Archives de Tag: Resident Evil deck building

2012, la déferlante zombies

Standard

Comme nous l’avions annoncé à l’époque, 2011 a vu une déferlante de jeux de science-fiction, le nombre de sorties dans ce thème fut assez considérable.

En 2012, on peut constater un phénomène pareil, mais avec des zombies.

Premier semestre 2012

Walking Dead

Walking Dead, le jeu de plateau de la bande-dessinée éponyme, vient de sortir en VF chez Filosofia, après une sortie en anglais à la fin 2011. De quoi s’agit-il ? Comme dans la bd, les survivants doivent… survivre les attaques zombies sur un plateau et gérer leurs déplacements.

Resident Evil Deck Building – Nightmare

Resident Evil Deck Building (notre critique du jeu ici) a vu une nouvelle extension sortir à la toute fin 2011, Nightmare. Après le jeu de base, Alliance et Outbreak, cette 3eme extension propose un système de rangement à la Nightfall ainsi que de nouvelles cartes action, personnages et manoir. Si le jeu n’a pas connu le même succès que Dominion, il en reprend largement les mécaniques, tout en utilisant l’univers du jeu vidéo.

Off the Dead

Sorti en France en 2011, Off the Dead vient d’être réédité en 2012, une V1.5. Il s’agit d’un petit jeu coopératif uniquement constitué de cartes, sans plateau ni gros matériel. A chaque tour, on tire des cartes de la pile, et les zombies se jettent sur les personnages / joueurs, zombies qu’il va falloir éliminer. Les illustrations sont superbes, et une touche d’humour vient agrémenter le tout. Notre critique ici.

Texas Zombies

Ce jeu de cartes reprend le jeu japonais Cat & Chocolate sorti en 2010, en le rethématisant à la sauce zombies. Il s’agit d’un jeu d’expression, de bluff. A son tour, on doit faire face à une situation des plus problématiques, avec des objets inadaptés sur soi, une sorte de Battle Royal avec des zombies, et on doit convaincre les autres joueurs que l’on est capable de s’en tirer.

Plants VS zombies le jdp

Gros succès en jeu vidéo et sur smartphone, voici son adaptation jeu de plateau, sorti au début 2012, mais vendu "sous le manteau" en Chine puisque apparemment, l’éditeur n’a pas obtenu la licence du concepteur du jeu vidéo pour le développer officiellement. Il semblerait même que ce jeu ait été retiré de la vente. Mais bon, il fallait quand même en parler.

Deuxième semestre 2012

Voici les jeux annoncés pour la 2e partie de 2012, censés sortir ces prochains mois si tout va bien.

Zombicide

Zombicide, c’est l’histoire incroyable d’un succès phénoménal sur Kickstarter, la plateforme de crowdfunding. Lancé à la fin 2011, le jeu nécessitait 20’000 USD pour pouvoir être développé, et il en a reçu… 780’000 !!!!!!! Il s’agit d’un jeu de plateau coopératif pour 1 à 6 joueurs, avec pas moins de 71 figurines ! Le jeu va même sortir en français chez EDGE.

La vidéo de présentation

City of Horror

Repos Prod, les éditeurs belges de 7 Wonders, entres autres, vont prochainement sortir City of Horror, une réédition / remastérisation / réadaptation du Zombies d’Asmodée sorti en 2005 (quoi, déjà 7 ans???). Toujours du même auteur, ce City of Horror est un jeu de plateau qui reprend la mécanique de vote et de coups bas pour choisir quel personnage va se manger tous les zombies.

Le plateau de Zombies 2005

Le plateau de CoH, pour comparer

Zpocalypse

Comme Zombicide, Zpocalypse est sorti sur Kickstarter. Il avait besoin de 15’000 USD, il en a reçu 210’000 USD !!! Comme quoi, la plateforme Kickstarter est réellement l’avenir du développement.

Dans Zpocalypse, les joueurs sont enfermés dans un bunker après une apocalypse zombies et doivent en sortir pour aller chercher des vivres. Tout en évitant les hordes de zombies, également affamés. Si l’illustration de la boîte fait un peu… amateur, le jeu fait quand même bien envie.

la vidéo de présentation

Dark Darker Darkest

Cela fait plusieurs années que ce jeu est en préparation, plus de 4 ans déjà, et il est enfin annoncé pour Essen 2012. Jeu de plateau coopératif et créé par l’auteur de Panic Station (notre critique ici), on l’espère plus abouti et moins problématique au niveau des règles. Mais bon, avec tant d’années de développement, on ne peut que s’attendre à du bon.

Zombie in my Pocket VF

Ce jeu a connu trois éditions. D’abord sorti en 2007, puis en 2010, mais qu’en anglais, il est annoncé pour 2012 en VF. Une longue et riche présentation & critique des deux versions anglaises ici. Le jeu est dans un tout petit format (en tout cas pour la première édition), et il s’agit de survivre contre des zombies avec une gestion du temps astucieuse. La version française a pris du retard, elle était censée sortir en mars 2012, et plus de nouvelles du nouvel éditeur français. Dévoré par des mangeurs de cervelle?

Smash Up

Smash Up est prévu pour août 2012, et s’il place des zombies, il y aura également des pirates, des aliens, des magiciens et des dinosaures. Smash Up est un jeu de cartes, avec une base de draft au départ pour monter ses équipes et mettre ensuite plein de tatanes dans les dents de ses voisins. Une sorte de King of Tokyo survitaminé.

Fin ?

Voilà, il me semble avoir fait le tour. Connaissez-vous d’autres jeux sur le thème des zombies qui sont censés sortir prochainement ? Vous en pensez quoi de toute cette déferlante ? Comment trouver le bon jeu parmi toutes ces sorties? Peur d’atteindre l’écœurement?

Et ailleurs

Walking Dead saison 3

La série reprenant la BD a connu un beau succès, il faut dire que les acteurs sont au top. Mais si la 2eme saison a eu une baisse de régime, avec une ferme de Herschel trop présente, on attend la 3eme saison dans la prison de pied ferme. Octobre 2012. Et toujours avec cette question lancinante : "les humains, plus dangereux entre eux que les zombies?"

World War Z

Brad Pitt dans un film de zombies? Oui, c’est possible, et c’est réalisé par le suisse Marc Forster. Comme quoi, en Suisse on sait faire autre chose que du fromage et du chocolat. Ha non j’oubliais, on a aussi des montres et des Sébastien Pauchon de chez Gameworks.

Ce film est une adaptation du livre de Max Brooks sorti en 2006 et narrant une épidémie mondiale de zombies. Brad Pitt y joue un envoyé de l’ONU cherchant à comprendre d’où vient l’épidémie. Le film était censé sortir en 2012, mais après quelques soucis, ils ont dû engager un nouveau scénariste (celui de Prometheus de R. Scott) et retourner de nombreuses scènes. Le film est prévu pour 2013.

Une vidéo du tournage

Zombies, Run

Et bien sûr, comment parler de zombies sans mentionner Zombies, Run ! l’excellente appli iPhone pour faire son jogging tout en évitant des zombies, avec un véritable récit écrit par une écrivain anglaise. Notre présentation de l’appli ici.

Des zombies en "vrai", un peu partout

Et enfin, 2012 marque également la présence de "manifestations zombies" en live, des jeux de rôle ou évènements ludiques grandeur nature, tel à Genève (don’t be zombies)

Angleterre (2.8 hours later), ou Run for your Lives aux USA, un boot-camp version gore :

et attendant notre Zombies Invasion prévu le 20 octobre 2012 à Genève

Les zombies, vraiment à la mode en 2012 ! Une façon d’exorciser la peur de la mort (tout en lui donnant un aspect encore plus effrayant…), ou tout simplement l’envie de vivre et ressentir des émotions fortes?

Le tag zombies pour trouver tous les articles sur le sujet sur notre site.

Critique de jeu : Resident Evil deck-building

Standard

Présentation

Resident Evil Deck-Building (REDB) est sorti en avril 2011 en anglais, pour 1 à 4 joueurs (alors que présenté de 2-4 sur la boîte), d’une durée de 45’

Comme son titre l’indique, il s’agit bien d’un deck-building, d’un nouveau Dominion-like, comme Thunderstone ou Nightfall (lire notre critique ici).

Avec Resident Evil, on se trouve juste à la croisée entre Dominion pour les cartes action qui change les règles (plus d’achats, plus de cartes, plus d’actions) et Thunderstone pour le combat, car dans Resident Evil, vous l’aurez vite compris, il n’est pas question de faire du tricot, mais bel et bien de dégommer du zombie ravagé au virus T d’Umbrella.

Je sens déjà votre question poindre au bout de votre écran, lecteur assidu et ludophile de notre  site : qu’est-ce que REDB apporte de nouveau au genre ? La réponse sera courte & simple, RIEN !

Et là, du coup, vous avez juste envie d’arrêter de lire cette critique. Vous auriez toutefois bien tort, car le jeu représente un intérêt autre, malgré son manque cruel d’originalité.

Thème

La plupart des éléments de la saga des jeux vidéo (et pas des films moisis) sont présents : les Redfield, Wesker, Ada Wong, le Némésis, etc.

Si vous avez joué, comme moi, à tous les chapitres, du 0 au 5, vous reconnaîtrez tous les protagonistes de l’histoire. Il en manque, bien évidemment, qui feront forcément leur apparition dans des extensions futures, dont une déjà prévue pour 2011, Alliance.

Le thème est bien exploité, au contraire de Nightfall, et à l’instar de Thunderstone, puisque l’on doit équiper son personnage pour aller faire le ménage dans le manoir. On a vraiment l’impression de jouer au jeu vidéo, avec les couloirs en moins. Le thème colle bien au jeu, et c’est tant mieux, on se trouve vraiment immergé dans cet univers gore et oppressant.

Matériel

La boîte est aussi pratique que celle de Dominion, du thermoformage pour ranger les cartes, et elle est bien remplie. Mais que fait Alderac avec leurs boîtes toute caca ?

Les illustrations sont juste superbes, bien gores et riches, on adore, très baroques.

La qualité des cartes laisse néanmoins quelque peu à désirer, puisqu’il s’agit d’un carton facilement pliable, pas sûr que les cartes tiennent aussi longtemps que celles de Dominion. Et plastifier des cartes de deck-building n’est pas des plus pratiques puisque l’on passe la moitié de son temps de jeu à mélanger.

Mécanique

Faut-il la présenter à nouveau ? On tire des cartes de son deck que l’on prend en main, que l’on joue, puis on en achète d’autres que l’on défausse, ainsi que sa main une fois son tour passé. Une fois son deck épuisé, on remélange sa défausse. Bref, tout est recyclé, du parfait deck-building sans grande surprise.

La grande différence avec ses « collègues ludiques » joyeusement pompés, c’est la phase manoir. En effet, à son tour, un joueur peut décider en plus de tout le reste, d’aller se balader dans le manoir. Oui, comme dans le jeu vidéo. Pour cela, il joue toutes les armes qu’il veut utiliser devant lui, puis retourne la première deck manoir face cachée. Et là, c’est le drame. Ou pas.

La résolution est über-simple. Chaque arme inflige un nombre de dégâts, qu’il faut opposer aux viles créatures mal rasées. Si c’est dépassé, la créature est gagnée, mais elle ne rejoint pas sa défausse, au contraire de Thunderstone. Pour utiliser toute arme, il faut également posséder au même moment un nombre minimum de munitions, sinon l’arme ne sert à rien.

Ce qui choque au tout début de la partie, c’est le côté hasardeux de la pioche du manoir. On peut soit tomber sur un zombie ridicule que l’on peut éliminer au cure-dents, soit sur le némésis qui fait mal par où ça passe. Dans Thunderstone, on voit toutes les créatures, ce qui permet de bien se préparer pour l’affrontement, mais pas dans Resident Evil. Surprise. Ce côté hasardeux pourra choquer et déranger, mais au final, on se sent bien immergé dans le jeu vidéo, car là pareil, on est surpris par les créatures. Ce côté inconnu pousse donc à bien se préparer, à gérer et optimiser son deck pour parer au danger.

Comment gagner ? En mode « Story », chaque créature confère des points de décorations, des trophées. Quand la créature finale, le boss de fin, est achevée, la partie s’achève, et l’on procède au décompte. Le joueur qui aura obtenu le plus de trophées remportera évidemment la partie.

Mais quand est-ce que le boss arrive ? Comme dans Ghost Stories, à la fin ? Et bien on n’en sait rien, et là est tout le sel du jeu. En effet, la carte « boss » se balade tranquillement et méchamment dans le deck manoir, et il faut avoir bien préparé son personnage pour pouvoir l’affronter, car la créature est vraiment puissante, méchante, et en plus elle sent la mangue des bois entre les orteils.

Bref, le côté surprise du deck fait à chaque fois sursauter, on sent bien la tension quand on part dans le manoir. Oui, comme dans le jeu vidéo.

VO? VF?

Je n’ai pas encore lu sur le net l’annonce d’une traduction française. Edge ? Iello ? Cocktail Games ? Mais honnêtement, mise à la part la lecture des règles, courte et somme toute assez facile, il n’est pas nécessaire de parfaitement maîtriser la langue de Justin Bieber, car il y a extrêmement peu de texte sur les cartes et beaucoup de symboles claires. On est loin de Nightfall avec toutes les cartes spéciales.

Intérêt

Il faut rajouter que le jeu propose des tonnes de modes de jeu et variantes. Un mode simple « story » avec quelques variantes de difficulté, mais également d’autres modes de jeu, par équipe (voir à ce propos notre proposition de variante pour Dominion & Thunderstone ici) ou mercenaires. Bref, plusieurs possibilités pour renouveler le jeu, son intérêt et sa durée de vie.

Côté interaction, on est dans un vrai deck-building, donc à part 2-3 cartes spéciales qui affectent les autres joueurs, et encore, très peu, loin d’un Alchimie ou d’un Rivages de Dominion, il s’agit avant tout d’une interaction "froide", i.e. d’une course à la Race for the Galaxy, il est important de bien observer ce que les autres joueurs font pour adapter sa stratégie. Dans la famille deck-building, le plus interactif "chaud" sera très certainement Nightfall dans lequel on passe son temps à balancer des tatanes à ses amis joueurs.

Oui, bon, Resident Evil est un nouveau rejeton de Dominion qui n’apporte absolument rien de neuf. Je me demande même d’ailleurs si Monsieur Vaccarino, le papa de Dominion, ne devrait pas toucher quelques royalties pour tous ces jeux jovialement pompés sur le sien…

Non, Resident Evil n’apporte rien de neuf, mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas bon, bien au contraire. Prenez la quantité de jeux d’enchères, de jeux de majorité, de bluff, qui reprennent les mêmes mécaniques, mais qui au final parviennent à amener moultes différences et qui renouvellent le genre.

Certes, le marché commence sérieusement à se lasser de tous ces deck-buildings, tellement 2008, d’autant que Dominion n’est pas « mort » puisque le jeu ne cesse de sortir des extensions (Cornucopia pour tout bientôt). Entre Nightfall & Thunderstone, et d’autres qui vont certainement bientôt sortir, est-ce que Resident Evil est « ludiquement nécessaire » ? Si vous aimez l’univers du jeu vidéo, si vous avez envie de changement, alors oui. Sinon, passez votre chemin et évitez le manoir.

Ce que j’ai particulièrement apprécié

La tension au moment de partir au manoir

Le thème, hyper bien exploité

Les illustrations, la boîte de rangement

Les variantes et différents modes de jeux

Ce que je n’ai pas beaucoup apprécié

Le manque cruel d’originalité

La qualité des cartes

Plusieurs coquilles dans les règles : erreurs de mise en page et autres. Rien de méchant, mais ça ne fait pas très pro.

Le lien officiel du jeu, avec règles & FAQ ici.