Faut-il être forcément sadique pour être un bon critique de jeux?

Axe, Flickr, CC, by Adam Baker
Axe, Flickr, CC, by Adam Baker

Pas facile d’être critique de jeux.

Et pire, pas facile d’être auteur et éditeur de jeux avec un parterre de critiques sur le net qui peuvent démonter votre travail en quelques mots. Notre critique de Concordia a fait quelques remous sur la toile, alors que nous n’avons même pas dit que le jeu était mauvais, loin de là, je dis juste que c’est pas le jeu de l’année! Mais certains twittos l’ont trouvée virulente. Relisez-la, et dites-moi si j’y ai été un peu fort.

Mais bien pire que ma critique, la critique d’Unita par Tom Vasel est juste… odieuse. Le jeu, édité par Helvetia Games et non par Asmodée comme Tom l’annonce par erreur, se fait méchamment démonter, alors que Vasel n’en a vraisemblablement fait qu’une seule partie et que sa critique n’est absolument pas construite. On peut dire qu’un jeu est mauvais, pour autant qu’on apporte des arguments intéressants et pertinents, mais sa critique est juste gratuite et… sadique.

Facile de critiquer, ne trouvez-vous pas?

Il aura fallu pour l’auteur des heures et des heures de création, de tests, puis pour l’éditeur des heures et des heures de recherche d’illustrations, graphismes, développement, production, etc. Sans parler de l’argent investi, souvent les bas de laine pour les petits éditeurs. Et toutes ces heures potentiellement cassées en quelques mots assassins par les critiques.

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C’est finalement assez dommage que les éditeurs ne réagissent que trop rarement aux critiques. Leur réaction habituelle? S’énerver en privé, éviter le critique sur les salons, ne plus lui envoyer de jeux. Trop rarement les éditeurs prennent le temps de répondre aux critiques d’un critique, et c’est bien dommage.

Vous avez vu l’excellent film Chef, de et avec Jon Favreau? Ca parle d’un cuisinier qui se fait (injustement) démonter par un blogueur et qui décide ensuite de monter son propre food truck. Une belle leçon d’humilité pour nous, critiques de jeux. Comme dirait le personnage principal, « it hurts, it fucking hurts ».

Vous souvenez-vous de cette petite infographie, comment écrire la critique de jeu parfaite? Tom aurait peut-être dû s’en inspirer au préalable.

critiqueHD

 

Que pensez-vous de tout ça, collègues critiques?

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By Demetri Martin, in Point your Face at This

5 Comments

  1. La critique des critiques est aussi très à la mode et facile, que ce soit dans le jeu de société mais aussi dans tous les domaines artistiques. L’expression est encore libre sur internet et c’est une chance.
    Et puis la critique est devenue indispensable étant donné le nombre de nouveautés au regard du pouvoir d’achat et du temps de chacun. Il faut bien faire un trie, alors sur quels critères.
    Soit on essaie de trouver des gens pas rapport auxquels on peut se situer. Pas nécessairement ayant les mêmes goûts, mais dont à force on sait à peu près ce qu’ils aiment, et leurs commentaires et leurs critiques devrait nous permettre de nous orienter.
    Soit on se base sur les moyennes de sites à fréquentation large, en se laissant guider par la masse. On fait souvent un peu des 2 je pense.

    Quand à la critique elle-même, à chacun de se fixer ses règles selon sa propre éthique. Certains publient des critiques rapidement, en ayant à peine joué, ou dans une mauvaise configuration, pour faire de l’actualité, d’autres cherchent à faire du buzz à tout prix quitte à froisser quelques personnes au passage.
    Seuls les lecteurs seront juges. A eux d’être attentifs et de faire du trie selon ce qu’ils cherchent.

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  2. Un bon critique doit savoir argumenter. Moi ce que je trouve dommage c’est qu’il y ai si peu de critique négative en comparaison à celles positives. Mais également le fait qu’on remette en cause les critiques négatives et aucune critique positive.
    Dans le même genre, quand je vais sur Tric Trac lire « les derniers avis », je suis assez déçu de voir qu’il n’y a quasi plus aucun avis donné en dessous de 8/10 à part quelques extrémistes posant des 0,1/10. Tout ça va nous donner que des jeux biens notés et plus aucune valeur aux critiques. Des jeux sortis ces derniers mois, je n’y ai du coup trouvé que Madame ching avec une moyenne inférieure à 7/10 (qui reste une bonne moyenne selon moi…).

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    1. Merci pour ton commentaire aussi intéressant que pertinent.

      En fait, cet article m’a été inspiré quand j’ai lu les commentaires à la suite de ma critique de Concordia, pas si virulente que ça, même l’éditeur avec qui je me suis entretenu l’a lue et ne l’a pas trouvée méchante du tout.

      Mais comme tu dis, de moins en moins de critiques négatives sont publiées sur le net, et je pense pour plusieurs raisons. Nous parlions déjà de l’objectivité des critiques, certains blogueurs préfèrent ne pas parler des jeux qu’ils n’ont pas appréciés, du coup on ne parle pas des « mauvais » jeux (mauvais entre guillemets, hein). Ensuite, certains éditeurs, quand ils envoient des jeux aux medias, demandent de ne rien publier si la critique devait être négative. Du coup là également ça diminue les critiques négatives. Enfin, il y a également le capital-sympathie de l’auteur, les égéries (Cathala par exemple), ou éditeurs, qui peuvent nettement diminuer les avis et analyses critiques objectives et négatives.

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  3. Effectivement laisser une bonne critique, ne veut pas dire une critique élogieuse pour le jeu, mais une critique construite et constructive. Et c’est pas facile du tout ! 🙂

    Je crois qu’il faut que chacun ait sa place. Les auteurs, les éditeurs, les critiques et les lecteurs de critiques. Un critique va mettre en lumière un jeu en disant ce qu’il en pense, et il va se baser sur un référentiel qui lui est propre. Sa crédibilité, c’est les lecteurs qui la lui donneront. Certains se reconnaîtront dans ces critiques et celles-ci prendront alors plus de poids, et d’autres ne s’y retrouveront pas et relativiseront alors un peu plus les suivantes.

    Après je peux comprendre la frustration des auteurs et éditeurs qui font le travail en amont, qui passent des heures à améliorer leur petit bijoux, et qui voient leur travail amoindri par des gens qui disent publiquement qu’ils n’aiment pas ce qu’ils ont fait.

    Mais si je les comprends, je me mets également à la place de l’immense majorité des joueurs occasionnels qui cherchent un jeu sympa mais qui rame dans la nasse de la production mondiale. Ils cherchent ce qui leur conviendra le mieux et c’est là que les critiques ont leurs utilités. Ils proposent un référentiel et un « classement » en fonction de celui-ci ce qui permet aux lecteurs de se faire une idée du jeu.

    Ce système n’est pas parfait et comporte de nombreuses failles (un jeu qui n’a aucune critique nulle part est-il un mauvais jeu ? Comment relativiser le poids d’une critique sur un jeu ? Quel part d’indépendance par rapport aux éditeurs ?), mais je pense pour ma part que c’est un exercice auquel les critiques et les lecteurs de critiques s’y retrouvent et, au final, c’est quand même nous qui achetons les jeux 🙂

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