Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Atlantes VS Catalyst, deux jeux de société qui foncent et défilent

Temps de lecture: 5 minutes

Découvrez Atlantes et Catalyst, deux jeux de société récents qui foncent et défilent et qui partagent des mécaniques de jeu semblables.


En cette rentrée ludique 2020 bien chargée, même sans Essen IRL mais en version digitale, COVID oblige, les nouveautés sont nombreuses. En voici deux, Atlantes et Catalyst, à la sortie rapprochée et qui tous deux proposent une mécanique très proche : un choix de cartes qui défile.

Les deux titres partagent en effet des caractéristiques communes : un chouilla de deck-building, un soupçon d’engine-building. On place une suite de cartes sur le plateau, et on passe ensuite sa partie à se servir dans cette sélection pour développer son jeu et gagner des points de victoire en fin de partie.

Comme le dit l’adage, comparaison n’est pas raison. L’idée n’est pas ici de comparer ces deux titres, pourtant différents, mais de les chroniquer. Ceci nous permet ainsi de mieux les disséquer pour comprendre ce qui fonctionne dans l’un et moins dans l’autre.

Bonne lecture !


Catalyst

Commençons par le jeu qui fonctionne le moins bien des deux. Dans Catalyst, il est question d’engager des individus prodigieux en plein thème post-apo appelés les Catalyst capables d’exploiter une nouvelle forme d’énergie et développer des lieux, des bâtiments. On nage en plein post-apo steampunk, avec un thème qui tient en quelques phrases à peine. C’est léger.

Catalyst est un petit jeu qui tient dans une petite boîte et qui propose un petit matériel : à peine une centaine de grosses cartes, quelques jetons, et un mini-plateau à assembler pour y faire défiler les cartes, le coeur du jeu.

En effet, il doit toujours y en avoir 5 sur le mini-plateau. 5 emplacements aux coûts différents. Plus le plateau se vide et plus on fait défiler les cartes et moins elles coûtent. Comme les cartes ont chacune un coût d’achat, selon leur position sur le plateau, ce coût de base peut être majoré ou réduit. Ce qui poussent parfois à attendre que pour obtenir des réductions sur l’achat des cartes. Et à quoi vont servir ces cartes achetées ? À les activer pour obtenir une ou plusieurs actions : acheter un bâtiment, prendre un jeton ou un autre truc et bidule. Une fois utilisée, la carte ne sert plus jusqu’à la fin de la partie. On la comptabilise enfin pour ses points de victoire.

Catalyst est un jeu de combo : cette carte pour cet effet pour cette action, en mode Engine-Building, puisque les bâtiments obtenus, eux, restent jusqu’à la fin de partie et qu’ils confèrent eux aussi des actions.

Les règles sont plutôt denses, et il faut un moment pour saisir tous les pictos, toutes les possibilités. Pour un petit jeu au petit format, Catalyst réserve bien des surprises en terme de profondeur et de possibilités stratégiques.

Mais.

Parce qu’il y a un gros mais. Comme on passe son temps à acheter des cartes, elles défilent à vitesse grand V. Autant dire qu’il est impossible de préparer ses tours. Avec Catalyst, on est dans un pur jeu tactique, opportuniste. OK, pourquoi pas, cela demande de l’agilité, de la rapidité d’esprit. Mais à force, c’est éreintant.

On a plus l’impression de subir le jeu que de l’apprécier. Au bout d’un moment, on se demande bien si cela vaut vraiment la peine de réfléchir à quelle carte, quelle action choisir, puisque tout fonce, tout défile à grande vitesse. On a aucune prise sur le jeu, ou très peu, et au final, très peu de plaisir à y jouer.

Cette mécanique de « marché » de cartes disponibles se retrouve dans de très nombreux jeux, dont Ticket to Ride bien sûr. Mais si dans le grand classique de 2004 on saute sur toutes les cartes qui bougent, sur ce qu’il y a de disponible, au petit bonheur la chance du tirage, Ticket to Ride est suffisamment fluide et fun pour offrir une expérience de jeu plaisante et familiale. Des éléments que l’on ne retrouve pas du tout dans Catalyst.

Catalyst est l’incarnation-même de tout ce qui coince avec pareille mécanique. Trop tactique, trop opportuniste, peu consistant. Au final, peu plaisant !

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Très, trop tactique. Très, trop opportuniste. On joue au petit bonheur la chance des cartes dispo. Une expérience de jeu creuse et peu plaisante

❌ Un thème cucul, ni cohérent, ni consistant : des personnages, des bâtiments, une énergie… Voilà

❌ Des règles denses et peu didactiques : un point de règle par-ci, un autre par-là. Fouillis !

❌ Un jeu qui ne marquera pas les esprits et qui sera vite oublié dans 1d4 semaines

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ De superbes illustrations

✅ Un thème steampunk (mais pas du tout exploité)

Petite boîte, super thermo, petit format

✅ Un jeu plus profond que la taille de la boîte pourrait laisser penser

Verdict :

Bof bof !

Note : 2 sur 5.

Catalyst, sorti en septembre 2020 chez Atalia pour la VF, créé par Permar Rodaser, pour 2-4, dès 10 ans, pour des parties de 20-40′. Prix constaté : 25 euros.

Vous pouvez trouver Catalyst ici chez Philibert.

Et également chez Magic Bazar.


Atlantes

Parlons maintenant du meilleur titre des deux. Si Catalyst ne nous a pas du tout, mais alors pas du tout convaincus à la rédaction, c’est tout le contraire pour Atlantes. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance, puisque les deux jeux partagent plusieurs mécaniques similaires : un « marché » de cartes qui défilent, des cartes à usage unique et qui rejoignent une pile personnelle de points de victoire, combos et Engine-Building.

Mais.

Autant Catalyst ne propose aucune prise et emprise sur le jeu, autant dans Atlantes, on évolue dans un tout autre registre avec un jeu équilibré, développé et fin.

Commençons par parler du thème, proche de celui d’Abyss le jeu de plateau et d’Aquaman, le personnage DC Comics.

Un royaume sous-marin, des personnages, des lieux, des mantas (en « vrai » dans le jeu). Grâce à de somptueuses illustrations, un superbe matériel (les mantas, encore une fois) et une mécanique de profondeur à gérer, on s’y croirait presque, même si dans Atlantes, les mécanismes de jeu sont mis en avant, et non le contraire.

Comme dans Catalyst, c’est bien pour cette raison que l’on met aujourd’hui ces deux jeux côte à côte, on place un « marché » de cartes à disposition de tout le monde, six cartes lieux ainsi que six cartes personnages. Ces cartes défilent et foncent à mesure que le jeu avance. Tactique et opportunisme sont de mise, mais pas que.

Une fois achetées, les cartes lieux peuvent être exploitées pour leurs avantages, selon leur position, leur profondeur. Une fois un avantage utilisé, la carte avance, plonge, mettant ainsi le prochain avantage à disposition. Hyper malin. Et hormis des objectifs principaux, en mode course, on remporte des points pour ses cartes Lieux, pour autant qu’on les ait mises de côtés, exactement comme dans Catalyst !

Ce qui coinçait dans le jeu précédent, le manque d’emprise, la vilaine impression de le subir, est absent d’Atlantes. Grâce à cette mécanique d’avantages et de « profondeur », on peut créer des combos décoiffants en mode Engine-Building. Le tout arrosé de deck-building avec des cartes personnages de départ de base et la possibilité d’améliorer, d’enrichir sa main avec de nouvelles cartes.

Atlantes est un très, très bon jeu, avec une interaction en mode course : je réussis un objectif en premier, je prends cette carte-ci avant, et des mécaniques qui oscillent entre tactique et stratégie. Un jeu riche et profond (c’est le cas de le dire).

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Très, trop tactique, avec des cartes qui défilent. Difficile de planifier quoi que ce soit

❌ Un thème sympa, mais au final peu immersif (même si le jeu se déroule sous… l’eau)

❌ Des règles mal structurées et peu didactiques, qui demandent de faire des aller et retours constants pour tout comprendre. Non, décidément, écrire une bonne règle de jeu n’est pas un exercice aisé !

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ De somptueuses illustrations

✅ Un matos de ouf (les mantas, encore une fois !)

Tactique et stratégie sont sur un bateau

✅ La mécanique de « profondeur » des cartes Lieux. Original et intense

✅ Un jeu Familial++ (ce qui ne veut pas dire grand chose). Ni familial, ni trop complexe (coucou Tekhenu), juste le bon milieu, la bonne difficulté pour plaire à un public initié mais pas près de s’investir dans un plus gros jeu

✅ Une très bonne surprise de cette rentrée ludique 2020

Verdict :

Très bon !

Note : 4 sur 5.

Atlantes, sorti en septembre 2020 chez Gigamic, créé par Ivan Tuzovsky, pour 1-4, dès 14 ans, pour des parties de 60′. Prix constaté : 40 euros.

Vous pouvez trouver Atlantes ici chez Philibert.

Et également chez Magic Bazar.

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