Scandale: des blogueurs payés 100 euros pour écrire des critiques de jeux. Et Gus&Co?

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Money, CC Flickr, by 401(K) 2012

Pour faire suite à notre précédent article sur des blogueurs qui toucheraient 100 euros pour écrire des critiques de jeux, nous tenons ici à vous présenter, chère lectrice, cher lecteur, notre charte, notre « code déontologique », pour que tout soit plus clair entre nous.

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Comme beaucoup d’autres collègues blogueurs ou podcasteurs francophones, nous recevons quelques fois des jeux des éditeurs pour en écrire ensuite un article.

Bon an mal an, nous recevons en moyenne un exemplaire-presse par mois. C’est certainement peu à comparer avec d’autres blogs, mais il faut dire que comme nous sommes domiciliés en Suisse à Genève, cela refroidit quelque peu les éditeurs étrangers à payer les frais de port. Nous recevons donc 12 jeux par année, jeux auxquels nous nous efforçons de jouer pour ensuite en rédiger une critique. Les éditeurs connaissent notre site, connaissent notre style, franchise et ton.

Que les choses soient claires: si le jeu ne nous a pas plu, ce n’est pas parce qu’on nous envoie des jeux que nous allons forcément en dire du bien! La preuve, notre récente critique du très très très moyen Dark Darker Darkest chez Queen envoyé pas Asmodée en novembre 2013. Nous nous sommes d’ailleurs même déjà fâchés avec certains auteurs et éditeurs pour nous être montrés honnêtes (je ne citerai personne…).

Mais plutôt que de « descendre gratuitement » un jeu, nous essayons plutôt d’être sincères et de relever les points positifs comme les négatifs: la preuve, notre critique de l’excellent Pathfinder jeu de cartes, que nous avons acheté nous-mêmes, au passage. Nous en disons le plus grand bien, mais nous soulevons également le fait qu’il est très répétitif, surtout après 9h de partie non-stop 😉 Donc du bon et du moins bon. Pareil pour Quantum par exemple.

Désormais, pour que les choses soient plus claires sur notre site, dès que nous posterons un article sur un jeu offert par un éditeur, nous l’indiquerons clairement dans la présentation. Le lecteur sera ainsi mieux informé, à lui de décider ensuite si notre jugement a été influencé par le cadeau. Peut-être même que toute la confrérie de blogueurs ludiques pourraient faire pareil pour gagner en clarté et honnêteté, non?

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Nous refusons tout paiement et insert publicitaire dans la partie générale de notre site. Nous venons juste d’ailleurs de décliner deux propositions publicitaires : une bannière d’un éditeur très connu qui nous proposait des jeux en échange, ainsi qu’une rédactrice, payée par des sites de poker en ligne, qui voulait nous proposer des articles, du contenu, en y plaçant 1-2 liens vers des sites de jeu d’argent; nous aurions alors été payés 50 euros par article publié. Nous avons préféré rejeter ces deux demandes.

Recevoir des jeux est une chose, mais placer de la publicité sur notre site en est une autre. Cela nous dérange pour trois raisons :

  1. visuellement : les bannières et autres logos peuvent « défigurer » notre site. Même s’il n’est clairement pas le plus joli de l’univers nous l’admettons volontiers, en y ajoutant des bannières de tous les côtés nous craignons qu’il devienne (encore plus) moche.
  2. objectivité : en plaçant de la publicité d’éditeurs, nous voulons éviter toute incohérence avec notre ligne éditoriale. Vous vous imaginez si nous présentions la critique d’un jeu moisi d’un éditeur alors que sa bannière publicitaire se trouvait juste à droite, là? Nooooon.
  3. consommation : la publicité pousse à la consommation, c’est bien le principe d’ailleurs. Et si nous pouvons limiter la consommation, tant mieux. Pour notre porte-monnaie, d’abord, mais surtout pour la planète.

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A Gus&Co nous n’acceptons aucun paiement en espèce de n’importe quelle source, éditeur, auteur, distributeur. Nous sommes un site à 100% bénévole, nous ne faisons pas ça pour en vivre, encore moins pour l’argent, nous écrivons sur le net depuis 2007 par pur plaisir et passion.

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Comme vous le savez, nous sommes également gérants du Bar à Jeux de Genève, ouvert un samedi par mois, un bar associatif bénévole qui met quantité de jeux gratuitement à disposition et qui sert de la petite restauration bio et végétarienne.

Les entrées d’argent nous permettent à peine de rentrer dans nos frais. Nous ne touchons aucun salaire. Et c’est mieux ainsi. Nous pourrions acheter des produits moins cher, augmenter nos prix, faire payer l’utilisation des jeux comme cela se fait déjà dans nombre cafés-jeux en France. Mais depuis le début de l’aventure, nous avons décidé d’éviter de capitaliser. Nos trois objectifs:

  1. partager notre passion du jeu
  2. offrir un lieu convivial, ludique et fun à Genève
  3. offrir une petite restauration bio et végétarienne pas hors de prix: café à 2.4 euros, thé à 1.60, jus de fruits équitable à 2.40, pizza à 8 euros. Mais je ne vais pas non plus vous faire toute la liste de notre menu ici…

Pourquoi parler du Bar à Jeux? Parce que si vous cliquez sur l’onglet en-haut vous tomberez nécessairement sur la longue liste des partenaires du Bar, ce qui contredit alors fondamentalement le point 2. Tous ces partenaires ne nous offrent pas d’argent mais des jeux (ou un lieu, ou des fruits locaux, ou des magazines) pour être mis ensuite à disposition des joueurs du Bar. Nous annonçons d’ailleurs souvent sur le site les nouveautés à découvrir, nouveautés envoyées par les éditeurs ou offerts par les magasins. Nous organisons même souvent des soirées spéciales pour lesquelles nous traitons alors directement avec un éditeur non-partenaire officiel, mais ami, ce que nous précisons bien évidemment.

En ce qui me concerne, je marque bien la différence entre le site général, les articles, critiques, partie générale indépendante, et la partie Bar à Jeux qui fonctionne grâce aux multiples partenaires (que nous tenons à remercier encore une fois ici). Donc même si nous sommes actifs dans ces deux activités, entre autres, l’une n’a pas d’influence directe sur l’autre, nous gardons tout à fait notre indépendance.

ps : le prochain Bar à Jeux aura lieu samedi 12 avril

Voilà, comme ça maintenant les choses sont plus claires pour vous, lecteurs fidèles.

 

9 Comments

  1. Hello !

    Vous dites que l’activité de Bar à jeux n’influence pas du tout la partie rédactionnelle de ce site, ce dont je ne doute pas du tout. Mais n’est-ce pas complètement naturel, si on a des amis dans ce milieu, de manquer un poil d’objectivité malgré l’envie d’être tout à fait indépendant ?

    Un peu comme un prof qui remonterai la note d’un élève qui malgré un devoir loupé, avait vraiment bien travaillé. Une forme d’empathie.

    Je ne parle pas spécialement de GusAndCo, mais plutôt en général, et surtout dans un milieu comme le jeu de société où j’imagine tout le monde se connait.

  2. Merci pour cet article qui dore un peu plus encore votre blason de critiques indépendants et honnêtes ^^ Je ne suis pas toujours totalement en accord avec vos rédactions de critiques, c’est humain et heureusement, car il n’y aurai pas besoin de critiques si nous étions tous affublés d’une même appréhension. Mais elles relèves un grand intérêt et me permettent d’augmenter mon jugement, par ailleurs, je vous en remercie !

    En tant que lecteur passionné de jeux en tout genre, j’ai totalement laissé tomber un site qui, malgré une implication importante de ses lecteurs, s’est vendu à un éditeur célèbre (pas besoin de préciser, vous avez deviné..) ce qui s’est rapidement ressentit… Comme par hasard, tous les jeux (ou presque) avaient le droit à un test, critique, etc… cette dernière étant souvent positive même quand le jeu ne valait pas un pet de Klingon ou avait un intérêt plus que limité…(quand c’était pas leur représentant marketing qui dirigeais carrément la vidéo…) Chose qui ne se ressent pas chez vous et ça sa fait du bien !

    Je ne peux donc que vous remercier pour votre franchise et votre droiture ! (mais j’aime bien votre humour aussi 😀 Quoique des fois un peu trop condescendant peut être ? :p )

    Merci donc ^^

    1. « pet de Klingon », j’adore.

      « quoique des fois un peu trop condescendant peut-être », un humour peut être condescendant? J’en apprends tous les jours. Merci pour votre commentaire, soutien et remerciements, ça nous fait du bien, c’est notre seul « salaire », nous ne sommes financés que par cette hormone du bonheur.

      Bon je retourne à rédiger d’autres articles avec un humour condescendant.

      1. Tu as lu l’article ? Un français à peine français, des liens qui sentent le SEO à plein nez… tu écris ici avoir refusé des articles payés 50€ sur le poker. Je soupçonne Vindjeu d’avoir pris d’avoir accepté (je les blame pas hein).

        1. Ha voilà je comprends mieux Nico. En fait je ne vais pas leur jeter la pierre, de nombreux confrères ont « cédé » sous les appels des sirènes publicitaires. Cela finance leur site, sa gestion, et surtout leur permet l’achat de jeux à présenter par la suite. Je suppose que dans le paysage médiatique ludique il n’y a que TT qui suit un businessplan profitable, et tant mieux pour eux.

  3. C’est pour cela que je ne parle pas de jeux (sauf 3 articles au commencement du blog quand je cherchais ma voie) dans mon blog La Tour à Dés mais, je parle des personnes du monde du jeu: créateurs, illustrateurs, éditeurs, boutiques, etc… Et non je ne reçois pas d’argent ni de jeux. Je fais ça juste par passion et pour assouvir une curiosité personnelle.

  4. Je t’avoue que je ne sais pas quoi penser de ce système… j’avais lu l’article dans Spielbox et ça ne m’a pas choqué plus que ça. Dans mon cas, je ne peux ni recevoir les jeux (parce que les auteurs ne produisent qu’en petite quantité et ne pensent pas à la partie « communication » de ce hobby), ni être payé parce que les jeux de société reste une niche vraiment sélective au Japon. Mais vu les prix pratiqués par les auteurs amateurs ici, je t’avoue qu’à un moment ou à un autre, je risque de freiner mes ardeurs. Les déplacements au Japon vers Tokyo sont chers, les chambres d’hôtel tout autant et les jeux… ça représente un budget assez conséquent pour des jeux auxquels je joue assez peu au final. J’y prends beaucoup de plaisir mais le jour où ça empiétera sur mes finances ou sur ma vie professionnelle, j’abandonnerai sûrement. Comme m’a dit un de mes amis, la passion a ses limites. J’attends juste de les voir arriver, pour le moment.

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