The Rogue Prince of Persia : Perse et fracas
⏳ Parkour fluide, combats viscéraux et musique Trap : The Rogue Prince of Persia réinvente la licence. Est-ce le digne héritier du trône ?
The Rogue Prince of Persia : Le prince qui voulait être roi (du roguelite)

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
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L’essentiel en 3 points :
- Le système de parkour et de course murale est une réussite absolue qui rend chaque déplacement grisant.
- Entre la direction artistique cartoon audacieuse et la B.O. « Persian Trap », le jeu a une personnalité unique.
- Le jeu souffre d’une certaine répétitivité et d’un manque de contenu endgame comparé aux ténors du genre.
S’il y a bien une chose qu’on a apprise avec le temps, c’est que le Prince de Perse a la peau dure, très dure.
Depuis les geôles pixélisées de 1989 jusqu’aux acrobaties temporelles des années 2000, ce gars-là a survécu à tout : aux vizirs maléfiques, aux sables du temps, et même, exploit notable, à l’ombre écrasante de son propre « fils spirituel », Assassin’s Creed.
Mais 2024 et 2025 marquent un tournant qu’on n’avait pas vu venir. Ubisoft a décidé de jouer sur deux tableaux. D’un côté, le chirurgical The Lost Crown (une merveille de précision, on vous le dit tout net). De l’autre ? Une bête curieuse, sauvage, confiée non pas à un studio interne, mais aux rockstars indés d’Evil Empire, les papas adoptifs de Dead Cells.
Son nom ? The Rogue Prince of Persia. Après un accès anticipé et pas mal de débats sur sa couleur de peau (on y reviendra), la version 1.0 est là. Alors, mariage de raison ou coup de foudre ? Après avoir poncé nos manettes et couru en vrai sur plus de murs qu’il n’est raisonnable de l’admettre, voici notre verdict.
De Dead Cells à la Perse, l’Héritage d’Evil Empire (avec un grand H)
Pour comprendre ce jeu, il faut regarder son pedigree. Evil Empire, ce sont des types qui mangent du roguelite au petit-déjeuner. Ils ont maintenu Dead Cells en vie pendant des années. Quand Ubisoft leur a filé les clés de la Perse, le pari était osé : faire un spin-off qui ne ressemble à rien de connu, tout en gardant l’ADN de la série.
Le résultat ? Un jeu qui transpire Dead Cells par tous les pores, mais qui essaie désespérément de s’envoler. Littéralement. Là où le prisonnier de Dead Cells est cloué au sol, notre Prince est un danseur aérien.
On a aussi assisté à la fameuse « controverse du Prince Pourpre ». Au début de l’accès anticipé, le Prince était violet. Genre, vraiment violet. Hommage rétro ou… audace artistique ? Les joueurs ont hurlé, et le studio, fidèle à sa réputation, a écouté. Dans la 1.0, le Prince a retrouvé des couleurs plus… humaines. Un détail ? Peut-être, mais ça montre bien la tension constante de ce projet : innover sans braquer les puristes.


Une claque visuelle et sonore (façon Tartakovsky)
On ne va pas se mentir, le jeu a de la gueule. Oubliez le réalisme. Ici, on est dans un délire cartoon assumé qui rappelle Samurai Jack. C’est épuré, c’est coloré, c’est lisible.
Chaque biome a son identité. Le Village de Zagros nous brûle la rétine avec ses ocres, tandis que l’Aqueduc nous rafraîchit avec ses turquoises. Ce choix du « flat design » n’est pas que joli, il est vital : quand ça pète de partout à l’écran, on sait toujours où on est.
Et que dire de la musique ? Daniel Asadi nous balance de la « Persian Trap ». Des percussions traditionnelles (Daf, Tombak) mixées avec des basses électroniques lourdes. Ça donne un côté urbain, rebelle, qui colle parfaitement au rythme du jeu. C’est une B.O. qui a du caractère, loin des thèmes orchestraux poussiéreux habituels.
Le gameplay ? Une ode au mouvement
Si vous ne devez retenir qu’une chose, c’est ça : le déplacement est divin.
Ce n’est pas juste un moyen d’aller d’un point A à un point B, c’est le cœur du jeu. Evil Empire a réussi à intégrer la course murale (le fameux wall-run) dans un jeu 2D en utilisant l’arrière-plan. C’est brillant. Vous êtes coincé par deux lanciers ? Hop, vous courez sur le mur derrière eux et vous leur tombez dessus.
Comparé à la rigueur d’horloger de The Lost Crown, ici, on est dans le « flow ». C’est organique, parfois un peu glissant (attention aux pics !), mais quand on maîtrise, on a l’impression d’être un dieu du parkour.
L’art de la guerre (et du coup de pied)
Le combat est une extension du mouvement. Ne restez jamais statique, sinon c’est la mort. Le système repose sur une mécanique de génie : le coup de pied. Envoyer un ennemi valdinguer dans un piège, le pousser sur ses potes pour les étourdir, ou le jeter dans le vide… C’est jouissif. On ne se contente pas de taper, on joue avec l’environnement.
L’arsenal est varié (dagues rapides, hache lourde, lance…), et les outils secondaires comme le grappin ajoutent une couche de fun immédiat.
Mourir, dépenser, recommencer. Du pur roguelite
La structure est classique. On meurt, on se réveille à l’Oasis. Mais ici, l’échec n’est pas frustrant. L’Oasis est un hub vivant où l’on dépense ses ressources pour débloquer des armes ou améliorer ses compétences passives.
Le système de Médaillons permet de se créer des « builds » sur mesure. Vous aimez le feu ? Il y a une synergie pour ça. Vous préférez le poison ? Aussi. C’est assez profond pour donner envie de tester des trucs bizarres, même si on n’atteint pas encore la folie des combos d’un Hades.
Les ombres au tableau
Tout n’est pas parfait au royaume de Perse.
- La répétitivité : La génération procédurale montre vite ses limites. Après 15 heures, on commence à reconnaître les « morceaux » de niveaux. Les décors sont jolis, mais parfois un peu vides.
- Le contenu : 5 boss principaux, c’est un peu chiche pour un roguelite. Une fois qu’on a appris leurs patterns, le challenge retombe.
- L’histoire : C’est raconté via un tableau d’enquête (très cool visuellement), mais on ne s’attache pas vraiment aux personnages. On est loin de l’émotion d’un Hades, encore une fois.
The Rogue Prince of Persia, verdict
Le Prince a-t-il réussi son saut ?
The Rogue Prince of Persia est un jeu de paradoxes. Il est porté par un système de mouvement exceptionnel et une D.A. plutôt audacieuse, mais il est un peu freiné par une structure trop scolaire. C’est un excellent jeu d’action, fun, rapide, idéal pour se vider la tête. Mais pour détrôner les rois du genre, il lui manque encore ce petit supplément d’âme et de contenu infini.
Et oui, forcément, The Rogue Prince of Persia est parfois trop proche de Dead Cells. Certaines régions et combats de boss l’imitent tellement qu’on ne sait pas si c’est un hommage délibéré ou une réutilisation d’idées éprouvées. Et côté narration, on doit bien l’avouer, elle reste en retrait. L’intrigue avec les Huns et la famille du Prince reste superficielle et peine à prendre.
Mais on ne va pas se mentir, j’ai pris une claque dès les premières minutes. Le contrôle du perso est juste incroyable. On a vraiment cette sensation de fluidité qu’on cherche dans un Prince of Persia, mais dopée aux hormones de Dead Cells. Courir sur les murs et tomber sur les ennemis, c’est jouissif. La DA cartoon, au début j’étais sceptique, mais en jeu ça rend super bien, très lisible.
Pourquoi pas 5 étoiles ? Parce qu’on reste un peu sur sa faim. Mais honnêtement, le « squelette » du jeu est tellement bon que je lui pardonne. Si vous aimez le gameplay nerveux et que vous n’avez pas besoin d’un scénario de 100h, foncez, c’est du pur fun en barre.
On a aimé :
- Se prendre pour un ninja en courant sur les murs du fond.
- Mettre des coups de pied aux ennemis pour les envoyer dans les pics (très thérapeutique).
- La B.O. qui tape fort dans les basses et qui donne envie de remuer de la tête.
On a moins aimé :
- Revoir toujours les mêmes couloirs après 15h de jeu.
- L’histoire qui nous a un peu laissés de marbre (désolé, Prince).
C’est plutôt pour vous si…
- Vous avez poncé Dead Cells et vous cherchez votre nouvelle drogue.
- Vous aimez les jeux qui vont vite, très vite, et où le sol est une option.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous détestez recommencer un niveau depuis le début (la rage n’est pas loin).
- Vous espériez une suite directe et réaliste aux Sables du Temps.
The Rogue Prince of Persia, c’est un peu comme un kebab de luxe : les ingrédients sont frais, la sauce est originale, c’est délicieux sur le moment, mais on a encore un tout petit peu faim en sortant.
Pas mal ! Oui, mais avec des réserves.
Dispo sur PC, PS5 et Switch.
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