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3 gros jeux de plateau pour plonger au cœur des civilisations précolombiennes

Temps de lecture: 17 minutes

Découvrez Tawantinsuyu, Teotihuacan et Tzolk’in, 3 gros jeux de plateau pour vivre aux temps des civilisation précolombiennes.


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Pour mieux se plonger dans les civilisations précolombiennes

Olmèques, Aztecs, Mayas, entre fantasmes, croyances et curiosité, archéologie, ethnologie et anthropologie, les civilisation précolombiennes ont toujours exercé une certaine fascination sur l’imaginaire collectif. Souvenez-vous de la pseudo hystérie collective qui s’est emparée de la planète en décembre 2012, quand les Mayas avaient annoncé la fin du monde quelques siècles auparavant. Quelles étaient les anciennes civilisations précolombiennes qui ont laissé des sites en ruines imposantes en Amérique du Sud ?

Des vestiges, voilà ce qu’il en reste. Si elles ont semé quelques indices derrière elles, ces civilisations disparues nous en disent assez pour qu’on les connaisse aujourd’hui plus ou moins bien. C’est de ce mystère que naît probablement notre attirance pour ces sociétés défuntes, découvertes assez tard et sur lesquelles sont projetés nombre de nos fantasmes. Elles sont comme sorties de nulle part et leur origine comme leur déclin, nourrissent nos craintes et nos espoirs, parce qu’elles nous en apprennent sur l’humanité et ses fragilités.

L’expression civilisationprécolombiennes s’applique aux peuples autochtones de l’Amérique dont l’unité culturelle s’est déterminée avant la découverte européenne de ce continent par Christophe Colomb en 1492. L’histoire de ces civilisations couvre les millénaires écoulés depuis les premières traces de peuplement au Paléolithique supérieur jusqu’à la colonisation européenne des Amériques à l’époque moderne

Les plus connues d’entre elles sont les civilisations maya, inca et aztèque. Elles ont été anéanties au 16e siècle par les soldats espagnols, les « Conquistadores », venus conquérir les terres du continent américain, le « Nouveau Monde », au nom de la Couronne espagnole.

Le terme « précolombien » est utilisé dans l’étude des civilisations autochtones des Amériques, notamment d’Amérique Centrale, avec les Olmèques, Toltèques, Zapotèques, Mixtèques, Aztèques et Mayas, et d’Amérique du Sud, avec les Incas, Moches, Chibchas et Cañaris.

Les civilisations les plus développées d’Amérique, au moment de leur rencontre avec les Européens, ne l’étaient pas autant, d’un point de vue technologique, que celles de l’Ancien Monde. Par exemple, elles n’avaient pas développé la technologie de la roue et la métallurgie n’avait presque jamais d’autre usage que décoratif : de plus, la plupart des Amérindiens n’utilisaient pas de système d’écriture, sauf en Amérique Centrale.

Cependant, ce retard ne concernait pas tous les domaines : certaines civilisations américaines ont abouti à un degré élevé d’organisation sociale et développé de remarquables connaissances en astronomie et en mathématiques, ainsi que des techniques complexes d’agriculture et d’architecture ; c’est ainsi que, par exemple, la capitale aztèque, Mexico-Tenochtitlan, était, lorsque les Espagnols l’ont découverte, une des plus grandes villes du monde, avec une population estimée à environ 200’000 habitants.

Certaines de ces civilisations étaient éteintes depuis longtemps au moment des premières installations européennes permanentes, entre la fin du xve et le début xvie siècles, et ne sont connues que grâce à des fouilles archéologiques.

Olmèques

La plus ancienne des civilisations précolombiennes, dont sont issues toutes les autres, est celle des Olmèques. Les Olmèques (2500 av. J.-C. – 500 av. J.-C.) vivaient au Sud-Est du Mexique actuel, à l’emplacement des États mexicains de Veracruz et de Tabasco. Ils sont célèbres pour avoir sculpté des têtes humaines colossales dans la pierre.

Les Olmèques sont « les gens du caoutchouc », tels que les Aztèques du XVIe siècle nommaient en nahuatl les habitants du territoire à l’est de la vallée de Mexico, s’étendant le long du golfe de Veracruz. Mais ceux-là, contemporains des conquistadors, n’ont déjà plus grand chose à voir, si ce n’est leur région, avec la civilisation qui s’y est épanouie au XIIIe siècle avant l’ère commune, soit une centaine d’années avant les Mayas.

Néanmoins, si nous ne connaissons pas le nom qu’eux-mêmes se donnaient, ce sobriquet convient assez bien aux Olmèques, à en croire les petites balles découvertes dans les sites où ils ont vécu, fabriquées à base de la sève du Castilla elastica et utilisées lors des rituels.

Ce peuple qui combinait nomadisme et sédentarisation, devait sa prospérité à une bonne maîtrise de l’agriculture : on le sait ainsi cultivateur de maïs, de coton et de cacao. Ses réseaux marchands, bien développés, lui permettaient d’échanger du cacao et des peaux de bêtes, de jaguar notamment, contre des matières précieuses comme le jade, l’obsidienne et les coquillages.

En se sédentarisant, les Olmèques auraient fondé les premières cités de l’Amérique Centrale, aire culturelle s’étendant du nord du Mexique au Costa Rica. Parmi celles-ci nous pouvons retenir El Tajin, Tres Zapotes, La Venta et San Lorenzo. Ces villes étaient les lieux de résidence des seigneurs et reproduisaient par leur architecture caractéristique, pyramides, buttes artificielles en terre, temples, stèles, toute une symbolique cosmique. La cosmogonie olmèque s’est d’ailleurs diffusée par la suite auprès de l’ensemble des peuples d’Amérique Centrale.

Le jade, que l’on retrouve beaucoup dans cette civilisation, était considéré comme une métaphore de l’eau, mais aussi du sang. Elle est en cela un indice de sacrifice humain, pratique reprise par d’autres peuples et que les Olmèques avaient initiée lors de rituels pour l’obtention d’eau. De même, le serpent ailé, qui n’est pas sans rappeler le serpent à plumes de Teotihuacán, apparaît chez les Olmèques en liaison avec les rituels de fertilité. On le rapprochait en effet de l’humidité, du tonnerre et du ciel.

En plaçant la figure humaine au cœur de son inspiration, l’iconographie de cette civilisation nous a plutôt bien informés sur son type physique. On les imagine ornés de peintures faciales, les yeux bridés, les lèvres charnues et le nez probablement épaté. L’obésité était par ailleurs considérée comme le signe d’un statut social élevé. Les têtes colossales de Tres Zapotes, La Venta et San Lorenzo, fabriquées à partir de blocs monolithiques lourds de plusieurs tonnes, sont devenus les plus célèbres représentantes de l’art olmèque.

Malheureusement, les stucs et les peintures qui les recouvraient ont disparu, ce qui laisse la porte ouverte à diverses interprétations. Certains y voient des portraits de chefs, d’autres des têtes-trophées obtenues par la décapitation de captifs, l’absence d’expression portant à croire qu’il s’agit de têtes de personnes mortes.

Le déclin des Olmèques commence vers 500 avant l’ère courante, sans que l’on puisse en connaître les causes exactes. Néanmoins, leur rayonnement perdure au-delà de leur disparition pour irriguer l’ensemble des cultures méso-américaines.

Que ce soit l’écriture, les cités monumentales, les rituels religieux, le calendrier ou bien les structures sociales, nombre de cultures précolombiennes trouvent leur source dans cette civilisation. Mais le pillage lointain des sites, la difficile lecture des glyphes, la plus ancienne écriture d’Amérique centrale, et la disparition des éléments peints font que tant de zones d’ombres perdurent encore chez ce peuple originel du monde méso-américain.

Les Mayas, les Incas et les Aztèques

Les Mayas et les Aztèques vivaient en Amérique centrale, dans les régions qui bordent le golfe du Mexique. Les Mayas étaient organisés en cités États indépendantes, gouvernées par des familles nobles. Leurs plus grandes cités étaient Tikal et Calakmul (3e – 9e siècle), puis Chichén Itzá (10e siècle – 11e siècle) et Uxmal (10e siècle – 13e siècle).

Les Aztèques avaient construit leur capitale, Tenochtitlan (14e – 16e siècle), à l’emplacement de l’actuelle Mexico. C’était l’une des plus grandes villes du monde à l’époque, avec plus de 200’000 habitants.

Les Incas vivaient le long de la cordillère des Andes (chaîne de montagnes longeant la côte ouest de l’Amérique du Sud). L’empire inca (13e – 16e siècle) avait pour capitale Cuzco, située au sud. Au 16e siècle, Quito devint la capitale du nord de l’empire. Les principaux sites archéologiques mayas sont Tikal, Chichén Itzá, Tulum et Palenque.

Le principal site archéologique inca est le Machu Picchu (Pérou), construit au 15e siècle à plus de 2’000 m d’altitude dans la cordillère des Andes. Cette ville était probablement un centre spirituel, qui servait peut-être de sanctuaire royal. Il ne reste plus grand-chose des cités Aztèques et de la capitale Tenochtitlan, détruites par les conquistadores.

À l’apogée de leur culture (3e et 4e siècles), les Mayas ne savaient pas utiliser la roue et les métaux pour faire des outils, mais ils pratiquaient l’écriture, l’astronomie et les mathématiques. Leur économie reposait sur l’agriculture, en particulier la culture du maïs et du cacao, dont les fèves servaient de monnaie d’échange. Ils tissaient le coton et travaillaient les métaux (or, cuivre, argent, jade) pour créer des bijoux et des parures.
Leur société était divisée en classes, et les villes étaient dirigées par des souverains héréditaires. Ils adoraient plusieurs dieux, liés à la nature (le Soleil, la Pluie, la Lune, le Maïs, etc.). Leurs prisonniers de guerre étaient sacrifiés ou réduits en esclavage.

La civilisation inca connut son apogée au 15e siècle. Les Incas ne connaissaient ni l’écriture, ni le fer, ni la roue, mais ils régnaient sur un véritable état monarchique qui s’étendait le long de la cordillère des Andes. L’empire était très structuré et bureaucratisé, et leur société fut l’une des mieux organisées et des plus disciplinées qui aient jamais existé. Les Incas vouaient un culte au Soleil. À travers tout l’empire, des temples lui étaient consacrés. L’empereur, appelé « Inca », était considéré comme le fils du Soleil.

Les Aztèques se donnaient eux-mêmes le nom de « Mexica ». Le terme « Aztèques » n’a été popularisé qu’à partir du 17e siècle. Les Aztèques fondèrent leur capitale Tenochtitlan en 1325, à l’emplacement de l’actuelle Mexico. La légende raconte qu’ils bâtirent leur cité à l’endroit où se tenait un aigle perché sur un cactus et qui mangeait un serpent. Cet aigle est représenté sur le drapeau mexicain.

À partir de leur capitale, ils érigèrent un vaste empire en conquérant les terres voisines et en concluant des alliances militaires avec d’autres cités. Leur société était divisée en classes. L’esclavage existait, et certains esclaves capturés à la guerre étaient destinés à être sacrifiés. L’empereur était choisi par un grand conseil.

Les Aztèques connaissaient l’écriture, savaient fabriquer le papier, et pratiquaient l’astronomie. Le commerce était très développé dans l’empire, et la capitale abritait d’immenses marchés.

Les Aztèques et les Mayas vénéraient le Soleil, la Pluie, la Lune et de nombreux autres dieux. Ils croyaient avoir été créés par le dieu « Serpent à plumes », appelé Quetzalcoatl par les Aztèques, qui descendit dans le monde souterrain des morts et arrosa de son propre sang les os des ancêtres pour leur redonner vie.

Sacrifices & civilisations précolombiennes

Ils offraient à leurs dieux des sacrifices humains, et à chaque divinité correspondait un rite particulier : des sacrifiés avaient le coeur arraché pour que le Soleil se lève chaque matin, des enfants étaient noyés pour que les pluies soient abondantes. Tout un programme.

Le deuxième mois du calendrier aztèque était appelé Tlacaxipehualiztli, « écorchement des hommes ». Tout un programme. Pendant ce mois, des victimes étaient égorgées ou décapitées, puis écorchées en l’honneur du dieu Xipe Totec, « notre seigneur l’écorché », dieu du renouveau de la végétation. Les peaux étaient portées par les prêtres pendant les rituels de fertilité qui suivaient les sacrifices. Les crânes des victimes étaient exposés par centaines.

Les sacrifices avaient lieu également dans les grandes occasions, comme la rénovation du grand temple aztèque de Tenochtitlan (fin du 15e siècle) à l’occasion de laquelle plusieurs centaines de personnes furent sacrifiées. Des jeux étaient parfois mêlés aux sacrifices, comme le jeu de balle maya, qui se terminait par la… décapitation du vaincu ou du vainqueur.

Les victimes des sacrifices étaient la plupart du temps des prisonniers de guerre, mais elles pouvaient aussi faire partie de la population et être consentantes. Parce que oui, la croyance voulait que les sacrifiés soient promis à un destin enviable. Les sacrifices nécessitaient constamment de nouvelles victimes, obligeant les Aztèques et les Mayas à partir en expéditions pour faire des prisonniers de guerre.

Le cannibalisme était une pratique courante chez les Aztèques, qui mangeaient parfois leurs ennemis, ainsi que les victimes sacrifiées. Bon appétit.

Les Incas pratiquaient également les sacrifices humains, mais uniquement lors de grands troubles tels que les maladies ou les catastrophes naturelles pour apaiser les dieux. Aujourd’hui, avec la COVID, ce ne serait pas forcément une très bonne idée… Ainsi, à l’époque Inca, lors des tremblements de terre, des enfants étaient enterrés vivants.

Fin de l’histoire

Comment quelques centaines d’Espagnols ont-ils pu anéantir plusieurs millions d’Indiens ? Les Indiens n’opposèrent que très peu de résistance aux conquistadores, qu’ils considéraient comme des êtres surhumains. Les armes à feu, les armures et les chevaux donnèrent un avantage décisif aux Espagnols.

Les soldats espagnols, sous les ordres d’Hernán Cortés (1485-1547), triomphèrent en trois ans (1519-1521) des Aztèques et de leurs chefs : Moctezuma II et Cuauhtémoc. Cortés n’avait que 600 hommes, mais il fut aidé par des peuples qui voulaient se libérer de la domination aztèque (les Totonaques, les Tlaxcaltèques, les Otomis).

Les Incas furent vaincus par Francisco Pizarro (1475-1541) et ses conquistadores en 1532-1533. Les Espagnols étaient moins de 200, alors que les Inca étaient plusieurs… millions. Cette victoire fut possible car l’empire inca était affaibli par une lutte qui opposait depuis 1529 les deux frères Huáscar et Atahualpa, tous deux prétendants au pouvoir impérial. La guerre, les maladies apportées d’Europe et les travaux forcés imposés par les Espagnols décimèrent la plupart des Incas en moins de 200 ans.

À l’arrivée des Conquistadores, les grandes cités mayas n’existaient plus depuis longtemps. Les Mayas vivaient dans des petits villages, et les dernières poches de résistance ne tombèrent qu’à la fin du 17e siècle.

Aujourd’hui, les descendants des Mayas vivent au Mexique, au Guatemala, au Belize, au Honduras et au Salvador. Les descendants des Incas vivent en Équateur, au Pérou et en Bolivie. Les descendants des Aztèques vivent au Mexique.


Kuzco, le Disney Inca téméraire

Si vous cherchez ces jours d’hiver un bon film d’animation qui se déroule à l’époque Inca à voir avec vos enfants, il y a Kuzco, un Disney trop peu connu et sorti en 2000.

Kuzco se déroule donc en Amérique latine, dans un pays imaginaire que les Conquistadores n’ont pas encore foulé. Le film raconte l’histoire de Kuzco, donc, un empereur imbu de lui-même qui se prend pour «l’alpha et l’oméga des Incas» et menace de détruire la maison d’un paisible villageois pour se construire un palais d’été.

Mais son plan est remis aux calendes grecques lorsqu’une ignoble vieille folle, Ysma, décide de l’empoisonner pour lui voler son trône. Pas de chance pour Ysma, son sbire, imbécile heureux comme la majorité des personnages du film, mélange les potions : au lieu d’assassiner Kuzco, il le transforme en, wait for it … lama des Andes. Perdu dans la nature, Kuzco découvre alors la mansuétude en collaborant avec le paysan qu’il souhaitait exproprier.

Mais il ne gagne pas pour autant en humilité. L’habileté du récit consiste en effet à faire de Kuzco, monstre d’égocentrisme, le narrateur central. «Il était une fois au cœur de la jungle», dit d’abord le film avant de s’ouvrir sur l’image d’un lama triste et détrempé par un orage. Voix off : «Vous voyez ce lama. Avant, c’était un être humain. Et voici son histoire, ou plutôt mon histoire puisque ce lama, c’est moi. Savez-vous ce que nous allons faire ? On va remonter dans le temps.» Zap. L’image montre à présent un bébé : «Oh lala! Nous sommes peut-être remontés un peu trop loin!» Re-zap sur Kuzco à l’âge de 18 ans. Le film peut commencer.

La voix off de Kuzco, indice d’un récit à la première personne, exerce une véritable influence sur le récit et ne se prive pas de le perturber. Le film s’attarde sur un personnage secondaire ? La voix de Kuzco ramène les caméras sur lui. Le scénario s’égare dans le village menacé ? Kuzco met le film en pause, image arrêtée, et hurle en bande son : «Excusez! C’est MON histoire, oui ou non ?» Et Kuzco n’est pas le seul, parmi les personnages, à soudain commenter les choix de narration, à dire tout haut que telle ou telle scène ne convient pas ou à s’extasier sur les heureux hasards du script.

Ces «notes en bas de page» décortiquent, à l’usage des petits et pour le plaisir amusé des plus grands, la construction du film. Elles montrent, aussi, les ressorts inépuisables de l’art cinématographique. Les amateurs de dessin animé rétorqueront que Disney ose enfin abandonner son idéologie bêtifiante pour des audaces dont Tex Avery posa toutes les bases il y a quatre vingt ans.

Un film insolite, iconoclaste, téméraire, qui n’a pas peur de briser le quatrième mur. Kuzco a ensuite été doté d’une suite et d’une série animée, décevantes toutes les deux. Elles ne sont jamais parvenues à se hisser à la hauteur de leur alpha.

Place maintenant à Tawantinsuyu, Teotihuacan et Tzolk’in, 3 gros jeux de plateau plus ou moins récents qui nous permettent de nous plonger dans ces civilisations précolombiennes.


Tawantinsuyu : L’Empire Inca

Dans Tawantinsuyu : L’Empire Inca on joue dans la civilisation Inca, donc. Et comme souvent, dans la plupart des civilisations précolombiennes qui prospérèrent sur les reliefs Andins, les temples sont constitués d’étages, tout le sel du jeu.

Les règles de Tawantinsuyu : L’Empire Inca sont on ne peut plus simples : on pose l’un de ses ouvriers / assistants / citoyen sur l’un des étages du temple, pour activer une ou plusieurs actions adjacentes, soit on effectue deux actions différentes, comme piocher des cartes ou déplacer son Grand Prêtre au sommet du temple pour effectuer une autre action. Presque un party-game tellement les règles sont simples.

Minute, papillon Inca !

Si les règles de base sont fluides, c’est après que ça se gâte. Comment poser un ouvrier, lequel, où, à quel étage, dans quelle section, pour combien d’actions, et lesquelles. Beaucoup de questions qui nécessitent une aide de jeu par personne aussi complète que dense et touffue, fournie avec le jeu.

Jouer à Tawantinsuyu : L’Empire Inca fait un peu penser au Cul-de-Chouette de Kaamelott ou au kakamou, kakamou, kakamoulox de Kad&O. Fais ceci ainsi mais pas comme cela pour ceci mais pas ça et après tu peux et ensuite… Kamoulox !

Car si les règles sont « fluides » et (paraissent) évidentes, en réalité dans le jeu tout est alambiqué et surtout, bourré de pictos qu’il faudra bien 4-5 tours / parties pour être capable de les repérer et comprendre. Avec tellement d’exceptions et de micro-règles, on finit un peu par jouer « au petit bonheur la chance », trial and error, on essaie un truc, un bidule, et on espère que ça passe.

Tawantinsuyu : L’Empire Inca est un jeu qui s’apprivoise avec persévérance, ou qui s’évite. Il n’y a pas de juste milieu. Vous cherchez un jeu riche et profond bourré de possibilités ? Ne cherchez plus.

Tawantinsuyu : L’Empire Inca, Verdict

Pas mal du tout !

Un très gros jeu ardu et aride, aux règles de base simples mais aux multiples exceptions et pictos. Un jeu qui s’apprivoise ou qui s’évite.

Note : 3.5 sur 5.

Tawantinsuyu : L’Empire Inca, sorti en décembre 2020 chez Pixie Games pour la VF, créé par Dávid Turczi, 1-4 (optimum: 1-2. À plus, le jeu ralentit), dès 14 ans (pas moins), pour des parties de 90-120′. Prix constaté : 45 euros.

➡️ Vous pouvez trouver Tawantinsuyu : L’Empire Inca chez Philibert ici

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Teotihuacan : La Cité des Dieux

Teotihuacan, appelée la cité des Dieux, est la plus célèbre cité précolombienne. Son nom désigne aussi la civilisation dont elle fut le berceau. Ses ruines sont situées à environ 40 kilomètres au nord-est de Mexico.
La cité connut son apogée entre 150 et 450 après Jésus-Christ. Elle abritait une population de plus de 150’000 habitants. Elle fut abandonnée au 7e siècle, peut-être suite à une révolte de la population contre la classe dirigeante.

La civilisation Teotihuacan était très proche de la culture maya et influença fortement les peuples qui sont apparus plus tard au Mexique, tels que les Aztèques.

Grâce aux fouilles archéologiques menées à Teotihuacan, on a pu découvrir un site peuplé de pyramides, dans laquelle ces fouilles ont pu découvrir de nombreuses reliques, notamment beaucoup de masques. Masques que l’on retrouve d’ailleurs dans le jeu de plateau.

Mais soyons lucides. Dans ce (très) gros jeu de plateau, le thème n’est qu’une excuse. Il ne tient que sur quelques lignes, et c’est tout ! Pas de quoi vivre une aventure intense, épique au royaume des Aztecs. D’autant que les ouvriers de l’époque sont représentés par des… dés. Pour l’immersion, on repassera

Oubliez Esteban et Zia… 

Dans le jeu Teotihuacan : La Cité des Dieux, le tour de jeu est « simple ». On a le choix entre soit reprendre tous ses dés disposés sur le gargantuesque plateau, soit utiliser l’un d’eux déjà posé et le déplacer d’une, deux ou trois cases « action » pour l’activer. C’est tout. Facile !

Minute, papillon Aztèque.

Si la mécanique de base est simple, c’est après que ça se gâte. Lorsqu’on débarque son dé / ouvrier sur la case, on a alors plusieurs possibilités d’activation : faire ceci, ou cela, comme ceci, ou comme cela. Ce qui entraône alors beaucoup de choix cruciaux et douloureux. Quel dé déplacer ? Où ? Pour y faire quoi ensuite ? Attendez-vous à essuyer une grosse, grosse tempête dans votre crâne ! Teotihuacan : La Cité des Dieux n’est pas un jeu grand public. Comme tous les jeux de cette sélection aujourd’hui, il faut le réserver à un public exigeant, prêt à s’investir dans un jeu complexe et profond.

Et ça commence par les règles, longues et touffues. Comptez une solide heure de lecture, suivie par une deuxième pour assimiler les 24 pages de règles extrêmement denses et espérer ainsi saisir toutes les subtilités du jeu. Et exceptions, surtout. Car selon les cases, tout change. Si toutes les cases d’actions semblent évidentes, elles recèlent toute leur lot d’exceptions. Ca pique ! Sans compter les 600’000 tuiles objectifs qui changent à chaque partie et qu’il faudra bien expliciter à un moment ou à un autre. L’explication des règles peut s’avérer longue et fastidieuse. Si la mécanique de base est simple, déplacer un dé et activer une case, chaque case présentera son lot de spécificité qui viendront compliquer et alourdir le tout. En design, on dit souvent « less, is more ». Ici, c’est exactement le contraire !

Côté matériel, tout est… comment dire… laid. Voilà.

Alors bien sûr, « beauty is in the eye of the beholder », mais quand même.

Teotihuacan : La Cité des Dieux n’avait pas tellement la possibilité de faire autrement, puisque le jeu a essayé de privilégier l’ergonomie et les pictogrammes. L’esthétique du jeu en pâtit. Les couleurs, les « illustrations » sont ternes et plates. Une fois le jeu et son plateau déployés, on est pris d’une irrésistible envie de tout envoyer balader.

Côte mise en place, là aussi, on n’est pas gâté ! La mise en place est aussi longue que fastidieuse, comptez bien 15-20′ d’installation. C’est loooooong. A la lecture des règles et de la mise en place, on a presque l’impression de préparer une partie de cul-de-chouette…

Bon au final, Teotihuacan : La Cité des Dieux, c’est bien, ou c’est pas bien ?

Oui, c’est bien. Encore faut-il être prêt à vouloir s’investir dans un tel gros jeu. Mais le jeu n’est pas à mettre entre toutes les mains

Vous aimez les jeux profonds, complexes, aux multiples stratégies possibles avec des points de tous les côtés ? Teotihuacan est pour vous. Les joueurs et joueuses à la recherche d’un jeu exigeant, profond se régaleront.

Chez nous, Teotihuacan : La Cité des Dieux était à la limite de l’indigestion. Comme une meringue à la double crème de Gruyère (suisse) après une fondue. Vous avez déjà les dents du fond qui baignent, mais qu’est-ce que c’est bon. Pareil pour Teotihuacan.

Teotihuacan : La Cité des Dieux, Verdict

Très bon !

Un très gros jeu copieux, à sortir en même temps qu’une boîte d’aspirine !

Note : 4 sur 5.

Teotihuacan : La Cité des Dieux, sorti en novembre 2018 chez Pixie Games pour la VF, créé par Daniele Tascini et Dávid Turczi uniquement pour la version solo, 1-4 (optimum: 1 et 4), dès 12 ans (vu la complexité du bouzin, comptez plutôt dès 141618-37 ans), pour des parties de 90-120′. Prix constaté : 45 euros.

➡️ Vous pouvez consulter les règles du jeu en français ici. Bonne chance.

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Tzolk’in : Le Calendrier Maya

Tzolk’in : Le Calendrier Maya, est paru pour la toute première fois à en octobre 2012, publié par Czech Games Edition (Dungeon Lords, Galaxy Trucker) et Iello, et créé par Simone Luciani et Daniele Tascini, deux auteurs italiens plutôt réputés sur le marché du jeu de société pour leurs gros jeux. Daniele Tascini a également créé le jeu précédent, Teotihuacan : La Cité des Dieux. Ce jeu vient tout juste d’être réédité en 2020.

Dans Tzolk’in : Le Calendrier Maya, on incarne des Mayas On récolte des ressources, on construit des bâtiments, et évidemment, puisqu’on est des Mayas, on sacrifie à tire-larigot dans la joie et la bonne humeur.

Et comme les deux précédents jeux, disons le franchement, le thème est un peu contre-plaqué. Oui, tout est bien intégré, mais au final, c’est la course aux ressources, à la nourriture, aux points de victoire, donc on oublie qu’on joue chez les Mayas et le thème se fait vite oublier.

Côté matériel, Tzolk’in : Le Calendrier Maya est non seulement somptueux, les illustrations sur le plateau par exemple, mais également hallucinant : les crânes qui représentent les sacrifices, en plastique bleu, sont superbes, et ce sont surtout les roues qui surprennent.

Le plateau est en effet serti de 6 roues dentées & tournantes, censées symboliser le calendrier maya. Avec un tél « déluge » d’artifices esthétiques, on en viendrait presque à regretter la « platitude » de ses pions ouvriers, de simples cylindres en bois, ou les ressources, des cubes.

Tzolk’in : Le Calendrier Maya est un jeu de placement d’ouvriers, tout « simplement ».

A son tour, on a deux possibilités, soit on place un ou plusieurs de ses ouvriers sur une ou plusieurs roues, en payant un certain coût qui deviendra de plus en plus élevé selon le nombre de ses ouvriers, soit on en récupère certains ou tous dans n’importe quel ordre, ce qui confère ainsi ressources et/ou actions. Les ressources permettront de payer ou d’acheter des cartes. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Minute, papillon Maya !

Car tout l’épice du jeu réside dans ce mécanisme de roues qui avancent d’un cran à la fin de chaque tour et qui donnent des avantages de plus en plus intéressants. Plus un de ses ouvriers reste en place et plus il ramènera de ressources ou de bonus. Sachant également que si un ouvrier arrive en « fin de roue », il est alors aussitôt sorti. Il faudra donc planifier toutes ses actions, faire preuve de grande stratégie pour remporter des points.

Si la mécanique principale est la pose d’ouvriers, le jeu fourmille de bonus et de mini-systèmes divers qui rendent le jeu riche et complexe : on score en étant placé sur des temples, on score avec ses bâtiments, on reçoit des bonus en fonction de ses avancées technologiques, etc. Encore une fois, Tzolk’in : Le Calendrier Maya est d’une richesse impressionnante. Certainement trop si vous cherchez une expérience ludique rapide, simple et fulgurante.

De toute cette sélection de 3 gros jeu de plateau dans le thème précolombien, Tzolk’in : Le Calendrier Maya est sans conteste le meilleur. Exigeant, profond, complexe, bourré de bonus divers et de cas spéciaux comme les deux autres, il n’en reste plus fluide et surtout, plus dynamique, grâce à sa mécanique de roue.

Et comme les deux autres propositions, Tzolk’in : Le Calendrier Maya est comme toujours réservé à un public averti, « core gamers » comme on dit « dans le milieu ».

Tzolk’in : Le Calendrier Maya, Verdict

Grandiose !

Un très gros jeu, passionnant, dynamique et intense, dont la réédition de 2020 était nécessaire.

Note : 5 sur 5.

Tzolk’in : Le Calendrier Maya, sorti en juin 2020 chez IELLO pour la VF, créé par Daniele Tascini et Simone Luciani, 2-4 (tourne bien à toutes les configuration), dès 10 ans (faut pas pousser grand-mère dans le puit sacrificiel maya. Disons plutôt 14 ans, et on reste amis), pour des parties de 90-120′. Prix constaté : 40 euros.

➡️ Vous pouvez consulter les règles du jeu en français ici.

➡️ Vous pouvez trouver Tzolk’in : Le Calendrier Maya chez Philibert ici

Et d’autres jeux sur les civilisations précolombiennes

Évidemment, il n’y a pas que ces trois titres plus ou moins récents. Il y en d’autres. Dont la trilogie très connue de Kramer & Kiesling : Tikal (fouilles Maya), Cuzco (la réédition de Java, découverte du peuple inca et du Macchu Picchu) et Mexica (construction de la ville aztèque Tenochtitlan), tous trois sortis chez Super Meeple.

Mais également Mezo, un jeu de contrôle de territoire avec des figurines de ouf dans la mythologie maya.

Et encore une toute dernière chose

Connaissez-vous l’origine du chocolat ? En tant que Suisses, dans nos veines coule un tiers de fromage fondu, un tiers d’hémoglobine et un tiers de chocolat fondu. C’est pratique en cas de transfusion nécessaire. On trouve toujours un truc à réchauffer en cuisine. Et non, le chocolat n’est pas originaire de notre pays mais des civilisations précolombiennes !


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