
Pourquoi consommons-nous?
Continuons ici notre cycle de discussion sur les jeux de société et la société de consommation en nous attardant cette fois sur les égéries et icônes. Icônes qui vont au final nous pousser à consommer.
Si dans les années 80-2000 la publicité se servait beaucoup d’égéries pour vendre du rêve et des produits, acteurs ou top-models étaient alors étroitement associés à une marque, certaines égéries sont devenues marques à part entière, véritables icônes.
On ne consomme plus le produit représenté par une célébrité, on consomme la célébrité qui créé et devient sa marque, tel que le designer Philippe Starck et ses meubles / ustensiles par exemple.
Dans le monde du jeu de société c’est pareil, des personnalités sont devenus des marques, élevées au rang d’icônes, de totems même.
Cathala
C’est le cas de Bruno Cathala et de tous ses jeux. On n’achète pas n’importe quel jeu créé par n’importe quel auteur, on achète un jeu créé par Bruno Cathala. On achète Bruno Cathala, quel que soit l’éditeur ou le type de jeu. On cherche l’expérience Bruno Cathala.
Avec plus d’une dizaine d’années de carrière derrière lui, Bruno a su créer un style facilement reconnaissable: des mécaniques connues du grand public, pas nécessairement innovantes, reprises, réadaptées et remises au goût du jour, pour des jeux à forte renouvelabilité, malins et très taquins. Même sa personnalité fait partie du package, il a su se vendre un côté modeste, disponible, sympathique.
À tel point qu’au final on achète un jeu signé de la patte de l’auteur pour l’auteur, et pas seulement parce que le jeu peut signifier gage de qualité pour certains.
Au fil des année, Bruno Cathala a su se créer sa propre marque, les éditeurs en étant alors les pourvoyeurs.
Quand sort un nouveau jeu de l’auteur, le public est alors forcément pris d’une grande curiosité, si ce n’est d’un fort désir d’achat. On reconnaît son style, et années après années, sorties après sorties, on a fini par se reconnaître dans ses jeux. Cathala est devenu une marque en soi.
Phal
Et Monsieur Phal? Ibidem.
TricTrac, plus qu’un site, est aujourd’hui devenu un véritable emblème du jeu de société. À tel point que Phal est également fort visible en représentation extérieure puisque sollicité comme carte de visite: juré, présentateur, expert, et même effigie dans des jeux de société (Le Pouic, symbole de TT et Phal dans King of Tokyo, un personnage dans Zombicide, etc.).
Comme Cathala, Monsieur Phal, via TricTrac, est une marque en soi dans laquelle de très nombreux férus de jeux de société se retrouvent.
On a les fans d’Apple pour ce qu’Apple représente, une technologie design, chère et fashion. Dans le jeu de société, on a les fans de Phal, véritable vitrine pour les jeux, espiègle, décomplexée et passionnée.
La preuve de toute cette totemisation s’affirme via l’attachement quasi-religieux, presque vénération de ses fervents admirateurs et consommateurs. Admirateurs prêts à en découvre si offense il devait y avoir. Les détracteurs de TricTrac s’exposent en effet à de vives réactions, voire même à de l’agressivité, c’est dire à quel point la marque Phal / TT est puissante. Notez la quasi-absence de commentaires virulents à l’encontre de TT et vous réaliserez à quel point le site s’est construit comme véritable entité de marque avec une solide communauté.
Pareil pour Cathala, pas facile d’émettre une critique négative d’un de ses jeux tellement son aura est massive, on se sentirait presque commettre un « crime de lèse-majesté ». On peut ne pas aimer un de ses jeux, mais on évitera de le dire haut et fort pour ne pas s’attirer les foudres.
Ces réactions prouvent bien que ces marques du monde du jeu de société sont concrètes et bien implantées.
Au final, ces deux exemples d’icônes poussent à la consommation car elles créent un fort sentiment d’appartenance ainsi qu’une émo-consommation, elles offrent une véritable expérience d’attachement et de reconnaissance à une marque. Une véritable communauté de marque. Soyons honnêtes, on finira bien tous par acheter ce nouveau jeu de Bruno ou par financer TricTrac.
Jeu
Pour clore cet article sur la consommation et les marques, Gus&Co vous proposent un petit jeu. Répondez à ces questions. Pensez à votre site ludique, votre éditeur, ou auteur préféré et vous en connaîtrez votre attachement:
Si vous avez sélectionné en tout cas 2 réponses vous appartenez à une véritable communauté de marque. Si vous en avez plus de 5, vous avez carrément trouvé une nouvelle famille!