Quels ont été les moments forts de cette année? Les événements qui ont marqué les esprits, qui ont « défrayé la chronique » ludique?
Comme chaque année, 2 prix internationaux et importants ont été décernés à des jeux : en mars ce fut l’excellent jeu d’ambiance Concept qui reçut la palme à Cannes et qui mit tout le monde ludique d’accord, et en juillet ce fut Camel Up qui obtint le prestigieux Spiel des Jahres 2014, un prix qui divisa et ne fit de loin pas l’unanimité de la communauté.
Années après années, le nombre de jeux de société financé sur la plateforme de financement participatif ne cesse d’augmenter. Rien qu’à l’heure actuelle, décembre 2014, entre les jeux de plateau, les jeux de rôle et les jeux de cartes en cours de financement on dénombre plus de 5’500 projets!
Citons deux succès ahurissants de 2014 : Zombicide la 3e saison, qui a empoché près de 3 millions en juillet, un record. ZNA, un autre jeu de figurines avec des zombies chez FunForge, lancé il y a une semaine, avait besoin de 80’000 USD pour être financé, et il leur a fallu à peine 48h pour y parvenir (mais campagne annulée quelques jours plus tard…???).
Parlant de l’actualité ludique qui a marqué 2014, il faut bien évidemment citer Asmodée qui a connu une année tonitruante avec pas moins de 3 rachats d’autres éditeurs. Days of Wonder en août, Pearl Games en octobre et FFG quelques semaines plus tard en novembre. Juste hallucinant. C’est surtout le rachat de FFG qui a défrayé le chronique, FFG étant le plus gros éditeur américain.
Tiens, restons sur Asmodée quelques instants pour parler de leur tout nouveau modèle économique qu’ils ont lancé en 2014, le dépôt-vente dans les boutiques.
En temps normal, les distributeurs comme Asmodée achètent une certaine quantité de jeux aux éditeurs, quantité que les distributeurs revendent ensuite aux boutiques en prenant une certaine commission au passage. Si les boutiques n’arrivent pas à tout revendre, tant pis pour elles.
En 2014 toutefois, Asmodée a offert aux boutiques la possibilité de leur rendre les invendus. Moins de risque donc pour les boutiques, qui ont eu alors tendance à leur prendre plus de jeux que d’habitude. Si ce modèle économique est chose courante dans le monde du livre, avant 2014 il ne l’était pas dans le jeu de société. Ce modèle représentait surtout un essai pour Asmodée pour « prendre la température du marché », avec uniquement deux titres, Minivilles et Splendor. Vont-ils poursuivre leur expérience en 2015 et l’ouvrir à d’autres titres de leur catalogue?
Lancé en été par une ancienne de JedisJeux, au vu de sa qualité rédactionnelle et technologique et en à peine quelques mois d’existence, Ludovox est devenu un site incontournable de la scène des informateurs ludiques, et c’est surtout leur reportage live de la GenCon qui a catapulté le site.
2014, ce fut également l’année des reboots en jeu de rôle: Vampire, en vf, pour fêter les 20 ans, l’annonce de INS/MV pour un Kickstarter en 2015, et bien entendu, 40 ans exactement après sa création, la 5e édition de Donjons et Dragons en vo, juste excellente.
Non, le jeu de rôle n’est pas mort, bien au contraire même, il connaît actuellement son deuxième âge d’or après celui du début de années 90.
Avec un beau buzz, cette année c’est Bombyx qui a longtemps occupé le devant de la scène ludique avec leur titre Abyss, en proposant 5 couvertures absolument différentes (et superbes), une grande première dans le jeu de société. Le jeu s’est d’ailleurs arraché comme des petits pains à sa sortie, tellement le matériel et les illustrations sont somptueux.
Avec en mars un festival de Cannes bien chiche en nouveautés, c’est clairement la GenCon qui a connu un sacré buzz international en août. Longtemps terrain de jeu réservé aux Américains, de plus en plus d’éditeurs et auteurs européens traversent l’Atlantique pour s’y rendre, preuve d’un intérêt grandissant.
D’ailleurs les chiffres parlent d’eux-mêmes, la GenCon arriverait presque à dépasser Essen.
Parlons d’Essen, justement. Essen 2014, vu quelques chiffres, fut un record historique en terme de nombre de sorties, plus de 1’000, avec 318 éditeurs présents, pour une surface d’exposition jamais égalée de 58’000m2, donc 14 terrains de foot.
14 terrains de foot uniquement dédiés aux jeux de société et martelés de pas de passionnées, plus de 154’000 en 4 jours. Tant de chiffres qui prouvent que le jeu de société est en pleine effervescence.
Bien connu dans certains films, notamment les James Bond, dans lesquels on voit de manière plus ou moins subtile quantité de marques et de produits défiler à l’écran, 2014 a marqué un gros coup de buzz avec Rio Grande Games qui a investi en plaçant leurs jeux dans certaines séries et films.
Ainsi, on a pu voir Arctic Scavengers dans la série über-geek Silicon Valley, mais également Tikal dans The Crazy Ones (avec feu-Robin Williams), également Dominion dans Agents of Shield, et aussi avec RFTG dans l’excellent Gone Girl de David Fincher avec Ben Affleck. Un beau coup de pub.
Depuis plus 10 ans le Haut-Savoyard Bruno Cathala sort régulièrement des jeux, et de plus en plus. Nous vous le disions déjà en mai, 2014 était sans conteste sa meilleure année, non seulement en terme de quantité mais surtout en terme de qualité, avec des titres forts comme Abyss, Madame Ching, Titans, Dragon Run, Desperados of Dice Town.
Deux prix viennent d’ailleurs couronner l’année de Bruno, son Five Tribes avec le Tric Trac d’Or 2014, le prix du meilleur jeu de l’année pour les lecteurs de Tric Trac, et le prix de meilleur auteur de jeu à Barcelone. Une grande et belle année pour Bruno. On lui souhaite d’ailleurs de sévir dans le monde du jeu de société pour encore 1 ou 2 siècles.
Et pour vous, quels ont été les moments forts de cette année?











