Jeux de plateau

Nos 7 jeux préférés de construction de ville

Des tuiles, des cubes et des cartes. C’est vous l’architecte ! Voici nos 7 jeux préférés de gestion et de construction de ville.


La ville, enjeux et en jeux

Je dois vous avouer quelque chose. Dans les années 70-80, quand j’étais enfant, j’avais une Batcave à moi tout seul. Ou plutôt, une Batgrenier. Ou plutôt, une Gusgrenier. Dans ce grenier, sur plusieurs mètres carrés, mètres cubes, même, j’ai érigé une ville. Je l’avais même nommée… Gustaveville. Parce que oui, la plupart des enfants de 7-8 ans sont des nombrilistes. J’avais placé des rues, une école, des résidences, un poste de police, des magasins, des parcs, tout ce qui peut composer une vraie ville. Et tout ça, rien qu’en Lego. Je suppose que vous aussi, enfant, vous vous êtes amusés des heures durant à construire votre propre cité, à vous inventer des aventures urbaines de bandits, de police, de taxes foncières à prélever à la source, d’acheminement en eau potable via un système d’égout performant. Ne dites pas non, je ne vous croirais pas.

Je voue depuis toujours une véritable passion pour l’urbanisme et les sujets et enjeux des territoires urbains. La construction de Gustaveville est, peut-être, qui sait, ce qui m’a motivé à faire géo à la fac, et à devenir géographe aujourd’hui.

Il n’y a rien de plus inspirant qu’une toile vierge à remplir de notre propre créativité. C’est l’attrait principal des jeux de société de construction de villes : un terrain vide, un tas de matos, tuiles, cubes, cartes, et nous devenons l’architecte, l’urbaniste. C’est peut-être pour cette raison que de très nombreux jeux de société récents nous proposent de gérer et de construire la ville. D’abord, parce que aujourd’hui, en 2021, selon la Banque Mondiale, plus de la moitié de l’humanité de la planète vit en ville. On s’y retrouve.

Et ensuite, peut-être, parce que la ville incarne un champ (façon de parler) de possibilités. Des possibilités qui nous mettent au défi d’optimiser gestion et construction. Sans parler du bien-être des citoyennes et citoyens, un autre aspect souvent négligé dans les jeux de société, très, trop souvent focalisés sur les aspects économiques et financiers. Quel coût, pour quel rendement.

Mais au fond, c’est quoi, une ville ?

Tout le monde sait ce qu’est une ville. En tout cas, ce à quoi elle ressemble. Mais pour définir une ville, l’exercice devient plus délicat. Il y a à la ville un aspect quantitatif et qualitatif. Quantitatif, car une ville se définit souvent pas son nombre de citoyens et citoyennes. En Suisse, la barre est franchie à 10’000. Qualitatif, aussi, car la ville est un regroupement d’activités. On y retrouve tout, ou de tout, ou à peu près de tout, tout dépend de la taille de la ville et de son développement bien sûr.

La ville est un centre de population permanent et très organisé, de taille ou d’importance plus grande qu’un village. C’est d’ailleurs l’un des poncifs, pour définir une ville, on la compare et oppose, en creux, au rural.

Il y a, également, un aspect politique prépondérant à la ville, son administration municipale. Certains pays européens ont adopté des codes municipaux généraux qui permettaient un contrôle administratif centralisé des zones subordonnées à travers une hiérarchie de préfets départementaux et de maires locaux.

En tant que type de communauté, la ville peut être considérée comme une concentration de population relativement permanente, avec ses diverses habitations, arrangements sociaux et activités, occupant un site plus ou moins important et ayant une importance culturelle qui la différencie des autres types d’établissements humains.

Cependant, dans ses fonctions élémentaires et ses caractéristiques, une ville ne se distingue pas clairement d’un grand village. La simple taille de la population, la superficie ou la densité de peuplement ne sont pas en soi des critères suffisants pour la distinguer, alors que nombre de leurs corrélats sociaux, division du travail, activité non agricole, fonctions centrales et créativité, caractérisent à des degrés divers toutes les communautés urbaines, de la petite ville de campagne à la métropole géante .

La ville, mondialisée

À quand remonte la, les premières villes ?

Des villes du marché irakien de l’âge du bronze aux richesses d’Anvers en passant par la révolution technologique en Inde, l’histoire de la ville, des villes, se décline en de nombreuses vagues de mondialisation urbaine.

L’histoire montre que les villes ont eu tendance à s’étaler sur la planète par vagues et par cycles. Les villes participent à des mouvements collectifs ou à des réseaux pour profiter de nouvelles conditions commerciales ou politiques majeures.

Les premières grandes villes du monde axées sur le marché ont été établies il y a plus de 4’000 ans au début de l’âge du bronze. Une révolution urbaine était en cours, la plupart des habitants de ce qui est aujourd’hui le sud de l’Irak vivait dans des villes, et ce processus d’urbanisation s’est accompagné d’un commerce développé et étendu.

Plus à l’est, les villes de Mohenjo-daro et Harappa, dans le Pakistan moderne le long de la vallée de l’Indus, ont été parmi les premières villes à avoir des économies et des sociétés diversifiées. Ces villes étaient situés sur des routes commerciales spécialisées dans les pierres précieuses et couvraient toute l’Asie centrale.

Ces villes formaient l’épicentre d’un vaste réseau commercial basé sur une communauté culturelle et linguistique commune et construisaient des infrastructures pour offrir un bon niveau de vie aux résidents. Avec leurs cultures fortes et leur orientation tournée vers l’extérieur, elles présentaient bon nombre des caractéristiques de ce que l’on considère aujourd’hui comme des villes mondiales et mondialisées.

Une leçon importante à tirer des premières vagues d’urbanisation et des activités à longue distance des villes est que les ressources rares et précieuses et les biens de luxe ont souvent été des moteurs d’interconnexion et de collaboration. Alors que la Chine commençait à élargir ses horizons, le commerce des chevaux, de la soie, du bambou, du riz et du vin était important et souvent utilisé dans la diplomatie pour garantir la paix entre les empires et les villes. La soie est même devenue une monnaie internationale.

En quelques centaines d’années, le monde commençait à devenir plus… « petit », réduit grâce à la sophistication croissante du réseau commercial. Nous considérons la mondialisation comme un phénomène moderne datant du 20e et 21e siècles, mais il y a 2’000 ans, c’était déjà une réalité !

Tous les chemins mènent à

La première ville européenne à développer des réseaux similaires à ceux d’une ville mondiale moderne a été Rome bien sûr. Son empire est devenu une fédération de villes, s’étendant de l’Espagne et de l’Écosse à l’ouest, et à l’Euphrate à l’est, dont chacune avait un territoire attaché. Rome a fourni l’administration, la stabilité, le régime monétaire et la structure fiscale pour que les villes prospèrent dans et grâce à un pic de mobilité de la population et d’activité marchande.

Parmi les caractéristiques durables de cette vague de mondialisation, il y avait un commerce de marchandises beaucoup plus important et plus diversifié à travers les continents. Ce commerce a alimenté une nouvelle zone commerciale dans l’océan Indien et des échanges directs avec l’Inde. Le réseau urbain romain a également contribué à répandre la religion et les villes du système romain sont devenues plus tard des centres d’autorité chrétienne. Cette époque était peut-être la première fois que le pouvoir et l’influence d’une ville devenaient le moteur fondamental du commerce intercontinental.

J’ai les (Istan)bul

Mais alors que l’ascension et la chute de Rome en tant que ville mondiale déroulaient son fil dans l’écheveau de l’Histoire, d’autres villes ont repris des rôles mondiaux chaque fois que des opportunités géopolitiques se sont présentées.

Istanbul, par exemple, a connu de nombreux cycles d’échanges mondiaux au cours des deux derniers millénaires en raison de son emplacement stratégique unique en tant que pont entre l’ Europe et l’Asie. Anciennement appelée Byzance, la ville a été transformée par l’empereur Constantin au quatrième siècle après JC et rebaptisée Constantinople parce qu’elle était proche des intérêts économiques et politiques de Rome dans l’empire oriental.

Les dirigeants romains avaient besoin d’une ville ouverte située à proximité du marché d’approvisionnement de Rome le long des routes de la soie, à travers la mer Noire, à travers la riche Anatolie et dans les zones de production de blé du Nil. En conséquence, Constantinople a assumé des fonctions de commandement et de contrôle et a attiré des citoyens et des commerçants romains du monde entier.

En tant que creuset culturel, Constantinople a facilité la diffusion du christianisme à travers l’Empire romain. Malgré l’effondrement de l’empire romain occidental, Constantinople a repris plus tard son rôle de centre commercial dynamique aux huitième et neuvième siècles. Sous un système strict de contrôle étatique sur les usines, les ateliers, les salaires et les tarifs, la ville traitait le commerce de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique, les marchands étant attirés par ses produits d’or et de soie. Il transportait des marchandises à destination et en provenance de Venise, Pise, Gênes et de toute l’Europe, et à un moment donné, on pense que la ville abritait près de 60’000 Italiens.

Bien plus tard, sous les Ottomans, Constantinople devint Istanbul. Ses dirigeants ont saisi les nouvelles opportunités du commerce européen et ont activement invité l’intelligentsia du monde islamique. Alors que l’influence d’Istanbul a augmenté puis diminué, sa position stratégique s’est avérée à plusieurs reprises un atout pour les dirigeants tournés vers l’extérieur et a créé un attrait durable pour les entrepreneurs et les innovateurs immigrés.

Europe 1

Une nouvelle vague de villes développant des rôles internationaux a eu lieu aux XIe et XIIe siècles, dans le cadre de ce qu’on appelle parfois la «révolution commerciale». Au fur et à mesure que la population et l’urbanisation augmentaient, un système de villes à deux volets émergea : le commerce lucratif de la mer Baltique et de la mer du Nord en Europe s’accélérait dans certaines, tandis que de nombreuses villes-États italiennes devenaient prospères grâce à la navigation, au commerce et au système bancaire.

C’était une époque où de nombreux systèmes de règles et de gouvernance coexistaient. Au fur et à mesure que les villes se développaient, elles devinrent des entités indépendantes ou semi-autonomes dotées de leurs propres capacités militaires. Cette vague de mondialisation était également caractérisée par une classe puissante de marchands qui dominait l’économie de marché et jouait un rôle actif dans la direction de la ville.

Les villes italiennes ont profité de l’opportunité géopolitique pendant les croisades pour étendre leurs services commerciaux et bancaires pour les campagnes militaires. Venise en particulier a gagné des privilèges dans l’empire byzantin et a étendu ses relations avec le pape.

Avec le succès italien est venu l’influence. À la fin des années 1200, Florence et Gênes produisaient des pièces d’or, et la propre monnaie de Florence devint dominante sur les marchés commerciaux et financiers européens.

Cette vague européenne a permis à un grand nombre de régions et de religions d’entrer en contact. Huit circuits régionaux et interrégionaux ont pu être identifiés, allant du nord-ouest de l’Europe à la Malaisie et aux Philippines d’aujourd’hui.

C’était aussi une époque où les villes réalisaient de grandes avancées culturelles, artistiques et intellectuelles, engendrant à la fois des échanges commerciaux et des échanges de connaissances. Ces huit circuits ont ainsi favorisé les contacts interrégionaux à travers des villes-portes culturelles telles que Venise à l’ouest et Malacca en Malaisie à l’est. Entre les deux, l’opportunité géopolitique de paix après les invasions mongoles du XIIIe siècle a également été un catalyseur pour le développement et la mondialisation des ports et des villes caravanières du Moyen-Orient.

Un exemple est Tabriz, dans l’Iran moderne, qui a attiré un grand nombre de marchands européens et a été décrite comme la ville la plus cosmopolite du monde au 13ème siècle. Elle s’est spécialisée dans le tissage de tissus d’or et de soie et dans le commerce des pierres précieuses. Cinq cents ans plus tard, la ville était toujours connue pour son statut marchand indépendant.

La peste noire a dévasté bon nombre des principales villes de cette vague, mais le réseau avancé de la Ligue hanséatique et des villes mondialisées du sud de l’Europe a persisté au XVe siècle, réunis par un désir partagé de libre-échange. Cette vague est donc souvent considérée comme cruciale pour la diffusion et le succès ultérieurs du capitalisme moderne.

Colombe et Colomb

À partir de 1500 environ, les villes qui s’étaient mondialisées lors de la vague précédente ont commencé à subir des revers multiples et durables. L’agriculture obtenait des rendements décroissants, et les guerres de religion se sont emparées de nombreuses villes. Les villes italiennes et ibériques ont commencé à subir une désindustrialisation, des salaires non compétitifs et une perte de parts de marché au profit des villes de l’est. Un virage en faveur des villes du nord de l’Europe a commencé à s’opérer.

La mondialisation avait pris de nouvelles caractéristiques, avec de nouveaux rôles pour les villes dans un système où les États souverains marquaient leur autorité. Les progrès de la cartographie et de la construction navale, coucou Christophe, ont contribué à améliorer les communications et à réduire les coûts de construction pour les villes. Un changement s’est effectué en matière de consommation : une nouvelle catégorie de clientèle est apparue avec un objectif commun de signaler la position et le statut par l’achat et la possession, entraînant une croissance importante dans les secteurs de la production et du commerce de détail.

Peu à peu, une bien meilleure connectivité a émergé, caractérisée par un marché mondial élargi et intégré, de nouvelles notions d’un monde unique et un sentiment d’identité cosmopolite. Les villes du nord de l’Europe ont le plus profité de cette vague de mondialisation.

À ce stade, les débuts de ce que l’on a appelé la «grande divergence» entre l’Europe et l’Asie sont apparus. L’un des facteurs était que les commerçants et les banquiers des villes du nord de l’Europe étaient en mesure de protéger leurs investissements par des moyens légaux et de séparer leur capital du risque personnel, ce qui n’était pas possible dans les villes asiatiques. Un rythme de croissance urbaine plus rapide, une plus grande autonomie des villes et une forte concentration commerciale dans les politiques publiques urbaines ont également été suggérés comme facteurs clés expliquant cette divergence.

Les villes européennes sont souvent décrites comme les villes mondialisées de cette époque, mais les conquêtes islamiques ont également permis à un nouveau groupe de villes de se mondialiser. À partir du début des années 1500, les villes du nord de l’Inde en particulier ont été introduites dans une vaste sphère d’influence musulmane sous l’empire moghol.

Indien vaut mieux que deux tu l’auras

L’unification des pratiques commerciales, des coutumes et des croyances communes a permis à des villes comme Delhi de s’intégrer étroitement dans les routes commerciales eurasiennes, en particulier pour l’exportation de textiles. Ahmedabad et Agra ont également prospéré, aidés par les investissements dans les usines de la Compagnie anglaise des Indes orientales, et, avec Delhi, ont atteint un pic de population de 400’000 personnes. Pendant ce temps, Surat, à près de 200 miles au nord de Mumbai, est peut-être devenu le plus grand port du monde, abritant 150’000 habitants et, à un moment donné, la ville la plus riche de l’Inde.

La production des villes indiennes se placèrent sur un pied d’égalité avec les principaux centres européens de l’époque, dont Anvers et Amsterdam qui se distinguent comme les deux premières villes du monde en Europe continentale pendant cette vague de mondialisation.

Anvers a pris de l’importance en exploitant habilement sa porte d’entrée au cœur d’un empire des Habsbourg en pleine expansion. La chute de Constantinople en 1453 avait affaibli Venise et Gênes, et l’Escaut fit de la ville une porte d’entrée vers les voies navigables intérieures qui s’étendent loin en Europe occidentale. Lorsque le port voisin de Bruges s’est envasé, les marchands anversois ont réalisé des gains importants dans le commerce de la laine et des tissus, et les épices portugaises des Indes orientales ont commencé à passer par ce port.

Au milieu du XVe siècle, Anvers était devenue une plaque tournante commerciale privilégiée entre la Baltique, la mer du Nord, le nord de l’Italie, la France et le Saint Empire romain. Quelques décennies plus tard, le secteur boursier et bancaire de la ville était devenu le plus grand d’Europe.

Anvers a bénéficié d’un avantage géopolitique lors de son absorption dans l’empire espagnol des Habsbourg. Cela conféra à la ville un accès privilégié à un grand marché unifié et devint un point d’entrée pour l’argent et d’autres biens précieux expédiés depuis les possessions hispano-américaines. À son apogée, 40% du commerce mondial passait par Anvers. C’était LA ville mondiale de l’Europe, avec une classe marchande ambitieuse et éclairée.

La richesse phénoménale générée a permis à l’urbanisation de la région d’atteindre 30%. La population de la ville a culminé à 100’000 habitants dans les années 1560, mais la ville a ensuite souffert de l’insistance espagnole pour que le commerce atlantique passe par Séville, permettant ainsi de détourner la richesse vers l’Espagne. Les soucis liés à la révolte hollandaise et les conflits de religion a vu la ville saccagée et assiégée à plusieurs reprises. Bien qu’elle ait conservé une philosophie marchande, elle n’a jamais retrouvé son rôle de ville mondiale, bien que son port soit aujourd’hui en train de renaître.

Anvers et contre tout

Amsterdam a repris le flambeau d’Anvers et de Gênes en tant que principale ville commerciale d’Europe au cours des années 1600, et a développé de nombreuses technologies qui composent les villes mondiales d’aujourd’hui. Le renversement de l’élite espagnole, qui avait entravé les intérêts des puissants marchands locaux, accorda plus de liberté aux commerçants néerlandais. Peu de temps après, le blocus d’Anvers espagnol a déclenché une fuite de capitaux et d’entrepreneurs vers Amsterdam.

La ville protestante est devenue prisée pour son port sûr, sa stabilité politique et son accès aux voies navigables intérieures. Elle a maximisé son attractivité en garantissant une protection égale à tous les commerçants, d’où qu’ils viennent, tout en développant des normes institutionnelles standardisées. Une attitude détendue à l’égard des prêts portant intérêt a stimulé le développement de la finance moderne à Amsterdam, y compris l’assurance maritime, faisant de la ville à la fois le centre logistique et financier du commerce de l’Europe.

La création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et d’une puissante marine a aidé Amsterdam à assurer le contrôle des routes commerciales et des avant-postes aussi loin que le Japon, l’Indonésie, l’Inde et les Amériques. Les constructeurs navals de la ville ont mis au point de nouveaux matériaux et produit des cargos bon marché, ce qui a réduit les coûts de transport de manière considérable. Amsterdam a acquis une influence suffisante sur les chaînes d’approvisionnement pour mener des guerres des prix, privilégiant les volumes aux marges afin d’éliminer la faible concurrence et de garantir un monopole sur les importations de poivre, de thé et de sucre.

L’impact des guerres européennes et la montée de la suprématie navale britannique au 18ème siècle signifiaient que Londres prit finalement le flambeau d’Amsterdam. Cependant, une grande partie du savoir-faire et des atouts acquis à l’époque de la suprématie d’Amsterdam restent d’actualité.

La vague industrielle

Pour de nombreux observateurs de l’histoire urbaine, l’ère moderne de la mondialisation a commencé avec l’industrialisation, dont les effets se sont produits à un rythme et à une échelle jamais vus auparavant. Bien que la mondialisation des biens échangés ait longtemps précédé l’ère industrielle, l’industrialisation a vraiment remodelé des sociétés entières, pas seulement les goûts des groupes à revenu élevé dans la société.

À ce stade de l’histoire, les gouvernements nationaux étaient devenus beaucoup plus efficaces pour gérer le commerce mondial et réduire les dangers qu’impliquait son exécution, tandis que les transports devenaient de plus en plus fiables. Telles étaient les conditions préalables pour que les vagues successives de villes deviennent plus globales dans leurs spécialisations et dans leurs échanges, diversifiant leurs populations et augmentant leur capacité d’innovation commerciale.

Un tournant dans la mondialisation et de l’urbanisation s’est produit à la fin du XVIIIe siècle en raison de la confluence de la géopolitique et de l’innovation technologique. La victoire de la Grande-Bretagne dans la guerre de Sept Ans a renforcé la puissance britannique en Inde et un système plus complet de gouvernement colonial a été installé. Cette situation favorisa le développement industriel britannique et, en 1771, le premier modèle de filature de coton à eau fut inventé. Dans le même temps, les conflits coloniaux en Amérique du Nord et en Amérique centrale se sont intensifiés.

En conséquence, une nouvelle vague de villes s’est mondialisée dans le cadre de l’Empire britannique. La traite des esclaves, gérée depuis Londres, était sans aucun doute critique dans le financement de l’impérialisme et de l’industrialisation britanniques, et des villes comme Bridgetown, la Barbade et Kingston, en Jamaïque, devinrent soumises aux besoins de l’empire.

Alors que l’empire étendait sa portée vers l’est, Cape Town, Calcutta et Hong Kong devinrent toutes des villes engagées au niveau mondial, avec Calcutta (maintenant Kolkata) soumise à un système de mercantilisme, tandis que Hong Kong devint un instrument de promotion du libre-échange. En Afrique de l’Est, Mombasa est devenue un important entrepôt commercial avec de solides liens commerciaux maritimes avec l’Inde et la péninsule arabique, ainsi que le commerce de caravanes longue distance à travers l’Afrique de l’Est. Une autre ville qui s’est ouverte aux flux mondiaux est Canton.

L’empire britannique a probablement eu un impact plus important sur les villes mondiales que n’importe lequel de ses rivaux, et de nombreuses villes inscrites dans le projet impérial restent des acteurs très influents sur la scène mondiale aujourd’hui. Londres, New York, Hong Kong, Singapour, Sydney, Mumbai, Shanghai, Toronto, Cape Town et Boston ont chacun développé leur rôle et leur portée au sein de l’Empire britannique.

New York New York

La connectivité des infrastructures a souvent été le catalyseur. L’un des exemples les plus clairs de cela était à New York. En 1825, une coalition de croissance entre les dirigeants de la ville de New York et les entreprises a commencé la construction du canal Érié, reliant la ville aux Grands Lacs et au Midwest américain. La disponibilité de cette voie navigable a entraîné une augmentation phénoménale de la fabrication et du commerce locaux et de nouvelles industries financières et d’assurance alimentant la croissance d’une jeune Amérique. New York a devancé Philadelphie en termes de puissance financière grâce à sa connectivité améliorée.

En Grande-Bretagne même, des villes comme Liverpool, Bristol et Birmingham ont prospéré grâce à l’accès aux marchés impériaux et à la portée mondiale qu’ils offraient. Manchester est devenue la première ville industrielle mondiale du monde, tandis que Londres, la ville au centre de tout cela, a dépassé le record absolu de population de Pékin, atteignant deux millions en 1840.

Partout en Europe, une vague de villes a bénéficié d’une croissance urbaine et d’une expansion industrielle sans précédent. Les villes européennes qui se sont mondialisées dans cette vague avaient en commun un ensemble spécifique d’atouts : des connaissances commerciales historiques, des emplacements sur les principaux fleuves ou mers et la disponibilité immédiate de ressources naturelles telles que le charbon, le fer et l’eau.

En s’appuyant sur cette base d’actifs, des endroits tels que Bilbao, Brême, Leipzig, Sheffield et Turin ont pu construire des économies de fabrication exceptionnelles, se spécialisant dans l’ingénierie, les machines-outils, les navires et d’autres secteurs industriels. Ils ont attiré une énorme main-d’œuvre manufacturière et sont devenus des villes pionnières en termes de services publics, d’éducation et d’institutions civiques.

La mondialisation économique s’est développée de manière massive au cours des décennies qui ont précédé la première guerre mondiale. L’un des principaux groupes de villes à se mondialiser dans cette vague était aux États-Unis. Les villes américaines se sont considérablement différenciées et spécialisées à cette époque, avec leur propre mélange d’entreprises industrielles et la «deuxième vague» d’immigration leur donnant des caractères sociaux et culturels très différents.

New York s’est spécialisée dans les services et les produits de consommation, Chicago est devenue un centre pour les usines industrielles lourdes, tandis que Los Angeles s’est tournée vers le pétrole et les industries créatives. Des populations diverses et entreprenantes jouaient un rôle indispensable : New York était la principale porte d’entrée des États-Unis pour la main-d’œuvre immigrée. Des dizaines de millions d’immigrants, principalement européens, sont venus dans la ville, et beaucoup s’y sont installés à la recherche d’une vie meilleure, faisant de New York une ville cosmopolite à une échelle jamais vue auparavant.

Les infrastructures ont joué un rôle essentiel dans cette vague de mondialisation des villes américaines. L’installation de canaux, de voies ferrées, de réseaux d’aqueduc, d’autoroutes et de réseaux d’égouts a contribué à créer les conditions d’un demi-siècle de croissance extraordinaire.

L’après-guerre des boutons

Une vague majeure de villes assumant des rôles mondiaux s’est déroulée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’évolution de la géopolitique et le soutien à l’investissement américain ont permis à de nombreuses villes à vocation commerciale de devenir spécialisées. Bénéficiant souvent d’un leadership urbain solide, les villes de cette vague de mondialisation ont réussi à se restaurer et à planifier à l’avance pour éviter les pires embouteillages.

Munich, Toronto et Tokyo sont tous des exemples marquants de villes de cette vague. Il était essentiel pour la compétence des entreprises de s’associer à une solide plate-forme de connaissances et de leadership gouvernemental afin de développer des produits performants pour l’exportation.

Les villes de cette vague de mondialisation occupaient une place prépondérante jusque dans le milieu des années 1970, date à laquelle elles avaient acquis de nombreux atouts essentiels qui les rendent aujourd’hui compétitives. Bien que ces villes aient connu des ralentissements et des revers au cours des 25 dernières années, elles ont réussi à préserver une culture de la connaissance et de l’innovation pour soutenir des spécialisations d’envergure mondiale.

L’exemple le plus remarquable de cette vague a peut-être été Singapour, la seule ville mondiale à être également une ville-État entièrement autonome. Avant l’indépendance en 1965, les perspectives économiques de Singapour étaient incertaines. Ses industries traditionnelles de commerce d’entrepôt avaient décliné, la fabrication stagnait et le logement et les routes avaient un besoin urgent de modernisation.

Mais son premier Premier ministre, Lee Kuan Yew, n’a pas été découragé par les limites géographiques et a immédiatement poursuivi une politique d’industrialisation à forte intensité de main-d’œuvre ouverte aux capitaux étrangers. L’accent a été mis sur les incitations fiscales pour les investisseurs industriels, l’amélioration de la discipline du travail, l’enseignement technique et l’expertise étrangère, afin de se spécialiser dans les technologies industrielles. Singapour a immédiatement tenté de créer des rôles commerciaux et de connectivité en tirant parti de sa position de ville multilingue, avec des liens vers l’est et l’ouest, et un modèle juridique occidental fort.

Depuis son accession au statut mondial, Singapour a continué de s’adapter au marché mondial grâce à des politiques et des programmes étatiques qui encouragent la fabrication légère et les investissements dans la recherche de haute technologie. Son conseil de développement économique et son conseil de développement du logement, en particulier, ont été en mesure de tirer parti de l’échelle des grandes institutions publiques pour créer des systèmes efficaces à l’échelle de la ville.

La vague de mondialisation d’après-guerre a également frappé le processus de décolonisation, qui a vu de nombreuses villes perdre leur rôle impérial. Dans le passé, de nombreuses villes mondiales sont tombées avec les empires qui les ont engendrées. En effet, pour Londres, cette période a coïncidé avec un difficile processus d’après-guerre de désindustrialisation, de déclin des ports et de réglementation dépassée dans ses secteurs boursiers, bancaires et d’assurance.

Bien que Londres ait attiré des immigrants de la diaspora du Commonwealth, la ville a continué à perdre de sa population jusqu’au milieu des années 1980, lorsqu’elle a repris le chemin pour devenir une ville mondiale par excellence.

Windows 1986

La décennie qui a suivi la crise pétrolière de 1973 et le ralentissement mondial qui a suivi a été une période de grande mutation dans l’économie mondiale. Les modèles plus anciens sont devenus obsolètes, et de nouvelles idées et solutions sont apparues. Au milieu des années 80, une nouvelle vague de mondialisation était en cours, dirigée par un petit groupe de villes, mais avec un nombre croissant de petites villes devenant également pour la première fois engagées et orientées vers le monde.

Pour un petit groupe d’élite de centres financiers, le milieu des années 80 a déclenché une vague de résurgence lorsque ces villes ont commencé à attirer à nouveau des personnes, des entreprises et des capitaux. Londres et New York ont ​​commencé à inverser le déclin de leur population et à Londres, le «Big Bang» de 1986 dans les services financiers a marqué le début d’une nouvelle génération de banques internationales et de sociétés de services aux entreprises environnantes qui s’installent.

Pour les membres asiatiques de ce groupe, comme Tokyo et Singapour, cette vague a été caractérisée par une mondialisation plus sélective et tactique. Elle a encouragé l’internationalisation des secteurs financier et commercial par des réformes de libéralisation, tout en protégeant contre la surexposition aux influences culturelles occidentales.

Dans cette vague de mondialisation, les villes se sont également reconstituées en tant que capitales de l’information et des médias dans leurs régions respectives. Cette période a été marquée par d’importants changements de gouvernance dans certaines villes, comme l’abolition puis la recréation d’un système de gouvernement métropolitain à Londres ; la nouvelle politique «un pays, deux systèmes» à Hong Kong, qui cherchait à garantir le maintien d’un système capitaliste pendant 50 ans après le transfert britannique de 1997 à la Chine, et le retrait croissant du gouvernement fédéral de son rôle à New York.

Dans le même temps, la nouvelle vague de mondialisation présentait un ensemble de villes qui jusque-là n’avaient pas été tournées vers le monde. Le contexte géopolitique mondial avait considérablement changé à la suite de la chute du communisme en Europe, de l’unification de l’Allemagne, de l’ouverture de la Chine à partir de 1980 et des accords de paix d’Oslo, dans le cadre du processus de paix israélo-arabe, en 1993.

Les accords de nouveaux accords commerciaux, tels que l’Espace économique européen et l’Association nord-américaine de libre-échange, et la création de l’Organisation mondiale du commerce en 1995, ont inauguré une ère de multilatéralisme qui a permis à de nombreux pays et villes de se mondialiser. Ces facteurs ont créé un climat d’opportunité pour la croissance des grandes villes des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et des plus petites MINTs (Mexique, Indonésie, Nigéria, Turquie), ainsi qu’en Europe de l’Est, au Moyen-Orient et en Australasie. Parmi les villes les plus remarquables qui ont pris une importance mondiale dans cette vague, on trouve Bangalore, Barcelone, Le Cap, Sydney et Tel Aviv.

De nouvelles spécialisations échangeables associées à la révolution des technologies de l’information et des communications ont précipité la mondialisation inattendue de nombreuses villes. Bangalore est l’un des exemples les plus frappants : sa spécialisation en électronique a décollé en 1985 après l’arrivée de Texas Instruments. Cela a incité d’autres entreprises multinationales à déménager et a dynamisé l’environnement de conception de logiciels local.

Tel Aviv est un autre exemple frappant de l’innovation qui conduit la mondialisation d’une ville dans cette vague. L’esprit de commerce et de capitalisme entrepreneurial de cette jeune ville s’est traduit par une concentration ouverte et horizontale de compétences dans les domaines de la finance, de l’optique, des communications, des systèmes d’information, de la médecine et des logiciels. Cette solide base technologique a été renforcée par l’investissement de l’armée israélienne dans les industries de défense avancées de la ville, qui a produit un flux régulier de talents compétents.

Avec son cluster (oups, le mot à éviter aujourd’hui) technologique bénéficiant d’un accord d’investisseurs en phase de démarrage et d’une attitude positive face au risque, Tel Aviv est réputée pour ses nombreuses inventions technologiques. Les dirigeants de la ville ont depuis cherché à renforcer ce potentiel mondial en mettant l’accent sur le pluralisme, la tolérance et la préparation aux investissements de Tel Aviv.

Beaucoup de villes ont également converti leurs terreaux commerciaux en une utilisation par des activités davantage axées sur l’innovation. Dans presque tous les cas, ces villes ont connu une vague sans précédent de diversification de la population, alimentée par l’immigration et les talents mobiles. Au point culminant de cette vague en 2007-8, ces villes avaient une proposition globale totalement différente et de nouveaux problèmes apparus parallèlement à la croissance.

Et bim, aujourd’hui

Le cycle de mondialisation le plus récent a vu le début d’une nouvelle vague de villes distinctives, spécialisées et ambitieuses à l’échelle mondiale. Beaucoup d’entre elles sont des villes à revenus plus élevés au sein de leurs régions respectives et cherchent à tirer parti de leur infrastructure efficace, d’une meilleure qualité de vie et d’une meilleure sécurité et performance environnementale par rapport aux grandes mégapoles.

Les villes de cette vague sont moins susceptibles d’avoir des fonctions politiques ou institutionnelles majeures. Au contraire, elles sont en concurrence dans des industries mondiales plus dynamiques et en évolution rapide où des opportunités se sont présentées pour une plus grande part de marché. Parmi ce groupe se trouvent Brisbane, San Diego, Shenzhen, Santiago du Chili et Stockholm.

Au lendemain de la crise financière mondiale et de son impact sur les finances du secteur public, la capacité des villes à trouver de nouvelles sources et outils d’investissement a été un facteur clé de la mondialisation des villes depuis 2008. Brisbane est un exemple de ville qui a su de se mondialiser avec l’aide d’une grande administration municipale financièrement astucieuse, qui a utilisé l’excédent de son récent boom des matières premières pour ériger un modèle de développement économique plus international.

Londres est un exemple de ville qui réussit dans ce domaine depuis 2008. Grâce à une organisation unifiée, London & Partners, elle a transmis au monde un message cohérent indiquant qu’elle est ouverte aux affaires et aux investissements et a fait des progrès substantiels pour devenir une ville qui accueille les nouvelles industries technologiques et scientifiques.

Dans les industries de la médecine, des médias et du numérique, les ingrédients des principales innovations du secteur, combinés à une ville ouverte avec des marchés du travail profonds et une habitabilité cosmopolite, ont créé une formule gagnante. Les organisations de défense de la ville ont contribué à maintenir son attrait en faisant pression avec succès pour un climat commercial et fiscal compétitif.

Et après ?

Une comparaison des vagues de mondialisation des deux derniers siècles avec les vagues précédentes montre clairement que la durée de chaque vague d’urbanisation se raccourcit. Là où les vagues duraient autrefois un siècle ou plus, elles semblent maintenant suivre leur cours en aussi peu que 15 à 20 ans, et à l’avenir, cette durée pourrait être encore plus courte. Alors que l’économie mondiale devient de plus en plus intégrée, les vagues de la mondialisation des villes ressemblent de plus en plus aux cycles économiques mondiaux, et les fenêtres d’opportunité pour les villes de participer se ferment rapidement.

Bien qu’il existe de grandes différences entre les réseaux de villes le long des anciennes routes de la soie et le système du XXIe siècle de chaînes de valeur mondiales et d’avantages concurrentiels, il existe également des parallèles frappants. Les villes d’aujourd’hui peuvent apprendre beaucoup de la façon dont les personnes des vagues précédentes ont construit et maintenu leurs attributs concurrentiels, et comment éviter de s’enfermer dans des cycles de développement non durables ou improductifs.

Toutes les grandes villes d’aujourd’hui n’étaient pas destinées à jouer un rôle clé dans l’économie mondiale. Beaucoup sont parties d’une situation peu prometteuse ou non compétitive en raison de faiblesses internes ou de désavantages externes. Parfois, les villes ont enduré de longues périodes d’isolement mondial et ne commencent à s’internationaliser que lorsque des changements géopolitiques se produisent et que les investissements étrangers arrivent. C’était certainement le cas au 20e siècle, et au 21e siècle, il est visible dans de nombreuses autres villes en dehors de l’ouest établi.

De même, le flux et le reflux de la fortune des villes signifie que certaines villes que nous tenons pour acquises aujourd’hui comme étant mondiales seront probablement beaucoup moins orientées vers le monde à l’avenir. L’histoire montre qu’il s’agit d’un risque si les villes perdent leur compétitivité dans les secteurs marchands, ne parviennent pas à adopter l’innovation ou à projeter leur influence, sont fermées à l’immigration et à l’entrepreneuriat, ou sont incapables de s’adapter à un centre de gravité géopolitique ou géoéconomique en mutation.

Les ingrédients des villes les plus prospères d’aujourd’hui sont parfois difficiles à imiter directement pour d’autres villes, de sorte que des stratégies alternatives et des voies vers un engagement mondial sont apparues. Au fil du temps, ces voies alternatives aboutissent à des types très différents de villes mondiales.


Après cette (longue) introduction sur la ville, intéressons-nous aux jeux de société qui placent la ville, sa construction, sa gestion, au cœur de l’expérience et du thème du jeu. Voici nos 7 jeux préférés.

Surburbia

Suburbia est sans doute l’un des tous meilleurs jeux de société qui existe sur et autour de la ville. Il s’agit d’une sorte de Sim City réincarné sous forme de jeu de plateau. Vous allez devoir acheter des bâtiments, représentés sous forme de tuiles hexagonales, et les arranger dans votre territoire, pour savoir quelle tuile, quel bâtiment, quelle fonction touche quel autre élément urbain. Et tout ça, en tentant d’équilibrer les activités industrielles, commerciales et résidentielles.

Vous commencez la partie avec trois hexagones, un parc, une banlieue et une usine. À vous de jouer pour développer votre ville et accueillir le plus de population, mais pas n’importe comment. Suburbia est sans doute l’un des jeux de plateau auquel j’ai le plus joué dans ma « carrière » de joueur. Et en 2021 une version Deluxe est sortie en VO, on attend la VF (ou pas, car cette version est vraiment chère !).


Welcome To

Oui bon, j’ai compris. Vous commencez à être saoulé. Chaque fois que nous vous proposons un TOP, on place Welcome To dedans… Mais le jeu en vaut vraiment la peine ! L’un des meilleurs Roll & Write du marché, Flip & Write, pour être spécifique, Welcome To est en même temps plutôt simple et fluide, offrant de multiples ouvertures stratégiques.

Avec Welcome To, dans une approche très thématique, vous êtes le maire d’une petite ville d’une banlieue américaine dans les années 1950 et vous devez créer et gérer une petite ville pittoresque et ses lotissements.

Votre fiche est composée de trois rangées de maisons vides et de divers équipements comme des piscines, des parcs et des emplacements pour clôtures. Chaque tour, trois combinaisons de numéros de rue et d’actions sont retournées. Vous choisissez un ensemble et les ajouter à votre quartier. Simple, fluide, addictif. Et 100 personnes peuvent y jouer en même temps ! Voire plus.


Lisboa

Tout est dans le titre. Un gros, gros jeu qui vous plonge dans l’histoire et la construction de la capitale lusitanienne. Un excellent mélange d’un jeu de construction de ville qui intègre une forte thématique historique.

Lisboa vous plonge dans la reconstruction de la ville après le grand tremblement de terre de 1755. Pendant le jeu, vous planifiez des audiences pour obtenir les faveurs des personnages pour vous développer le commerce et les constructions. Vous devez gérer l’influence, les autorisations de construire, de tenir une boutique, le pouvoir religieux, les travailleurs et l’argent. Je me rends compte que dit comme ça, ce n’est pas forcément très sexy, et pourtant, Lisboa est aussi profond que passionnant.


Praga Caput Regni

Un autre gros, gros, gros jeu historique de construction de ville. Après Lisbonne, voici Prague au 14ème siècle. Un gros jeu qui va vous demander de gérer une quantité de trucs et de bidules sur le plateau, ressources, site de construction, pour obtenir le plus de faveur du roi Charles IV.

Construisez les éléments emblématiques de la ville : la cathédrale Saint-Guy, le pont Charles sur la rivière Vltava et l’Université Charles. Il y a six actions principales, telle que gérer les mines, les carrières, la construction de la route du roi, etc. Pour aider à les visualiser, vous disposez d’un plateau d’action qui vous permet d’améliorer les actions et de construire des fortifications.

Fidèle au thème et à l’histoire de la ville, Praga Caput Regni est un jeu de taille XXL, avec des éléments en 3D à assembler. Une expérience profonde, prenante. Si vous appréciez les gros, les bons jeux, vous n’allez pas être déçu ! À ne pas mettre entre toutes les mains…

Le jeu est déjà sorti en VO, la VF est prévue dans quelques semaines.


Happy City

Après deux gros jeux, Happy City est sans conteste le jeu le plus petit, le plus léger, le plus fluide de toute cette sélection des meilleurs jeux sur la ville. Mais pas le moins intéressant pour autant, oh non !

À votre tour, vous devez dévoiler trois mini cartes bâtiments, à vous de choisir les pioches selon les coûts possibles, puis vous en achetez une, ou pas. C’est. Tout. Chaque tour, vous recevez des revenus en fonction des bâtiments placés. C’est. Tout. Et en fin de partie, vous multipliez vos cœurs, le bonheur, avec vos citoyens. C’est. Tout.

Happy City est un condensé de tout ce que l’on trouve de mieux sur le marché du jeu de société. Un jeu court, fluide, et pourtant extrêmement captivant. Avec un matériel de taille XXS qui se démarque des autres propositions de cette liste.

Surtout ne vous fiez pas aux aspects légers du jeu, Happy City est plus riche et trépidant qu’il n’y paraît. Aussi familial que gamer. Réussir le grand écart, c’est rare. Happy City est l’un des must-have de 2021 ! Il est annoncé pour dans quelques semaines. Nous y avons déjà joué, nous avons vraiment, vraiment kiffé ! N’hésitez pas déjà à le précommander.


Machi Koro Legacy

Un autre « petit » jeu fluide. Il s’agit ici de Minivilles, en version Legacy, avec du matériel qui change, qui évolue au fil des parties. Dans Machi Koro Legacy, vous incarnez le maire de la ville et vous devez acquérir de nouveaux bâtiments, le tout en lançant un dé pour déterminer quel bâtiment va s’activer pour le tour. Simple, efficace.

Si les règles de Machi Koro s’expliquent en une fraction de secondes, il en fait un excellent titre pour être joué en famille. Et avec cette version Legacy, le jeu évolue et devient de plus en plus riche à mesure que les parties s’écoulent. Un très bon jeu, un très bon jeu de construction et de gestion de ville.


Le Havre

Il y a quelques jours, nous vous parlions de Hallertau, le nouveau blockbuster d’Uwe Rosenberg, l’un des auteurs de jeux les plus connus du marché, qui sort, en tout cas, un gros jeu par année, et ceci depuis plus de 10 ans ! Le Havre fut son deuxième gros titre, sorti en 2008, juste après son fameux Agricola. On y retrouve ses dadas préférés : placement d’ouvriers, ressources, bâtiments, corde au cou à devoir nourrir le tout. Pas très original, et pourtant extrêmement efficace !

Dans Le Havre, vous allez devoir construire la ville portuaire, en développant votre marine et vos bâtiments urbains, le tout en gérant vos ressources au mieux : poissons, bois, acier, etc. Le Havre est, selon moi, l’un des meilleurs jeux de l’auteur ! Malheureusement, Le Havre n’est aujourd’hui plus édité, et c’est bien dommage ! Une réédition vaudrait la peine. Il existe toutefois encore sur portable, sur iOS et Android.


Puerto Rico

Dans Puerto Rico, vous ne gérez pas que la capitale San Juan, vous devez également développer l’île en général : plantation de tabac, de canne à sucre, etc. Et construire les meilleurs bâtiments pour améliorer le tout.

Sorti il y a presque 20 ans en 2002, ce jeu de gestion de ressources a introduit une nouvelle mécanique de choix d’action qui fait bénéficier tous les autres à la table, avec un privilège pour celui qui l’a choisi. Très malin. Et voir son île se développer, avec bâtiments et exploitations, est une pure merveille. Un très grand classique des jeux de société modernes, qui n’a pas pris une ride !


Pour vous proposer une expérience de lecture plus agréable, nous vous proposons un site sans aucune publicité. Nous entretenons des relations d’affiliation avec Philibert et Magic Bazar. Ainsi, lorsque vous achetez un jeu en cliquant sur les liens menant aux boutiques, vous nous soutenez. Grâce à vous, nous pouvons obtenir une petite part des revenus. Ceci nous permet alors d’acheter d’autres jeux et de continuer à pouvoir vous proposer de nouveaux articles.


Et vous, quels jeux de construction de ville avez-vous vraiment appréciés et que vous pouvez conseiller ?

18 Comments

  • Boubou 95

    Bonjour Gus, je me demandais ce que tu pensais de Puerto Rico le jeu de cartes (San Juan), il me semblait intéressant, fluide, rapide à installer et reprenant plutôt bien les principes du grand frère, pour ce que j’ai pu en voir en vidéo partie. Merci d’avance pour ta réponse (sinon encore une fois très sympa cet article)

    • Gus

      Salut, merci pour ton message !

      San Juan est tres sympa, une bonne adaptation en jeu de cartes du jeu de plateau. Un peu confus et pas grandiose pour autant, mais sympa quand même. Pas mon topissime, mais pourquoi pas une partie de temps en temps. 3/5 pour moi.

      Bon dimanche. Profite bien Antony !

  • LeLunaire

    Je citerai aussi « The city » (chez Gigamic) qui est sympa, avec des règles simples et où les cartes peuvent être soit construites soit utilisées comme argent pour payer les constructions.

  • Eric

    Bonjour Gus,
    Je viens de repenser à 2 grand classiques de construction de villes qui me semblent aussi très intéressants :
    – Carcassonne et
    – Medina
    Bon dimanche

  • Ikaris

    « Les petites bourgades » dès lors qu’on est pas plus de 3 (après ça devient chaud) et qu’on a un peu d’expérience c’est pas mal non plus … j’aime bien l’interaction douce avec les autres joueurs pour choisir des ressources qui nous arrangent et pas eux. Médina comme déjà cité, je ne l’ai découvert que récemment (c’était la dernière édition avec des carte thé) mais je l’ai vraiment apprécié … la personne qui me l’avait vendu me disait qu’il marchait moins bien à deux mais même comme ça avec les toits neutres je l’ai trouvé top !

  • Billiard

    Surpris de trouver Minivilles, je croyais être le seul à aimer. Pas le jeu de l’année mais en familial c’est comme les aventuriers du rail, efficace !!!

    J’ai bien aimé quadropolis et Little Town aussi.
    Mais une liste comme ça ne peut pas être exhaustive.

  • Lucie Le Charlès

    Définitivement, Sprawlopolis (en VO, mais je crois que la VF arrive bientôt) mérite d’être cité. Autant de jeu en 18 cartes, ça reste impressionnant.

    • Rascarlo

      Merci pour ce top encore une fois au top, Gus! Et pour cette page d’histoire! Je souscris à votre enthousiasme pour Praga Caput Regni (gros coup de coeur) et n’en ai pas à ajouter sauf si Caylus peut être considéré comme nous racontant la construction de cette cité, Glen More celle de bourgades écossaises et Helevetia de villages suisses, lequel mériterait au passage également une réédition.

  • Rascarlo

    Sinon, un peu étonné de ne pas y voir figurer My City pourtant encensé ici il y a quelques mois…Serait-il trop abstrait pour rejoindre ce palmarès ?

  • Crunsk

    Il y a également le jeu Villageo qui est dans le thème, même si il est abstrait. J’ai l’impression qu’on ne parle pas très souvent de ce jeu mais dans sa catégorie (casse tête solo), j’ai vraiment beaucoup aimé.

  • Hazur

    Bonjour et merci pour ce superbe article sur les villes.
    Concernant le choix subjectif des jeux, je trouve quand même étonnant d’avoir oublié un jeu multiprimé (et c’est un euphémisme), qui permet de prendre en compte à la fois le développement militaire, les branches technologiques (sciences), les échanges commerciaux avec les villes voisines, la construction d’un chef d’oeuvre architectural. Avec des extensions ajoutant de grands projets, une marine, des espions, des leaders charismatiques… Bref de choisir exactement 7 jeux mais pas celui-ci 😉

    • Gus

      Question de définition d’une ville, pour moi, tout est dans le titre. On gère une merveille, et sa construction, et non une ville en soi, nuance 😉

      Parce que sinon, tous les jeux de gestion qui permettent de construire un bâtiment pourrait en faire partie… On ne s’en sortirait pas. Mais après, on peut débattre de ce qu’est une ville, vraiment. Même si on en fait déjà plus que le tour dans l’article.

  • Sylvain VANDA

    Bonjour, merci pour cet article grâce auquel je découvre certains jeux.
    J’aurai ajouté Small City, d’Alban Viard, assez complexe mais qui restitue bien la sensation de jouer à sim City, je trouve.

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