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Jeux de plateau

Les excuses de CGE : Le début de la fin ou la fin du début ?

🙇‍♂️ Le mea culpa de CGE pour Codenames: Back to Hogwarts. On décortique leurs excuses et on se demande : que vont-ils faire maintenant ?


CGE s’excuse : Trop peu, trop tard pour Codenames: Back to Hogwarts ?

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En bref :

  • Après une communication initiale désastreuse, CGE a publié des excuses publiques le 30 juillet pour l’affaire Codenames: Back to Hogwarts.
  • L’éditeur reconnaît avoir « causé du tort » et promet de chercher des solutions concrètes avec les communautés affectées.
  • Malgré ce mea culpa, la confiance est rompue pour beaucoup et l’avenir du jeu reste très incertain, suspendu aux actions futures de CGE.

Il y a des mea culpas qui ressemblent à des sauvetages de dernière minute. Celui de CGE pour Codenames: Back to Hogwarts en fait-il partie ?

La nouvelle est tombée le 30 juillet, à la veille de la Gen Con, le plus grand salon de jeux de société d’Amérique du Nord. Dans un message sobre et grave, l’éditeur Czech Games Edition (CGE) a présenté des excuses publiques concernant l’annonce de son jeu Codenames: Back to Hogwarts. Une volte-face après jours de polémique intense, qui pose une question cruciale : ces excuses, aussi nécessaires soient-elles, peuvent-elles suffire à réparer la confiance brisée ?

Flashback : pourquoi des excuses étaient-elles devenues inévitables ?

Pour comprendre l’importance de ce message du 30 juillet, il faut se souvenir du naufrage des jours précédents. Le 25 juillet, en annonçant sa nouvelle version de Codenames dans l’univers d’Harry Potter, CGE a déclenché une tempête. La raison : les positions très controversées de l’autrice J.K. Rowling sur les questions de genre, qui ont rendu pour beaucoup l’idée de financer la licence insupportable.

Face à la vague de colère et aux appels au boycott, la première réponse de l’éditeur fut un cas d’école de communication de crise ratée. Un communiqué évasif, parlant d’« empathie » sans jamais nommer le cœur du problème. Comme nous le relations déjà dans notre article du 29 juillet, cette communication a été perçue comme une esquive, voire une insulte, par une grande partie de la communauté. Ajoutons à cela des accusations de blocages de comptes critiques sur les réseaux sociaux, et CGE se retrouvait dans une situation intenable. Les excuses n’étaient plus une option, mais une nécessité absolue pour sa survie médiatique.

L’anatomie d’une repentance

Le message du 30 juillet marque un changement de ton radical. Fini le langage corporatif édulcoré, CGE utilise des mots forts. L’éditeur reconnaît que son annonce « a causé du tort » (caused harm). Cette admission est fondamentale : elle valide la douleur exprimée par la communauté et reconnaît une faute, là où le premier message laissait entendre que le problème venait d’une mauvaise interprétation du public.

CGE assure également qu’il recherche activement « la meilleure marche à suivre » et qu’il travaille avec des « membres des communautés affectées » pour trouver une solution. C’est une promesse de réparation qui va au-delà des simples mots. L’éditeur ne demande plus de l’empathie, il tente d’en faire preuve.

Trop peu, trop tard ? Le poids des conséquences

Si ce mea-culpa a été salué comme un premier pas indispensable, beaucoup se demandent s’il n’arrive pas trop tard. Le mal est fait. La confiance, notamment auprès des communautés directement blessées, est profondément ébranlée.

De plus, des acteurs majeurs de la scène ludique internationale, comme les critiques de Shut Up & Sit Down, avaient déjà annoncé leur décision de boycotter les futurs jeux de l’éditeur. Ces prises de position fortes, basées sur le principe qu’un tel projet n’aurait jamais dû voir le jour en 2025, ne seront pas forcément effacées par des excuses.

Désormais, CGE est attendu au tournant. La communauté attend des actes. Quelle sera cette « meilleure marche à suivre » ? Une annulation pure et simple du jeu ? Un don substantiel des bénéfices à des associations de défense des droits des personnes transgenres ? Pour l’instant, les excuses ont mis le feu en pause, mais les braises sont encore ardentes.

Les excuses sont sur la table, mais la partie la plus difficile pour CGE ne fait que commencer : celle où il faudra prouver que les mots peuvent se transformer en actes concrets et réparateurs. L’avenir de Codenames: Back to Hogwarts, et dans une certaine mesure celui de la réputation de CGE, dépend entièrement de la réponse.


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16 Comments

  • patrikcarpentier

    Halala, cette morale biaisée ! Quand on fait un jeu sur HP, on fait un jeu sur cet univers et non sur les quelques paroles de sa créatrice. Et puis, on assume ses choix quand on sait qu’au départ, on ne pensait pas à mal. Je suis prêt à parier gros que les concepteurs du jeu n’avaient pas du tout dans l’idée de déclencher un tel barouf.

    Si je crée un jeu sur les Romains, je me sers du contexte de leur civilisation, pas du fait qu’ils étaient assez phallocrates, génocidaires et esclavagistes.

    Quand on fait un jeu sur Jules Verne, on ne lui cherche pas des poux sur la tête en fonction de ce qu’il a pu dire et faire, surtout vue son époque dont la mentalité était assez différente de maintenant. Pourtant, Jules Verne a bcp pour plaire aux LGBT+…

    Et puis, en général, c’est la minorité qui est souvent la plus bruyante en pareil cas.

  • Christophe DEURVEILHER

    ça devient insupportable cette société où on s’offusque de tout ! Pourquoi aujourd’hui il faut tout mêler à la politique ou à la communauté LGBT+ ou au wokisme ?
    mais laissez nous jouer tranquille ! je ne suis pas spécialement fan de Codenames, mais j’aime bien l’univers Harry Potter sans être un inconditionnel . Vive la magie, je ne m’intéresse pas aux pensées de l’autrice, même si je n’adhère pas. Vous n’aimez plus HP allez voir ailleurs c’est tout et laissez profiter ceux qui aiment.
    J’avais hésité à réagir au précédent article, mais là des excuses en plus alors que vous n’aviez pas fait l’amalgame.
    Ils veulent quoi ? qu’on supprime toute la licence HP , qu’on brûle tous les romans, les châteaux liés à la licence et efface tous les films ? Passez votre chemin. Point.
    Le boycotte de Mickael Jackson pour ses polémiques ça n’a duré qu’un temps. Ses chansons sont gravées dans la légende, et on les écoute tous les jours.
    Faites la part des choses bon sang.
    Pauvre monde.

    • AntoOnin

      Je crois qu’ici ce n’est pas tant la remise en cause de l’univers Harry Potter que le positionnement claire de l’autrice quant à sa volonté de consacrer son argent à limiter des droits et liberté d’une catégorie de la population qui pose problème. Ce qui est étonnant c’est l’ampleur prise pour ce jeu quand d’autre licence sur l’univers sont exploitées. Sans doute que le monde du jeu est plus sensible à ces sujets ou la communauté plus puissante.
      Reste qu’avec le positionnement de JKR les personnes savent qu’acheter le jeu revient à financer la campagne de JKR contre une partie de la population. Alors on peut choisir d’ignorer la chose mais une fois qu’on le sait, c’est accepter de financer indirectement la campagne de JKR.
      Personnellement j’ai tendance à apprécier les oeuvres pour ce qu’elles sont avant « scandale » et ensuite à adapter ma consommation selon mes valeurs après scandale.

      Ici CGE ne pouvait pas ignorer la situation actuelle et le positionnement plus que mitigé d’une grande partie des fans vis à vis de l’autrice. Ils ont fait le paris de tenter malgré tout et c’est aussi un choix d’éditeur de leur part. Ne nous leurrons pas, ce choix de licence est dicté à la base par des volontés principalement mercantiles, CGE constatent qu’ils vont perdre une grosse partie de leur publique donc ils changent de positionnement. C’était libre à eux d’insister…

      • Tiger

        Je trouve dommage que les questions du sondage orientent encore un peu trop. J’aurai aimé un ‘Excuses inutiles, y’en a marre de tout ce wokisme…

      • LIO

        Y’a quoi de woke dans le fait de ne pas publier l’oeuvre d’une Autrice qui finance des campagnes pour la limitation des droits LGBT ? Comme toujours, le wokisme est dans les yeux de celui-ci qui regarde. Quand au mot fascisme, cela en dit plus de vous que le wokisme.

        • Guzer

          Le fascisme consiste, entre autres, à contraindre les gens à n’avoir qu’une seule pensée et à punir ceux qui ne rentrent pas dans ce cadre. C’est exactement ce que font ceux qui appellent au boycott de CGE et qui font campagne pour que ceux qui n’ont pas la même opinion qu’eux soient mis au ban et discredité.
          On peut parfaitement être contre les propos de JKR et c’est mon cas. Dans ce cas, on a toutes liberté de ne pas acheter le produit en question et de ne pas participer à son financement.
          Là où je trouve les méthodes pourries c’est de considérer que tout le monde doit faire pareil et donc de refuser que chacun puisse avoir sa propre liberté de choisir.
          Ces appels au boycott et ces shitstorm organisés par des minorités sont digne de la pire pression morale fasciste et empêchent tout débat d’idées.
          Le sondage est d’ailleurs eloquent dans ses propositions….
          La pensée unique, lisse et non contestable est un vraie danger, même quand elle se pare d’atours pseudo progressistes. Dès lors qu’on commence à brûler des livres où à les interdire, il y a des questions à se poser.

            • Guzer

              Pas la peine de me le rappeler, je suis entièrement d’accord sauf que c’est pas le problème et que vous faites un dangereux amalgame.
              Que les propos de JKR tombent sous le coup de la loi, c’est très bien et il n’y a aucun débat là dessus. C’est, justement, un problème légal qui doit être traité dans ce cadre.
              Par contre, rien, absolument rien, n’est transphobe ou homophobe dans le jeu de CGE. Ce que je trouve lamentable c’est que, en s’appuyant sur un fait légal, non contestable, certaines minorités décident de procéder à des lynchages médiatiques qui n’entrent pas dans le périmètre de la loi, simplement parce que cela heurte leurs convictions personnelles.
              Défoncer tout ce qui porte la licence HP, qui n’est pas …phobe, d’un point de vue légal, sous prétexte que JKR a des propos qui, eux, le sont, et, surtout ameuter les foules et ne pas accepter d’avis contraire, est, de mon point de vue, très contestable, liberticide et infantilisant.
              Et, pour vous retourner l’argument, ce n’est pas l’opinion qui doit faire la loi. C’est pourtant exactement ce qui se passe et que vous semblez défendre : le shitstorm déclenché contre CGE par les activistes, au nom de leurs opinions, se substitue à la loi qui, dans le cas présent, n’est pas censé s’appliquer au jeu, ni à l’éditeur.
              Et cela ouvre la porte à une sorte d’extrémisme malsain qui me parait tout aussi dégueulasse que les propos de JKR.
              Acheter le jeu doit rester un acte de décision personnelle en toute conscience dès lors qu’il ne véhicule pas d’idées puantes ou discriminatoires.
              Bruler le jeu, l’éditeur et tous ceux qui osent prendre du recul, sur la foi de convictions personnelles et pour des raisons qui ne sont pas strictement légales, justement, ça s’apparente à de la dictature intellectuelle.

  • ddlhz

    Ici à la Gen Con, j’ai trouvé sur une table dans le lobby d’un hôtel un feuillet format US recto-verso incitant tout le monde à boycotter TOUS les produits CGE. Dans la foulée, un collègue m’a relégué avoir vu le stand de CGE dont les tables de démo étaient totalement vides (alors qu’il y a un monde fou sur le salon) et personne à leur boutique, ce dimanche à 13h.

  • My

    Édifiant et terrifiants ces commentaires…
    On parle quand meme d’une autrice qui a publiquement annoncé qu’elle utiliserait l’argent gagné grace à la license HP pour tout faire pour priver des humains de leurs droits fondamentaux.
    Ramener ca à du « wokisme » c’est vraiment etre à coté de la plaque et ca me fait très peur de voir une telle opinion dans cette communauté…

  • Guzer

    D’ailleurs je me pose une question et j’aimerai bien avoir le point de vue de ceux qui trouvent mes commentaires « terrifiants » ou déplacés.
    Dans n’importe quel supermarché, on trouve des tonnes de produits dérivés HP, les livres envahissent les rayonnages des librairies mainstream depuis 20 ans sans discontinuer, les licenses sont utilisées par des marques comme LEGO, HBO prépare un remake des films avec des budgets pharaoniques, il y a des parcs d’attraction à travers le monde qui rencontrent un succès permanent…
    Et là, on a un petit éditeur de jeux de cartes, qui sort un truc complétement noyé dans le reste du merch HP, globalement pas pire pas mieux que le reste parce que la licence, ça fait vendre. En gros, un produit HP comme des milliers d’autres.
    Et il se prend un gros shitstorm bien violent, comme si il était responsable à lui tout seul des délires de JKR… qui orchestre ce genre d’appel au boycott sans déconner ? pourquoi ils vont pas défoncer HBO ou LEGO au lieu de s’en prendre à CGE ?

    Ce Codename n’apportera rien de significatif à JKR, c’est la goutte d’eau dans l’océan de pognon qui lui tombent malheureusement dans les poches à chaque seconde. En contrepartie, ça met en l’air un éditeur qui veut juste publier des jeux… (les employés et leurs familles qui n’ont rien demandé à personne doivent surement être bien reconnaissants de payer les conséquence de ce déferlement de haine facile).

    Donc oui, ça m’interroge parce que ça ressemble foutrement à une grosse manipulation teintée de procès d’intention et de bonne conscience à pas cher non ?

    • My

      HBO et Lego recoivent bien de nombreuses critiques concernant leurs choix mais celles-ci sont diluées par la taille massive de ces entités. Il est plus facile pour eux de noyer le poisson avec d’autres annonces et les rapports de force sont bien différents, étant donné l’impact « grand public » de ces entreprises, la quantité de défenseurs « anti-woke » écrasant la minorité.

      Concernant CGE, il ne faut pas oublier que, non seulement, l’impact médiatique semble forcément plus appuyé lorsqu’il s’agit d’une niche et, de plus, le « shitstorm », selon moi, a réellement commencé lors de la première réponse de CGE qui était vraiment maladroite.
      Peut-etre également existe-t-il une représentation propre de ces communautés menacées (ainsi que des personnes qui ne les ignorent pas) qui voient dans la communauté du jeu de société une « safe place », ébranlée par ce genre de choix.

      Je comprends bien qu’il n’est jamais agréable d’assister à une omerta que l’on pense injuste. Oui, il « suffit » sans doute de ne pas acheter, comme de nombreux autres produits, qu’il s’agisse de la license HP (que l’on est nombreux et nombreuses à ne plus toucher depuis les prises de position politiques de JKR) ou d’autres objets culturels à l’aura problématique. Oui il s’agit de convictions personnelles.
      Mais, encore une fois, il y a des gens, il y a un contexte, une communication et un impact réel autour de cette histoire. Ce n’est qu’un exemple, mais c’est il est excellent pour démontrer que votre soif de liberté peut avoir un impact direct sur celle des autres.

      Maintenant vous en faites ce que vous voulez, on va pas venir chez vous parce que vous avec une peluche HP ou une Tesla.

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