Critiques de jeux,  Jeux de plateau

3 nouveaux jeux de société à deux, tactiques, épiques et dynamiques

Découvrez Aqualin, Riftforce et la toute nouvelle édition de Sobek, 3 nouveaux jeux de société à 2 uniquement, tactiques, épiques et colégram dynamiques.


Des jeux à deux

Si vous cherchez à passer du temps de qualité avec votre partenaire, enfant, nièce, collègue ou pote, un jeu de société à deux est toujours un excellent choix pour passer du temps, ensemble, de qualité.

Parce que oui, les jeux de société ont la capacité surprenante de renforcer les relations, tout en la mettant à l’épreuve, tout en nous mettant nous-mêmes à l’épreuve. Et ceci en nous plongeant, nous et notre partenaire, dans un bras de fer tendu pour remporter la victoire.

En-dehors de cet aspect de micro-compétition, jouer à des jeux ensemble renforce les compétences en communication et crée de bons souvenirs. C’est aussi une idée de rituel potentiel : lancer une partie un soir par semaine, par jour, chaque midi… Et jouer reste une activité beaucoup plus stimulante que de s’affaler sur un canapé et regarder un écran.

Alors que de nombreux jeux de société nécessitent plusieurs personnes pour y jouer, parfois même des groupes de 4, 5, 8, il y en a beaucoup qui ne sont prévus que pour deux. Et ces jeux à deux uniquement offrent de réelles expériences ludiques intenses et passionnantes.

En voici aujourd’hui trois. Découvrez Aqualin, Riftforce et la toute nouvelle édition de Sobek, 3 nouveaux jeux de société à 2 uniquement.


Aqualin

Aqualin est un petit jeu à deux plutôt abstrait paru en juin chez Iello. Dans ce jeu à deux, on doit réussir à créer des groupes de tuiles de créatures marines sur une planche de 6×6 cases. Et c’est tout.

Une fois le petit plateau rempli, on compte ses points. Dès 2 tuiles semblables adjacentes, on obtient des points. Plus on a réussi à en poser et plus on gagne de points. Et c’est tout.

Sauf que.

Lors de son tour, on peut commencer par déplacer une tuile sur le plateau, la pousser en ligne ou en colonne, ce qui va alors changer les adjacences et possibilités. On va pouvoir bloquer l’autre et devoir le pousser à modifier ses plans.

Sachant que tout la subtilité du jeu repose sur un aspect : une personne doit associer les mêmes types d’animaux, et l’autre la même couleur d’animaux. Donc tout en se concentrant sur son propre objectif, on va pouvoir déjouer celui de l’autre.

Malin !

Aqualin, avec son micro-matériel nomade et des parties courtes et intenses en fait un excellent titre, frais, dynamique, à transporter partout avec soi cet été, vacciné, à la plage, en rando, dans le train ou en van.

Il faut toutefois reconnaître que le jeu est extrêmement tactique et un rien chaotique. On tente d’échafauder des plans, et patatras, tout s’effondre avec une misérable tuile déplacée par l’autre. Il faut avoir les nerfs bien solides pour ne pas avoir envie de renverser le plateau !

Comme tout bouge sans arrêt, il n’est pas facile de construire quoi que ce soit. On a parfois l’impression de subir le jeu, de gagner, ou de perdre, parce que. On essaie de faire au mieux, c’est déjà pas si mal, mais l’expérience n’est pas des plus agréables.

Aqualin, verdict

Sympathique

Un petit jeu abstrait de tuiles à poser adjacentes. Court, dynamique, mais chaotique.

Note : 3 sur 5.
  • Auteur : Marcello Bertocchi
  • Éditeur : Iello
  • Illustratrice : Sophie Rekasowski
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2
  • Âge conseillé : Dès 8 ans
  • Durée : 20-30′ par partie
  • Thème : Faune marine
  • Mécaniques principales : Tuiles

Riftforce

Riftforce, ou quand Schotten-Totten rencontre Magic.

Riftforce est un jeu de cartes extrêmement tactique et épique, un véritable duel à deux. Le but : remporter un certain nombre de points avant l’autre, tout ceci en dégommant les cartes ennemies.

Pour ceci, il « suffit » d’infliger un nombre de dégâts suffisants, dépassant l’endurance de la carte. Et c’est tout. On peut également grappiller des points si on possède des cartes en face d’un terrain vide, i.e. non occupé par l’adversaire en face.

Les cartes constituent le cœur du jeu. À son tour, on peut en poser jusqu’à de la même couleur-faction, soit du même chiffre-endurance. On peut les superposer à un seul endroit, ou les répartir. On peut également en défausser une et activer le pouvoir de la carte correspondante, pour les cartes semblables posées sur la table. Ces activations permettent d’infliger des dégâts aux cartes ennemies.

Les règles de Riftforce sont aussi simples que fluides et instinctives. Cartes, ou pouvoir. Voilà. Une fois les bases posées, c’est là que ça se gâte. Quelle faction fait quoi, sachant qu’on en possède 4 différentes. Et chaque faction dispose de son propre pouvoir, asymétrique.

Riftforce est emblématique des jeux de société dits modernes qui fleurissent sur nos étagères depuis une bonne vingtaine d’années. Des règles simples, pour des parties complexes. Un très bon jeu. Mais comme Aqualin ci-dessus, le tout est très, trop chaotique. Il devient difficile d’établir des stratégies. À son tour, on doit se montrer le plus agile possible pour optimiser son action. Quelles cartes poser, ou activer, ou en repiocher.

Comme les cartes, leur emplacement et le nombre de dégâts changent de manière constante tout au long de la partie, on essaie de faire au mieux, sans réussir à construire quoi que ce soit. Mais on s’y amuse, à placer les meilleurs combos, activer quand il le faut, quand on le peut, avec des choix cruciaux qui pimentent la partie. Que jouer, où, et quand.

Riftforce, verdict

Pas mal !

Tactique, épique et chaotique

Note : 3.5 sur 5.
  • Auteur : Carlo Bortolini
  • Éditeur : La Boite de Jeu
  • Illustrateur : Miguel Coimbra
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2
  • Âge conseillé : Dès 14 ans
  • Durée : 30′ par partie
  • Thème : Méd-fan
  • Mécaniques principales : Cartes, confrontation

Sobek

Sobek à 2 est la réédition de Sobek sorti en 2010, un petit jeu de cartes qui se jouait aussi, mal très mal, à 3-4. Son auteur, Bruno Cathala, s’est acoquiné de l’Helvète Sébastien Pauchon, qui avait lui-même édité la version d’origine, pour en proposer une nouvelle version, cette fois à deux uniquement.

En 2010, voici ce que nous en disions :

« Sobek, bien mais pas top!

Sobek, du talentueux Haut-Savoyard Bruno Cathala (Du Balai, Cyclades, Mr Jack) est sorti chez Gameworks, la maison d’édition veveysanne du nounours vaudois Pauchon (Yspahan, Jamaica).

Il s’agit d’un jeu de cartes pour 2 à 4 joueurs, avec un mini-plateau, simple et rapide, mais très tactique. La mécanique de base ? Un jeu de famille ; il faut associer des cartes semblables pour scorer, sachant que, logiquement, les cartes les moins présentes dans le jeu rapportent le plus de points.

Tout l’intérêt du jeu, et comme d’habitude avec l’auteur, réside dans les choix. On peut en effet prendre les 4 premières cartes à disposition, sachant que la première sera « gratuite », alors que les 3 suivants vous obligeront à recevoir une pénalité, que l’on appellera corruption, qui risque bien de vous faire perdre des points si vous en avez le plus en fin de manche. Prendre plus pour gagner plus en prenant le risque de perdre plus aussi, du coup. Ingénieux, comme à l’accoutumé avec ce très jeune auteur qui va bientôt fêter ses 50ans. 50ans c’est jeune sur l’échelle du temps de la planète, non ? Mais je m’égare.

Le seul gros souci du jeu est sa non-fluidité, Sobek n’est vraiment pas instinctif. Pourquoi ? Si la mécanique est über-simplissime, tactique et fluide, il y a 9 personnages spéciaux et 12 jetons évènements particuliers, et même avec leurs symboles dessinés, relativement cryptiques, on est toujours obligé d’avoir le nez dans les règles pour connaître leurs effets divers, ce qui gâche passablement le plaisir de jeu. Il y a par conséquent une certaine incohérence entre un jeu rapide, malin, tactique, presque à la MOW, et un jeu plus complexe avec actions et pouvoirs à maîtriser pour optimiser ses choix, à la Cyclades avec ses créatures mythologiques.

Cette incohérence gêne, et c’est bien dommage, le jeu aurait gagné à être plus fluide. »

Aujourd’hui, avec cette toute nouvelle édition chez les Lyonnais de Catch Up Games, le jeu n’a pas gagné en fluidité, mais en profondeur et en richesse. Il y a toujours des personnages et des tuiles spéciales, qui ralentissent la partie, certes, mais le jeu propose à présent une expérience plus ample, plus riche, plus profonde, plus intense, en un mot, plus mieux bien (ça fait plus qu’un mot).

Sobek de 2010 ne proposait que des cartes. Sobek, 11 ans plus tard, propose à présent une incrustation plateau, avec des cartes qui ont cédé la place à des tuiles, et surtout, un jeton ankh qui s’oriente sur le plateau en fonction de la tuile prise, tuiles qui affichent des encoches pour orienter le marqueur. Et l’orientation indique alors dans quelle direction prendre la prochaine tuile. Malin, subtil, puissant !

Les règles de base sont toujours les mêmes : prendre des cartes pour en composer des collections, avec le même décompte que l’auteur Bruno Cathala recycle de son blockbuster Kingdomino : nombre de tuiles multiplié par le nombre de couronnes.

Ce Sobek 2021, à deux uniquement, est sans conteste le meilleur des jeux de cette liste ici de nouveaux jeux à deux, et l’un des excellents titres de ce printemps-été 2021. Un très, très bon jeu à emmener avec soi en vadrouille. Plus qu’une réédition, une révolution !

Sobek, verdict

Grandiose !

Un excellent jeu à deux, intense, subtil. Des jeux comme ça, on en redemande !

Note : 5 sur 5.
  • Auteurs : Bruno Cathala, Sébastien Pauchon
  • Éditeur : Catch up Game
  • Illustrateur : Naïade
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2
  • Âge conseillé : Dès 10 ans
  • Durée : 20-30′ par partie
  • Thème : Égypte Antique
  • Mécaniques principales : Tuiles, collection

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One Comment

  • Erik

    J’aimais bien Sobek même si, je suis d’accord, le recours à l’aide de jeu pour un tel format était trop fréquent. On pourrait dire ça de pas mal de jeux, non ?
    Là, ça fait encore envie ! Reste plus qu’à trouver une 2nd joueur…

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