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Jeux de plateau

Funforge (2008-2025) : La fin du game pour l’éditeur de Tokaido

💔 Clap de fin pour Funforge ! L’éditeur de Tokaido met la clé sous la porte après 17 ans. On vous raconte les coulisses d’une chute.


Funforge, c’est fini

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L’essentiel en 3 points :

  • Funforge ferme définitivement ses portes après 17 ans d’existence, liquidation judiciaire prononcée le 23 juillet 2025
  • Un Kickstarter généreux mais fatal : 250 000 $ de surcoûts absorbés pour ne pas pénaliser les backers
  • Un héritage ludique immense avec Tokaido, Monumental et des dizaines de localisations majeures

Ils avaient survécu à la crise du jeu vidéo, au Covid, mais pas à leur propre générosité envers leurs backers Kickstarter.

C’est le genre de nouvelle qui vous flanque un petit coup au cœur de gamer. Le 23 juillet 2025, le rideau est tombé pour de bon sur Funforge. L’éditeur français, papa de petites perles comme Tokaido et du colossal Monumental, a été mis en liquidation judiciaire. Clap de fin pour une aventure qui aura duré 17 ans.

Pour celles et ceux qui n’ont pas suivi le feuilleton, ce n’est pas une surprise totale. Disons que les voyants étaient au rouge depuis un moment. La machine s’est grippée le 20 février 2025, avec un placement en redressement judiciaire. Une tentative de sauvetage, une période d’observation pour essayer de trouver un second souffle… Mais le miracle n’a pas eu lieu.

Mais alors, que s’est-il passé ? Anatomie d’un crash.

Deux noms ressortent pour expliquer cette chute : Monumental et Tokaido.

1. Monumental : Le Kickstarter qui a tout fait couler ? Lancé en 2020, le Kickstarter pour la réimpression de Monumental et son extension a cartonné : 467 000 € récoltés. Sur le papier, c’est le jackpot. Sauf que… la crise post-Covid est passée par là. Explosion des coûts de production, fret maritime qui s’envole. Surcoût estimé : 250 000 dollars. La décision, aussi noble que kamikaze, fut de ne pas faire payer les backers. Un geste chevaleresque qui a creusé un trou abyssal dans la trésorerie. S’en est suivie une spirale infernale : retards monstrueux, communication aux abonnés absents, et une confiance brisée avec une partie de la communauté qui s’est sentie trahie.

2. Tokaido : Vendre son joyau pour éponger les dettes. Pour tenter de survivre, Funforge a dû se séparer de sa poule aux œufs d’or : la licence Tokaido a été vendue à l’éditeur américain Stonemaier Games (Scythe, Wingspan). Un crève-cœur et le signal que la situation était vraiment critique. L’argent frais a offert un répit, mais la brèche était déjà trop grande pour être colmatée.

Un héritage qui, lui, est bien vivant

Malgré cette fin brutale, l’héritage de Funforge est immense. On leur doit des créations originales audacieuses comme le zen Tokaido, le nerveux Quantum ou le coopératif Samurai Spirit. Mais Funforge, c’était aussi un passeur incroyable, qui a offert au public francophone des localisations de monuments du jeu : Nemesis, Brass: Birmingham, Agricola, Patchwork, Isle of SkyeLa liste est longue (comme un après-midi de règles de Gloomhaven).

L’annonce a évidemment provoqué une onde de choc. La tristesse domine. On perd un acteur historique, un « défricheur » qui a osé, qui a parfois trébuché, mais qui a indéniablement marqué le paysage ludique français.

Si la société disparaît, ses jeux, eux, continueront de vivre. Tokaido est entre de bonnes mains. Pour les autres pépites du catalogue, on croise les doigts pour que d’autres éditeurs reprennent le flambeau.

La chute de Funforge, c’est une leçon un peu amère pour le secteur : même avec la passion et des jeux iconiques, un éditeur reste fragile dans un marché de plus en plus compétitif. C’est un rappel que derrière nos boîtes de jeu, il y a des aventures humaines, avec leurs hauts et leurs bas.

Alors, ce soir, si vous avez un jeu Funforge sur vos étagères, sortez-le, faites une partie, et levez votre verre à ces 17 ans de passion ludique. Le sage malien Amadou Hampâté Bâ a dit : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » Ici, on pourrait dire : « Quand un éditeur de jeux ferme, c’est une ludothèque qui disparaît. »


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3 Comments

  • g2-57547769a05f60504a47043228781bbc

    en fait j’ai un peu l’impression que Kickstarter peut se révéler finalement plus délétère dans un environnement instable.
    Déjà de base je trouvais le mécanisme particulier (faire courir le risque sur l’acheteur et non l’éditeur comme une forme dévoyée du capitalisme -qui avait au moins la vertu de faire prendre des risques-) mais encore une fois on tombe sur ses travers qui a abattu quelques grands éditeurs. bien dommage.

  • Ange

    Dommage, vraiment dommage. On a plusieurs jeux venus de chez eux (Sagani, Agricola(s), Patchwork, Tokaïdo) et leur édition sont de bonne qualité et le reste malgré de nombreuses parties… Dommage… J’espère que l’équipe a pu retrouver du boulot dans le même job, et partager ainsi leur compétence à produire de bons (et beaux) jeux.

  • Nexus

    Tous les éditeurs tombent les 1 après les autres. Celui qui semblent retracer exactement le meme scénario que ce que vous décrivez pour Funforge, cest CMON! Pourtant on se demande comment u. Monstre pareil pourrait tomber mais bon,.les signaux…

    Après je pense aussi que cest un ecremage. Il y avait trop d’éditeurs, trop.de proposition de jeu, trop de trop. Les armoires sont remplis, les porte-feuilles vides, on dit stop. Ca devait arriver. Il ne restera que des gros qui ont la.confiance des backers.

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