Boîte à Outils,  Jeux de plateau

FOMO et jeux de société, le couple infernal

Ne. Rien. Rater.


FOMO

Est-ce que ça vous arrive de craindre de rater un jeu ? Est-ce que vous essayez de vous tenir au courant de toutes les sorties, chaque jours, chaque semaine ? Est-ce que c’est, peut-être, devenu une… obsession ? Une source d’anxiété ? Le FOMO, avec l’émergence des réseaux sociaux dans les années 2010, tout le monde connaît.

C’est le Fear of Missing Out. La « peur » de rater un truc. Nous sommes aujourd’hui tellement submergés d’informations que nous avons développé un sentiment d’anxiété face à la « crainte » de rater un truc, une info, un événement. Le terme de « peur » est peut-être exagéré. Disons anxiété, ou curiosité, c’est selon.

Le FOMO est venu avec notre usage des réseaux sociaux. Notre mur Facebook, les stories Insta, le flux Twitter, les vidéos Tiktok ou nos abos YouTube… Avec les réseaux sociaux et l’ultra-communication, nous sommes bombardés par, noyés sous, l’information.

Si on a le « malheur » de ne pas consulter nos flux 2-3-6’000 par jour, on risquerait bien de rater un élément crucial, vital. Et oui, le FOMO existe aussi dans le monde du jeu de société

La Boîte à FOMO

Depuis plus 13 ans que notre blog existe, à raison d’un article par jour, nous en avons publié des articles ! Si certains sont très bien où ils sont, dans le ventre, dans les archives du blog, d’autres, en revanche, méritent qu’on s’y attarde, qu’on y revienne. C’est ce que nous allons dorénavant vous proposer, chaque mercredi, un article paru sur notre blog il y a plus ou moins longtemps. C’est ce que nous appellerons désormais la « boîte à outils du jeu de société », des sujets, des analyses qui pourraient vous (ré)intéresser. Des sujets indémodables, pratiques et utiles.

Mais nous n’allons pas juste faire du copier-coller, en les ressortant de leur léthargie. Nous allons en profiter pour leur offrir un petit ravalement de façade, une mise à jour parfois nécessaire, depuis le temps que ces articles traînent et prennent la poussière numérique.

Après la Boîte à Outils de la semaine passée, les places de jeux, une fois n’est pas coutume, nous changeons aujourd’hui les « règles du jeu » de cet article Boîte à Outils du mercredi pour « jouer avec les codes ».

Nous allons tout mixer, nouvelle et ancienne réflexions, pour vous en proposer une nouvelle, rafraîchie, remise à jour.

Tout a commencé avec celui-ci, paru le 2 novembre 2018, FOMO et jeux de société. Ou le truc complètement has-been en 2018. Vive le JOMO. Avec un marché du jeu de société en pleine expansion, avant et pendant la pandémie, peut-être faut-il s’arrêter quelques instants et s’interroger sur nos pratiques et sur notre consommation d’information. Information ou… obsession ?

Bonne lecture de cette toute nouvelle Boîte à Outils du jeu de société.

Faux maux

Il n’y a jamais eu autant de jeux sur le marché du jeu de société. Après une petite accalmie en 2020, COVID oblige, je vous parie que 2021 va rattraper les « retards » et tout faire péter !

Sans nous appuyer sur aucun chiffre, au doigt mouillé, depuis 2007 que notre modeste blog existe et que nous parlons de jeux, nous n’avons jamais, jamais eu autant de nouveautés à traiter en printemps. Les sorties s’enchaînent, et on se croirait presque à la rentrée ludique de septembre. Presque.

Il faut reconnaître, et les chiffres sont là pour le prouver, que le marché du jeu de société est en pleine effervescence, en plein emballement. Il n’y a jamais eu autant d’éditeurs. Il n’y a jamais eu autant d’auteurs et d’autrices. Et les plateformes de précommande participative viennent mettre leur grain de sel dans ce marché déjà foisonnant.

Avec les déconfinements du printemps 2021, l’envie nous (re)prend de nous retrouver pour organiser des soirées jeux. Et donc, peut-être, de reprendre le fil, le train en marche des nouveautés. Qu’est-ce qui est sorti ? Qu’est-ce qui sort ? Qu’est-ce qui va sortir ?

LE FOMO fournit un raccourci pour exprimer nos préoccupations et notre anxiété de nous sentir exclu. Ce n’est pas seulement la peur de rater un événement, un jeu, ce qui nous intéresse ici. Ce que le FOMO peut révéler, c’est le désir, le besoin de s’intégrer, d’être… populaire, de se sentir désirable, d’obtenir une certaine validation sociale, d’obtenir un statut social en s’intégrant aux personnes « au courant».

Pour simplifier, FOMO cristallise un besoin d’appartenance, accru par l’influence des réseaux sociaux.

Faux mots

Avec, en 2021, autant de sorties, d’informations, de communication, comment gérer son FOMO aujourd’hui ? Comment vaincre notre peur de passer à côté d’un jeu ? Parce que non, il est impossible de jouer à tout. Encore moins de tout acheter.

Aujourd’hui, il n’y a pas trop de jeux, il y a juste le même temps et le même budget qu’auparavant, mais juste de plus en plus sollicités, partagés. Par les annonces, par les vidéos de jeu, par les critiques, par les sorties…

  • Le nouveau Bruno Cathala est juste incroyable ?
  • Le nouveau Stefan Feld déchire ?
  • Antoine Bauza sort une galette de ouf ?
  • Le nouvel Uwe Rosenberg est une véritable pépite ?

Et. Alors. Il y a d’autres jeux. Et ces auteurs en ressortiront d’autres encore après, plus tard. Le FOMO est mort. Vive le JOMO.

JOMO

Le JOMO, mais qu’est-ce que c’est ?

C’est la réaction au FOMO. La joie de rater un truc. Si le FOMO est l’angoisse de rater un truc, une info, un jeu, le JOMO, c’est le Joy of Missing Out.

On est passé à côté du tout dernier jeu de Cathala / Rosenberg / Bauza / Feld / Warsch ? Et. Alors.

La terre ne va pas s’arrêter de tourner. On y jouera peut-être, peut-être pas. On aura raté un jeu, un de plus. Et. Alors. Il y en a d’autres. Il y en aura d’autres.

Et d’ailleurs, « rater » veut dire quoi, en somme »? Devons-nous toujours tout essayer? Tout acheter? Il y a de plus en plus de bars à jeux, de ludothèques, d’associations, de conventions qui proposent des jeux de manière plus ou moins gratuite. Ces lieux permettent de jouer aux jeux sans avoir à les acheter.

Rater un jeu, pourquoi pas. Rater un grand jeu, encore mieux !

Et vous, ça vous fait quoi de rater un grand, un bon jeu ? Quel est le dernier que vous avez raté ?

7 Comments

  • Mathieu Defer

    Si j’avais raté un bon et gros jeu (mon Dieu, pourvu que cela ne m’arrive jamais!), je ne serais probablement pas en train de vous écrire mais en train de parcourir les sites d’achats de manière frénétique… 😉

  • Alain

    C’est sur kickstarter que le FOMO agit vachement bien….
    Cette envie d’avoir les stretchgoal par rapport au même jeu en boutique plus « simple »
    Sans parler des extensions
    Dernièrement c’est sur crowdfunding avec Robinson crusoe en financement participatif
    Quelle frustration de ne pas avoir de version française c’est fou. Je regardais tous les jours durant la campagne pour bien voir ce que je ratais
    Summum du FOMO
    Puis résignation finalement ce n’est pas grave
    il faut relativiser…
    Merci Gus&co pour tous vos articles

  • Arnaud

    Kickstarter c’est la drogue du FOMO. C’est pour cela que je n’y achète jamais rien – une seule fois en 10 ans.
    Moi je suis plutôt victime du FOMGG (fear of missing a good game)

  • Jerome

    Moi je suis tellement sujet au FOMO que j’ai même créé une appli sur iOS pour suivre les projets kickstarter sous forme d’un tinder like : tu vois tous les projets et tu décides de les virer ou de les garder. Au moins je manque plus rien. (Ca s’appelle Ookeed sur iOS seulement). Donc oui, je vois totalement ce qu’est le FOMO 😉

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