Pour une expérience de lecture plus fluide

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3D Strongest Link, Flickr, CC, by Chris Potter

Chaque fois que je lis un article sur internet j’ai un gros dilemme. Cliquer les sur les liens qui m’intéressent en cours de lecture, ou ne pas le faire. Et continuer l’article.

Au sein de la rédaction nous avons eu une grosse discussion. Et nous avons décidé de les supprimer dans nos articles. Pour quelques temps en tout cas. Vous vous en êtes d’ailleurs peut-être déjà aperçus ce mercredi après-midi avec notre article sur le culte de la nouveauté. Plus aucun lien. Zéro.

Pourquoi?

Les liens empêchent de se concentrer. Faut-il cliquer? Maintenant? Et quitter la lecture de l’article? Et que faire ensuite avec les deux articles ouverts? Et que faire si le nouvel article renvoie lui aussi à d’autres articles? C’est le lapin d’Alice.

Ils poussent le lecteur à opérer un choix. Et diminue ainsi sa concentration. Et son plaisir à lire. Vous vous imaginez lire le Trône de Fer où chaque cinq phrases on vous renvoie à une page?

Du coup non, plus de liens.

Plus du tout du tout du tout?

Non. Il y en aura encore. Mais tout à la fin de l’article. Pour proposer au lecteur, VOUS, de poursuivre sur le sujet. Mais il n’y aura plus de liens dans le texte.

Essayons.

29 réflexions au sujet de « Pour une expérience de lecture plus fluide »

  1. Ah tiens, un article avec lequel je suis en désaccord.

    L’hypertexte c’est la force du contenu numérique et je trouve dommage de ne pas en profiter. Faire des liens au sein d’un article est une proposition faite par le rédacteur de creuser d’autres pistes de lecture. Mais rien n’est imposé et le lecteur peut s’en saisir ou non. Certains seront ignorés, d’autres permettront de mettre de côté un article pour plus tard (pour ça le clic-molette pour ouvrir un lien dans un onglet en arrière plan est formidable d’efficacité), d’autres encore feront s’éloigner un instant le lecteur qui reviendra finir sa lecture en cours plus informé et donc plus intéressé.

    Dans cet article, justement, un internaute qui arrive au hasard de ces lectures aura peut-être envie de savoir ce qui se cache derrière « notre article sur le culte de la nouveauté ». Malheureusement, là, c’est le cul de sac !

    La valeur d’une source d’information en ligne est proportionnelle au nombre de liens utiles qu’elle propose. Plus elle est connectée vers les contenus internes et externes, plus elle devient une ressource riche et incontournable.

    Certes, la lecture sur support numérique est parcellaire, morcelée et incomplète (et ça peut être frustrant pour le rédacteur) mais elle permet aussi l’accès à un volume de contenu proprement monstrueux. Profitons-en et ajoutons notre pierre à la toile des liens 🙂

    (et tout ça sans compter que Google adore les liens intégrés au contenu…)

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    1. Merci pour ton commentaire Acariâtre.

      Comme dit dans l’article, il n’est pas question de supprimer les liens, mais de les proposer en bas de l’article. Pour permettre une lecture plus fluide. Pas interrompue. D’autant que WP le fait déjà automatiquement grâce aux tags.

      Mais je respecte entièrement ton avis.

      Mais encore une fois, ça ne te trouerait pas le cul si à chaque page du Trône de Fer on te renvoyait à un autre contenu?

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      1. J’avais bien compris pour les liens en bas d’article mais je reste favorable à multiplier les pistes de lecture à tous les niveaux et laisser le lecteur y faire son marché. Question de point de vue en effet.

        Marrant que tu cites Le Trône de fer comme exemple. En effet, j’ai commencé à le lire au format papier mais avec mon smartphone sous la main pour consulter régulièrement le wiki http://www.lagardedenuit.com/wiki/index.php?title=Accueil. J’ai donc sacrifié un peu de l’immersion pour mieux comprendre et profiter de tout le réseaux des relations entre les personnages. Quand j’ai continué la lecture de la sage sur liseuse, j’ai dû coup regretté que des liens vers les biographies des personnages ne soit pas directement inclus. Donc, non ça me trouerait pas le cul comme tu dis et j’accepterai, au contraire, avec plaisir une version hypertexte du Trône de Fer 🙂

        Pour aller plus loin, je me rends compte avoir mis en place deux modes de lecture des contenus numériques, les deux étant complémentaires. Un premier qui est plus de l’ordre du butinage où je parcours mes flux, lis les articles courts, survole les longs, clique sur les liens et procède ainsi à une moisson de contenus intéressants que je stocke immédiatement (j’utilise pour cela l’extension Clearly d’Evernote mais d’autres solutions existent comme Pocket par exemple). Le second est donc la lecture, au calme et déconnecté, des articles préalablement mis de côté. Celle-ci est en effet débarrassée de tous les à-côtés qui peuvent perturber l’attention. Et pour boucler la boucle, je note comme à reprendre sur ordinateur, les articles stockés qui lient d’autres contenus intéressants et ceux à commenter en ligne (comme ceui-ci !).

        Tout ça pour dire que chaque lecteur mettant en place son propre mode de consommation des contenus, mieux vaut sans doute lui laisser le choix. Dans ce cas, pourquoi ne pas prévoir les deux types de liens (intégrés au contenu et rappelés en bas de page) quitte à atténuer la distinction graphique des liens intégrés pour ne pas perturber la lecture attentive des lecteurs qui ne souhaitent pas s’éparpiller ? Plus de boulot pour le rédacteur mais une expérience sur mesure pour le public.

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        1. Mais en fait il est là le problème. Laisser le choix. Dans le texte. Obliger le lecteur à devoir prendre une décision. Et à le sortir du contenu.

          Un article n’est pas un livre dont vous êtes le héros. Un article soutient une idée, présente un avis, défend une opinion. Pousser le lecteur à devoir décider quoi faire incite au zapping. Si nous nous considérons comme journalistes, nous nous devons de proposer un contenu. Et pas du divertissement.

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          1. Le choix est aussi une liberté offerte, à chacun de manager cette liberté.
            Le seul risque que je vois aux liens en cours d’article c’est une « perte éventuelle de l’attention du lecteur » en chemin, au profit d’un lien qu’il trouvera finalement plus intéressant. Mais dans un format non monétisé, est-ce réellement important.
            Et si jamais on regrette une telle éventualité, autant prendre ça comme un petit défi intellectuel en essayant d’être le plus intéressant/pertinent possible.
            J’avoue préférer des articles avec des liens distribués au fil du développement de l’article, qui viendront ponctuer la lecture. J’avoue ne les considérer que comme leur équivalent imprimé sous forme de notes de bas de page.
            L’inconvénient de tout mettre en bas d’article est qu’on perd en chemin la relation entre le contenu et la source/lien.
            Bref, je rejoins complètement acariâtre.
            Et de toute manière l’écrivain est au service de son lecteur, et pas l’inverse. Avoir peur que le lecteur zappe ou s’en aille n’est pas forcément la meilleure démarche.

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            1. Merci Laurent pour ton commentaire.

              Donc si je te comprends bien, les livres ne laissent pas assez de liberté au lecteur? Mais internet et les hyperliens, oui?

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              1. C’est un débat sans fin apparemment (le propre d’un débat me diriez-vous) qu’on ne résoudra pas aujourd’hui mais je ne peux pas m’empêcher de revenir à la charge 🙂

                A mes yeux, la fonction d’un journaliste (même amateur) et d’un écrivain sont distinctes. L’auteur est là pour faire vivre une émotion, le rédacteur est là pour véhiculer une information. Bien sûr la frontière entre les deux contenus n’est pas franche et certains contenus jouent sur les deux tableaux.

                Mais dans son devoir d’information et d’éducation, le journaliste doit justement ouvrir les yeux de son lecteur. L’avoir incité à ouvrir un nouvel onglet de son navigateur est donc une victoire puisqu’on a élargi son champ de connaissance. Et pour cela les liens intégrés au contenu sont plus efficaces.

                L’écrivain, lui, cherche à toucher les émotions de son public. Pour cela, l’immersion joue un rôle important et les bifurcations sont des obstacles potentiels. Avoir perdu l’attention de son lecteur est donc plutôt une défaite.

                Deux formes d’attention distinctes qui ne jouent pas sur le même registre car elles ont des fonctions différentes.

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                1. Sans fin en effet.

                  Parce que je ne rejoins pas du tout ta dichotomie journaliste-écrivain.

                  Un journaliste veut également créer de l’émotion. Sinon on a juste affaire à une dépêche.

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                  1. Si je ne comprends pas le débat qui vise à séparer l’écrivain du journaliste, les deux tendant à produire de l’écrit, j’avoue que je pense que le travail de l’écrivain n’est justement pas de produire de l’affect, mais d’informer. Mais c’est un autre débat.
                    Encore que…

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                    1. Mais quoiqu’il en soit Laurent. D’accord ou pas d’accord avec votre choix éditorial, il est toujours très sain de se poser des questions. Et de remettre les choses en question.

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              2. L’hypertexte est surtout un format avec une plus grande richesse que le format « historique » du livre. Le lien contextualisé en est une des richesses.
                Je trouve qu’infantiliser le lecteur en le protégeant de lui-même (la question serait aussi « le protéger de quoi ? ») n’est pas une bonne décision quand on utilise le web.

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                1. Infantiliser. Tout de suite les grands mots. Ca s’appelle de l’ergonomie. Tout simplement. Tu le vois tous les jours. Dans tes jeux de société par exemple. Penser à favoriser l’expérience de l’utilisateur. Tout simplement. Infantiliser? Ou favoriser?

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        2. Mais au-delà de toute cette discussion de clochers, la discussion est intéressante. Elle nous pousse à nous remettre en question. Pour ne pas consommer sans raisonner.

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          1. Il existe un bouquin qui traite de la question des liens hypertextes de manière très critique: « L’emprise numérique , Comment Internet et les nouvelles technologies ont colonisé nos vies ». On peut ne pas être d’accord avec l’ensemble de l’ouvrage, très à charge et sans solutions valable à mon avis, mais il est en tous les cas appréciable qu’il pose certains problèmes dont celui des liens hypertextes.

            Perso, je trouve bien d’avoir les ressources en fin d’article, cela évite les questions et permet de creuser le cas échéant. Un truc qui peut être fait en revanche, c’est l’incrustation de notes de bas de page, pour expliquer des acronymes notamment. Pas vraiment nécessaire ici, mais j’ai souvent trouvé ça pertinent chez Maître Mô par exemple, car on a parfois besoin de l’un ou l’autre détail immédiatement sans pour autant qu’il doive être inclus dans le texte.

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  2. Moi je suis en phase avec Gus, dans notre époque ultra connectée la capacité de concentration descend en flèche, les liens c’est entretenir çela. Qu’il soit en bas de page pour proposer du contenu annexe au lecteur, oui.

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  3. Je suis mitigé également sur ton article.
    Savoir utiliser les liens dans un articles est un casse-tete sans nom niveau ergonomie.
    Ouvrir une popup ? Une fancy box ? Un tooltip cliquable ?
    Savoir relier les sujets connexes pour nourrir l’interet d’une personne sur un sujet et aller plus loin est le coeur de la puissance de la lecture sur le web.

    Perso quand je me renseigne sur un sujet d’actus, j’aime avoir des liens pendant la lecture du style « on en avait parlé ici » ou « en savoir plus sur cette affaire »…etc.

    Savoir la limite entre le trop ou le pas assez et comment l’integrer dans la lecture de l’article est un exercice difficile.

    Mettre tout en fin d’article fonctionne si tu n’as pas besoin de faire reference a quelque chose qui a ete deja dite et qui est complexe a re-expliquer.

    Attention aux retours ecrits des gens, car bien qu’interessants refletent souvent une opinion minoritaire.
    Perso sur Ludovox je compare toujours l’usage (que me donnent les stats) et les retours des gens.
    Et par exemple pour les liens, ils sont tres largement cliqués en cours de lecture.

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    1. Merci Thib.

      Mais c’est inquiétant! Les liens sont cliqués dans l’article, en pleine lecture, dis-tu? Alors oui c’est intéressant de « capturer » le lecteur et de le maintenir sur le site. Pour l’empêcher d’aller voir ailleurs. Pour prouver de l’activité du site.

      Mais c’est inquiétant. Cela ne veut-il pas dire que le contenu de l’article n’est pas suffisamment captivant en soi?

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      1. Attention, je ne donne que mon avis perso, jamais une généralité que je considère comme une vérité.
        Le fait qu’il aille voir ailleurs ne me gêne pas, parfois on met même des liens vers d’autres sites quand il y a de l’info complémentaire utile.

        Mais soyons réalistes, quand on parle de quelque chose on fait souvent référence à plein d’autres choses ou on part du principe que l’on a un référentiel commun avec le lecteur.

        Or ce n’est pas toujours le cas, et il faut bien penser au lecteur qui a besoin de connaitre la base, d’autant plus qu’il y a beaucoup d’angles d’approche sur un même sujet et divers profondeurs de traitement.

        Si j’écris un test sur un jeu, je me focalise sur l’analyse et du coup je ne réexplique pas le cœur du jeu, ça peut intéresser quelqu’un qui s’interroge sur le jeu pour l’acquérir, mais avant cela s’il ne le connait pas du tout, je lui redonne le lien vers une petit vidéo rapide de présentation, la fiche du jeu ou un article qui présente les mécanismes.

        Le test est le niveau 3 de « l’intérêt » déjà, le niveau 1 c’est les infos de base prez rapide, si ça l’intéresse il peut passer au niveau 2 et voir un peu ce que ça donne à chaud avec nos just played et si ensuite il s’interroge sur est ce qu’il le veut dans sa ludo sachant que peut-être il achète peu et donc qu’il est exigeant sur la rejouabilité…etc, il revient alors au test.

        La personne devrait logiquement arriver en premier sur la fiche / vidéo de prez, puis le just played, puis le test. Mais parfois c’est pas le cas et alors ça ne me dérange pas du tout qu’il arrive sur le test, ouvre la fiche, se dise « en fait ça m’intéresse pas » et referme le tout.

        Pour répondre à ton autre question, dans notre cas c’est un choix éditorial clair, ne pas avoir de redondance de l’info et de bien articuler les choses entre elles pour que l’on navigue de l’un à l’autre au gré de ses besoins.

        Si l’on prend les choses dans le bon ordre dès le départ, alors les liens « de rebond » en fin d’articles sont parfaits, mais on ne peut pas supposer que les choses se feront toujours dans le bon ordre.

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        1. Merci pour ton long et riche commentaire Thib.

          Plus que jamais, avec la multiplication des blogs ludiques et la pléthore d’annonces et de sorties, toute remise en question et réflexion sont saines et nécessaires.

          Nous ne cherchons pas le dogme. Juste une autre façon de faire.

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      2. Pas forcément. Personnellement, j’utilise souvent le clic molette, pour les liens en cours de lecture, qui ouvre un nouvel onglet sans me faire quitter la page où je suis. Donc je clique bien au fur et à mesure, mais je n’y vais qu’après avoir fini ma lecture. Je doute d’être la seule à faire ça.

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    2. Et pourquoi fait-on ainsi? Oui, pourquoi?

      Parce que d’autres le font aussi? Parce que c’est comme ça que ça se fait sur internet? Ou parce qu’on y a réfléchi avant et qu’on poursuit un choix éditorial clair?

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  4. Idée un peu étonnante. Les visiteurs sont habitués à trouver des liens dans le texte depuis… le web.
    La pratique n’est-elle pas d’ouvrir les liens de l’article en cours de lecture, dans de nouveaux onglets puis de consulter ceux-ci un fois l’article principal terminé ?

    C’est par contre dommage de ne pas indiquer si un lien est classique (et fait changer la page courante) ou « externe » (ouvre un nouvel onglet) en cliquant dessus.

    L’avantage du lien au milieu du texte est qu’il est dans un contexte idéal : quand on parle de lui dans le contenu. Et c’est meilleur pour le référencement et l’accessibilité.

    Peut-être une option serait de faire des références comme dans Wikipédia.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui oui bien sûr, les liens sont importants. Et intéressants. Mais incrustés dans le texte ils coupent la lecture. Pas idéal. On va essayer quelques temps pour voir comment on s’en sort. Surtout pour les « gros » articles d’analyse.

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  5. Moi aussi je suis 100% en phase avec cette décision – je dis pas que j’aime pas les liens et que je ne les utilise jamais – mais je pense que à la fin de l’article me laisse toujours le choix ET d’un point de vue pratique – cela peut devenir comme une « librairie de liens » que je retrouve plus facilement in fine.
    Merci de prendre un chemin un peu « osé » mais rafraichissant et clair!

    Aimé par 2 people

  6. Gus,

    Perso, je suis plutôt d’avis de les laisser.

    En fin d’article, j’ai moins tendance à les consulter. Par contre, au cœur du texte, un « clic-droit > nouvel onglet » permet :
    1) une justification plus naturelle/forte du lien;
    2) de poursuivre la lecture et de les visionner plus tard.

    Tu as un bon prétexte pour un sondage. 🙂

    Michaël

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