Nous avons comparé les Spiel des Jahres. Et voici ce que nous avons découvert

The carrot farmer's toolbox, Flickr, CC, by Vilseskogen
The carrot farmer’s toolbox, Flickr, CC, by Vilseskogen

Le Spiel des Jahres vient d’être attribué hier lundi 6 juillet à Colt Express. Un prix mérité.

Chaque année depuis 1979, le jury, composé de journalistes et critiques de jeux, doivent sélectionner LE meilleur jeu de l’année. Et depuis les années 2000, la production n’a cessé d’augmenter pour arriver à environ 2’000 titres annuels ces dernières années.

Nous avons voulu voir quelles étaient les tendances qui se dégageaient.

Y a-t-il un profil-type, un format optimal pour remporter le Spiel?

Un jeu qui reçoit la palme est assuré d’un tirage à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Ce n’est pas rien. Imaginez comme auteur de jeu toucher 2 euros par exemplaire vendu. Tout de suite ça fait réfléchir. Ou pour l’éditeur, qui touche 10 euros pièce.

Nous avons analysé les jeux qui ont remporté le Spiel ces 15 dernières années, plus celui de 2015. Y a-t-il des tendances? Quels sont les grands poncifs?

Nous avons décidé de nous arrêter aux années 2000 et de ne pas remonter plus loin parce que c’est vraiment à partir de cette année-là que les jeux de société ont connu un boom. Et plus particulièrement l’avènement des jeux de société qu’on appelle modernes. La concurrence est également devenue plus rude puisque la production a augmenté.

Alors, à quoi ressemblerait-il, ce jeu « parfait »?

Il devrait être plutôt pour 2 à 4 joueurs, dès 8 ans, et durer 30 minutes. Quelles mécaniques privilégier? La pose de tuiles. Pas très original, mais classique et efficace. Et le thème? Le Moyen-Age, une valeur sûre. Et j’oubliais, un jeu allemand a beaucoup plus de chance de gagner.

Evidemment, il ne s’agit ici que des grosses tendances constatées sur ces dernières années. Des moyennes. Car Colt Express, Spiel 2015, à part pour la durée de jeu, ne respecte aucun autre critère. France, 2 à 6, western, programmation. Non, aucune tendance générale.

Maintenant, si on rentre dans le détail et on ne s’intéresse qu’à ces toutes dernières années, pour observer les directions toutes récentes, disons depuis 2009, les profils sont fondamentalement chamboulés. A part les Aventuriers du Rail en 2004, avant 2009 les jeux allemands raflaient tout. Depuis 2009, le palmarès est beaucoup plus panaché: la France et les USA viennent jouer les trublions à plusieurs reprises. Le Spiel se diversifie.

Car le Spiel ne se veut pas chauvin et pure germanique, comme l’a dit Tom Felber, le porte-parole du Spiel lors de la conférence de presse d’hier matin lors de la remise du prix. Mouais. Avec 69% de jeux allemands, ça reste encore à discuter. On en reparlera dans 15 ans. Et hormis le triplé Allemagne-France-USA on n’a aucune autre origine.

Machi Koro aka Minivilles était nominé cette année. Le Japon aurait pu être couronné. Vu l’incroyable production ludique asiatique de ces dernières années, je ne prends pas trop de risque à leur prédire un Spiel dans un avenir plus ou moins proche.

Une valeur ne change toutefois pas, celle de la durée de jeu, qui varie toujours entre 30 et 45 minutes. Mais pourquoi trouve-t-on autant de jeux primés avec une telle durée? 30-45 minutes, cela voudra dire que:

1. Les règles s’assimilent vite. Et donc facilement. Gage d’un jeu grand public et familial.

2. Les parties courtes donnent envie d’y rejouer. Donc une durée de vie du jeu augmentée. Donc un crédit assuré pour le sérieux du prix.

3. Qu’il y a peu de chance qu’on s’y ennuie, qu’il n’y a pas de longueur.

Et dans le détail, le comparatif donne quoi? Pour réaliser cette étude, nous avons comparé les 16 derniers Spiel. Nous avons pris les âges, les durées, les mécaniques principales, les origines, les thèmes ainsi que le nombre de joueurs.

Voici les chiffres. Ou les graphiques, plutôt. Sur un comparatif de 16 jeux.

age

theme

 

origine

nombre

mecaniques

duree

Et vous, pensez-vous qu’il existe un profil-type de jeu « formaté Spiel »?

 

3 réflexions au sujet de « Nous avons comparé les Spiel des Jahres. Et voici ce que nous avons découvert »

  1. « A part les Aventuriers du Rail en 2004, avant 2009 les jeux allemands raflaient tout. »

    C’est vrai sur les 15 dernières années mais pas sur l’intégralité du SdJ.

    Effectivement de 86 à 2008 on a une immense domination allemande, depuis l’arrivée de W. Kramer (5 SdJ de 86 à 2000) jusqu’au sacre tardif de Knizia en passant par les années Teuber (4 SdJ de 88 à 95) avec peu d’exceptions : un néerlandais pour Um Reifenbreite, 1 Canadien (je crois, pour Villa Paletti) et Alan Moon qui a gagné 2 fois pour Elfenland et LADR.

    Avant 86, les jeux sont quasi tous d’auteurs américains, anglais ou italiens.

    Je trouve que ça représente bien les macros tendances de ce marché.

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  2. Pour info, le taux de marge est erroné parce que je suis convaincu que l’auteur ne touche pas 2 euros par jeu et que l’éditeur ne touche pas 10 euros. Si COLT EXPRESS est vendu 30 Euros TTC, les boutiques vont l’acheter 15 Euros HT et le distributeur 10,50 Euros HT (et en fait plutôt moins). Pour gagner 10 Euros par jeu pour l’éditeur, il faudrait que le coût de fabrication + coût d’illustration + droits d’auteurs soit de 0,50 Euros….

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Matt pour la précision. Ça dépend des jeux bien sûr. Hanabi (spécial dédicace) ne rapporte évidemment pas 10 euros pour l’éditeur ;-). Mais certains jeux sont plus chers que d’autres. Et donc rapportent plus.

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