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Jeux de plateau,  Technologie

IA et jeux de société : Le grand bluff ?

🤖 IA dans les jeux de société : le rapport 2026 révèle des vérités cachées ! Seulement 2 projets sur 42 avouent l’utiliser.


Silence, on génère : L’IA cachée de nos jeux de société (Ce qu’on ne vous dit pas sur vos boîtes)

L’essentiel en 3 points :

  • En 2026, l’IA sert massivement à créer des images pour vendre sur Kickstarter, très peu pour inventer des règles.
  • Sur 42 gros projets analysés, seuls 2 admettent utiliser l’IA. La transparence est quasi inexistante pour éviter le bad buzz.
  • Le vrai danger n’est pas artistique mais technique : les jeux dépendants d’apps risquent de mourir bien plus vite que nos vieux classiques.

C’est l’histoire de 42 projets Kickstarter qui rentrent dans un bar… et seuls deux avouent être des robots. Bienvenue dans la réalité chiffrée de l’IA dans le jeu de société en 2026.

On ne va pas se mentir : depuis deux ans, le sujet de l’IA dans nos jeux de société, c’est un peu comme l’éléphant au milieu du salon (ou le meeple géant au milieu du plateau). Tout le monde le voit, personne n’ose trop en parler, et quand on le fait, c’est souvent pour s’écharper sur les réseaux.

Mais voilà qu’un rapport passionnant paru ce 30 janvier 2026 vient de tomber sur notre bureau numérique en ce début 2026. Son petit nom ? « STRATEGIES« . Son auteur ? Paul Wake, de la Manchester Metropolitan University, un chercheur qui a décidé de soulever le capot de l’industrie ludique. Et croyez-nous, ce qu’il a trouvé sous le moteur est… surprenant.

Alors, l’IA écrit-elle déjà vos règles de jeux ? Vos illustrateurs et illustratrices préférées sont-ils tous et toutes partis élever des chèvres dans le Larzac ? On a décortiqué le rapport pour vous. Spoiler : la réalité est bien plus nuancée (et un peu plus sournoise) que ce qu’on croyait.

Le constat : C’est pas ce que vous croyez !

Première claque : l’IA n’est pas là où on l’attendait. On imaginait des algorithmes créant des mécaniques de jeu révolutionnaires ou équilibrant parfaitement ce jeu expert qui traîne dans votre ludothèque (oui, celui où le joueur bleu gagne toujours).

Eh bien non. En 2026, l’IA sert surtout à… vendre du rêve. Le rapport est formel : l’usage est massif sur le visuel et le marketing, surtout pour le financement participatif. Vous savez, ces images « Whaou » qui vous font pledger à 3h du mat’ ? Il y a de fortes chances qu’elles aient été générées pour tester le marché. Par contre, pour le cœur du réacteur, les règles, la mécanique, le game design pur, l’humain reste aux commandes. Non, le prochain jeu de Bruno Cathala ou Reiner Knizia n’est pas, ne sera pas créé par l’IA. L’IA playteste un peu, suggère des scénarios, mais elle ne remplace pas (encore) le cerveau tordu de votre auteur et autrices préférée.

Le chiffre qui fait mal : 2 sur 42

C’est LA stat à retenir pour se la raconter en soirée jeux ce week-end. Le rapport a analysé 42 gros projets Kickstarter du premier semestre 2025 (ceux qui ont levé plus de 500 000 $).

Résultat des courses ? Seuls 2 projets ont admis utiliser de l’IA. Est-ce que ça veut dire que les 40 autres sont 100% bio, élevés en plein air sans algorithmes ? Paul Wake en doute fort. On est dans une culture du « Pas vu, pas pris ». L’IA est devenue un sujet tellement inflammatoire que la stratégie dominante, c’est le silence radio.

Paper AI vs Digital AI : La guerre des mondes

Le rapport fait une distinction que nous, joueurs et joueuses, ressentons instinctivement :

  • La « Paper AI » (IA de papier) : C’est l’automate de votre mode solo. Des cartes, des dés, des diagrammes. C’est du « busywork » pour le cerveau, mais c’est tangible, transparent et on kiffe.
  • L’IA Générative : Celle qui recrache des illustrations en 15 secondes. Et là, c’est la zone de danger.

Des géants comme Ravensburger (avec l’affaire Puerto Rico 1897) ou Games Workshop ont sorti l’artillerie lourde : veto total. L’IA devient un risque juridique avant d’être un outil créatif. Si votre jeu est entraîné sur des œuvres protégées, à qui appartient-il vraiment ? Aux USA, le Copyright Office dit « personne ». Pour un éditeur qui vit de ses licences, c’est un cauchemar.

Le vrai problème dont personne ne parle : La « pourriture numérique »

On s’écharpe sur les images moches aux doigts surnuméraires, mais le rapport pointe un danger bien plus réel : la durabilité. Le jeu de société, c’est censé être l’objet durable par excellence. Une boîte de Monopoly de 1935 fonctionne encore (malheureusement). Mais qu’en est-il de ces jeux hybrides de 2025 dépendants d’un serveur ou d’une app bourrée d’IA ? Est-ce que nos jeux hybrides sortis dans les années 2010 fonctionnent encore ?

Si l’éditeur ferme, si l’app n’est plus mise à jour, votre jeu à 150€ devient un très joli presse-papier. L’obsolescence logicielle est en train de tuer la promesse d’éternité du jeu de société.

Conclusion

L’IA ne va pas disparaître. Mais le « Far West », c’est fini. On entre dans l’ère de la régulation, de la méfiance, et espérons-le, d’une transparence retrouvée. Parce qu’au final, savoir si c’est un humain ou un robot qui a dessiné notre dragon, ça compte encore pour nous. Et vous ?

Si un jeu est excellent mais utilise des illustrations IA assumées, vous faites quoi ?

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