Board Game Road : L’engagement vert d’Uwe Rosenberg
🌱 Et si votre prochain jeu plantait un arbre ? Board Game Road, le projet fou d’Uwe Rosenberg au Ghana, où les éditeurs relèvent le défi vert.
Board Game Road, de la table de jeu à la terre nourricière
En bref :
- Uwe Rosenberg (Agricola) lance un projet de reboisement de 40 000 arbres au Ghana via l’industrie du jeu.
- 10 000 heures de travail créées et 5 000 arbres déjà plantés : un modèle alliant écologie et développement local.
- La campagne Kickstarter de Click A Tree dépasse 20 000€, prouvant l’engagement croissant des joueurs et des joueuses.
Après avoir imaginé des fermes virtuelles, Uwe Rosenberg s’attaque à un défi expert : sauver une forêt réelle.
Uwe Rosenberg, le génie créatif derrière des jeux (agricoles, surtout, avec un nom de famille idéal : la montagne des roses) cultes comme Agricola et Hallertau, a décidé de sortir des sentiers battus. Littéralement.
Loin des plateaux en carton, c’est dans les savanes du Ghana que l’auteur allemand sème aujourd’hui les graines d’un projet ambitieux : planter 40 000 arbres sur 20 hectares. Baptisé Board Game Road, cette initiative écologique puise ses racines dans la création de son jeu Atiwa, qu’on a beaucoup, beaucoup apprécié, et qui met en lumière le rôle méconnu des chauves-souris dans la pollinisation des forêts tropicales. Touché par la vulnérabilité de ces écosystèmes, Rosenberg a choisi de transformer l’essai en s’associant à Click A Tree, une organisation spécialisée dans le reboisement.
Ghana : Un écosystème sous pression
Derrière la beauté des paysages ghanéens se cache une réalité alarmante. Chaque année, des milliers d’hectares de forêt disparaissent, rongés par l’agriculture intensive, l’exploitation du bois et la production de charbon. Conséquence directe : une biodiversité en déclin, des sols appauvris et un climat déréglé. Le projet Board Game Road surgit comme une réponse concrète à cette urgence, en restaurant des terres dégradées et en recréant un puits de carbone naturel.
Quand l’industrie du jeu relève le défi vert
L’originalité du projet ? Son ADN collaboratif. Éditeurs, auteurs, autrices de jeux et ONG unissent leurs forces autour d’un objectif commun : chaque partenaire s’engage à financer 2 000 arbres le long d’un chemin symbolique, la « Route des Jeux de Société ». Plus de seize maisons d’édition ont déjà rejoint l’aventure en 2024, prouvant que les jeux ne sont pas qu’un loisir – ils peuvent aussi être un levier pour la planète. Une manière habile de transformer les joueurs en acteurs du changement, bien au-delà des parties entre amis.

Un terrain de jeu vital
Si le site exact reste discret pour protéger les jeunes pousses, l’action se concentre dans la région des savanes ghanéennes. Ces étendues, où herbes rases cohabitent avec des arbres résistants, constituent un maillon clé de la biodiversité africaine. En y implantant une forêt diversifiée, le projet renforce la résilience écologique tout en soutenant les populations locales face aux défis climatiques.
Bien que la liste des espèces plantées ne soit pas dévoilée, les choix s’orientent vers des essences multifonctions :
- Fruitiers (manguiers, karités) : source de nourriture et de revenus.
- Bois nobles (acajou) : exploitation durable pour l’artisanat.
- Puits à azote (acacias) : régénération naturelle des sols.
Cette diversité crée un cercle vertueux : les arbres structurent le paysage, les sols retrouvent leur fertilité, et les habitants bénéficient de nouvelles ressources.

10 000 heures de travail et 5 000 arbres déjà en terre
L’impact dépasse déjà les frontières écologiques. Le projet a généré 10 000 heures d’emploi local, offrant bien plus qu’un salaire : une fierté retrouvée à protéger leur environnement. Côté environnement, les premiers 5 000 arbres plantés d’ici novembre 2024 commencent leur œuvre silencieuse :
- Climat : Chaque hectare absorbe jusqu’à 6 tonnes de CO₂ par an.
- Biodiversité : Refuges recréés pour oiseaux et insectes pollinisateurs.
- Eau : Racines qui retiennent l’humidité, freinant l’avancée du désert.
Lancé en 2023 après une année de préparation, le calendrier s’étire sur une décennie, rythmé par des étapes clés :
- 2024 : 5 000 arbres plantés.
- 2033 : Objectif final avec 40 000 pieds.
Un marathon écologique où chaque partenaire – y compris les contributeurs de la récente campagne Kickstarter de Click A Tree, qui a explosé son objectif avec plus de 20 000 € récoltés – devient un relayeur essentiel.
Si les obstacles ne sont pas explicitement mentionnés, les risques sont inhérents à tout projet de reboisement : sécheresses, feux de brousse, pression foncière. La clé ? Des espèces robustes, un suivi rigoureux, et l’implication continue des villages alentour. Click A Tree mise sur l’éducation environnementale pour ancrer le projet dans le temps long.
Conclusion : Quand les joueurs (vous, nous) plantent des forêts
Board Game Road est bien plus qu’une opération de reboisement. C’est une démonstration éclatante de comment une industrie – celle du jeu – peut réinventer son rôle social. Uwe Rosenberg, en passant des mécaniques de jeu à la mécanique des écosystèmes, inspire une nouvelle génération d’auteurs et d’autrices engagées. Et tandis que la forêt ghanéenne grandit, une question se pose : quelle autre industrie relèvera le défi ?
Psst… La campagne Kickstarter de Click A Tree vient de franchir les 20 000 € ! Preuve que chaque petite contribution – qu’elle soit financière ou symbolique – peut faire germer de grandes choses. Et si votre prochaine partie de jeu servait aussi à planter un arbre ? 🌱
Après Agricola, Uwe Rosenberg invente l’Arboricola – et cette fois, c’est la Terre qui marque des points.
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