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Spécial Fête des Mères : Ma Première Aventure – La Reine de Champ-Fleuri

Bzzzzz ! Devenez la reine ! Bzzzzz ! 🐝


Ma Première Aventure – La Reine de Champ-Fleuri

Dans le livre-jeu Ma Première Aventure – La Reine de Champ-Fleuri, vous incarnez une petite abeille, Bizzcotte, l’ouvrière puissante et téméraire ou Bizzou, la nourrice fine et pleine de malice. Votre mission ? Tout au long de votre aventure, vous allez devoir trouver un lieu propice pour installer votre colonie et en devenir la reine.

Véritable voyage initiatique, ce livre-jeu aborde plusieurs thèmes : la nature, bien sûr, l’impact de l’être humain, et, surtout, le fait de devenir… mère.

Pour la Fête des Mères 2021, en France, en Suisse c’était il y a deux semaines, Ma Première Aventure – La Reine de Champ-Fleuri, sorti il y a quelques jours, tombe à pic !

Qu’est-ce que c’est, une maman ? Comment devenir une mère parfaite passable ? Passable, c’est déjà pas si mal. Ce sont toutes les questions que Ma Première Aventure – La Reine de Champ-Fleuri se pose et nous propose.

Tout est dans le titre. La reine de Champ-Fleuri, comme une ode à toutes les mamans du monde !

Et comment on joue ?

Comme tous les autres titres de la gamme Ma Première Aventure.

On commence par choisir l’un des deux personnages disponibles : Bizzcotte ou Bizzou. Selon les décisions, les situations, et selon le personnage choisi, les résultats sont différents, adaptés, cohérents et narratifs.

Ensuite, on tourne la page et on a alors devant soi une illustration, une situation qui s’étend sur deux pages. Un choix nous est alors proposé. Faire-ci, aller par-là ? Ce sont toujours trois choix qui s’offrent à nous, puisque chaque page est découpée en trois volets.

Et selon la décision prise, on retourne alors une ou deux parties du livre. Parfois une page entière, parfois juste une fraction que l’on tourne grâce à un système d’anneaux. Simple, efficace et malin !

Selon les choix pris, on va par-ci, on discute avec cette abeille-là. Tout au long de la partie, et comme les abeilles, il va falloir gérer sa réserve de nectar, représentée par une roue située dans un coin qu’on tourne pour indiquer la valeur. Plus on en a, et mieux c’est. Tout au long de l’aventure, on en gagne, on en perd.

Et également, il nous arrive d’obtenir différents objets que l’on indique également au moyen de roues, toujours situées dans les coins de l’ouvrage, de quoi rendre ces objets visibles. Extrêmement ingénieux et ergonomique.

Et comment on gagne ?

Comme dans tous les autres livres de la gamme, soit on réussit sa mission première, monter sa propre colonie d’abeilles et devenir reine, soit c’est… raté et on doit rejouer pour tenter d’autres choix.

À partir de quel âge y jouer ?

Ma Première Aventure – La Reine de Champ-Fleuri est conseillé dès 4 ans, c’est une bonne estimation.

On peut très bien y jouer aussi dès 2-3 ans, dès que l’enfant est capable de comprendre un texte lu par un ou une adulte. Et comme le texte n’est pas trop complexe, et que les dessins sont tout doux, c’est tout à fait possible ! Et les abeilles exercent toujours sur nous, enfants, adultes, une grande fascination. Peut-être dû au fait qu’on leur chourave leur miel pour nos tartines.

Ma Première Aventure – La Reine de Champ-Fleuri, verdict

Ce livre-jeu, comme une initiation aux livres dont vous êtes le héros pour les tous petits, est le sixième de la gamme de l’éditeur grenoblois. Écrit et illustré par Arnaud Boutle, l’histoire est captivante, et surtout, bourrée d’humour. Entre jeux de mots et situations cocasses, le récit nous prend. Une mécanique toute simple, efficace, ergonomique, on est loin d’un désastre surchargé comme DreamQuest. Ici, tout est fait pour transporter, pour captiver. Et c’est réussi !

Je ne suis toutefois pas fan des illustrations de La Reine de Champ-Fleuri, aux aplats numériques et couleurs fades. On s’éloigne ici de celles, plus abouties, de Voyage En Terre Ocre, le meilleur titre, selon moi, de la saga. Mais elles sont suffisamment lumineuses et simplistes pour transporter les enfants en bas âge.

Et le thème des abeilles est bien rendu. Entre frelons asiatiques et pesticides, ces insectes sont extrêmement fragiles et cruciaux pour l’écosystème et pour notre… survie alimentaire. Et pas pour leur miel ! Selon Greenpeace :

Les abeilles : clé de voûte de notre sécurité alimentaire

Une alimentation saine dépend de pollinisateurs en bonne santé. Il suffit de quelques chiffres pour s’en rendre compte :

  • 75 % de la production mondiale de nourriture dépend des insectes pollinisateurs.
  • Entre 60 et 90 % des plantes sauvages ont besoin d’insectes pollinisateurs pour se reproduire.
  • 265 milliards de dollars : c’est la valeur estimée du service rendu par la pollinisation dans le monde.

Et pourtant, les pollinisateurs disparaissent. La situation est dramatique :

  • Les populations d’abeilles domestiques ont chuté de 25 % en Europe entre 1985 et 2005.
  • Ces derniers hivers, la mortalité de ces populations était de 20 % en moyenne en Europe, voire de 53 % dans certains pays.

Les principales raisons de la disparition des abeilles

Elles sont multiples et s’entretiennent les unes les autres : changements climatiques, nouveaux virus (non, pas le covid) et agents pathogènes, acariens (varroa destructor), parasites (nosema ceranae), disparition des habitats naturels en raison des monocultures et, bien évidemment, traitements phytosanitaires.

Pesticides : une toxicité avérée

Ralentissement du développement, malformations, perte d’orientation (les abeilles ne retrouvent plus leur ruche), incapacité à reconnaître les fleurs, affaiblissement des défenses immunitaires…  L’utilisation de pesticides impacte les populations de pollinisateurs. Sans oublier que ces derniers sont exposés aux risques des cocktails chimiques. En effet, les abeilles peuvent se nourrir de pollen contenant jusqu’à sept pesticides différents !

La toxicité d’un contact direct n’est pas niée par les fabricants, mais les résidus de pesticides que l’on retrouve ensuite dans le nectar, le pollen et même l’eau des plantes traitées présentent également un danger mortel pour les pollinisateurs. Sans compter les effets d’une exposition répétée à de faibles doses…

Bref, les abeilles (nous) sont nécessaires ! Et ce livre-jeu est là pour nous le rappeler, et pour en parler aux plus jeunes. La Reine de Champ-Fleuri ouvre la discussion en famille : pourquoi avons-nous besoin des abeilles ? Comment traitons-nous les abeilles, la nature, la planète ? Alors oui, on peut prendre le jeu comme un pur et simple jeu, captivant, ou comme tremplin pour aller au-delà.

Juste dommage qu’un jeu qui parle d’environnement et de nature soit fabriqué en…Chine. Il n’existe aucune imprimerie en Europe capable d’imprimer un tel livre ?

Verdict final

Très bon

La Reine de Champ-Fleuri, comme un grand écart subtil entre jeu et éducation.

Note : 4 sur 5.
  • Auteur : Arnaud Boutle
  • Éditeur : Game Flow
  • Illustrateur : Arnaud Boutle
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 2
  • Âge conseillé : Dès 4 ans (aussi possible dès 2-3 ans)
  • Durée : 20-30′ par partie
  • Thème : Abeilles
  • Mécaniques principales : Narration, coopération, lecture

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Et bonne fête à toutes les reines aujourd’hui !

2 Comments

  • Clément (Game Flow)

    Comme suggéré par Gus, je fais une petite réponse sur l’Eco-score et l’éco-conception. Je met ici en commentaire le message que je lui ai envoyé suite à la lecture de son article car, c’est un sujet important et intéressant qui mérite d’être creusé et discuté. C’est une difficile équation entre convictions et réalité économique. Actuellement, « Ma Première Aventure » est imprimé en Chine, c’est vrai, mais l’explication est surtout économique.

    L’éco-conception, c’est en effet une chose qui nous questionne depuis le début de notre aventure éditoriale. Nous sommes d’ailleurs membre de la commission « eco-conception » de la UEJ. La question est un peu plus complexe que juste « éditeurs salops… ils impriment en Chine ! » comme j’ai pu le voir parfois sur les réseaux sociaux 😉

    En gros, même au démarrage, nous avons cherché des solutions plus proches que la Chine. C’est très complexe voir impossible sur des petit volumes, nous avions fait des devis à Grenoble, en France, en Allemagne, en Pologne et impossible… quand on produit plus cher que le prix de vente estimé (ou alors nous aurions dû vendre nos livres vers 50 €).

    Petit à petit, avec les quantités qui augmentent, nous cherchons à faire des améliorations d’abord qualitative sur le matériel puis sur l’éco-conception. Par exemple, depuis la dernière impression, le papier de nos livres est labellisé FSC et nous avons une piste sérieuse avec un imprimeur en Turquie (ce n’est pas la panacée mais c’est déjà moins loin).

    Nous sommes aussi en discussion en France avec des acteurs du milieu de l’impression pour essayer de trouver des solutions pour ramener la production en France par de l’investissement dans la Recherche ou de la réindustrialisation. Car, en plus du simple coût de la main d’œuvre, il n’y a parfois même plus les compétences/machines/personnels dans nos pays européens. Mais on continuera à chercher tant qu’on peut… et avec les volumes qui montent, on finira peut-être par trouver une solution sans trop toucher au prix, pour continuer à permettre au plus grand nombre d’accéder à nos créations et pour nous… d’en vivre !

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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