Incroyable mais vrai, Mattel, oui la boîte qui fait principalement des jouets en plastique, a annoncé sortir un jeu de plateau coopératif pour Essen 2013.
Le jeu ne sortira visiblement qu’en allemand dans un premier temps et il s’agira d’un jeu pour enfants créé par Bryan Yu. L’un des titres envisagés est Treasure Hunters puisque les joueurs se baladeront dans un manoir hanté pour y trouver un… trésor. Avec fantômes et portes fermées. La couverture est signée par le talentueux Piero (Dice Town, Ghost Stories). Vous pouvez d’ailleurs suivre la progression de la couverture sur son blog ici.
Avec ce nouveau jeu coopératif prévu pour tout bientôt, penchons-nous sur les 5 éléments qui font un (très) bon jeu coopératif. Un jeu coopératif est donc un jeu dans lequel les joueurs jouent tous ensemble contre le jeu lui-même. Un bon exemple de jeu coopératif est le tout récent Désert Interdit.
Le souci majeur dans les jeux coopératifs est bien souvent le hasard. Pour pouvoir proposer des défis aux joueurs et surtout renouveler les parties, il y a souvent une mécanique de pioche d’évènements. Les joueurs vont devoir ensuite tout faire pour lutter contre ces difficultés.
Et pourquoi ne pas proposer un jeu coopératif qui limiterait cette part trop souvent présente de hasard? La possibilité par exemple de connaître les 2, 3 prochains évènements, diminuer la part du hasard et de la tactique pour renforcer la stratégie.
Il y a souvent à la table un joueur qui se sent investi de la mission suprême de réussir impérativement la partie et donc de prodiguer des conseils à profusion. Il s’agit souvent d’un joueur qui connaît déjà le jeu et qui se croit être l’expert. Il se met alors à « contrôler » tous ses collègues à la table comme s’ils étaient ses « pions ». Une vraie plaie, car les autres joueurs ne décident alors plus rien et n’en retirent alors aucun plaisir. Comment jouer avec un King Speaker sans y laisser ses dents?
Un excellent jeu coopératif devrait tout faire pour éviter cet écueil. Comment? En renforçant le pouvoir de tout un chacun, en donnant des mini-missions, ou des pouvoirs personnels suffisamment riches et puissants pour que chaque joueur se sente intégré et soit « obligé » de participer sans qu’on lui dise quoi faire. Un bon exemple est Robinson Crusoé, à paraître bientôt en français chez Filosofia. Les personnages sont tellement complexes que tous les joueurs doivent bien les maîtriser individuellement.
Le thème est essentiel dans un jeu coopératif. Pour que les joueurs aient du plaisir à y jouer et se sentent véritablement immergés dans une aventure épique, le thème y est évidemment pour beaucoup. Plus le thème sera « exotique » et captivant et plus les joueurs auront eu l’impression de vivre quelque chose à plusieurs.
Non seulement le thème se doit d’être attractif mais il est également important qu’il soit extrêmement bien intégré au jeu. Prenez beaucoup de jeux coopératifs et vous trouverez rapidement que le thème, même si intéressant, est bien souvent « collé » au jeu, pas assez exploité, ce qui risque de lasser et décevoir les joueurs sur le long terme. Il est important que les mécaniques du jeu servent véritablement le thème. C’est toute la différence entre les jeux européens, bien trop souvent à la mécanique ripolinée mais au thème collé, et les jeux américains, au thème fort et bien intégré.
Dans beaucoup de jeux coopératifs les joueurs devront lutter contre l’apparition d’évènements immédiats tout en essayant de remplir une mission suprême : bannir des dieux / fantômes, retrouver des trésors, réussir divers missions, etc. Pour ne pas que les joueurs aient finalement l’impression de faire une patience à plusieurs, un bon jeu coopératif devrait proposer des missions, des quêtes riches et intéressantes.
Prenez l’exemple d’Andor, pas étonnant qu’il ait raflé autant de prix en 2013 (As d’Or, Kennerspiel), puisqu’il propose véritablement une immersion dans un univers médiéval-fantastique avec des quêtes captivantes.
Beaucoup de jeux coopératifs proposent aujourd’hui la même grammaire ludique « banale » : personnages avec pouvoirs spéciaux, évènements tirés au hasard, difficulté allant en croissance, etc. Lire la critique d’Yggdrasil pour vous en convaincre.
Les jeux coopératifs modernes sortis jusque-là ont rempli leur mission, apporter du neuf. Mais c’est bon là, on a fait le tour, ne trouvez-vous pas? Les prochains jeux coopératifs devraient proposer des expériences immersives, des aventures palpitantes, des péripéties épiques, d’aller au-delà du « banal ». Nous avons tous joué aux Chevaliers de la Table Ronde (Cathala-Laget), à Ghost Stories (Bauza), à l’Ile Interdite (Leacock), proposez-nous autre chose, faites-nous rêver, voyager, rêver!
Car au final le jeu ne m’offre pas la possibilité de gagner et de rétamer mes adversaires et ainsi de me sentir plus fort, mais la véritable possibilité de vivre une aventure à plusieurs, et ceci sans bouger de son salon. Après tout, les jeux coopératifs, et les jeux en général, sont de formidables machines à partager et à rêver!
Qu’en pensez-vous? Trouvez-vous qu’un jeu coopératif actuellement sur le marché remplisse ces différents facteurs?
