🧠 Faut-il laisser gagner vos enfants aux jeux de sociĂ©tĂ©?

Temps de lecture: 6 minutes

Evan, mon fils de 5 ans, et Eileen, ma fille de 3 aussi d’ailleurs, sont au taquet!

Chaque jour, ils nous demande pour jouer Ă  un, deux, mille jeux de sociĂ©tĂ©: Hop Hop Hop, TrĂ©sor des Lutins, Carcassonne Junior et mĂȘme, OK j’ai honte, les Échecs. Quoique, les Échecs, c’est bien aussi, pour apprendre les tactiques, les positions, les mouvements, toussa…

Faut dire qu’ils sont bien tombĂ©s, entre mon job de gamedesigner, de blogueur ludique et ma femme professeure des Ă©coles qui utilise aussi les jeux en classe (PS+MS), nos deux nains de jardin son encerclĂ©s de jeux en tous genres: jeux de rĂŽle, jeux de cartes, jeux de plateau…

Et chaque fois qu’on s’asseye Ă  table pour entamer une partie avec eux, se pose alors la question vitale: faut-il les laminer? Ou au contraire leur laisser une chance? Ou au contraire tout faire, ou ne rien faire, justement, pour les laisser gagner?

Et pour faire écho à cet article, nous venons tout juste de publier notre sélection des meilleurs jeux de société actuels pour enfants ici

Jeux pour enfants

Certains jeux ne sont pas punitifs pour les enfants, comme le TrĂ©sor de Glace, le meilleur jeu pour enfants 2018, qui demandent un minimum d’observation, de cognition. Donc ils peuvent aussi trĂšs bien exploser les adultes

Et ce n’est d’ailleurs pas pour rien que de nombreux jeux pour enfants sont coopĂ©ratifs, comme Hop Hop Hop ou le trĂšs illustre TrĂ©sor des Lutins, histoire justement d’Ă©viter cette pression aux parents

La Win (expression de 1993)

Les enfants jouent pour gagner, surtout. Beaucoup d’adultes aussi me direz-vous, mais certains d’entre nous (adultes, je prĂ©cise) jouent Ă©galement pour dĂ©couvrir, pour partager, pour vivre autre chose que mĂ©tro-boulot-dodo-rĂ©seaux-sociaux

Toutes les espĂšces jouent. Les hommes, comme les animaux

Le jeu permet l’apprentissage de la vie, l’acquisition de compĂ©tences, sociales et cognitives

Le jeu est extrĂȘmement important pour le dĂ©veloppement de l’enfant puisqu’il est en mĂȘme temps simulation et exercice

Quand on parle de jeu, on parle de jeux de plateau: acquisition de rÚgles, motricité fine, stratégie, sociabilité, de jeux de construction: motricité fine, imagination, de jeux physique: motricité, sociabilité, mais aussi de jeux symboliques: sociabilité, acquisition, répétition, imagination

Il est crucial que les enfants jouent

Il est aussi crucial que les enfants apprennent Ă  perdre. Et Ă  gagner

S’ils gagnent toujours, parce que les adultes les laissent gagner, ils risquent de ne pas comprendre quand ils perdront. Et ça risque bien de leur arriver un jour

De toute façon, entre eux, les enfants ne se font pas du tout, mais alors vraiment pas du tout de cadeau

Les enfants n’ont point d’affaires plus sĂ©rieuses que leurs jeux. Michel de Montaigne

Nos deux enfants passent leur vie à jouer. Ces g(r)osses flemmes ne font rien d’autre de leur journĂ©e que jouer. MĂȘme Ă  l’Ă©cole, je les suspecte fort de jouer aussi. Ils ne paient pas d’impĂŽts. Ils ne parlent pas politique. C’est Ă  peine s’ils font la cuisine

Non, au lieu de cela, ils poussent des jouets, courent dans le jardin et construisent des fermes et des bateaux pirates Lego

Mais en fait, si. A y regarder de plus prĂšs, mes enfants travaillent. Et ils travaillent dur. Tous les jours, tout le temps

En lançant des jouets, ils travaillent Ă  faire l’apprentissage des lois de la physique. En manipulant des objets, ils travaillent Ă  amĂ©liorer leur dextĂ©ritĂ© et Ă  comprendre le fonctionnement de l’objet. En jouant avec autrui ils travaillent Ă  faire l’apprentissage des autres, du jeu de sociĂ©tĂ© en sociĂ©tĂ©

Un enfant est un adulte en devenir. Il n’y a rien de plus sĂ©rieux qu’un enfant qui joue

Jeu aprĂšs jeu, l’enfant devient « je ». Arnaud Gazagnes

Mais bon, ne parler que des enfants est un choix facile. Et nous? Qu’en est-il de nous, adultes, et de notre rapport au jeu? Est-ce qu’en devenant adultes nous avons perdu la facultĂ© de jouer pour apprendre? Et Pourquoi joue-t-on, d’ailleurs?

De nombreux philosophes, anthropologues, historiens et psychologues ont cherchĂ© Ă  rĂ©pondre Ă  cette question. Le jeu, comme le rire, est le propre de l’homme. Mais pas que. Les animaux eux aussi jouent

En plus d’avoir deux enfants, j’ai aussi trois chats. Oui je sais, ça fait un peu beaucoup quand mĂȘme. D’autant que ces animaux ne poussent pas Ă  la productivitĂ©, soyons honnĂȘtes. Quand ils ne passent pas leur temps Ă  ronfler et Ă  me narguer en ronflant, ils jouent Ă  se courir aprĂšs ou aprĂšs des trucs qui roulent. Pourquoi? Pour s’entraĂźner Ă  chasser, Ă  survivre, Ă  faire leur place

On peut penser, Ă  tort, qu’on n’aime pas jouer. Ou qu’on ne joue plus, que jouer, c’est un truc de gosses pour les gosses. Par manque de temps. Par manque d’envie on ne joue plus

Mais c’est faux!

En réalité, tout le monde joue

Chacun Ă  sa maniĂšre. Chacun Ă  son type de jeu

N’y a-t-il pas quelque chose de ludique à remplir des tableurs Excel (poke Manu)

A optimiser le rendement de son entreprise? A élever ses enfants? Faut-il limiter le champ du jeu à une seule console, à un ordinateur, à son portable, aux cartes ou à un plateau?

Le jeu est partout, mĂȘme dans notre langage quotidien. Vous ĂȘtes-vous d’ailleurs dĂ©jĂ  rendu compte du nombre d’expressions françaises qui existaient autour du jeu? D’entrĂ©e de jeu, on peut se demander si le jeu en vaut la chandelle. A la lecture de cet article, vous avez peut-ĂȘtre l’impression d’arriver comme un chien dans un jeu de quille. Sans vouloir ĂȘtre vieux jeu, je vais essayer de tirer mon Ă©pingle du jeu, mĂȘme si je joue un jeu dangereux. Mais je vais jouer cartes sur table avec vous. Tout ceci devient un jeu de massacre. Je dois admettre que je me suis laissĂ© prendre au jeu Ă  vouloir retrouver toutes ces expressions. Pas vraiment un jeu d’enfants


Jouer, c’est apprendre. .. Ă  vivre ensemble, Ă  connaĂźtre l’environnement, . . . Ă  coopĂ©rer. Arvid Bengtsson

Le jeu n’est de loin pas innocent. Sous le couvert d’une activitĂ© divertissante, par le jeu nous apprenons, exerçons, dĂ©veloppons. Comme pour les enfants, le jeu est un formidable dispositif à former. Atavique, animal, ancestral, universel, le jeu est une pratique prĂ©pondĂ©rante pour notre dĂ©veloppement puisqu’il nous offre un puissant moyen d’essayer « pour du beurre ».

Nous pensons, Ă  tort, ne jouer que pour nous amuser. Alors qu’en rĂ©alitĂ©, grĂące au jeu:

Nous améliorons notre stratégie. En planifiant, préparant nos prochaines actions, nous devons préparer et en anticiper les conséquences

Nous améliorons notre réactivité et nos réflexes. Souvent dans un jeu nous devons nous montrer rapides. Et puisque le jeu offre une mécanique de feedback immédiat, nous pouvons alors réagir pour nous améliorer. La réactivité est aussi liée à la tactique

Nous amĂ©liorons notre quotient relationnel. Jouer signifie ĂȘtre en relation avec les autres. Apprendre Ă  perdre. A gagner. A s’intĂ©grer. A communiquer. A ĂȘtre en compĂ©tition ou en collaboration

Nous amĂ©liorons nos compĂ©tences d’observation et de dĂ©duction. Pour jouer, et gagner, il est impĂ©ratif de bien examiner et Ă©valuer la situation

On pense ne jouer que pour s’amuser. Pour passer du bon temps. Seul devant son Ă©cran ou entourĂ© par ses amis

Alors qu’en rĂ©alitĂ©, il n’en est rien

Notre cerveau est en pleine ébullition. Il expérimente. Il conclut. Il apprend. La preuve, passez 3-4h assis, vous vous fatiguerez vite. Mais passez 3-4h à jouer à un jeu qui vous passionne, et 1. vous ne verrez pas le temps qui file (le concept du flow du psychologue Csíkszentmihålyi) 2. vous serez impliqués, immergés, investis dans le jeu.

Est-ce Ă  dire que le jeu ne doit ĂȘtre utilisĂ© que comme outil pĂ©dagogique et de dĂ©veloppement personnel? Ce sont les serious games ou la gamification / ludification. Pourquoi pas. Le jeu devient alors instrument d’apprentissage

Les neurosciences nous l’ont d’ailleurs prouvĂ©. Ce qui favorise le dĂ©veloppement des compĂ©tences intellectuelles, pour que l’apprentissage soit efficient, c’est le facteur d’enthousiasme

L’enthousiasme libĂšre en effet des neurotransmetteurs qui agissent comme de l’engrais pour notre cerveau. Autrement dit, on apprend plus et mieux quand on est motivĂ©, enthousiaste, engagĂ©. Le jeu doit rester un plaisir. C’est le plaisir qui en fait son facteur dĂ©cisif d’apprentissage

Mais alors, faut-il laisser les enfants gagner?

Oui

Non

Ca dépend

Réponse de suisse, pardon, déformation nationale

AprĂšs, on va encore m’accuser de ne pas prendre position, que c’est un peu facile

Non, selon moi, il ne faut pas les laisser gagner exprĂšs. S’ils y arrivent par eux-mĂȘmes, mais tant mieux. Mais les laisser gagner Ă  tous les jeux pour ne pas trop qu’ils se sentent «  » »infĂ©rieurs » » » ou Ă©crasĂ©s, non. Pour leur apprendre Ă :

Se dĂ©passer. A s’amĂ©liorer. A… grandir

Mais attention toutefois

Ne pas les laisser gagner, ne veut pas dire tout faire pour les exploser non plus

On peut quand mĂȘme leur laisser une petite chance. Comme leur demander s’ils veulent vraiment bien faire ce mouvement, cette action, et peut-ĂȘtre discuter avec eux des implications. Petit feedback ludique et pĂ©dagogique

Et bien sĂ»r, on est d’accord, si vous gagnez, les humilier et dire qu’ils sont vraiment trop nuls, n’est pas forcĂ©ment des plus Ă©ducatifs. Le faire entre copains, oui. Parce que c’est extrĂȘmement drĂŽle. Mais avec des enfants, c’est le meilleur moyen de dĂ©velopper des enfants mauvais perdants ou mauvais gagnants

Et rassurez-vous, un beau jour, vos enfants vous exploseront et vous dépasseront à tout. Quand vous serez bien peinards en déambulateur, vos enfants iront plus vite que vous

Et Gus&Co sortira alors un autre article: faut-il laisser gagner vos grands-parents aux jeux de société?

Et encore une toute derniĂšre chose

Et à quels jeux jouons-nous avec nos enfants? Voici notre sélection des meilleurs jeux de société actuels ici

Voici une super infographie sortie cet Ă©tĂ© et qui rĂ©sume bien tout ce qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© dans l’article:

Et vous, si vous avez des enfants, vous les laisser gagner, ou pas? Laissez-nous un commentaire, ça nous intéresse

16 Comments

  1. Merci Gus pour cet encore trĂšs bon article !
    PĂšre d’une fille de presque 5 ans, je me retrouve face au mĂȘme dilemme… Et rĂ©ponse de normand: des fois oui, des fois non… Ça dĂ©pend pas mal de l’heure Ă  laquelle on joue, plus c’est proche de l’heure du coucher, et plus j’ai tendance Ă  la laisser gagner pour Ă©viter d’ajouter une dĂ©ception Ă  la fatigue, et qui pourrait dĂ©river en conflit Ă  un moment de la journĂ©e dĂ©jĂ  dĂ©licat ;o) Il m’arrive aussi assez souvent de tricher Ă  la bataille – eh oui, elle aime y jouer, moi moins – pour perdre plus rapidement et passer Ă  un autre jeu plus motivant (Les aventuriers du rail junior, la chasse aux monstres, piou-piou, voire mĂȘme meeple circus en enlevant le temps limitĂ©).
    Et merci pour la petite liste de jeux pour enfants que je ne connaissais pas, ça me fait des idées cadeaux pour son anniversaire ;oD

  2. Lorsque j’ai commencĂ© Ă  faire jouer ma fille (il y a maintenant plus de 10 ans), j’avais Ă©tĂ© clair avec elle : « Je joue comme si tu Ă©tais une grande et je ne vais pas te laisser gagner exprĂšs. Le jour oĂč tu gagneras, tu sauras que tu as vraiment battu Papa « . Bien-sĂ»r, il Ă©tait hors de question de l’humilier et il m’arrivait donc parfois de « lever le pied » pour que la victoire ne soit pas trop Ă©crasante. L’aider Ă  faire de meilleurs coups, insister sur les progrĂšs, l’encourager, souligner lorsqu’elle a bien jouĂ©, c’est lĂ  aussi les Ă©lĂ©ments indispensables qui doivent accompagner chaque partie avec un enfant. AprĂšs, il convient de choisir des jeux qui permettent Ă  l’enfant de gagner plus facilement, c’est Ă  dire avec une place plus importante pour le hasard. L’arrivĂ©e des jeux coopĂ©ratifs est Ă©galement un bon moyen pour apprendre Ă  perdre « ensemble »  et bien-sĂ»r Ă  gagner. Laisser l’enfant toujours gagner est Ă  mon sens une erreur que chaque parent doit Ă©viter de faire, au mĂȘme titre que leur laisser avoir la fĂšve de la galette des rois systĂ©matiquement. Parce qu’un jour, il y aura un plus jeune autour de la table qu’on devra alors laisser gagner
 ou avoir la fĂšve. Et lĂ , l’enfant ne comprend plus, est dĂ©stabilisĂ©. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale; c’est Ă  dire dans le jeu et ailleurs, il est important que l’enfant soit Ă  sa place, que l’adulte reste un Ă©lĂ©ment « fort » de la famille afin que notre progĂ©niture se sente protĂ©gĂ©e. Si Papa (ou Maman) gagne au jeu, cela signifie que dans d’autres situations, ils sont en capacitĂ© de trouver lĂ  aussi la solution, d’avoir le bon comportement.

    1. Tout est dit. Et je valide pour la galette. Ça fait des annĂ©es que je me bats avec ma mĂšre pour qu’elle arrete de mettre plusieurs fĂšves….Un enfant doit apprendre Ă  perdre et aussi Ă  gagner

  3. je suis tentĂ© de faire une contre rĂ©ponse Ă  la rĂ©ponse de suisse : ça dĂ©pend de l’enfant 🙂

    j’adore jouer avec les enfants, leur faire dĂ©couvrir des mĂ©caniques de jeu, de voir Ă  quel point ils sont curieux d’apprendre de nouvelles rĂšgles. j’adore quand mes enfants (8 & 9 ans) en regardant une partie demande Ă  y jouer ensuite.

    concernant le « laisser gagner » , j’y suis personnellement allĂ© progressivement; constatant qu’un jeu ayant engendrĂ© une victoire Ă©tait plus souvent rĂ©clamĂ© qu’un jeu oĂč ils avaient subit une dĂ©faite. Quoi qu’il en soit, j’avoue tricher, m’arranger avec le hasard pour les laisser gagner parfois, leur laisser une chance d’autre fois.
    Mais si au dĂ©but je les laissais gagner, dĂ©sormais qu’ils sont plus grands, en dĂ©but de partie je m’assure surtout qu’ils soient prĂȘt Ă  perdre. sinon on ne joue pas . Je suis assez fier de voir qu’eux mĂȘmes, jouant avec certains copains moins habituĂ©s, ne font pas les crapules voire les laissent gagner afin d’Ă©viter la colĂšre du mauvais perdant …
    Au final, j’ai abordĂ© assez clairement avec eux cette notion de victoire/dĂ©faite, valorisant plutĂŽt les bons choix et bonnes actions plutĂŽt que le seul rĂ©sultat final. j’ai mĂȘme parfois feint d’e^tre mauvais joueur afin de leur montrer ce que c’Ă©tait…
    Alors parfois, je vois bien qu’ils sont un peu triste, qu’ils n’ont pas envie de perdre. je m’adapte, mais maintenant lorsqu’ils jouent ils savent qu’ils peuvent perdre … ou gagner !

    Merci Gus pour l’article et les autres Mamans/Papas pour vos commentaires 🙂

  4. Si c’est une jeu trop compliquĂ©, je les aide un peu mais trĂšs vite ils nous battent sans aucune aide alors non, je ne les laisse pas gagner. De toute façon ils me mettent une tĂŽle au bazard bizarre sans aucun remord 😂.

  5. Maman de deux filles ( 6 et 3 ans), j’essaye de m’en pas les laisser gagner. Nous avons un systĂšme de comptage de cartes gagnĂ©es pour mĂ©mory, dobble, ligretto ou une carte qu’elles gagnent comptent deux cartes que je gagne.

  6. On ne se laisse pas gagner Ă  la maison, car nous sommes tous de bons loosers.
    Les enfants choisissent souvent le jeu. Quand ils n’ont pas envie de s’affronter, ils prennent un coop.

  7. L’idĂ©al est quand mĂȘme de trouver un jeu oĂč chacun a sa chance, sans sous-jouer. D’ailleurs certains enfants le dĂ©tectent et peuvent (Ă  raison) se froisser…
    « Toutes les espĂšces jouent. Les hommes, comme les [autres] animaux » 😉

  8. Encore un bel article !

    Je partage Ă©videmment la conviction des multiples bĂ©nĂ©fices des jeux, que ce soit d’un point de vue social ou cognitif, pour nos petits joueurs en herbe.

    Je n’ai jamais hĂ©sitĂ© Ă  gagner aux jeux face Ă  ma fille de 3 ans, mais il faut parfois lever le pied sur certain jeux qui seraient toujours gagnĂ©s par l’adulte en jouant « à fond » (Jouer Ă  Halli-Galli face Ă  un enfant de 2 ans et demi avec nos rĂ©flexes d’adultes façon jungle speed, ca va 5 minutes ^^).

    AprĂšs entre les coop et les jeux type trĂ©sor de glace, y’a vraiment de quoi partager de beaux moments ludiques oĂč chacun a sa chance, sans se restreindre.

    Un aspect peu appuyĂ© dans l’article est l’intĂ©rĂȘt du jeu en tant qu’Ă©lĂ©ment de cohĂ©sion familial. Au mĂȘme titre que le jeu me semble ĂȘtre un bon ciment de couple (clin d’oeil aux articles de Gus), le jeu me semble ĂȘtre un bon support de construction d’interactions et de relations familiales fortes. AprĂšs l’article « les couples qui jouent durent ils plus longtemps ? », un article sur « les familles qui jouent gardent elles contacts plus facilement Ă  l’adolescence avec leur enfants ? »

  9. Mes parents aiment jouer, mon frĂšre Ă©galement, mais tous sont mauvais joueurs.
    RĂ©sultat, je n’ai pas jouĂ© entre l’adolescence et quasi 30 ans (je me rattrape maintenant), donc « des fois oui, des fois non » 😀

  10. PĂšre de trois enfants ĂągĂ©s aujourd’hui de 12, 15 et 18 ans, j’ai vu aussi 3 façons d’aborder le jeu chez les trois. Et donc adapter mon niveau de compĂ©tition face Ă  eux (ce qui n’a plus cours maintenant 😬)
    Mon aĂźnĂ©e a jouĂ© trĂšs tĂŽt pour gagner et la question de la laisser gagner ne s’est pas posĂ©e ; par contre un dĂ©briefing systĂ©matique Ă©tait nĂ©cessaire. Et on enchaĂźnait une deuxiĂšme partie.
    La deuxiiĂšme est plus dans une approche sociale ; indispensable de l’accompagner tout au long du jeu sinon elle se sentait rapidement de cĂŽtĂ©.
    Le petit dernier, lui, ce sont ses sƓurs qui l’ont initiĂ© aux jeux. Et elles l’ont laissĂ© gagner, avec une forme d’arrogance qui en a rapidement dĂ©coulĂ© (peut ĂȘtre aussi une volontĂ© de confronter son pĂšre…). Et lĂ , les premiĂšres fois, je n’ai pas laissĂ© une chance. Finalement, aprĂšs un pĂ©tale de plomb de mon fils, on a bien discutĂ© et il acceptĂ© la dĂ©faite mais sans fatalisme. Maintenant, il me bat rĂ©guliĂšrement, voire mĂȘme systĂ©matiquement sur les jeux de deckbuilding

  11. Certains jeux permettent de faire des parties Ă  handicap variable, le meilleur exemple est sans doute le jeu de Go. Ainsi le joueur dĂ©butant peut jouer contre un joueur confirmĂ©. Si le handicap est bien dosĂ©, le joueur le plus fort devra batailler pour l’emporter, et perdra parfois avec ce handicap.

    Pour le jeu Pingouins, on peut donner des tuiles poissons d’avance.
    Pour le jeu Battle Sheep on peut enlever une tuile du plateau et 4 jetons mouton à repartir en fonction du handicap voulu (par exemple 4 jetons du joueur le plus fort, ou 3 jetons du plus fort et 1 du débutant).

    Et j’en profite pour signaler que mon jeu Polyssimo Challenge (sortie Ă  Essen 2018, http://abrobecker.free.fr/jeux/index.htm#polyssimochallenge ) propose aussi de jouer avec un handicap variable.

    Cordialement,
    Alain Brobecker

  12. Bonjour, alors moi, je considĂšre que l’Ă©thique fait partie de l’apprentissage, aussi n’ai-je jamais laissĂ© gagner un enfant (quand j’en ai eu la possibilitĂ© !) ; sachant qu’effectivement, sur les jeux oĂč la diffĂ©rence d’Ăąge amĂšne un dĂ©sĂ©quilibre (entre adultes et enfants, ainsi qu’entre enfants eux mĂȘmes), je propose un Handicap ; cette solution a toujours Ă©tĂ© bien acceptĂ©e par tous, elle rend le jeu Ă©quilibrĂ© et donc plus intĂ©ressant pour tous. Sur les jeux d’adresse, ça peut consister Ă  fermer un oeil par exemple. Pour un jeu de mĂ©ninges, c’est plus compliquĂ©, mais on trouve toujours quelque chose, le plus important Ă©tant que la rĂšgle soit clairement exposĂ©e et admise par tous ; et si ça ne passe pas, on la modifie Ă  la prochaine partie … Et pour les memory, c’est les kids qui rĂ©cupĂšrent un handicap…juste retour des choses, et indispensable pour sauver l’honneur (quoique…)

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