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Le Jeu Du Jour : Holmes, Sherlock Contre Moriarty

Temps de lecture: 5 minutes

Holmes, Sherlock contre Moriarty, de quoi ça parle ?

Tout est dans le titre, de Sherlock Holmes contre Moriarty. Dans ce petit jeu de cartes à deux uniquement, on passe sa partie à récolter des indices, des cartes, en réalité, le but étant d’avoir la majorité par famille.

Ne vous attendez pas à vivre une enquête immersive et narrative à la Sherlock Holmes Détective Conseil (hello les Baker Street Boys, la toute nouvelle boîte sortie en 2020 !). On est ici face à un pur jeu mécanique.

Si l’on retrouve les personnages emblématiques de la saga littéraire de Conan Doyle : Irene Adler, Wiggins, Mrs Hudson, Moriarty, ils sont tous là pour nous faire piocher des cartes Indices ou des jetons Loupe.

Un 2 sur 5 sur l’ITHEM.

Et comment on joue ?

Holmes, Sherlock contre Moriarty est donc un jeu à deux uniquement de placement d’ouvriers d’enquêteurs, de collection de cartes et de majorité.

À son tour, on place l’une de ses trois figurines sur l’un des personnages disponibles. Certains le sont dès le départ du jeu, d’autres sont tirés manche après manche. Chacun de ces personnages offre une action spécifique : piocher un certain nombre de cartes, en défausser d’autres, obtenir des jetons Loupe.

Ces jetons représentent la monnaie, la ressource du jeu. Ils servent à « payer », à activer les pouvoirs des personnages. Sans eux, on ne peut rien faire. Et bien sûr, on n’en a jamais assez pour tout faire. Pour jouer heureux, vivons frustrés…

Tout le cœur du jeu repose dans les cartes que l’on passe sa partie à piocher. À la Ticket to Ride, quatre sont visibles, que l’on remplace au fur et à mesure qu’on les pioche, et d’autres sont cachées en un tas. Parviendrez-vous à obtenir plus de cartes d’une certaine famille que votre partenaire de jeu avant la fin ?

Des règles simples, évidentes et fluides.

Et c’est… tout ?

Non, sinon nous ne recommanderions pas le jeu.

Alors oui, Holmes, Sherlock contre Moriarty est un bête jeu de collection et de majorité de cartes. On en a déjà vus des centaines dans le même genre.

Sauf que Holmes, Sherlock contre Moriarty parvient à proposer quelques règles extrêmement subtiles :

Les personnages

Quand deux pions ont été placés sur un personnage, hormis les trois de départ, ceux « de base », ce personnage est retourné et devient HS pour le tour prochain.

Mais ce n’est pas tout. Les deux pions qui y ont été placés sont eux aussi HS pour un tour. Ce qui implique qu’on jouera moins au tour suivant. Une mécanique maline et taquine qui peut ralentir et bloquer l’autre.

Le décompte final

Par famille de cartes, si on dispose de la majorité, on gagne autant de points que la valeur de la carte, moins le nombre de cartes que l’autre détient. Autrement dit, plus on a de cartes, plus on s’assure la majorité. Et donc les points correspondant à la valeur de la famille, sachant que ces valeurs, ces familles vont de 3 à 9. Une majorité de 9, cooooool. Mais si l’autre en a 3 ou 4, on soustrait son 9 à ces cartes. Donc on ne reçoit au final que 5-6 points. Bof bof.

Selon les parties, se battre pour les majorités en accumulant beaucoup de cartes de la même famille de part et d’autre de la table n’est pas toujours lucratif. Parfois, des familles à faible valeur finissent par rapporter plus de points parce que moins combattues. Et ça, c’est une mécanique de scoring extrêmement subtile et originale !

Les personnages qui « débarquent »

Hormis les trois personnages de départ, à chaque manche on en pioche un nouveau. Et il faut préciser que tous les personnages ne sortent pas à chaque partie. Et surtout, d’une partie à l’autre, pas au même moment. Ce qui confère une énorme variété au jeu.

Les cartes cachées

Pendant la partie, on peut parfois prendre des cartes et les conserver face cachée tout au long de la partie, jusqu’au moment du décompte. Ces cartes vont alors modifier les majorités. Une mécanique qui vient rajouter une part non négligeable de bluff.

Et comment on gagne ?

Après sept manches, on procède au décompte final, qui peut prendre quelques minutes.

On retourne les cartes cachées, qu’on rajoute à ses familles déjà posées.

Puis, comme vu plus haut, famille après famille, on regarde qui détient la majorité, et on soustrait le nombre de cartes de l’autre. On gagne autant de points que la valeur de la famille moins ce nombre. Chanmé !

Il y a encore une famille de cartes spéciale. Plus on en a, et plus on gagne de points. Mais on en perd aussi si on n’en qu’une seule. Chanmé, aussi.

À cela, on soustrait encore un point par joker utilisé.

Les jetons Indice encore en main à la fin de la partie permettent de casser les égalités.

Un décompte de points somme tout évident et clair, qui demande de bien observer les cartes accumulées par l’autre tout au long de la partie.

Interaction ?

Sur l’IGUS, l’échelle de mesure de l’interaction dans les jeux, Holmes, Sherlock contre Moriarty atteint un 2/5.

Pourquoi ?

Parce que dans Holmes, Sherlock contre Moriarty, on ne peut s’en prendre directement à l’autre.

Sauf avec le personnage d’Irene Adler, pour autant qu’il soit disponible, qu’on l’utilise et qu’on décide de jouer avec. Les règles fournissent un avertissement : cette carte, ce personnage est… chanmé, on peut s’en passer. Mais selon quand il est utilisé, ce personnage peut coûter cher. On défausse autant de jetons Loupe que la manche en cours.

Autrement dit, plus tôt il est joué et moins il coûte, mais moins il s’avère intéressant, car les majorités fluctuent au cours du jeu et de ses sept manches. Et vice versa. Autrement dit, la probabilité de jouer Irene Adler est faible. Sinon, tout le reste du jeu propose une interaction plutôt indirecte. On passe sa partie à se battre pour les majorités, pour ne pas laisser une carte à l’autre.

Holmes, Sherlock contre Moriarty, à combien y jouer ?

À deux, uniquement.

À partir de quel âge y jouer ?

Le jeu indique dès 10 ans. C’est une bonne estimation.

Alors, Holmes, Sherlock contre Moriarty, c’est bien ?

Oui, c’est vraiment bien.

Alors OK, soyons honnêtes, le jeu n’est pas la révélation du siècle. Très classique, placement, cartes, majorité, on passe certes un bon moment ludique, mais Holmes, Sherlock contre Moriarty ne marquera pas les esprits.

Et pourtant.

Nous lui avons apposé le sceau « Recommandé par Gus&Co », car même s’il est extrêmement classique, le jeu parvient à insuffler quelques mécaniques subtiles et suaves qui viennent sublimer une base banale.

🔴 Holmes, Sherlock contre Moriarty, score final :

Note : 4 sur 5.

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Un jeu très classique : collection de cartes, majorités

❌ La multitude de différents personnages dont il faut comprendre les diverses actions

❌ Les deux variantes, pas convaincantes, qui certes confèrent une certaine variété au jeu, mais qui le rendent aussi encore plus chaotique

❌ Très hasardeux, tactique et opportuniste

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ Les illustrations

✅ Les quelques mécaniques originales, subtiles et suaves

✅ Un très bon jeu à deux uniquement

✅ La mini-carte de résumé par personne pour présenter les pouvoirs des différents personnages, ce qui évite d’avoir le nez collé aux règles

✅ La variété des parties, puisque les personnages ne sortent pas tous, et pas tous au même moment

✅ Un jeu court, fluide, dynamique, tendu

✅ Encore un très bon titre d’un jeu à deux chez IELLO, comme déjà l’excellentissme Targui, ressorti il y a exactement deux ans aujourd’hui.

✅ Retrouver Sherlock (même si le jeu n’est pas narratif)

✅ Vouloir enchaîner les parties

✅ Un petit prix pour un bon petit jeu

✅ Un EcoScore au top !

Et encore une chose

Vous pouvez trouver Holmes, Sherlock contre Moriarty chez Philibert ici.

Et également chez Magic Bazar ici.

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  • Auteur : Diego Ibanez
  • Illustrateur : Pedro Soto
  • Éditeur : IELLO pour la VF
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2, uniquement
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 30-45′ (bonne estimation)
  • Thème : Sherlock Holmes
  • Mécaniques principales : Placement d’ouvriers, collection, majorité

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