. Les gros plans sur les visages masquĂ©s des « chevaux », grotesques et pathĂ©tiques, achĂšvent de nous mettre mal Ă l’aise.
On sent clairement lâinfluence de cinĂ©astes radicaux comme Luis Buñuel ou YĂłrgos LĂĄnthimos (The Lobster, ça vous parle ?). Le rĂ©sultat est un trip sensoriel assumĂ©, qui nous rappelle que le jeu vidĂ©o peut ĂȘtre un mĂ©dium artistique expĂ©rimental, loin du divertissement confortable. Horses prend le pari de dĂ©stabiliser et de provoquer une rĂ©action viscĂ©rale. C’est de l’art, certes, mais de l’art qui fait mal, de l’art qui dĂ©range.

Complice forcé
MalgrĂ© sa courte durĂ©e et des dialogues uniquement textuels (façon intertitres de film ancien), Horses rĂ©ussit Ă nous impliquer Ă©motionnellement. On s’attache Ă ces malheureux « chevaux », alors mĂȘme que le jeu nous oblige Ă commettre des actes atroces envers eux.
C’est lĂ toute la force perverse du titre : cette position de complice forcĂ©. Le joueur doit participer aux abus pour progresser. Cela suscite une rĂ©flexion morale intense, bien loin des standards du jeu d’horreur habituel.
Soyons clairs : on ne « joue » pas Ă Horses pour s’amuser. C’est comme regarder un film choc de Michael Haneke : lâobjectif est de dĂ©ranger, de bousculer, de nous interroger sur la banalisation de lâhorreur. De ce point de vue, le pari est totalement rĂ©ussi. On en ressort le souffle coupĂ©, le cĆur au bord des lĂšvres.

Gameplay minimaliste et frustration
La contrepartie de cette dĂ©marche artistique radicale, câest que Horses nâoffre pratiquement aucun challenge ludique. Le gameplay est volontairement rudimentaire. On explore la petite ferme et on accomplit jour aprĂšs jour les mĂȘmes corvĂ©es monotones. Cela contribue Ă lâimmersion dans ce quotidien macabre, mais si vous attendez des mĂ©caniques de jeu Ă©toffĂ©es, vous allez ĂȘtre déçus.
De mĂȘme, le joueur nâa que trĂšs peu de prise sur l’histoire. Quelques pseudo-choix sont proposĂ©s, mais leurs consĂ©quences sont minimes. Cette linĂ©aritĂ© assumĂ©e sert le propos. Vous ĂȘtes, comme les personnages, prisonnier de l’horreur. Mais elle peut aussi rendre l’expĂ©rience frustrante. Il faut aborder Horses comme une expĂ©rience narrative interactive, pas comme un « jeu ».

Contenu extrĂȘme et censure
Il faut insister lĂ -dessus : Horses est extrĂȘme. Le jeu aborde frontalement des thĂ©matiques brutales : lâesclavage, la torture, le viol, la manipulation psychologique, le suicide, sans oublier un body horror rĂ©pugnant. Le tout est mis en scĂšne sans filtre. Horses n’est absolument PAS tous publics, et mĂȘme les plus endurcis pourront ĂȘtre secouĂ©s.
C’est ce contenu qui a conduit Steam puis Epic Games Store Ă bannir le jeu de leurs plateformes Ă la derniĂšre minute. Une censure qui a relancĂ© le dĂ©bat sur la frontiĂšre entre art et produit commercial. Le studio se dĂ©fend en soulignant que Horses est avant tout une critique virulente de la cruautĂ© et de lâabus de pouvoir.
Reste que ces interdictions compromettent sĂ©rieusement l’avenir du titre (disponible uniquement sur GOG, Itch.io ou Humble) et menacent la survie mĂȘme de Santa Ragione. Paradoxalement, cette controverse aura offert Ă Horses une publicitĂ© inespĂ©rĂ©e et une aura sulfureuse qui ne font qu’appuyer son message. Oui, c’est un peu l’effet Streisand, mais avec des chevaux.
Quoi qu’on en pense, Horses mĂ©rite qu’on en parle, ne serait-ce que pour la discussion qu’il alimente sur les limites de la crĂ©ation artistique dans le jeu vidĂ©o contemporain.
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Horses est au final davantage une Ćuvre dâart vidĂ©oludique transgressive quâun jeu au sens traditionnel. Câest une expĂ©rience courte, au gameplay limitĂ©, mais dotĂ©e dâune puissance Ă©vocatrice rare.
On a aimé :
- L’audace artistique complĂštement dingue du projet.
- L’ambiance en noir et blanc qui prend aux tripes et ne vous lĂąche plus.
- Oser proposer une vraie critique de l’oppression, sans prendre de gants.
On a moins aimé :
- Le gameplay quasi-inexistant qui rend la progression laborieuse.
- Certaines scĂšnes vraiment, VRAIMENT difficiles Ă encaisser (on ne rigole pas).
- La frustration de n’avoir aucun impact rĂ©el sur l’histoire.
Câest plutĂŽt pour vous siâŠ
- Vous confondez votre ludothĂšque avec une salle de torture psychologique.
- Vous aimez le cinĂ©ma d’auteur radical (Haneke, Lanthimos) et les expĂ©riences qui bousculent.
- Vous voulez comprendre de quoi tout le monde parle pour seulement 5âŹ.
Ce nâest plutĂŽt pas pour vous siâŠ
- Vous pensez que « My Little Pony » est déjà un peu sombre.
- Vous cherchez du « fun » ou un gameplay riche.
- Vous ĂȘtes sensible Ă la violence extrĂȘme et au body horror. Fuyez.

Horses, c’est comme un film de Haneke dont vous seriez le hĂ©ros malheureux : inoubliable, mais on n’y retourne pas deux fois.
đ Le lien officiel
3/5 = oui, mais avec des réserves. Beaucoup de réserves.
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