Jeux de plateau

Despicable Plots. La nouvelle extension pour Disney Villainous avec ses 3 méchants inquiétants

Temps de lecture: 8 minutes

Disney Villainous revient avec une 4e extension, Despicable Plots, avec 3 nouveaux méchants de l’univers des dessins animés Disney : Gaston, Le Seigneur des Ténèbres et Madame de Tremaine.


Disney Villainous, c’est ce jeu de cartes asymétrique qui se déroule dans l’univers des dessins-animés Disney. Vous y incarnez alors les méchants emblématiques bien connus. Un jeu qui a fait un gros carton lors de sa sortie en VO en 2018 et en 2019 pour la VF. Chaque méchant dispose de son propre deck, de son propre plateau, de ses propres règles, toujours en cohérence avec son personnage, et surtout, de ses propres objectifs et conditions de victoire. Voici Despicable Plots, la quatrième extension.

Depuis la sortie du jeu, il y a déjà eu trois extensions. Et même une adaptation Marvel, avec la possibilité d’incarner les méchants du MCU.

Et vous connaissez le principe (commercial) qui régit le marché du jeu de société : quand un jeu marche, comprenez, qu’il se vend bien, qu’il a raflé des prix, il faut sortir des extensions pour prolonger et surfer sur son succès. Nous avons tous des exemples en tête de jeux qui suivent ce principe : 7 Wonders, Kingdomino, Unlock, Wingspan, Terraforming Mars, Ticket to Ride, Codenames, etc. La liste est aussi longue qu’une journée sans tofu.

C’est le cas aujourd’hui avec Disney Villainous, qui re-re-revient avec une toute nouvelle extension, la quatrième, Disney Villainous: Despicable Plots.

Disney Villainous: Despicable Plots. Des plans machiavéliques pas très jojo

On change tout, on fait pareil. Disney Villainous: Despicable Plots continue sur sa lancée et formule : une extension, trois nouveaux méchants. Disney Villainous: Despicable Plots introduit Le Seigneur des Ténèbres de Taram et le Chaudron Magique, le film de 1985.

Dans le film de 1985, le terrible Seigneur des Ténèbres, a terrifié tous les enfants qui ont vu le film. Lors de sa sortie en salle, rien d’étonnant à ce que ce film de fantasy très sombre ait été le premier Disney d’animation à recevoir un PG-Rating, un avertissement à l’intention des parents. Au contraire des autres méchants de Disney, souvent humains et humanisés, avec des expressions et visage comportant des expressions, le Seigneur des ténèbres est un squelette avec un reste de chair en décomposition. Miam !

Son apparence terrifiante, ses cornes (en anglais, le méchant ici de Disney Villainous: Despicable Plots s’appelle The Horned King, le Roi Cornu. La VF préfère Le Seigneur des Ténèbres, lui conférant un aspect encore plus menaçant !), sa cape, ses dents et sa voix magnétique et mystérieuse en font un méchant très crédible et vraiment, vraiment terrifiant.

Dans son château des ténèbres, il est toujours dans l’ombre, entouré d’une musique de circonstance, et ne rêve que d’une chose : mettre la main sur le chaudron magique. Pas animé par une vengeance, ce qui est souvent le cas pour les autres méchants de Disney, Le Prince des Ténèbres veut « en toute simplicité » contrôler le monde et être un dieu parmi les hommes et soulever une armée de morts. Rien que ça. Et il y parvient (pendant un petit moment. Pas longtemps) ! Voir une armée de morts à la Walking Dead se soulever, c’est quelque chose qu’on voit rarement dans un Disney.

Et c’est ce qu’on retrouve dans cette quatrième extension Disney Villainous: Despicable Plots. Pour gagner la partie avec Le Seigneur des Ténèbres, vous devrez réanimer plusieurs guerriers à partir de cadavres (bon appétit) dans plusieurs endroits de votre plateau.

Également Madame de Tremaine, connue comme la Belle-Mère, du dessin-animé Cendrillon de 1950 :

L’obsession de Madame de Tremaine ? Pourrir la vie de Cendrillon, et marier ses horribles filles. Rien n’est drôle dans l’horrible méchante de Cendrillon. Incarnation de la marâtre bien trop jalouse de la beauté de sa belle-fille, qui dépasse tellement les charmes de ses propres filles, elle va tout mettre en œuvre pour pourrir la vie de l’innocente Cendrillon.

Enfermée dans sa tour avec ses souris qui chantent après la mort de son père, cette dernière a ainsi été condamnée par sa belle-mère à faire toutes les tâches du foyer. Reléguée comme la domestique du domaine, elle doit en plus obéir aux désirs extravagants de ses belles-sœurs, ces horribles greluches nommées Javotte et Anastasie. Toujours tapie dans l’ombre, la rigide et glaçante Madame de Tremaine ne jette aucun sort à Cendrillon, ne l’attaque pas mais lui fait subir toutes sortes d’harcèlements psychologiques. Madame de Tremaine place ainsi un aspect très réel et réaliste au long-métrage.

Pour gagner avec Madame de Tremaine, vous devrez tout faire pour amener le prince à épouser sa fille Drizella ou Anastasia au lieu de Cendrillon (trop pouf).

Et enfin, (ce gros relou et harceleur de) Gaston de la Belle et la Bête de 1991 :

Dans le dessin-animé, au début du film, Gaston pourrait très facilement passer pour un beau gosse, certes vaniteux, mais pas franchement dangereux. Et pourtant… Gros buveur, gros mangeur et gros chasseur, Gaston est persuadé que personne, et surtout aucune femme ne peut lui résister. Quand Belle, qui le trouve répugnant, ignare et grossier, le repousse, il passe par différentes phases avant de montrer vraiment son véritable visage. Car Gaston est bien un vilain à la Disney.

Poussé par l’humiliation, il va chercher à faire enfermer le père de Belle pour l’obligée à l’épouser puis va se servir de tous les villageois, qui voient en lui une sorte d’idole, pour servir ses propres desseins et se débarrasser de la Bête. Lâche jusqu’au dernier moment, Gaston va profiter de la compassion de la Bête pour le poignarder dans le dos… Gaston porte le message du film : il est, comme la Bête, la preuve « vivante » que la beauté extérieure ne vaut pas la beauté intérieure. Bim. Sacrée leçon de morale. Dans le jeu, pour gagner avec Gaston, vous devrez réussir à convaincre Belle qu’il est l’homme à épouser.

Comme avec les extensions précédentesDespicable Plots peut être joué en stand-alone, à 2 ou 3, ou combiné avec les versions précédentes de Disney: Villainous jusqu’à six.

Mais pourquoi est-il si méchant ?

A l’issue de la première de Blanche Neige et les Sept Nains en 1937, un journaliste demanda à Hitchcok quel personnage il avait préféré, lui listant un à un chacun des nains : non, c’est la Méchante Reine, répondit le cinéaste ! Meilleur est le méchant, plus réussi est le film. Le protagoniste d’une histoire est autant défini par sa quête que par celui qui s’y oppose, son antagoniste. Comme si héros et anti-héros constituaient les deux faces d’une même médaille, l’un ne pouvant se passer de l’autre. Et dans les grands dessins animés Disney inspirés de contes de fées, à chaque héroïne correspond un méchant ou, le plus souvent, une méchante.

En effet, ce qu’il faut retenir, dans les contes de fées, les méchants sont surtout des méchantes. Si les princesses Disney ont toutes un nom, qui donne souvent son titre même au conte de fées, tel n’est pas toujours le cas des méchantes qui leur sont opposées. Dans Blanche-Neige et les Sept Nains, justement, la Méchante Reine est une sorte de mélange entre Lady Macbeth et du Grand Méchant Loup, mais elle n’a pas de nom.

Dans le dessin-animé Cendrillon d’origine de 1950, on ne nomme pas vraiment non plus la Marâtre. Son nom, Madame de Trémaine, que l’on retrouve par ailleurs ici dans cette extension Disney Villainous: Despicable Plots, est venu plus tard. Il n’est pas énoncé dans le film.

Les choses changent enfin avec La Belle Au Bois Dormant (1959) et sa méchante d’anthologie, Maléfique. Dans La Petite Sirène (1989), Ariel est prise dans les tentacules de l’ignoble pieuvre Ursula, bien décidée à garder pour elle la voix mélodieuse de la jeune fille. Quant à Raiponce (2010), ce film marque le retour de l’archétype de la « méchante belle-mère » Mère Gothel, que l’on peut d’ailleurs s’amuser à incarner dans la troisième extension Disney: Villainous, Perfectly Wretched.

Cependant, rares sont les méchants totalement et uniquement terrifiants comme le Seigneur des Ténèbres de Taram et le chaudron magique (1985) qui fait partie de l’un de trois méchants de ce Disney Villainous: Despicable Plots, ou Frollo (Le bossu de notre- dame, 1996), la Reine de Cœur dans Alice au pays des merveilles (1951) ou le diable Chernabog dans la séquence « Une nuit sur le Mont-Chauve » dans Fantasia (1940).

Plus souvent, ils sont, sinon ridicules, du moins accompagnés par un acolyte qui, lui, est plus bête que méchant. Que seraient Grand Coquin sans Gédéon (Pinocchio, 1940), ou Scar sans ses hyènes (Le roi lion, 1994) ? Dans Les 101 Dalmatiens (1961), les deux frères Horace et Jasper Badun sont un contrepoint comique à la très menaçante Cruella d’Enfer. Ils incarnent alors ce qu’on appelle au cinéma le « comic relief », la détente, le soulagement, la légèreté par l’humour. On inclut un personnage humoristique pour soulager la tension. Ici, rendre les méchants Disney moins terrifiants, surtout pour un public plus jeune.

On ne naît pas méchant, on le devient. Chez Disney, la force de cet adage rend les personnages de méchants aussi fascinants, voire pour certains attachants. C’est peut-être l’une des raisons qui explique le succès de ce Disney: Villainous chez Ravensburger. Jafar, avait toutes les bonnes raisons de diriger le royaume et épouser Jasmine. Mais le sultan lui a préféré Aladdin (1992) faux prince et vrai mendiant. Pas cool ! N’est-ce pas lui, le grand vizir, qui est victime d’une injustice ? Tante Sarah pense vraiment que Lady a attaqué ses deux chats Si et Am (La Belle et Le Clochard, 1955). Si la reine mère avait autant aimé le Prince Jean que son aîné Richard Cœur de Lion, le cadet serait-il devenu l’ennemi de Robin Des Bois (1973) ?

Derrière chaque méchant (ou presque), il y a un drame qui aurait pu être évité. C’est notamment l’idée qui a prévalu dans le film Maléfique (2014), et sa suite, revenir aux origines de La Belle Au Bois Dormant mais cette fois, du point de vue de Maléfique. Pourquoi, comment est-elle devenue la méchante ?

Nous aimons les méchants parce qu’ils gardent en dépit de tout une part d’humanité. Peut-être aussi à l’inverse parce qu’ils se débarrassent de tous leurs scrupules et que parfois, nous aimerions faire… pareil ?

Mais au fond, y a-t-il une véritable différence entre les héros et les méchants ?

Les héros, on sait à quoi ils servent. À sauver des gens. Ils réalisent des actes désintéressés. Parce que. Parfois, ils peuvent porter une cape, voire même un slip sur leur pantalon. Ce qui les motive : améliorer la condition humaine. Ils sont guidés par la compassion. Dans les récits cosmogonique et folklorique, la tradition de l’héroïsme est ancienne : Prométhée en Grèce, Rama en Inde, Gilgamesh en Mésopotamie, Arash en Perse. Tout cet héritage culturel fait écho aujourd’hui à des figures héroïques plus populaires. Coucou MCU, DC, Star Wars et… Disney.

Les méchants, eux, sont plus… nuancés. Et quand on parle de méchants, on parle de quoi, de qui ? La plupart du temps, ils cherchent à éliminer les efforts et tentatives du héros. Ce sont les antagonistes. Mais pour quelles raisons, et surtout, pour qui ? Pour leurs propres objectifs ? Pour une population plus importante ? Pensez à Lex Luthor, qui passe sa vie à vouloir dégommer Superman, cet étranger qui vient s’installer tranquillou sur Terre, en venant perturber sa tranquillité. Et rappelez-vous, c’est à cause de lui que des menaces débarquent. Pour le méchant chauve le plus connu de la culture populaire, Superman est LA menace, et non le contraire !

Et quid de l’Iliade ? Ce n’est pas mieux. Les alliés grecs Achille et Agamemnon se disputent pour savoir qui va pécho Chryséis après le siège de Troie. Au final, c’est Agamemnon qui mène le siège tout seul, pendant qu’Achille va bouder dans son coin. Il reviendra dans la bataille, et c’est lui qui mènera l’assaut final et victorieux. Sacré Achille. Encore aujourd’hui, on le considère comme un héros. Oui mais. Et pour les Troyens qu’il a attaqués et décimés ? Comment vont-ils le considérer ?

Croire que les méchants sont univoques et simplistes est… simpliste. Et si les héros de certains étaient les méchants des autres ? Étudiez les argumentaires idéologiques autour de la Première Guerre Mondiale pour vous en convaincre… Dommage que Stephen King ne puisse pas réaliser son projet de film centré autour de Jason Voorhees, le tueur de Vendredi 13, pour s’intéresser à son point de vue à lui.

Et si jamais, après avoir joué à Disney: Villainous l’envie vous prenait de prolonger votre plaisir et lire les aventures de ces grands méchants, devenus icônes malfaisants et pourtant adulés dans la culture populaire, l’éditeur Hachette et son studio Hachette Heroes, oui, celui-là même qui fait des Escape Game de salon à la pelle, a sorti toute une série Disney Villains, avec 7 livres sur ces personnages emblématiques :

L’extension Disney Villainous: Despicable Plots sera disponible dans quelques jours, fin-février en VO. La VF devrait débarquer dans quelques mois.

Disney Villainous: Despicable Plots, une quatrième extensions qui vous branche ? Que pensez-vous du choix de ces 3 méchants ? Lequel vous réjouissez-vous d’incarner ?

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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