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Jeux de plateau

Tarifs douaniers : L’industrie du jeu de société retient son souffle

🚨 Moins de sorties, prix qui grimpent… L’industrie du jeu de société en alerte maximale face aux nouveaux tarifs douaniers


L’industrie du jeu de société VS les tarifs douaniers

En bref :

  • Les tarifs douaniers américains de 20% (Chine) et 25% (Canada, Mexique) mettent en difficulté l’industrie du jeu de société.
  • Hausse inévitable des prix, réduction des nouveautés, et réorganisation forcée des chaînes d’approvisionnement.
  • Éditeurs et joueurs vont devoir s’adapter à un marché ludique plus coûteux et moins prévisible.

Imaginez que votre jeu préféré augmente soudainement de prix du jour au lendemain à cause d’une simple signature présidentielle américaine.

Depuis plusieurs semaines, et encore plus depuis ce mardi 4 mars 2025, les éditeurs de jeux de société subissent de plein fouet les conséquences de la guerre commerciale initiée par Donald Trump. La situation s’est encore aggravée lorsque le président américain a doublé les tarifs douaniers sur les importations chinoises, passant à 20 %, et instauré des droits de douane de 25 % sur les marchandises en provenance du Canada et du Mexique. Déjà mise à mal par des menaces de tarifs élevés dès novembre, dernier (parfois annoncés jusqu’à 100 %), on vous en avait déjà parlé, l’industrie du jeu de société doit aujourd’hui composer avec un environnement financier chaotiquement volatil.

Les grands éditeurs comme les plus petits tentent de naviguer tant bien que mal dans ces hausses tarifaires et s’inquiètent du climat d’incertitude qui règne. Déclarations politiques, mesures concrètes, retournements de situation : le secteur, habitué à fonctionner sur des marges très faibles et une chaîne d’approvisionnement longue, se retrouve en pleine tourmente. Cet article vous propose une analyse approfondie de l’impact de ces hausses sur la production, la distribution, la rentabilité et les stratégies futures de l’industrie du jeu de société.

Un climat d’incertitude aggravé

Les premières alarmes ont retenti au sein du secteur en novembre dernier, quand Donald Trump, alors président élu, a évoqué l’instauration de tarifs douaniers pouvant atteindre 100 % sur les importations en provenance de Chine. La majorité des jeux de société étant fabriquée dans ce pays, la crainte a aussitôt gagné les éditeurs. S’agissait-il d’un simple effet d’annonce destiné à intimider les partenaires commerciaux américains ? Beaucoup d’acteurs espéraient que les menaces étaient exagérées et ne se concrétiseraient pas.

L’inquiétude est devenue réalité le 4 février, lorsque Trump a imposé un tarif de 10 % sur les importations chinoises. Malgré la difficulté, la filière comptait tant bien que mal absorber cette hausse, au moins à court terme. Toutefois, en ce début mars 2025, un nouveau coup de massue est tombé :

  • Le tarif sur les produits chinois est passé de 10 % à 20 %
  • Les biens importés du Canada et du Mexique sont désormais frappés de 25 % de droits de douane

Cette escalade soudaine bouleverse des plans industriels, commerciaux et financiers déjà fragilisés. Avec une chaîne d’approvisionnement très étendue (production, impression, transport), l’industrie du jeu de société était mal préparée à un tel choc. Plus encore que les chiffres bruts, c’est l’énorme incertitude qui pèse sur la filière : les éditeurs doivent revoir leurs stratégies à la dernière minute, ce qui engendre retards, coûts supplémentaires et parfois des annulations de projets.

L’exemple de Renegade Game Studios et la problématique des figurines

La hausse des tarifs est particulièrement cruciale pour les éditeurs misant sur des jeux à figurines plastiques, un segment du marché très en vogue mais coûteux à produire (moules, pièces 3D, etc.). Renegade Game Studios, déjà lancé dans une importante campagne pour relancer le jeu Heroscape grâce à une licence Hasbro, se retrouve en difficulté. Son fondateur, Scott Gaeta, explique avoir anticipé divers scénarios tarifaires depuis plus d’un an, scrutant d’autres pays asiatiques pour la fabrication, mais se retrouve malgré tout désemparé :

« Le plus dur, c’est que tout peut changer d’un jour à l’autre. Même quand nous contactons l’administration douanière, on peine à obtenir des informations fiables. […] Chaque nouvelle sortie doit être évaluée au regard des marges en baisse. Certaines seront peut-être retirées du planning. »
– Scott Gaeta, Renegade Game Studios (source : BoardGameWire)

Renegade envisage de déplacer certaines fabrications hors de Chine, mais se heurte à l’inexistence d’usines aux États-Unis capables de produire ces jeux miniatures. L’éditeur redoute aussi de possibles tarifs supplémentaires sur l’Europe, ce qui rendrait inutile un basculement de la production vers l’Allemagne ou la Pologne. Résultat : un resserrement des budgets, une prudence accrue dans le calendrier de sorties et la crainte de devoir absorber de nouveaux chocs tarifaires imminents.

Les témoignages de Stonemaier, Hachette Boardgames USA et d’autres éditeurs américains

Stonemaier Games : absorber 10 % était possible, 20 % ou plus devient critique

Jamey Stegmaier, cofondateur de Stonemaier Games, avait déjà longuement évoqué le risque tarifaire fin 2024. Selon lui, absorber un surcoût de 10 % sur les importations chinoises demeurait jouable sur le court terme, mais la récente hausse à 20 % devient un problème majeur. Comparant cela à la flambée des coûts de fret observée durant la pandémie, il estime que ce niveau de taxe n’est pas soutenable à long terme sans réviser à la hausse les prix de vente :

« Avec une taxe de 20 %, c’est une pilule beaucoup plus dure à avaler, et si on montait à 30 %, nous devrions alors envisager de majorer nos tarifs pour compenser, ce qui se répercuterait sur les distributeurs, les détaillants et, in fine, sur les joueurs. »
– Jamey Stegmaier, Stonemaier Games

Stegmaier fournit un exemple concret : pour 500 000 unités produites en 2025, un coût moyen de 10 $ par unité (coût “posé” à l’importation) et un prix public de 50 $, le passage de 0 % à 30 % de droits de douane ferait bondir la facture de 5 M$ à 6,5 M$. Une partie de ces 1,5 M$ supplémentaires devrait être répercutée sur le consommateur.

Hachette Boardgames USA : gel de certains contrats et prudence pour 2025-2026

Du côté de Hachette Boardgames USA, la directrice T. Caires souligne déjà un resserrement des dépenses (gel de certains contrats, reports de lancements) et s’interroge sur la faisabilité d’une fabrication locale. Elle rappelle néanmoins que les infrastructures américaines ne sont pas prêtes à accueillir massivement la production de jeux de société : machines inexistantes ou inadaptées, main-d’œuvre peu formée…

« Les consommateurs ne réalisent pas le coût réel de ce qu’ils achètent, surtout pour les jeux de société. […] Beaucoup de petites entreprises, aux marges déjà faibles, vont passer des mois difficiles. »
– T. Caires, Hachette Boardgames USA

Pour amortir le choc, Hachette a augmenté ses stocks en fin d’année 2024. Mais à l’approche de la Gen Con (grande convention de jeux américaine), la hausse des tarifs risque de peser lourd. L’entreprise avertit déjà les boutiques qu’elle devra augmenter ses prix, tout en leur laissant l’opportunité de stocker à l’ancien tarif pour quelques semaines, afin de conserver leur marge. À plus long terme, Hachette se montre extrêmement prudente dans la signature de nouveaux projets pour 2026, afin de ne pas lancer des titres trop risqués dans ce climat incertain.

Impact sur les plans 2025 : 25th Century Games, Tettix Games, etc.

Pour Chad Elkins de 25th Century Games (Big Sur, Wine Cellar, Diatoms), la situation rappelle la flambée logistique durant la crise du Covid, mais en plus imprévisible : « Chaque jour, on se lève en craignant un nouveau tweet présidentiel ou un nouveau discours imposant une hausse supplémentaire. On ne peut plus planifier à long terme. »

Les éditeurs qui dépendent du crowdfunding se retrouvent dans une situation délicate : comment gérer l’augmentation des coûts lorsque le projet Kickstarter (ou autre plateforme) a déjà clôturé ses souscriptions, avec un budget fixé ? Faut-il demander un complément aux contributeurs ? Certains, comme Tettix Games, assument une partie de la surcharge liée aux tarifs pour ne pas décevoir leurs backers, mais précisent qu’il sera impossible de renouveler cet effort sur la durée sans ajuster les prix.

Des remises en question

La production de jeux de société reste massivement concentrée en Asie (Chine en tête), où l’expertise et les infrastructures se sont développées depuis plus d’une décennie. Les capacités d’impression et d’assemblage en Europe ou aux États-Unis sont limitées et souvent plus onéreuses. En conséquence, l’instauration de droits de douane élevés (20 % ou 25 %) menace fortement la rentabilité des éditeurs habitués à des marges de quelques dollars par boîte vendue.

Pour certains, la solution pourrait être de diversifier les sites de production (Vietnam, Indonésie, Pologne…), mais les usines capables de fabriquer des composants de haute qualité en grandes quantités sont rares, et souvent déjà saturées. D’autres envisagent une production hybride : fabriquer certaines pièces en Chine, puis assembler le produit final ailleurs afin de diminuer la valeur taxable à l’importation. Mais ces montages complexes exigent un investissement logistique et de nouvelles relations fournisseurs.

Moins, et ailleurs

Au-delà de la fabrication, les éditeurs envisagent de réduire le nombre de nouveautés et de geler certaines dépenses pour ne pas aggraver leur exposition financière. Les coûts additionnels imposent un tri dans les projets :

  • Certains jeux, jugés trop risqués, ne verront pas le jour
  • D’autres seront repoussés à 2026 en attendant une éventuelle décrue tarifaire
  • Les plus prometteurs pourront être lancés, mais avec des prix de vente plus élevés

« Si les tarifs dépassent leur niveau actuel, nous devrons resserrer encore plus notre planning de sorties. […] À long terme, ces taxes gouvernementales signifient moins de cash pour développer l’entreprise, moins d’embauches, moins de budget marketing, etc. »
– Scott Gaeta, Renegade Game Studios

Hausse de prix et impact

Comment se répercutent les tarifs douaniers sur le prix final ?

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle la Chine, le Canada ou le Mexique paieraient ces taxes, ce sont bien les entreprises importatrices américaines qui s’en acquittent. Sur un jeu coûtant, par exemple, 10 $ à produire et à acheminer, une taxe de 20 % ajoute 2 $ au coût de revient. Les distributeurs et détaillants appliquent ensuite leurs marges respectives, si bien que le prix public peut augmenter de 5 à 10 $ pour un jeu vendu habituellement 50 $.

Jamey Stegmaier (Stonemaier) hésitait à répercuter la taxe de 10 % sur le consommateur. Mais à 20 % ou plus, absorber intégralement le choc semble impossible. Pour autant, il souligne qu’en reportant 100 % de la hausse sur le prix final, les joueurs ne réaliseraient pas forcément que ces tarifs sont le fait de la politique américaine, et non du fabricant étranger.

Risques d’érosion de la demande

Les éditeurs craignent qu’une hausse trop brutale des prix ne dissuade les joueurs. Les achats d’impulsion baisseraient, et le marché de l’occasion ou du jeu en club/bar à jeux pourrait se développer davantage. Certains éditeurs cherchent donc le juste équilibre entre survie financière et préservation de l’accessibilité des jeux. Pour les amateurs, il s’agira peut-être de sélectionner leurs achats plus soigneusement, au détriment de l’exploration de nouveautés. Le jeu de société est un loisir fait de passion et de partage. Mais si les prix grimpent trop, beaucoup de joueurs et de joueuses devront se restreindre. Mais au fond, est-ce un mal ?

La gestion du risque

Problèmes pour les éditeurs crowdfundés

Les éditeurs qui passent par Kickstarter ou Gamefound subissent de plein fouet l’incertitude liée aux tarifs. Lorsqu’un projet est bouclé, le prix payé par les backers est fixé. Si la taxation augmente entre-temps, la marge risque de fondre, voire de disparaitre. Judson Cowan, fondateur de Tettix Games, a dû payer 25 000 $ supplémentaires en raison de la taxe mise en place après que son jeu Deep Regrets ait déjà quitté la Chine. Impossible de répercuter cette charge additionnelle sur les backers sans créer un fort mécontentement :

« J’ai facturé les frais de port avant l’annonce des tarifs et je dois désormais couvrir le différentiel de ma poche. Ça affecte la pérennité de l’entreprise. »
– Judson Cowan, Tettix Games

Stratégies de stockage et de négociation

Comme Hachette Boardgames, certaines entreprises ont anticipé en augmentant les stocks fin 2024 pour échapper aux tarifs plus élevés de début 2025. Elles peuvent vendre ces produits à l’ancien prix, du moins temporairement. Toutefois, la volatilité persistante (des hausses supplémentaires sont possibles) complique la planification de la production. Les éditeurs tentent parfois de négocier avec leurs partenaires industriels des baisses de coûts ou des étalements de paiement. Tous sont dans le même bateau : la multiplication des taxes, la flambée du fret et l’instabilité politique.

Consolidation et réorganisation

Court terme : ralentissement et hausse du marché de l’occasion

À court terme, on s’attend à un ralentissement de la croissance du marché nord-américain. Les joueurs feront plus attention à leurs dépenses, et les détaillants réduiront parfois leurs commandes face à un risque d’invendus. Le marché de l’occasion et la pratique en ludothèques ou bars à jeux pourraient se renforcer. Certains projets de niche disparaîtront, faute de rentabilité suffisante.

Moyen terme : diversification de la production et adaptations créatives

Si les tarifs douaniers restent élevés, la production internationale pourrait se reconfigurer partiellement. Des pays comme l’Indonésie ou le Vietnam pourraient développer leurs capacités. Les usines d’Europe de l’Est, bien que plus coûteuses, deviendront peut-être une option pour les éditeurs cherchant à réduire leur dépendance à la Chine. Dans ce contexte, les jeux pourraient aussi réduire la quantité de composants (moins de figurines, boîtes plus petites…) afin de baisser les coûts de transport et de fabrication.

Les éditeurs redoubleront d’inventivité : solutions de print & play, extensions numériques, ou nouveaux modèles de distribution en direct pour capter une part plus importante de la marge. Le crowdfunding restera essentiel, mais la communication sur les risques tarifaires devra être transparente pour éviter les mauvaises surprises.

Vers une possible consolidation du marché

Face aux pressions financières, de plus petits éditeurs pourraient fusionner ou se faire racheter par des structures plus solides. Les grands groupes, capables d’absorber les fluctuations tarifaires, pourraient renforcer leur domination. Nous pourrions assister à une forme de consolidation du marché, où survivront les acteurs les plus résilients.

Un avenir volatil, mais une passion intacte

L’industrie du jeu de société traverse une tempête inédite, provoquée par la décision des États-Unis de porter les tarifs douaniers sur la Chine à 20 % et d’imposer 25 % au Canada et au Mexique. Et bientôt pareil avec l’Europe ? De nombreux témoignages — Renegade Game Studios, Stonemaier Games, Hachette Boardgames, 25th Century Games, Tettix Games, etc. — illustrent la réalité : budgets gelés, projets reportés, marges rognées et hausse inexorable des prix.

💰 Seriez-vous prêt à payer davantage pour soutenir vos éditeurs préférés malgré les hausses de tarifs douaniers ?

À court terme, les éditeurs feront tout pour limiter l’impact sur les joueurs, mais certains titres seront plus coûteux, moins ambitieux en termes de composants, ou tout simplement annulés. Les acteurs du secteur craignent que ces taxes ne soient qu’une première étape dans une guerre commerciale plus large visant également l’Europe. L’incertitude constante rend toute planification quasi impossible, incitant chacun à “jouer la sécurité”.

À moyen terme, la profession pourrait se réorganiser : diversification géographique, mutualisation des ressources, consolidation entre éditeurs, développement de formes de jeux moins dépendantes de la production chinoise, etc. L’histoire récente a montré que la communauté des joueurs reste forte et solidaire, prête à soutenir ses éditeurs via le financement participatif ou d’autres initiatives. La passion du jeu ne faiblit pas, mais pour continuer à « faire tourner la machine », chacun devra s’adapter aux nouvelles contraintes économiques.

Si la situation s’apaise d’un point de vue politique, un rebond est possible. Toutefois, les acteurs resteront certainement échaudés par l’expérience et continueront de prévoir des scénarios de crise pour l’avenir. Quoi qu’il en soit, le jeu de société traverse une zone de turbulences, et l’année 2025 s’annonce comme un tournant crucial pour la filière. Reste à savoir si, à l’instar d’une partie de plateau bien négociée, l’industrie parviendra à “transformer l’essai” en trouvant de nouvelles opportunités dans l’adversité.

Rebondissement : Trump fait marche arrière et reporte certaines taxes sur le Canada et le Mexique

Et là, patatras !

Alors même que les éditeurs commençaient à s’adapter à ce contexte chaotique, la situation vient encore de changer brutalement. En effet, dans un retournement inattendu daté de cette nuit du 7 mars 2025, le président Donald Trump a décidé de reporter d’un mois l’application des tarifs douaniers de 25 % sur plusieurs importations provenant du Mexique et certaines importations canadiennes. Cette annonce survient alors que les craintes d’un impact économique majeur sur l’économie américaine se multiplient.

Selon la Maison-Blanche, ces taxes douanières visaient initialement à lutter contre le trafic de fentanyl, mais elles avaient également profondément fragilisé les relations commerciales au sein de l’accord nord-américain USMCA, tout en provoquant une baisse significative des marchés financiers et une inquiétude grandissante chez les consommateurs américains.

Trump a précisé depuis le bureau ovale qu’il comptait toujours imposer des tarifs « réciproques » à partir du 2 avril, confirmant ainsi l’extrême incertitude qui continue de planer sur l’industrie ludique :

« La plupart des tarifs entreront en vigueur le 2 avril », a déclaré Trump avant de signer les décrets présidentiels. « À l’heure actuelle, nous avons quelques taxes temporaires, relativement limitées, même si elles représentent déjà beaucoup d’argent en provenance du Mexique et du Canada. »

Toutefois, cette exemption temporaire ne concerne pas le secteur automobile pour lequel Trump a réaffirmé qu’il ne prévoyait pas d’extension supplémentaire. Ainsi, les importations mexicaines et canadiennes conformes à l’accord commercial USMCA de 2020 seront exclues temporairement de ces taxes, excepté la potasse canadienne destinée à l’agriculture américaine, désormais tarifée à 10 %, comme les produits énergétiques canadiens.

Cette annonce soudaine souligne une fois de plus la volatilité extrême dans laquelle évoluent les éditeurs et le marché du jeu de société. Comme dans une partie aux règles changeantes, l’industrie ludique américaine se retrouve prise dans une incertitude permanente où chaque jour peut apporter son lot de nouveaux rebondissements. Une situation vraiment, vraiment pas facile !


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8 Comments

  • Marc

    Cette hausse douanière, pour l’acheteur, n’auront d’influence que sur les jeux américains. Est ce une mauvaise interprétation de ma part ?

    • Anonyme

      Ça aura un impact pour l’industrie en général car le marché du jeu est mondial. Les jeux sont localisés (= traduits) dans différentes langues et le budget d’un projet s’estime sur un volume de ventes prévisionnel et un prix de vente plus cher aux usa veut dire moins de vente au global donc des projets qui ne verront pas le jour ou il faudra augmenter les prix (et pas que aux usa). Du côté localisation de jeux américains, ça peut vouloir dire une augmentation du prix pour avoir le droit de le traduire donc prix de vente augmenté également.

    • Fabien

      Normalement oui, mais j’imagine que les USA sont un gros marché pour les éditeurs.
      Ils qu’à payer plus cher aux Etats Unis, ils ont voté pour Trump qu’ils en assument les conséquences.

    • Silion

      Tout a fait d’accord, l’article est biaisé car ne concerne que les US. On peut même imaginer qu’une entreprise US devant livrer en Europe ne verra pas appliquer ces tarifs douaniers aussi bien pour la production que pour la livraison. Pour étoffer l’article, des commentaires précisant le ressenti des sociétés pratiquant la localisation ainsi qu’un éditeur du type Awaken Realms (Polonais) devant cette situation seraient appréciés.

  • Ben

    je retiens de cet article:
    – des augmentations de taxes qui vont forcer les éditeurs à drastiquement changer leur fusil d’épaule pour produire local (donc très sévèrement diminuer leur empreinte carbone) afin de réduire voir annuler l’augmentation des couts dûs au surplus de taxes. Que du bon.
    – Moins de sorties de jeux, donc obligation de meilleurs choix éditoriaux afin de ne plus se disperser en inondant le marché de tout et n’importe quoi, bref moins de quantité et plus de qualité, espérons-le (et en corollaire là aussi du coup une évidente réduction de l’empreinte carbone). Que du bon.
    – Cerise sur le gateau: possiblement un écroulement final de Kickstarter et consorts si les backers pouvaient enfin comprendre combien ils ne sont que les pigeons de cette farce grossière qu’est le financement participatif. Et ils ne pourront le comprendre que si on les fait payer et repayer toujours plus pour des frais additionnels surgis d’un chapeau magique, voire qu’ils se fassent purement et simplement escroquer leur argent sur des projets qui disparaissent dans la nature. Que du merveilleux.

    En conclusion: que des bonnes nouvelles. Pourvu que l’Europe en prenne de la graine et applique le même principe que les USA quant à viser une très forte augmentation des taxes douanières également (ce qui va forcément se passer lorsque nous serons taxés par les ricains, simple principe de réciprocité). L’impact positif écologique (mais pas seulement, social également, en terme de créations d’emplois) de ces décisions est énorme et jusqu’ici très sous estimé.

    C’est étonnant de voir à quel point Donald Trump se révèle chaque jour un merveilleux bienfaiteur pour la planète au travers de ses décisions fantasques et loufoques. Et ceci, donc, à son corps défendant bien entendu, ce gros bouffon étant fondamentalement incapable de connecter plus de deux neurones plus de deux secondes.
    Mais ses décisions se révèlent jusqu’ici toujours étonnamment bénéfiques pour tout un chacun sur le moyen terme … Sauf peut-être au final pour les américains, paradoxalement ! Mais ce n’est pas notre problème.

    • Fabien

      Oui il y a du positif dans tout ça, mais je crois moins à la relocalisation. Car le vrai problème avec Trump, c’est qu’il change d’avis de façon imprévisible. Donc si des industries se mettent en place (ce qui prend du temps) et qu’il décide alors d’annuler les taxes, elles vont nouveau se retrouver trop cher par rapport aux Chinois et couler…
      Pour les choix éditoriaux, va t’on vraiment avoir de meilleurs jeux, ou juste des jeux encore plus standardisé avec peu de prises de risques ?

      • ben

        je vous rejoins sur ces deux points.
        Oui les décisions de Trump sont imprévisibles et une volte face est toujours possible, ce qui reddistribuerait les cartes et pas forcément positivement … Jusqu’à une potentiel énième volte face !
        Oui il est possible que la diminution du nombre de jeux ne coincide pas forcément avec de meilleurs jeux, ça pourrait même être le contraire avec uniquement des jeux best selles sans prise de risques (licences, aventuriers du rail version 104.3 …).

        Disons que mes réflexions partent du principe optimiste que tout va évoluer vers le mieux. Mais c’est vrai que rien n’est certain.

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