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And Roger : Une heure de jeu, une éternité de souvenirs

👨‍👧 Préparez vos mouchoirs. And Roger est la pépite indé qui nous a bouleversée. Une heure de jeu, une vie de souvenirs. Notre avis 5/5 sur ce bijou.


And Roger : Un seul bouton pour briser (et réparer) votre cœur

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


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L’essentiel en 3 points :

  • Une aventure narrative d’une heure environ, vendue au prix d’un café, qui marque durablement les esprits.
  • Le jeu utilise des mécaniques déroutantes et l’absence de tutoriel pour faire ressentir au joueur la confusion mentale de l’héroïne.
  • Une direction artistique pastel sublime pour une histoire poignante sur la mémoire et le deuil. Un bijou !

Ce matin-là, le café avait le même goût que d’habitude. Le silence dans la maison était le même que d’habitude. Sauf que sur le canapé, ce n’était pas Papa. C’était un inconnu.

En une heure à peine, And Roger nous attrape par le col et nous fait vivre, d’un simple clic de souris, une expérience narrative aussi déroutante que bouleversante. Sous ses airs de petit jeu indé minimaliste qui ne paie pas de mine, ce titre cache un trésor d’humanité. Il s’attaque à un monstre sacré : la mémoire qui flanche, l’amour qui résiste, et ce moment terrifiant où les rôles s’inversent.

On a joué, on a pleuré (beaucoup), et on vous explique pourquoi c’est un chef-d’œuvre.

Une enquête intime au cœur de l’oubli

Raconter l’intrigue d’And Roger sans rien dévoiler de son mystère relève du défi. Vous incarnez Sophie. Un matin, son père a disparu. À sa place, cet homme qu’on ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, qui prétend vivre ici depuis toujours et qui insiste lourdement pour qu’on prenne un médicament suspect.

Faut-il fuir ? Faut-il appeler la police ? L’histoire nous entraîne d’emblée dans la confusion paniquée de l’héroïne. Qui est cet homme ? Où est passé Papa ? On nage en plein thriller psychologique, à la frontière du fantastique.

Mais au fil de trois chapitres succincts, le brouillard se dissipe pour laisser place à une réalité tragiquement humaine. Le scénario aborde des thèmes difficiles comme la santé mentale et le deuil, mais avec une délicatesse infinie. C’est un conte contemporain sur la manière dont on affronte la déchéance d’un être cher, avec son lot de peur, de confusion, mais aussi de tendresse.

Le tour de force ? Le jeu préfère montrer plutôt que dire. On est littéralement vissé dans le crâne de Sophie. On vit sa perte de repères de l’intérieur, comme une enfant perdue dans un monde d’adultes devenu illisible. On en ressort le cœur serré, mais admiratif devant la sincérité du propos.

Un gameplay minimaliste au service de l’émotion

C’est là que And Roger surprend tout le monde. Le jeu se joue avec… un seul bouton. Oui, vous avez bien lu. Votre souris (ou votre stick) ne sert qu’à cliquer, maintenir ou glisser un unique bouton virtuel.

Au début, on se dit « c’est mignon ». On clique pour se brosser les dents, on glisse pour se laver les mains. Et puis, le piège se referme. Le gameplay devient le miroir de l’état mental de l’héroïne. Quand Sophie panique, ouvrir une porte devient un calvaire : il faut chasser le bon bouton parmi dix leurres qui dansent à l’écran.

Le stress monte. On clique fébrilement. On s’énerve. Et c’est exactement le but. Cette frustration que vous ressentez manette en main, c’est celle de Sophie. Le jeu utilise ses mécaniques pour nous faire ressentir physiquement la confusion. C’est puissant.

Des menus qui dysfonctionnent, des lignes de dialogue qu’il faut relier manuellement pour garder le fil… chaque casse-tête a du sens. Quand on comprend enfin pourquoi le gameplay était si bizarre au début, on se prend une deuxième claque. Tout était lié.

Une direction artistique qui parle

Visuellement, on est sur du dessin à la main, épuré, presque enfantin. On pense tout de suite à Florence. Mais ce choix n’est pas qu’esthétique. Les traits simples épousent le regard candide de Sophie.

Quand la réalité se fissure, le dessin suit. Les formes se distordent, les points tourbillonnent. L’usage des couleurs : bleu, rose, orange, est chirurgical. Elles dictent l’émotion de la scène, passant de la froideur mélancolique à la chaleur d’un souvenir heureux.

Côté son, l’ambiance oscille entre l’oppressant (bruits de pas, coups sourds qui mettent les nerfs à vif) et la douceur absolue de mélodies piano-guitare. Le silence y est utilisé comme une arme émotionnelle.

Verdict : 5 étoiles (et un paquet de mouchoirs)

Soyons clairs : And Roger est court (une heure ou deux) et ne coûte pas plus cher qu’un cappuccino (environ 5 €). C’est accessible à toutes et tous, même aux novices des jeux vidéo.

Mais attention, « accessible » ne veut pas dire « facile à vivre ». Le jeu remue. Il tape juste. Si vous avez vécu de près ou de loin la maladie d’un proche, ça risque de piquer un peu les yeux. Mais c’est une douleur cathartique, nécessaire.

C’est un petit chef-d’œuvre qui prouve qu’on n’a pas besoin de 100 heures de jeu pour marquer les esprits. C’est une expérience qui reste, qui gratte, et qui donne envie de serrer ses proches dans ses bras.

On a aimé :

  • Pleurer comme des madeleines en seulement 60 minutes chrono.
  • Se faire « troller » par un captcha « Je ne suis pas un robot » impossible à résoudre.
  • Le prix : moins cher qu’un paquet de sleeves pour protéger ses cartes.

On a moins aimé :

  • Devoir expliquer à nos proches pourquoi on a les yeux rouges et qu’on renifle.
  • C’est fini ? Déjà ? On en reprendrait bien une petite part (de larmes).

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous aimez les histoires qui vous retournent le cerveau et le cœur.
  • Vous avez une heure à tuer et une boîte de mouchoirs pleine à portée de main.

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Pour vous, un bon jeu doit durer 100 heures et contenir des dragons à occire.
  • Vous détestez ne pas comprendre immédiatement ce qu’il faut faire avec votre souris.

And Roger, c’est comme un shot d’humanité : c’est court, ça brûle un peu sur le moment, mais ça réchauffe le cœur pour longtemps.

Grandiose !

Note : 5 sur 5.

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