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Codenames Back to Hogwarts : 100 % des ventes aux associations trans

💰 Acheter un jeu Harry Potter pour soutenir la communautĂ© trans ? CGE donne 100% de ses profits pour leur Codenames Back to Hogwarts


Codenames Harry Potter et le don à 100% : Réconciliation et capitalisme éthique

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L’essentiel en 3 points :

  • Face au boycott, CGE promet de reverser 100% des bĂ©nĂ©fices de son Codenames Back to Hogwarts Ă  des associations de soutien Ă  la communautĂ© trans.
  • Cette annonce suit une gestion de crise catastrophique et une pression immense de la part de la communautĂ© et des influenceurs.
  • S’agit-il d’un acte militant sincĂšre ou d’une opĂ©ration de sauvetage pragmatique pour sauver la marque et le produit ?

Face Ă  une polĂ©mique qui menaçait de couler sa rĂ©putation, l’Ă©diteur CGE a sorti de son chapeau une solution. Mais le lapin blanc de la rĂ©demption cache peut-ĂȘtre une forĂȘt de questions.

En l’espace de quinze jours, l’Ă©diteur Czech Games Edition (CGE) a rĂ©alisĂ© une volte-face spectaculaire. Passant du statut de paria de la communautĂ© ludique Ă  celui de hĂ©ros repenti, l’entreprise a dĂ©gainĂ© l’argument ultime pour calmer la fronde : la promesse de reverser 100% des bĂ©nĂ©fices de son Codenames: Back to Hogwarts Ă  des associations de soutien aux personnes trans.

Sur le papier, le geste est impeccable. Une rĂ©demption express qui coche toutes les cases. Mais derriĂšre l’opĂ©ration de communication parfaitement huilĂ©e, une question dĂ©range : assiste-t-on Ă  un acte de solidaritĂ© sincĂšre ou au plus grand coup de com’ de l’histoire du jeu de sociĂ©tĂ© ? L’argent peut-il vraiment tout racheter ?

Anatomie d’un rĂ©tropĂ©dalage (forcĂ©)

Il ne faut pas l’oublier : cette dĂ©cision n’est pas tombĂ©e du ciel. Elle est la consĂ©quence directe d’une catastrophe industrielle et d’une gestion de crise initiale calamiteuse. AprĂšs avoir annoncĂ© son jeu, CGE a d’abord tentĂ© de noyer le poisson avec des communiquĂ©s vagues, avant de jeter de l’huile sur le feu en bloquant ses critiques sur les rĂ©seaux sociaux.

Ce n’est que face Ă  un boycott d’une ampleur inĂ©dite, menĂ© par des mĂ©dias si influents qu’ils menaçaient l’ensemble du catalogue de l’Ă©diteur, que CGE a changĂ© son fusil d’Ă©paule. La promesse du don n’est donc pas nĂ©e d’une illumination soudaine, mais d’une situation de survie commerciale. Quand le navire prend l’eau de toutes parts, jeter la cargaison par-dessus bord n’est plus un choix, c’est une nĂ©cessitĂ©. Est-ce du courage ? Ou du pragmatisme ?

Un commentaire postĂ© Ă  la suite de notre article prĂ©cĂ©dent sur l’affaire.

Faisons les comptes

Penchons-nous sur les dĂ©tails de cette promesse. CGE s’engage Ă  donner « 100% des bĂ©nĂ©fices ». Le terme « bĂ©nĂ©fice » est notoirement flexible en comptabilitĂ©. AprĂšs dĂ©duction des coĂ»ts de production, de marketing, de logistique et des frais gĂ©nĂ©raux, que restera-t-il vraiment ? L’opĂ©ration, si louable soit-elle, manque de transparence sur ce point crucial. Qui vĂ©rifiera les comptes ?

Plus dĂ©rangeant encore est le non-dit de cette Ă©quation : J.K. Rowling, elle, continue de toucher ses royalties sur chaque boĂźte vendue. Le chĂšque pour la licence est signĂ©, quoi qu’il arrive. Le geste de CGE ne change rien Ă  ce flux financier initial. L’Ă©diteur ne fait que crĂ©er un second flux, financĂ© par les acheteurs, pour « compenser » le premier. On ne peut s’empĂȘcher de voir cela comme une sorte d’acrobatie financiĂšre : on ne rĂ©sout pas le problĂšme Ă  la source, on le contourne en crĂ©ant une rustine Ă©thique.

Un geste pour l’exemple
 ou un dangereux prĂ©cĂ©dent ?

Comme on peut le voir sur les comptes X et Bluesky de l’Ă©diteur, la communautĂ© a majoritairement applaudi, soulagĂ©e de voir une issue positive Ă  cette crise. Mais n’est-ce pas aller un peu vite ? En validant cette stratĂ©gie, on crĂ©e un prĂ©cĂ©dent potentiellement problĂ©matique. Demain, un Ă©diteur pourra-t-il sciemment signer un accord avec une licence controversĂ©e, en se disant qu’au pire, un don bien marketĂ© suffira Ă  acheter la paix sociale ?

Cette solution, si sĂ©duisante soit-elle, a le mĂ©rite de dĂ©tourner l’attention du jugement initial, profondĂ©ment erronĂ©, de CGE. On parle dĂ©sormais de la solution et non plus du problĂšme. N’est-ce pas exactement ce que souhaitait l’Ă©diteur ? On peut se demander si la communautĂ© n’a pas Ă©tĂ© la cible d’une manƓuvre de relations publiques de gĂ©nie, oĂč l’on calme la grogne en offrant une rĂ©demption clĂ© en main, financĂ©e par la consommatrice ou le consommateur lui-mĂȘme.

Du coup, face au jeu Codenames: Back to Hogwarts, votre position est :

Le doute est permis

Au final, l’histoire de Codenames: Back to Hogwarts est celle d’un miroir tendu Ă  notre communautĂ©. Sommes-nous face Ă  une nouvelle forme de responsabilitĂ© d’entreprise, ou Ă  la version 2.0 de la gestion de crise ? La gĂ©nĂ©rositĂ© peut-elle ĂȘtre Ă  la fois sincĂšre et calculĂ©e ?

La dĂ©cision de CGE est peut-ĂȘtre « la meilleure possible » dans une situation impossible. Mais il est tout aussi possible qu’il s’agisse d’une solution Ă©lĂ©gante pour sauver une mise de dĂ©part dĂ©sastreuse. L’argent apaise, certes, mais il n’efface ni les erreurs, ni les questions. Et celles-ci demeurent, entiĂšres. N’empĂȘche, l’Ă©diteur tchĂšque a bien rĂ©ussi Ă  renverser la table (de jeu). D’un jeu (Ă©diteur ?) boycottĂ©, maintenant en l’achetant, on soutient la cause des personnes trans. Bien ouĂšj CGE.


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2 Comments

  • amnesix77

    Merci pour votre article et cette info,

    Personnellement j’ai envie de dire que c’est la meilleure (ou l’une des) option(s) qu ils pouvaient choisir vu la situation. J’ai donc plus envie de saluer le geste que de le critiquer : bien sĂ»r les raisons ne sont pas pures, c’est la vraie vie.

    Le prĂ©cĂ©dent sera lĂ  et c’est peut ĂȘtre l’ essentiel. L Ă©diteur (lui ou un autre) hĂ©sitera maintenant a sortir un nouveau jeu de cette licence.

    Tout cela ne change par contre rien Ă  la dĂ©cision de chacun d envoyer des sous a cette charmante vieille dame en achetant ce jeu… Ou pas.

  • Tata

    Personnellement je ne vois dans la rĂ©action d’une partie de la communautĂ© ludique ( oui car contrairement Ă  la formulation dans l’article ce n’est pas l’ensemble de la communautĂ© qui a rĂ©agit, mais une simple partie bruyante et impossible Ă  quantifier).

    Je ne vois donc qu’hypocrisie ( car la licence HP rapporte des millions depuis des annĂ©es Ă  son autrice et le jeu de CGE ne reprĂ©sente qu’une goute d’eau) et intolĂ©rance et rĂ©action violente.

    Ne pas partager une opinion c’est noble, en dĂ©battre et avoir des arguments c’est toujours mieux que simplement vouloir rĂ©duire au silence et faire disparaĂźtre ceux qui pensent autrement.

    Je suis quelqu’un d’ouvert et de respectueux, mais je suis de plus en plus choquĂ© et mal Ă  l’aise avec ses discours d’une minoritĂ© qui rĂ©clame la tolĂ©rance tout en utilisant l’intolĂ©rance.

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