Les différents types de poker

Voici quelques aides de jeu, explication, variantes, techniques, pour différents types de poker.

 

  1. Texas Hold’em Limit
  2. Omaha
  3. Stud
  4. Razz
  5. Poker fermé
  6. Royal
  7. Peney Hold’em
  8. Conclusion

Durant le WSOP, il existe un tournoi particulier, le HORSE, à 50’000$ de buy-in (rappelons que le « main event », le tournoi principal, n’est « qu’à » 10’000). Durant ce tournoi, les joueurs s’affrontent sur plusieurs types de poker, et les joueurs doivent tous les maîtriser pour remporter la victoire.

Aujourd’hui, le Texas Hold’em No Limit est le plus joué, le plus répandu, le plus médiatisé, certainement le plus apprécié. Toutefois, ce type de poker n’est de loin pas le seul, il en existe bien d’autres, plus ou moins riches, plus ou moins intéressants, plus ou moins faciles. Le but de cet article est de compiler et d’expliquer la plupart d’entre eux, les plus connus en tout cas.

Essayez-en quelques-uns, car après tout, la plupart des joueurs pro le confirme, jouer à d’autres types de poker améliorera son jeu.

I. Le Texas Hold’em Limit

Règles

On joue exactement comme le No Limit, si ce n’est que les mises et relances sont limitées. En TH Limit, on joue un certain montant en pre-flop et post-flop, et le double à la turn et à la river. Exemple, quand on parle de table à 10-20, il ne s’agit pas ici des blinds (la small est généralement à la moitié, donc 5 ici), on parle de 10 en mise ou relance en pre-flop et flop, et 20 après la turn et la river. Quand on veut relancer, on ne peut que relancer de 10 ou 20, on ne pourra pas plus ni all-in, à moins que son tapis soit inférieur que la limite bien évidemment. Les blinds / limites augmentent normalement, comme au No Limit.

Généralement les relances sont limitées à 3 ou 4, et dès que la limite de relance est atteinte, on ne peut que suivre.

Variantes

On peut jouer en Limit, ou en Pot Limit, à ce moment-là les relances seront limitées selon la somme présente dans le pot, on ne pourra que jouer une fraction du pot.

Particularités

Il sera plus difficile de bluffer avec ce type de poker, puisqu’on ne pourra miser une somme énorme pour faire coucher les autres. L’agression sera bien entendu très limitée, et les joueurs ultra-conservateurs auront tendance à jouer plus souvent, ce qui finalement pourrait représenter une erreur, puisqu’à force de tout jouer, pour pas cher, on se videra peu à peu de ses jetons.

Le Limit a cela de différent est qu’il se joue plus rapidement, puisqu’il n’y a pas cette réflexion de savoir à combien on relancer. Soit on checke si l’on peut, soit on suit, soit on relance de la limite, soit on se couche.

II. L’Omaha

L’Omaha, joué au HORSE (O, comme), est un dérivé du Texas, souvent ultra-agressif.

Règles

Chaque joueur reçoit 4 cartes faces cachées. On sort le flop, le turn, la river, comme au Texas, mais à l’abattage, on devra jouer obligatoirement 2 de ses cartes avec 3 des cartes communes. Pas une et 4 ou aucune et 5, non, bien 2 et 3.

Variantes.

On peut jouer en Omaha régulier (comme au Texas), mais le plus souvent l’Omaha est joué en Hi-Low (high-low =haut-bas), i.e. il y a split du pot entre la meilleure combinaison et la combinaison la plus faible (ex. suite supérieure contre suite inférieure / full haut-full bas / couleur haute-basse).

Particularités

Imaginez les frustrations quand vous avez en main qu’une carte de couleur qui pourrait faire un flush avec les 4 sur la table ; puisqu’il faudra jouer deux cartes, le flush sera donc impossible.

L’Omaha est ultra-agressif, car il y aura très facilement une voire deux paires au vu des possibilités avec les 4 cartes en main, d’autant que les figures seront plus présentes, l’envie de suivre ou relancer sera importante. Il faudra étrangement se montrer quelques fois ultra-conservateurs et ne jouer que les monstres, pour ne pas perdre sur de meilleures combinaisons. A moins d’un as-roi ou d’un as et autre carte de même couleur on prendra des risques. Même les paires servies deviennent dangereuses, car si elles ne touchent pas un brelan au flop, elles deviendront handicapantes car elles n’offriront au final que la possibilité de former une seule paire.

III. Stud

Egalement joué en HORSE (S pour stud7 et E pour stud eight or better ), il existe différents types de variantes.

Règles

Au Stud, il y aura toujours un nombre de cartes cachées et cartes ouvertes par joueur, mais jamais de cartes communes (à moins de jouer à beaucoup et de n’avoir plus de cartes dans le deck, dans ce cas précis et unique on met la ou les cartes restantes au milieu de la table à disposition de tous les joueurs. Imaginez-vous jouer à 9 et devoir distribuer 7 cartes par personne…).

On distribue au début par personne 2 cartes fermées et une ouverte. Au Stud il n’y a pas de position de dealer, ni de blind, on parle de « bring in », c’est le joueur qui a la carte la plus forte qui est obligé de lancer (comme une sorte de blind obligatoire). En général le « bring in » peut être simple ou double (10 ou 20 e.g.). Pour suivre il faudra minimum le double du « bring in » s’il n’était que simple (on ne peut donc pas suivre à 10, mais min. à 20). En cas de carte semblable on découpe les couleurs par ordre alphabétique pour savoir qui doit lancer le « bring-in », i.e. carreau-cœur-pique-trèfle. S’il y a deux 2 sur la table, un de pique et l’autre de trèfle, c’est donc trèfle qui est la moins bonne carte. Comme dans tous les types de poker, l’as est toujours considéré comme la meilleure carte possible.

Attention, cette découpe des couleurs n’est utilisée que pour déterminer le « bring-in » de départ, en aucun cas lors d’un showdown et de combinaison similaire qui entraînera alors un split.

Une fois égalisé, on distribue ensuite une nouvelle carte ouverte par personne. Il n’y aura alors plus de « bring in », le joueur avec la meilleure combinaison ouverte (paire ou carte haute) sera la premier de parole, mise ou check. On continue ainsi jusqu’à avoir devant soi 4 cartes ouvertes, puis la dernière sera fermée, le premier joueur à parler sera le joueur qui aura parlé pour la dernière ouverte (donc meilleure combinaison ouverte). On passera ensuite au showdown. Avec les 3 cartes fermées (2 de départ et 1 finale) et les 4 ouvertes, donc 7 au totale, on devra former la meilleure combinaison de 5 cartes. Les mains couchées seront toutes fermées.

Variantes.

On peut jouer en Stud5, dans ce cas-là on ne distribue au départ qu’une carte fermée et une ouverte, et encore 3 cartes ouvertes, donc une fermée et 4 ouvertes en tout. Le bluff est évidemment beaucoup plus difficile, les combinaisons plus difficiles à réaliser puisqu’il y a moins de cartes.

Le Stud 8 or better, se joue comme le Stud7 mais à l’abattage on ne prendra en compte que les mains à combinaison à partir de 8.

Particularités

Le Stud est cher, pour aller à l’abattage il faudra payer plus qu’au Texas puisqu’il y a plus de tours d’enchères (au Texas il y en a 4, au Stud 5). Le Stud présente également plus de prise de risque, puisque on peut recevoir n’importe quelle carte qui pourrait ruiner sa main de départ. Il vaut mieux jouer que des mains de départ avec forts potentiels. Une couleur ou une suite sont relativement assez rares au Stud. Les facteurs mémoire et calcul sont plus présents qu’au Texas puisqu’il faudra se souvenir des cartes couchées (qui seront alors fermées). Le Stud était un jeu plutôt conservateur, on place souvent une « ante » avant de recevoir les cartes, généralement une certaine fraction du « bring-in », ce qui fera gonfler le pot.

IV. Razz

Egalement joué en HORSE (R), le Razz est surtout réservé pour les « frustrés du 5-2 ».

Règles

En effet, le but du Razz est de réaliser la PIRE main possible, une paire étant déjà trop. Attention, au Razz, les couleurs et suites ne comptent pas du tout. La meilleure combinaison étant logiquement A-2-3-4-5 (carte haute 5, pas de suite possible).

On distribue et joue exactement, ou presque, comme le Stud7, i.e. 2 cartes fermées et 1 ouverte de départ, puis 3 ouvertes et enfin 1 fermée, et on devra composer la meilleure (comprenez par-là la pire…) combinaison possible avec 5 cartes sur 7. Pour déterminer le vainqueur, on prendra la carte la plus haute, et la plus basse remportera la main. En cas d’égalité on prendra la deuxième carte, etc.

Comme au Stud il n’y a pas de dealer ni de blinds, mais un également un « bring-in », qui sera placé par la meilleure carte en Razz ouverte de la table, i.e. la carte la plus basse. En cas d’égalité on procédera au découpage alphabétique des couleurs par ordre inverse (trèfle-pique-coeur-carreau, le trèfle étant la couleur la plus basse). Le premier à parler après le deuxième tour d’enchère (2e carte ouverte) sera la meilleure combinaison au Razz, i.e. la pire main, en prenant la carte haute, puis la 2e pour départager, et ainsi de suite. L’as est comme toujours considéré la meilleure carte, donc à valeur de 1. On joue de plus souvent avec des « ante », le Razz étant très conservateur.

Particularités

Comme le Stud, le Razz est cher et risqué, puisqu’on peut malencontreusement recevoir une paire, ce qui ruinerait une bonne main de départ. On peut évidemment jeter 2 cartes sur les 7 au total, mais cela devient difficile avec une figure servie et une paire. Les mains couchées sont également retournées, il faudra donc se souvenir les cartes précédemment distribuées pour pouvoir calculer les probabilités de sorties. Ne jouer que des mains basses, maximum 9, sans paire évidemment. Le Razz est étrange et original, et change énormément des poker habituels, ce qui le rend au final intéressant. Au Stud comme au Razz, il faudrait éviter de jouer contre des « calling-stations » (article sur les différents types de joueurs ici) qui suivront juste pour voir les cartes sortir. Votre bonne main de départ pourrait en effet perdre de sa valeur et vice versa pour votre adversaire.

V. Le poker fermé, ou le Draw poker

Ce poker est le plus ancien, le poker de « grand-papa », celui qu’on jouait avec ses parents étant petit (je dis ça pour moi…), celui qu’on voit toujours joué dans les saloons de films de western (qui tourne d’ailleurs souvent mal pour tricherie).

Règles

On reçoit 5 cartes fermées par personne, on procède à un tour d’enchères (avec ou sans blinds), puis on peut échanger entre aucune et toutes ses cartes (on peut limiter cette échange, ou tirage, ou draw, à 3 cartes) avec la « banque », toujours cartes fermées. On finit par un tour d’enchères, et au showdown on montrera toutes ses cartes pour faire la meilleure combinaison possible.

Particularités

Le poker fermé n’est pas très « funky », tout est caché, mais pour les amateurs de gros bluffs c’est LE poker idéal. Autant dire que ce poker-ci n’est plus tellement pratiqué, détrôné par le Texas, il ne fait même pas partie du HORSE. Evidemment, le nombre de cartes échangées par joueur sera révélateur de la main de départ.

VI. Le Royal

Ce type de poker est assez récent, quelques casinos le proposent même. Si vous en avez marre de ne recevoir que des cartes basses au Texas, ce poker est fait pour vous.

Règles

Le Royal est une variante de Texas, dans lequel on aura écarté du jeu TOUTES les cartes en dessous de 10. On ne gardera dans le deck de départ que les cartes allant de 10 à As, donc pour un total de 20 cartes. Autant dire que ce poker ne peut que se jouer qu’avec un maximum de 6 joueurs (2 cartes par personnes, 5 communes et 3 brûlées = 20).

Particularités

Dire que le Royal est agressif est un euphémisme. Il faudra se montrer tellement conservateur au risque de voir les tapis voler après 37 secondes de jeu. Les suites apparaissent évidemment très souvent (et même très souvent sur le tableau), les couleurs sont très rares et au contraire les full le sont peu.

VII. Le Peney Hold’em

Le Peney Hold’em est un poker avec de nombreuses variantes, plus ou moins stratégiques, plus ou moins loufoques, mais demandant aux joueurs une grande maîtrise. Il s’agit surtout de poker à base de Texas Hold’em No Limit, mais avec de nombreuses variantes. Le championnat mondial de Peney Hold’em se déroule tous les mois d’août à Genève (calendrier ici).

L’article de fond sur le Peney Hold’em ici.

VIII. Conclusion

La mode actuelle est évidemment au Texas, de par sa médiatisation mais également de par sa facilité d’apprentissage (un Razz pourra déconcerter au début). Il n’en reste toutefois que la maîtrise de nombreux autres types de poker améliorera et affinera son jeu, quelque soit le poker pratiqué habituellement. D’ailleurs, pour s’en convaincre, la plupart des joueurs pro connus sont également d’excellents joueurs d’autres types (e.g. la liste des finalistes du HORSE au WSOP de 2008, disponible ici, tels que Phil Ivey, Scotty Nguyen, Doyle Brunson, etc.). Pourquoi ne pourrait-on d’ailleurs pas envisager un SHT (SwissHORSETour) ?

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