Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Dunaïa, le jeu de plateau. Des tribus, des créatures mystérieuses, des dés

Dunaïa est le tout nouveau gros jeu de plateau des éditions Blam!. Voici 3 choses que nous avons aimées (et 3 que nous n’avons pas aimées).


Dunaïa est attendu pour ces prochains jours d’avril 2021. Il s’agit d’un « gros » jeu de plateau de gestion de ressources et de dés crée par Thomas Dupont et édité par les très sympathiques Hauts-Savoyards, nos voisins, de Blam! Plutôt habitués à des jeux plus familiaux, comme (l’excellent) Imagicien, Chakra ou Celestia, Blam! sort quelque peu de sa zone de confort pour nous proposer un jeu plus complexe. Sans être trop Gamer non plus. Voici notre chronique du jeu, avec 3 choses que nous avons aimées (et 3 que nous n’avons pas aimées).

Le pitch :

« Jadis, de terribles guerres ont éclatés entre les peuples pour le contrôle des Dunaïas, ces êtres de métal aux pouvoirs complexes. Avant de s’éteindre, les penseurs des peuples déchus ont rédigé une prophétie qui traverserait le temps pour que puisse naître une nouvelle ère de paix…

Les Dunaïas, ces antiques robots, ont été réveillés par une mystérieuse énergie. Avec leur aide les joueurs développent au mieux le village de leur plateau et tentent d’accomplir les 3 objectifs de la prophétie.« 

Ce que nous avons aimé

Un jeu plus gros et plus léger qu’il n’y paraît

Le titre qui ne veut rien dire. Et pourtant. Dunaïa annonce 1h de partie, avec des règles, des mécaniques et des conditions de victoire plutôt copieuses. Un gros jeu, donc. Mais en réalité, une fois la partie lancée, plus du tout ! Tout file, tout fonce, tout devient fluide, clair et limpide ! Au final, Dunaïa parvient à faire le grand écart entre gros jeu pour Gamer, et jeu plutôt destiné à un public de Hobby-Gamer, i.e. plutôt à la recherche de jeux fins, pas trop longs ni trop complexes, mais toutefois captivants. Une belle perf ludique !

Un somptueux et copieux matériel

À l’ouverture de la boîte, de taille moyenne, on est submergé par un déluge de matériel, somptueux et coloré : des plateaux personnels, un plateau commun, des tuiles, des cartes, des dés, etc. Et le tout, servi par des illustrations somptueuses. Avec Dunaïa, on en a vraiment « pour son argent », le rapport quantité-qualité-prix est vraiment balaise.

Un EcoScore durable

C’est, avec le temps, un facteur qui va devenir de plus en plus crucial dans le marché du jeu de société. Jouer, acheter, consommer des jeux, certes. Mais consommer avec sagesse, pertinence et durabilité. Avec la crise sanitaire écologique que nous traversons produisons, est-ce que l’industrie du jeu de société peut continuer à foncer droit dans le mur et continuer à nous proposer des jeux produits à l’autre bout de la planète (coucou Nidavellir, juste pour quelques cartes et carton) ?

Blam!, et comme de nombreux éditeurs allemands, a fait produire son jeu aux Pays-Bas, soit à une « encâblure » de nos boutiques européennes. Pas besoin de cargo (coucou Ever Given), ni de rejets massifs de gaz à effet de serre.

Comme quoi, oui, c’est possible, Dunaïa le prouve, avec un prix en boutique pas si élevé que ça ! When there is a will, there is way, comme on dit en anglais. Quand on veut, on peut ! L’industrie du jeu de société peut, doit se réinventer ! Dunaïa, un EcoScore A. Un jeu qui fait du bien en ce jeudi 22 avril, le Earth Day 2021, le Jour de la Terre.

Ce que nous n’avons pas aimé

Un univers abscons

Difficile de se passionner pour cet univers, fantastique, mais peu cohérent, peu passionnant, et surtout, aux mécaniques de jeu si désincarnées qu’elles peinent à nous immerger dans une aventure, épique.

Au final, on joue, sans trop savoir pourquoi ni dans quel contexte.

Un jeu sans réels enjeux

Comme on dit, dans le milieu du jeu de société, pour jouer heureux, jouons frustrés. La frustration devient en effet un puissant moteur de motivation. On se bat contre le jeu, certes, mais contre soi-même, d’abord, pour être capable de trouver la ressource qu’il nous faut !

Dans Dunaïa, cette frustration n’est jamais là. On peut tout faire, tout le temps, ou presque. Alors certes, puisqu’il s’agit d’un jeu de dés on est tributaire des lancers, mais les dés ne sont pas, ou très peu limitatifs. Ils indiquent quel emplacement s’active, et quelles ressources il faut puiser. Et grâce à des bonus on peut manipuler ces dés. Au final, on obtient toujours des trucs, des bidules : des ressources, des bonus, des activations.

Ce qui donne, au fond, un jeu qui fournit de tout, tout le temps. C’est bien, certes, mais peu engageant car on ne se sent jamais la corde au cou, en flux tendu, Dunaïa est plutôt en mode papillon. On butine par-ci, par-là, sans trop savoir quoi faire, ni quand, ni pourquoi.

Une interaction plutôt froide

Tout jeu de société est interactif, rien que par le fait de se retrouver à la même table et partager un moment. Certains jeux proposent toutefois une forme d’interaction plutôt directe, plutôt franche, qui demande aux personnes présentes de lutter l’une contre elle, ou de trouver, construire des stratégies, ensemble. Ce n’est pas le cas dans Dunaïa.

On joue dans son coin de plateau personnel, à gérer ses trucs, ses machins, ses ressources, ses pièce de puzzle pour marquer des points en fin de partie. Alors oui, il y a un aspect « course » : aux points, aux « meilleurs » dés, aux objectifs, etc. Mais le tout est évanescent. La seule interaction « directe » réside dans le choix des dés, selon les couleurs, les valeurs. Ce que l’on prend, ce que l’on laisse aux autres. En effet, une seule personne lance les dés, les répartit sur le plateau commun et les met à disposition, tel un marché, pour tous. Mais comme on n’a que très peu de possibilité de voir, de suivre ce que les autres espèrent comme dé, on drafte (prendre parmi ce qui disponible), sans jamais contre-drafter (prendre pour ne pas laisser aux autres). L’interaction est bel et bien là, mais froide et artificielle.

Dunaïa, verdict final

Pas mal !

Un petit gros jeu de gestion de dés. Original, mais sans enjeux ni passion

Note : 3.5 sur 5.
  • Auteur : Thomas Dupont
  • Éditeur : Blam!
  • Illustrateur : Sébastien Caiveau
  • Nombre de joueurs et joueuses : Pour 2 à 4 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : Dès 12 ans (pas moins)
  • Durée : 1h
  • Thème : Fantastique
  • Mécaniques principales : Dés, ressources, draft

5 Comments

  • Frédéri - Porte des Mondes

    Merci pour l’article ! Ce jeu me faisait de l’oeil, l’univers me parlait vraiment… Mais si on le ressent pas tant que ça in game, c’est dommage :/
    Je resterai raisonnable une fois de plus ^^

    Et merci aussi pour ça : « Avec la crise sanitaire/écologique que nous traversons/produisons » 🙂

    • Gus

      De rien Frédéri !

      Oui c’est un peu « facile » de dire que nous traversons une crise. Comme si nous étions victimes. Alors que oui, nous le sommes, mais bourreaux, avant tout. Des bourreaux bourrus et bourrés. De contradictions

      • XSeb74

        Merci pour cette revue honnête comme d’habitude.

        Pour avoir fait beaucoup de parties (forcément hein vu que je suis de chez BLAM) je te trouve dur sur l’interaction.
        – Il y a les objectifs qui sont une course sont importants.
        – Il y a l’utilisation des bâtiments de niveau 1 des autres qui est importante pour les interactions
        – On contre draft assez souvent quand on a assez de partie pour avoir une bonne visibilité du jeu.

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