SPIEL Essen 2024 : Notre compte-rendu du salon du jeu
🏆 Terre du Milieu, thé japonais ou monstres de Tokyo : le SPIEL Essen 2024 regorge de trésors ! Notre compte-rendu du salon d’Essen.
SPIEL Essen 2024 : Des jeux à perte de vue
En bref:
- Record battu : 204 000 visiteurs, 923 exposants au SPIEL 2024 d’Essen
- 1 600+ nouveautés présentées
- Fort impact des éditeurs français avec des sorties innovantes
Le sol tremble sous vos pieds, mais ce n’est pas un tremblement de terre – c’est la frénésie de 204 000 passionnés de jeux qui envahissent Essen pour le SPIEL 2024.
Face à vous, un Japonais envoie une sonde scanner le secteur de Jupiter. À sa gauche, un Néerlandais utilise sa notoriété pour acquérir une nouvelle technologie, ce qui déclenche une rotation du système solaire (c’est bizarre, je sais…). Tandis que vous atterrissez sur une des lunes de Saturne en espérant découvrir des traces de vie extraterrestre, le son des ondes gravitationnelles bourdonne à vos oreilles. En tournant la tête, vous réalisez que le son ne provient pas des vents solaires mais qu’il s’agit en réalité du brouhaha émis par les milliers de personnes présentes, dont une dizaine sont en rotation orbitale autour de la table de jeu, commentant vos faits et gestes, pendant que vous découvrez SETI, le nouveau navire amiral des Tchèques de CGE. Bienvenue au SPIEL Essen 2024 !
Le plus grand salon de jeux de société s’est tenu du 3 au 6 octobre 2024 à Essen en Allemagne, comme chaque année depuis 1983 (sauf en 2020, et ce n’est pas la faute de Pandemic). Envoyé spécial de Gus&Co, j’ai vécu pour vous le SPIEL de l’intérieur et j’en suis ressorti vivant. Compte-rendu en détail.
La grande messe du jeu de société
Depuis 41 ans, le SPIEL (qui signifie jeu en allemand) se déroule dans la même ville d’Allemagne, Essen. D’ailleurs, pour les initiés, le festival est parfois désigné par le nom de cette grande ville de la Ruhr, fleuron de l’industrie sidérurgique, qui s’est reconvertie dans le tertiaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En 1983, le Deutsche SpielerTage (le jour du joueur) rassemble 5 000 personnes dans une université d’Essen, sous l’impulsion de Reiner Moller et Friedhelm Merz, journalistes et éditeurs de revues ludiques. Deux ans plus tard, la manifestation s’installe dans le parc des expositions d’Essen, le Messe, qu’elle ne quittera plus. Elle accueille alors 110 exposants et 36 000 visiteurs. Prenant l’appellation de « SPIEL » l’année suivante, l’événement croît en taille comme en fréquentation, année après année, jusqu’à acquérir une réputation internationale au début des années 90 quand il dépasse la barre des 100 000 visiteurs, accueillis par plus de 300 exposants. Dans les années 2000, le nombre de pays représentés passe de 18 en 2000 à 37 en 2012 tandis que les visiteurs et les exposants se multiplient. De 2002 à 2007, le salon héberge le championnat du monde des Colons de Catane. En 2019, le salon passe la barre des 200 000 visiteurs, venus du monde entier visiter les 1 200 exposants. En 2020, c’est le drame ! Le SPIEL est annulé pour cause de pandémie mais est sauvé par le digital puisque ce sont tout de même 148 000 visiteurs uniques qui se connectent sur la plateforme numérique créée pour l’occasion.
Les années post-covid ont été compliquées pour les organisateurs du SPIEL avec une chute de la fréquentation et du nombre d’exposants.
Mais 2024 marque le retour d’un succès historique. 204 000 personnes issues de plus de 80 nationalités ont fréquenté les allées du festival occupées par 923 exposants originaires de 52 pays. Chaque jour, la jauge maximum (volontairement limitée) des 50 000 visiteurs présents sur site a été atteinte et, dès le deuxième jour, le salon était « sold out ». Toutes les entrées en ligne et sur site étaient vendues et en arrivant le matin, je voyais sur l’esplanade des malheureux qui brandissaient désespérément de petits panneaux comme devant les caisses d’un concert de Coldplay.
Un monde de jeux sans fin
Se rendre au SPIEL Essen, c’est comme faire un pèlerinage.
D’abord, il faut être prêt à parcourir beaucoup de kilomètres. Personnellement, j’ai marché une moyenne de 12 kilomètres chaque jour dans les nombreuses allées du salon, dont une bonne partie en me disant : mais il était où déjà ce stand ? Le SPIEL Essen 2024 était en effet le plus grand de tous les SPIEL. 68 500 m² répartis sur 6 halles et une galerie centrale (Spoiler alert : il y a encore deux halls de libre à Essen Messe, donc ils peuvent faire plus grand !). Pour éviter d’avoir des visiteurs tournant en rond tels des zombies, les organisateurs avaient même intégré dans l’application dédiée un outil de navigation plutôt bien fait. Bien que doté d’un sens de l’orientation assez développé, luttant contre l’orgueil du mâle, descendant illustre des chasseurs-cueilleurs, j’avoue sans (trop de) honte m’en être moi-même servi une ou deux fois.
Ensuite, comme tout lieu de pèlerinage, il est très (bien) fréquenté ! Le premier jour, après avoir passé le contrôle des billets, j’ai stationné en haut des marches du petit escalier à l’entrée du premier hall. Devant moi, entre deux alignements de stands, une large allée était remplie de têtes mouvantes. Comme un apnéiste, j’ai pris une grande inspiration avant de plonger dans ce bain de foule. Les allées ont beau être larges, la progression entre deux stands est un exercice de navigation à part entière. Il faut réussir à suivre le flux sans heurter celui de ceux qui naviguent en sens inverse, tout en évitant les points de blocage créés par des groupes qui observent d’autres joueurs, font la queue en attendant de pouvoir accéder à une table de jeu ou à la boutique d’Asmodee, ou se sont arrêtés parce qu’indécis sur la direction à prendre. Avec un peu de patience, c’est un jeu qui peut se révéler amusant surtout quand vous commencez à observer ceux que vous croisez.
Les cosplayers sont bienvenus
Au détour d’un stand, vous tomberez peut-être nez à nez avec un seigneur Sith ou une princesse gothique. Les « cosplayeurs », en tenue complète uniquement, ont un tarif réduit de 50% sur leur entrée au SPIEL mais je les soupçonne d’avoir d’autres motivations. En effet, le cosplay n’est pas seulement un déguisement. C’est souvent un choix délibéré du pratiquant de rendre hommage à un de ses personnages favoris en adoptant son comportement, sa personnalité. C’est aussi l’occasion de créer du lien avec d’autres participants ayant un intérêt commun pour le personnage reproduit ou pour l’univers auquel il appartient.
Quand je ne rencontrais pas un cosplayer, je m’amusais aussi à observer les t-shirts des personnes que je croisais. Pas mal de « Captain meeple » et de « Dice Master ». D’autres plus joueurs comme « Est-ce que c’est toujours ton tour ? » ou « J’ai lu les règles, pour que vous n’ayez pas à le faire ». Certains affichent clairement la couleur (« Je joue toujours avec les bleus »), tandis que d’autres sont plus provocateurs (« Ce n’est pas grave si tu n’aimes pas les jeux de société, c’est une sorte de hobby pour les gens intelligents de toute façon »).
Entre rêve et cauchemar (ludique)
Le SPIEL Essen est pour les éditeurs une plateforme d’expérimentation qui permet à la fois de faire connaître leurs nouveautés et d’obtenir des avis de joueurs quand ils en sont encore à la phase de prototypage.
Lors de cette édition 2024, ce sont plus de 1 600 nouveautés qui étaient présentées. Sur presque tous les stands, il y a des tables de jeu. Les plus gros éditeurs occupent des espaces conséquents et sont même parfois présents dans plusieurs halles. Leurs jeux sont souvent attendus par de nombreux joueurs si leurs départements marketing ont bien travaillé. Le SPIEL est donc à la fois un rêve et un cauchemar de joueur.
D’abord l’attente, qui peut être longue. En effet, sur les gros stands, il y a souvent des files d’attente qui s’allongent dans l’espoir de pouvoir essayer ce nouveau titre qui sort pour le salon ou qui ne sera dans les boutiques que dans deux mois.
Ensuite, le bruit. Imaginez que vous voulez essayer un jeu expert aux règles un peu touffues. Tandis qu’un animateur bienveillant de l’éditeur vous explique le jeu en anglais, alors que ce n’est ni sa langue maternelle, ni la vôtre, vous êtes entouré du brouhaha de 50 000 personnes qui déambulent dans l’allée située juste à côté et des curieux entourent la table et posent des questions dans une autre langue à l’animateur ou à un de vos co-joueurs. Je peux vous assurer qu’à ce moment-là, votre charge mentale est assez élevée.
Enfin, la frustration de ne pas pouvoir finir une partie. Certains jeux, dans les catégories initiés ou expert ont des durées de plusieurs heures. Afin de permettre une rotation des joueurs, les éditeurs limitent la partie à deux tours de jeu ou à une heure de présence à la table. Utile pour que tout le monde joue, mais terriblement frustrant quand vous commencez à comprendre le jeu et que vous venez de préparer le tour qui va vous permettre de creuser l’écart en faisant un combo de cinglé.
Heureusement, il n’y a pas que les gros éditeurs. Des petits stands, souvent situés sur les bords des halles vous accueillent sur une ou deux tables de jeu afin de vous faire découvrir leurs productions ou vous faire essayer un prototype. Et qui a dit que les bons jeux étaient l’apanage exclusif des gros éditeurs ? Du jeu d’ambiance au gros jeu expert dans un univers médiéval-fantastique horrifique en passant par le jeu familial qui te propose de gérer un élevage de chiens, ils sont nombreux et il y en a pour tous les goûts.
Les jeux sont en principe répartis selon leur typicité. Deux halles sont réservées aux jeux dits familiaux et trois sont dédiées aux jeux appelés jeux pour connaisseurs ou initiés et jeux experts. La dernière est réservée aux jeux de rôles, de miniatures ou de cartes à échanger. Cette sectorisation, adoptée par les organisateurs du Spiel depuis quelques années, est respectée dans les grandes lignes mais ce n’est pas toujours le cas selon la répartition des stands des éditeurs. Elle permet aux visiteurs de se concentrer sur la zone du type de jeux qui ont leurs faveurs si leur temps de présence est limité.
Goodies & compagnie
En bon geek ludique que nous sommes, on va toujours dans un festival ou un salon en espérant ramasser un maximum de goodies ou de petites extensions gratuites pour nos jeux favoris. Mais les temps sont durs pour tout le monde. Je n’ai pas vraiment vu de goodies mis à disposition dans les allées d’Essen. Il y a des concours un peu partout où votre participation, dans la plupart des cas, ne vous coûtera qu’une adresse e-mail et la certitude d’être ensuite abreuvé de messages publicitaires. Mais certains sont même payants. Pour une modique somme certes, mais payants quand même.
Spiel des jahres : Espoir et coopération
Le Spiel des Jahres est un des prix ludiques les plus prestigieux ! Il est décerné chaque année depuis 1978 et, en plus de la reconnaissance pour le ou les auteurs et pour l’éditeur, il garantit la vente de plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Alors que le Spiel a lieu en octobre, le prix décerné par un jury de journalistes et de spécialistes est annoncé dès le mois de mai pour permettre aux éditeurs et aux distributeurs de s’organiser. Depuis son origine, le jury attribuait un prix principal et plusieurs prix spéciaux : le plus beau, le plus complexe, l’adaptation historique la plus fidèle, etc. À partir de 2001, les prix spéciaux ont progressivement été remplacés par le Kinderspiel des Jahres (jeu pour les enfants) à partir de 2001 et par le Kennerspiel des Jahres (jeu pour initié) en 2011.
En 2024, le Spiel des Jahres se veut optimiste et coopératif.
À tout seigneur, tout honneur : le Spiel des Jahres récompense Sky Team, jeu coopératif pour deux, sorti en 2023 et dans lequel, sans parler, un pilote et son copilote tentent de faire atterrir un avion sur les différents aéroports du monde. Les dés respectifs des joueurs, lancés cachés et posés sur le plateau de jeu, sont le seul moyen de communiquer. Autant les scénarios de base sont simples et surtout destinés à prendre le jeu en main, autant la situation se complique vite dans les autres scénarios.
Pour le Kennerspiel, l’espoir est encore plus grand et plus crucial que de faire atterrir un avion, puisqu’on vous propose de construire des technologies innovantes pour améliorer le futur de l’humanité en l’aidant à affronter le changement climatique. Une coopération efficace entre les nations que vous représentez sera nécessaire pour mener à bien cette tâche qui semble ardue. Le jeu possède en effet un gameplay exige ant mais avec une forte intégration de thème.
Enfin, le Kinderspiel, lui n’est pas coopératif. C’est un jeu de « stop ou encore » dans lequel les enfants doivent oser explorer les chemins d’une forêt enchantée pour trouver les clés qui leur permettront d’ouvrir les trésors remplis de rubis.
Les buzz du SPIEL Essen 2024
À part les jeux primés, certains autres étaient visiblement très attendus. Au SPIEL, on repère un buzz grâce à trois indices visuels assez simples. Premièrement, il y a toujours, quel que soit le moment de la journée où vous passez à proximité du stand, des personnes qui attendent qu’une table se libère. Deuxièmement, dès le deuxième ou le troisième jour, des affichages inscrits à la va-vite par des vendeurs débordés vous annoncent que tel jeu est « sold-out » (tout le stock du salon est vendu). Enfin, il suffit de regarder ce qui se trouve dans les bras des passants que l’on croise dans les allées.
Comme le laissait présager la preview de BGG, SETI (Éditeur : Czech Games Edition – Auteur : Thomas HOLEK) faisait clairement partie des jeux très attendus et la fréquentation du stand de CGE ne laissait pas de doutes. J’ai eu la chance de pouvoir l’essayer pendant deux tours. Du beau matériel et beaucoup d’actions possibles. Des promesses de combo et un système solaire en mouvement qui fait partie du gameplay. La VF sort en novembre chez Iello. Restez connectés, on vous le teste en détail chez Gus & Co très bientôt.
Toujours dans la catégorie des jeux expert, Civolution (Éditeur : Deep Print Games – Auteur : Stefan Feld – Illustrateur : Dennis Lohausen) était en top 3 sur BGG et pourtant je n’ai pas trouvé le stand envahi bien que les tables étaient toujours occupées. Mais on parle ici d’un eurogame poids lourd, typique des productions de l’auteur, qui n’attire pas tous les types de joueureuses. VF prévue le 29 novembre 2024 chez Matagot.
Toujours dans les jeux de type expert/initié, je citerai Daitoshi (Éditeur : Devir – Auteur : Dani Garcia – Illustratrice : Marina Vidal), jeu de placement d’ouvriers dont la qualité du matériel, le plateau touffu et la direction artistique soignée semblent avoir attiré du monde sur le stand. Sortie prévue en octobre 2024 mais pas de VF à l’horizon. Je citerai aussi Saltjford (Éditeur : Aporta Games – Auteurs : Kristian Amundsen Ostby et Eilif Svensson), redesigné sur la base de la mécanique de draft des dés du classique Santa Maria. Pas de VF annoncée.
On peut dire que le nom de Thomas HOLEK semble avoir buzzé sur le salon. Le nom de l’auteur de SETI m’est revenu à nouveau à l’oreille avec Tea Garden (Éditeur : Albi – Auteur : Thomas HOLEK – Illustratrice : Barbora Srp Zizkova), seulement 22ème dans la preview BGG, qui était indisponible à la vente dès vendredi. Visuellement réussi et zen comme un salon de thé, ce jeu de construction de deck-building et de placement d’ouvriers intrigue avec une mécanique originale de gestion des ressources : les feuilles de thé. La valeur de celles-ci décroît à chaque tour quand elles sont vertes alors que celles qui sont transformées en feuilles noires augmentent. Pas de VF prévue pour l’instant.
Du côté des extensions, celles destinées à deux jeux primés étaient tout particulièrement attendues. Il y avait Matcha (Éditeur : Devir – Auteur : Isra C., Shei S. – Illustrateur : Joan Guardiet), pour Le Château Blanc. Elle ajoute au jeu un nouveau lieu, le salon de thé, et une action supplémentaire pour augmenter son influence au sein de la cour. VF chez Iello avant fin 2024. Il y avait aussi Turbulence pour Sky Team (Éditeur : Scorpion masqué – Auteur : Adrien Rives – Illustrateur : Luc Rémond). L’extension propose 20 scénarios pour pilotes expérimentés en introduisant de nouvelles règles et de nouveaux modules. VF chez Scorpion Masqué avant fin 2024.
Les promesses des éditeurs frenchy
Je ne pouvais pas finir ma visite au SPIEL Essen 2024 sans rendre une visite à mes compatriotes. Comme tous leurs concurrents, les Français gardent toujours quelques surprises qui sortent au moment du SPIEL. Quoi de neuf du côté des éditeurs français ?
Dans l’esprit de 7 Wonders Duel, Antoine Bauza et Bruno Cathala sortent enfin chez Repos Prod un « Duel pour la Terre du Milieu ». Choisissez de défendre la communauté de l’anneau ou de servir Sauron. Une vraie refonte du jeu est attendue, le tout illustré par Vincent Dutrait ! Que demander de plus ? Le jeu était très attendu, on se demande bien pourquoi ! On vous en avait déjà parlé en mai dernier. Ce qu’on sait maintenant c’est que le jeu se déroulera en 3 chapitres et que 3 conditions de victoire sont possibles : Gagner la course à l’anneau, rallier 6 peuples à votre cause ou dominer la Terre du Milieu. Le duel se joue forcément à deux joueurs pour des parties d’une trentaine de minutes. On vous teste ça très bientôt !
Chez Next Move, on vend des fruits pour contribuer à des guildes avec les pièces gagnées et ainsi contribuer à une meilleure société dans « Tree Society » (Brett J. Gilbert & Matthew Dunstan, Illustration : Chris Quilliams.) Les guildes sont représentées par des cartes que l’on doit améliorer tout en déclenchant des effets qui nous permettent de réaliser des combos. Un jeu pour 2 à 4 pour des parties de 45 minutes que vous retrouverez très bientôt dans les colonnes de Gus & Co.
Chez Iello, l’extension de Ancient Knowledge, « Heritage » était très attendue pour ce jeu de construction de moteur à la mécanique originale (Sablier d’Or 2023) que nous avions classé meilleur jeu à deux de l’année. L’add-on introduit un véritable mode solo et un système de campagne ainsi que de nouvelles cartes dont la particularité est d’avoir une double temporalité, avec d’un côté un effet immédiat et de l’autre un effet permanent.
Dans un tout autre style, Iello remet une baffe avec King of Tokyo Duel. Le titre apporte de nombreuses nouveautés au gameplay de la version classique : Deux nouvelles conditions de victoire sur une piste « tir à la corde », des cartes plus présentes dans le gameplay et des « buzz token » qui, placés sur la piste font profiter de bonus aux deux joueurs. Bon, le principal c’est que l’on puisse toujours se balancer des baffes ! Iello compte bien faire vivre le jeu avec des nouveautés tous les 6 mois : cartes supplémentaires, dice tray, nouveau monstre, …
Chez Sylex, Uwe Rosenberg sort Kanal, un jeu de gestion de ressources et de planification à l’époque de la révolution industrielle. On y construit des bâtiments entourés de voies d’accès : chemin de fer, canaux, routes,… On retrouve la roue d’approvisionnement chère à l’auteur (similaire à celle d’Ora e Labora). Une fois les bâtiments activés, on se voit accorder des pouvoirs qui, bien préparés, permettent des enchaînements de combos. 300 cartes semblent promettre une belle rejouabilité. Un jeu dense et complexe pour 1 à 2 pour des parties d’environ 60 minutes.
Plus fun, l’éditeur sort un eurogame léger, « Donjon – les apprentis gardiens » dans un monde médiéval fantastique à la Donjons & Dragons. Basé sur l’univers de la bande dessinée éponyme de Lewis Trondheim et Joann Sfar, la direction artistique respecte l’ambiance fun des donjons de la première époque de la série d’albums et les illustrations de Crocotame ont été validées par l’auteur originel. La mécanique du jeu consiste à organiser le recrutement et déplacer des monstres pour gérer au mieux ton petit donjon. Mais attention à ne pas se laisser envahir par les aventuriers indésirables. 2 à 4 pendant 45 minutes.
Pour finir ce petit tour des éditeurs de chez nous, un petit tour chez Super Meeple. Chez eux, il y avait une nouvelle boîte de Kronologic, le Cluedo moderne. Après Paris en 1920, Yohann Levet et Fabien Gridel (Turing Machine) nous emmènent dans de nouvelles enquêtes à Cuzco en 1450. Mais ce qui attirait surtout l’œil sur le stand c’était Tikal Legends ! Ce classique des jeux de majorité va être réédité mais surtout revu dans une version pensée pour les joueurs initiés avec des mécaniques plus développées. Il sera lancé sur Kickstarter très bientôt le 22 octobre 2024 mais ne sera dispo en boutique qu’en 2026. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Je pourrais vous parler encore de bien des sorties à venir des prochains mois de ces éditeurs rencontrés à Essen mais mon article deviendrait interminable (comment ça, c’est déjà le cas ?). Tout ce que je peux vous dire c’est qu’une extension arrive pour Splendor début novembre, un Azul Duel en février et qu’on mangera du Popcorn chez Iello à Cannes, mais chut, tout cela est un secret.
Spiel Essen, on aime ou pas ?
On a aimé :
- S’asseoir à une table de jeu avec des joueurs et joueuses du monde entier
- En prendre plein les yeux pendant trois jours
- Croiser des zigotos avec des tenues de dingues et des t-shirts hilarants
On a moins aimé :
- Faire des kilomètres et des kilomètres pour retrouver un stand
- Apprendre à nager dans la foule
- En prendre plein les oreilles pendant trois jours
C’est plutôt pour vous si…
- Vous avez un bon sens de l’orientation
- Vous avez de bonnes jambes
- Vous voulez découvrir les nouveautés avant tout le monde
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous aimez réfléchir à votre prochain tour de jeu dans le calme
- Vous n’y allez que pour jouer
- Vous avez du mal à vous restreindre à l’achat d’un nouveau jeu (vous risquez des soucis avec votre banquier au retour d’Essen)
Quelques photos de samedi au Spiel Essen 2024
Après les photos du premier jour d’ouverture, ainsi que du vendredi, en voici d’autres :





















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3 Comments
Stef
Super , merci pour ce retour 🙂 J’espère pouvoir faire mon 1er Essen l’année prochaine 🙂
Carl
Merci pour l’article.
Une question cependant :
« Le Spiel des Jahres est un des prix ludiques les plus prestigieux ! Il est décerné chaque année depuis 1978 »
Quel jeu a gagné en 1978 ? 😉
Jean-Côme
Merci Carl pour cette précision. En effet, 1978 est l’année de création de l’association du Spiel des Jahres mais le premier jeu primé ne le sera, à ma connaissance, qu’en 1979 : Lapin et Hérisson de David Parlett chez Ravensburger.