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6 méthodes pratiques (et efficaces) pour booster sa créativité II

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Flickr – Miho Museum by Edwin Leung

Nous avions déjà présenté 6 méthodes efficaces pour booster sa créativité, des exercices courts et pratiques dans le premier volet.

En voici 6 autres.

1. Concentrez-vous sur le processus

On dit que ce qui est le plus important dans le voyage, ce n’est pas la destination mais le voyage en soi. Pour améliorer votre méthode de travail, concentrez-vous non pas sur le résultat mais sur le processus. Comment pouvez-vous pour l’améliorer? Êtes-vous coincé quelque part, et pourquoi?

2. Changez de vitesse

Pour les 15 prochaines minutes, travaillez beaucoup plus rapidement ou beaucoup plus lentement. Un changement de pas est un bon moyen pour renouveler votre énergie et créativité.

3. Faites une sieste

Oui, c’est pas plus compliqué que ça. En dormant, votre inconscient est toujours en activité, et cela vous permettra de vous remettre au travail frais et avec de nouvelles idées.

4. Mix mots

Écrivez une liste de mots sur des petites cartes, un mot par carte. Mélangez le tout, et placez deux cartes l’une à côté de l’autre. Essayez de développer des idées pour chaque association. Cette méthode vous permettra de trouver des idées originales.

5. Regardez la fin d’un film

Cela paraît crétin, mais les fins de films sont connues pour résoudre un problème. En en regardant la fin, cela vous inspirera pour trouver une solution à votre projet.

6. Allez dans votre salle de bain

Cela paraît toujours crétin, mais rendez-vous dans la salle de bain la plus proche. Asseyez-vous, relaxez-vous et octroyez une petite pause à votre cerveau , ne pensez à rien. Les salles de bain sont les lieux les plus calmes, les plus intimes aussi. Cela vous permettra de faire le plein d’énergie.

7. Et un 7e, en cadeau-bonus : Demandez à un pro

Travailler seul sur un projet pourra parfois vous fatiguer et vous donner l’impression d’être coincé. Cherchez conseil auprès d’un pro, de quelqu’un qui maîtrise le type de projets sur lequel vous travaillez. Cela vous remettra "en selle".

Peut-on être trop créatif?

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À la suite de notre article "soyez créatifs!", nous avons reçu un commentaire fort intéressant de Serval qui nous a poussé à la réflexion:

"Me sens complètement créatif, ça c’est sur ..peut être trop ! Du coup la créativité est difficilement canalisable et personnellement je m’éparpille trop..la preuve deux jeux en gestation qui changent tout le temps tellement je suis incapable de garder une linéarité. Comment faites vous ??"

Peut-on en effet être trop créatif? Est-ce que le fait de travailler / réfléchir / développer plusieurs œuvres en simultané nuirait au processus créatif?

Bruno & la besace

Pour illustrer ma pensée, je prendrai mon ami Bruno Cathala comme exemple. Bruno est l’un des auteurs de jeux de société français les plus renommés aujourd’hui (Mr Jack, Cyclades, MOW), et certainement l’un des plus prolifiques. À Essen en octobre 2011, la foire internationale du jeu, il présentait pas moins de 4 jeux publiés différents. 4.

Quand Bruno se déplace, ce qu’il fait très fréquemment pour se rendre sur des salons et rencontrer fans et éditeurs, il voyage toujours avec deux choses: son humour taquin et sa besace de vieux briscard. Si vous avez déjà croisé l’auteur au détour d’une allée ou sur un stand, vous voyez de quel objet je veux parler. Un sac en bandoulière, en tissu vert-kaki-fuchsia. Oui je suis daltonien. Et bien ce sac est rempli à ras bord de prototypes de jeux. Des protos finis, des protos en voie d’achèvement, des protos en plein développement et des protos sur lesquels l’auteur vient à peine de commencer à travailler.

Quand je rencontre Bruno, je lui demande, par pure curiosité, sur combien de jeux il est train de travailler. Il me répond alors souvent entre 10 et 15, tous à des stades différents. Bruno, trop créatif? N’aurait-il pas meilleur temps de ne travailler que sur un seul projet pour l’optimiser et l’achever?

Confiance

Comme expliqué dans l’article "soyez créatifs!", plus on crée, plus on crée, car plus on se sent alors en confiance. La création induit la création. Si l’on est plongé dans plusieurs activités créatrices, on se sent emporté, galvanisé. Tout bénéf.

Embrasser

Qui trop embrasse mal étreint. C’est souvent ce qu’on nous a rabâché. Étant enfant, on nous également souvent appris à ne faire qu’une seule chose à la fois, et de la finir avant d’en commencer une autre: "range ta chambre avant d’aller voir tes amis", "finis tes devoirs avant de sortir", etc. On nous a enseigné le zèle, l’engagement, la consistance.

Mais n’était-ce pas pour nous (r)assurer que le travail allait être accompli? Un auteur littéraire a dit un jour que le plaisir de finir une œuvre, c’était de pouvoir en commencer une nouvelle.

Temps & énergie

Et si au final le fait de travailler sur plusieurs projets en même temps ne favorisait pas la création, justement?

En création, le concept de "weathering" est très important . Ce terme anglo-saxon signifie le passage du temps, de la météo, une certaine érosion. Abandonner son projet quelque temps, pour le laisser "respirer", pour prendre du recul, regagner de l’énergie, le voir autrement pour mieux y revenir. Avec plusieurs projets en simultané, ce précepte de weathering devient alors tout à fait pertinent.

Certes, travailler en multilatéralisme peut fatiguer, angoisser même, démotiver, car on pourrait avoir l’impression de patauger, d’être inondé sous le travail, de n’en voir pas la fin (cf. le commentaire de Serval). Mais au final, on reste immergé dans le processus créatif, c’est ce qui importe plus que tout.

Donc non, au final, je ne pense pas que l’on puisse être trop créatif. Plus on crée, plus on crée.

Qu’en pensez-vous? Êtes-vous d’accord avec moi, ou pas? Fonctionnez-vous également, comme Serval, avec plusieurs projets en même temps, et est-ce difficile à gérer?

Merci encore à Serval pour le commentaire et l’impulsion d’écrire cet article!

Soyez créatifs !

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Street Art by Banksy

Sur Gus&Co, notre grand dada, ce sont les jeux, sous toutes ses formes.

Et qui dit jeux, dit évidemment développement & innovation.

A plusieurs reprises nous avons parlé d’idéation, innovation et créativité.

En voici une nouvelle couche.

Comment expliquer que certaines personnes sont plus créatives que d’autres ?

Comment expliquer que certains auteurs de jeux sont hyper-créatifs et parviennent à sortir plusieurs jeux par année ? Je pense notamment à mon ami Bruno Cathala, Dan Acher de 42Prod à Genève qui organise nombreux évènements ludiques et fun à Genève, mais également Antoine Bauza, Stefan Feld, Uwe Rosenberg, Reiner Knizia (quoique, un peu en perte de vitesse ces temps), et bien d’autres.

L’une des explications serait à chercher dans la confiance en soi, ou plutôt, du manque de.

En effet, si un individu manque de confiance en soi, et en son potentiel créatif, il aura tendance à ne pas vouloir créer, à ne pas sentir capable.

Alors comment faire pour (re)gagner confiance, et se mettre à créer ?

La conférence TED ci-dessous présente quelques pistes, dont le "guided mastery", la maîtrise guidée. Intéressant.

Nous avions publié des conseils d’auteurs de jeux pour arriver à une idée

Et également, 15 astuces pour NE PAS être créatif

Et si la créativité était LA compétence essentielle pour notre avenir, pour développer de nouvelles technologies non-polluantes et ingénieuses? Pour gérer crises environnementales, politiques et économiques?

Qu’en pensez-vous ? Vous sentez-vous créatifs ?

A faire, un petit test pour évaluer votre créativité.

Aparté

Comme chaque année, le mois de mai sur la Riviera vaudoise rime avec l’über-célèbre rencontre d’auteurs de jeux.

Organisé par Sébastien Pauchon (Ysphana, Jaipur) de Gameworks & le Musée Suisse du Jeu, ces rencontres permettent aux auteurs, plus ou moins confirmés, de se rencontrer, de discuter création et de se montrer leurs protos parmi.

Cette année, il y aura une conférence sur le thème du crossover jeux vidéos et jeux de société, avec Didier Bonvin, journaliste multimédia à la télévision suisse romande entre autre, et Manuel Rozoy, du feu magazine ludique JSP.

Si vous avez des protos, que vous voulez rencontrer des auteurs, et que vous voulez passer un bon moment au Musée Suisse du Jeu, ça se passe du 5 au 6 mai 2012 à Vevey (la Tour-de-Peilz pour être exact).


5-6 mai 2012, rencontre suisse de créateurs de jeux

5 idées de jeux pour auteurs en panne d’idées III

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Nous continuons notre série "5 idées".

Après nos 5 idées de jeux I, II, voici la III.

1. Un jeu d’infiltration à la Splinter Cell / Assassin’s Creed en jeu de plateau, dans lequel il faudrait remplir une mission discrètement sans se faire voir, avec une jauge d’ombre / bruit à gérer

2. La mode actuelle ludique, surtout franco-française, et de sortir un jeu sur les futures présidentielles. Pourquoi ne pas prendre le contre-pied et développer un jeu dans lequel il ne faudrait absolument pas se faire élire, et accumuler les boulettes pour devenir le pire candidat? Les exemples tirées de la vie réelle sont multiples ;-)

3. Un jeu de rapidité par équipe, au thème sous-marin: une équipe joue les requins, l’autre les poissons. Le but? Manger pour les uns, survivre pour les autres bien sûr. J’ai eu cette idée en plongée à 25m de profondeur au milieu d’un banc de requins, véridique !

4. Un jeu familial qui reprendrait les thèmes de Beetlejuice / Poltergeist, incarner des fantômes pour faire peur aux habitants d’une maison, le tout dans un style léger et cocasse.

5. L’Antiquité et le Moyen-Age sont deux périodes très prisées dans les jeux. Les Celtes et leur culture sont toutefois très peu exploités. Un jeu pourrait les mettre en scène : gestion d’un village, des fêtes traditionnelles qui marquent l’année, Beltaine, Samain, Imbolc, cultes, etc.

Vous en pensez quoi de ces idées ? Ça vous inspire ?

15 astuces pour ne PAS être créatif

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Après les articles sur notre site donnant des conseils pour devenir plus créatif,

Nous en avions un peu assez qu’on nous accuse d’être des esclavagistes de la créativité et de l’idéation.

Bref, si vous voulez enfin qu’on vous foute la paix et que vous puissiez passer une existence tranquille et dénuée de toute idée originale, voici quelques astuces qui vous aideront très certainement.

  1. Surtout ne pas réfléchir, penser active le cerveau et donc les idées commencent à jaillir à profusion. Le mieux est encore de rester vautré devant des jeux télévisés, ou encore mieux, des émissions de télé-réalité.
  2. Ne prenez pas le temps de ne rien faire. Restez en constante activité, toujours stressé, occupé. Ne rien faire, prendre le temps de vous poser tranquillement vous pousserait à la catastrophe, la réflexion. Si votre travail vous permet d’avoir du temps libre, changez d’emploi, travaillez comme aiguilleur du ciel par exemple, ou prenez 3 jobs en même temps.
  3. Ne vous accordez pas de moments de silence. Le silence, c’est le mal. Avec un grand M. Je ne l’ai pas mis, je risquais d’être trop original. Le bruit vous empêche de vous concentrer, et c’est tant mieux. Passez toute la journée avec un casque et un lecteur MP3 diffusant des bruits de décollage d’avion, à coin, encore mieux. Si vous n’avez pas de lecteur MP3, achetez-vous un avion et laissez le moteur allumé.
  4. Ne pas vous documenter, ne pas lire, ne pas jouer, ne pas chercher à voir ce qui se fait ailleurs, pour que cela ne vous donne surtout pas d’idées. Non, c’est mal. Avec un grand M.
  5. Ne Jamais, jamais rencontrer d’auteurs et créatifs. Jamais. Ils risqueraient de vous « contaminer » avec leur créativité et leur engouement. Fuyez-les. Comment les reconnaître ? Ce sont ces gens qui portent toujours un sac en bandoulière remplis de prototypes et qui n’ont, visiblement, pas lu cet article. Les malheureux. Avec un grand M.
  6. Ne pas faire de listes, ne pas être ordonné, structuré, organisé, restez dans un désordre constant. Etre submergé pas les tâches sans savoir par lesquelles commencer vous empêchera d’avoir les idées claires, et c’est tant mieux.
  7. Ha oui, encore autre chose, évitez de changer de point de vue. Evitez de changer, tout simplement. Le changement entraîne l’énergie, le dynamisme, l’ouverture, alors que la routine assène l’inertie.
  8. Ne pas prendre le temps de vous écouter, d’écouter vos goûts, vos passions, vos intérêts. Le faire pourrait entraîner un effet papillon dramatique qui pousserait à vous donner envie à créer en vous basant sur votre propre expérience.
  9. Si au réveil, comme ça, paf, vous étiez pris d’une soudaine idée, sans que cela soit votre faute, surtout ne pas l’écouter, tentez de la noyer sous cf point 1 ou 5-6 litres d’alcool, vite.
  10. Si vous avez quand même une idée qui vous assaille, le mieux est encore de ne pas développer de prototype, avant qu’il ne soit trop tard
  11. Si vous avez quand même monté un prototype, et que vos amis, curieux, vous assaillent pour savoir de quoi il s’agit, surtout ne pas le faire tester. Si votre idée et prototype étaient fonctionnels et intéressants, imaginez l’angoisse, vos amis vous féliciteraient.
  12. Si vos amis étaient finalement parvenus à tester votre prototype, par le plus grand des hasards, en tout cas pas à cause de vous (cf point 4), n’écoutez surtout pas leurs avis, conseils, sentiments. Ecouter les autres est une très très mauvaise idée si l’on veut rester acréatif (argggg, je viens de créer un nouveau mot, vite, le tracer).
  13. Si vous avez quand même fait la magistrale erreur de développer un prototype, et que vous pensez qu’il est bon, ou mauvais, c’est égal en fait, surtout ne cherchez pas à contacter des éditeurs. Vous déplacer pour les rencontrer, la pire des choses, ou leur envoyer votre travail pourrait avoir un effet catastrophique sur votre existence. Et si votre idée n’était finalement pas si mauvaise que ça ?
  14. Ne jamais lire www.gusandco.net, ce blog donne beaucoup trop de bonnes idées pour créer. Boycottez-le, ne le suivez pas sur Twitter, Googleplus, Facebook ou flux RSS. Envoyez à son webmaster des emails d’insultes avec des photos de chats décapités de la tête pour le menacer et le forcer à arrêter, une fois pour toute !
  15. Taisez toute ambition, enthousiasme et motivation. Vouloir innover est une perte de temps & d’énergie. Pire, cela risquerait de vous propulser sur les devants de la scène et vous rendre célèbre. Rien de plus énervant que de devoir vous cacher dans des cabines téléphoniques pour éviter d’être reconnu dans la rue. Souvent le cas pour les auteurs de jeux, soyons honnêtes.

Voilà, nous espérons sincèrement que ces 15 astuces pour éviter d’être créatifs vous auront été utiles. Non, vraiment, la vie est bien plus confortable et tranquille sans de nouvelles idées.

Cet article a été inspiré par : 66 idées pour faire un blog de merde. Merci à Thierry.

Conseils pour la création : 15 astuces en vrac

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Nous continuons notre cycle sur la création, ludique ou autre, que nous avons déjà commencé en présentant les obstacles à surmonter, les conseils I& les conseils II.
Vous trouverez ici 15 astuces, en vrac et dans le désordre, pour vous donner envie et les moyens de créer, plus, mieux.

1. La confiance est l’un des outils les plus importants pour un auteur.

2. Plus vous jouerez et plus vous voudrez imiter, pour créer votre propre modèle. Tout auteur apprend par imitation.

3. Créer est souvent précédé par le fait de jouer. Et l’impulsion de créer est presque toujours alimentée par le jeu. Jouer, le plaisir du jeu est ce qui donne envie de créer

4. Créer un jeu n’est pas censé montrer à quel point vous êtes intelligent, mais il s’agit de créer le meilleur jeu possible.

5. Comment est-ce qu’un auteur dépasse tout blocage créatif? En diminuant ses attentes.

6. Quand on joue, on attend et espère une expérience unique. Gardez ceci en tête tout en créant.

7. Détails. Souvenez-vous de ce mot, car dans la création, faire attention aux details est essentiel

8. Quand vous vous arrêtez de créer, accordez-vous une récompense : du chocolat (suisse), une balade, etc.

9. Vous avez besoin d’un lieu qui n’inhibe pas votre imagination et créativité. Où que vous créiez, le confort est l’élément principal.

10. Apprenez à vous relaxer, à vous détendre. On crée moins bien tendu, stressé et nerveux. Relaxer ses épaules est clairement important.

11. Quand vous commencez à créer, ayez un joueur en tête.

12. Quand vous commencez à créer, posez-vous les questions suivantes : pour qui, quoi, comment, et surtout, pourquoi ?

13. Quand c’est urgent, il est déjà trop tard.

14. Laissez votre création « refroidir » pour un moment, vous y reviendrez les idées plus claires.

15. ??? Un autre conseil à proposer?

Conseils pour la création, surmonter les difficultés II

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Cet article fait suite à Conseils pour la création, surmonter les difficultés I.

Après avoir abordé les obstacles Temps, Motivation, Discipline & Perfectionnisme,

en voici 4 autres :

5. Argent

Créer, un jeu, un livre, une bédé, un film, est toujours lié à l’argent.

Que l’on crée dans l’unique but de recevoir de l’argent, ou que l’argent est plutôt considéré comme une récompense annexe, l’argent est source de motivation.

Être publié ne représente pas seulement une consécration, mais également une assurance d’un apport financier plus ou moins conséquent.

Il peut arriver que l’auteur se trouve dans une situation financière fragile & modeste. Cette situation pourrait alors freiner le processus créatif.

Bien souvent, les auteurs créent à flux tendu. Tout le pécule perçu par leur œuvre sert à peine à rembourser les frais de leur création précédente, une situation délicate.

Comment surmonter ce problème ?

Prendre des emprunts, auprès d’une banque, d’amis, passerait pour une bonne idée à court terme, mais très mauvaise à moyen et court terme. Qui dit emprunt dit forcément dette, et vivre avec des dettes devient alors beaucoup plus difficile. Tout le monde connaît l’exemple du type qui prend des cartes de crédit supplémentaires pour payer les dettes de ses cartes de crédit précédentes… Éviter par conséquent d’emprunter de l’argent.

Pourquoi ne pas demander une avance à son éditeur, comme cela se fait souvent dans le monde littéraire?

Ou alors prendre un travail temporaire, ou travailler plus, que les rentrées d’argent soient suffisantes pour se laisser aller à la création sans devoir se soucier de manger ou payer sa facture d’électricité.

Renoncer de créer pour des impératifs financiers serait bien dommage…

6. Style

Cet obstacle est flagrant, surtout en début de "carrière". Chaque auteur a sa touche, sa patte. Se trouver et se reconnaître pourra représenter un défi.

Qui suis-je? Qu’est-ce que j’aime? Qu’est-ce que je cherche à accomplir, créer, exprimer? Cette démarche introspective est nécessaire pour la démarche créative, car elle pousse à (se) définir.

La création ne doit toutefois pas devenir une psychanalyse. Si trop de ressources sont utilisées, le travail en pâtira. Comment surmonter cet obstacle? Se lâcher, tout simplement, ne pas chercher à révolutionner le monde et diminuer ses propres attentes.

Si le style devient un frein, il vaut mieux se contenter de ce que l’on fait, car ce sera, après tout, on l’espère, personnel, donc différent.

7. Peur de l’échec

Créer est souvent dans un but de produire: produire un effet sur son entourage ou sur un éditeur qui va alors être enthousiasmé et "acheter" l’œuvre.

Ce processus créatif pourrait être freiné car on pourrait craindre de ne pas y arriver. De peur de ne pas produire un résultat, on pourrait interrompre ou sérieusement remettre sa création en question.

Comme vu plus haut dans le précédent obstacle, il est impératif de se lâcher et de se laisser aller à la création, avec tout ce que cela implique comme étapes de corrections / révisions, tout en allant au bout de sa démarche. Et si l’œuvre ne plaît pas? Au moins elle plaira déjà à une personne, son auteur. Faites-vous confiance, sinon personne ne le fera.

8. Détester créer pour toutes les raisons évoquées

Non, il n’est pas facile de créer. Manque d’inspiration, de motivation, de temps, de confiance.

Notre économie a changé. Au 20e siècle, nous étions dans une logique capitaliste exécutive & productiviste. Travailler à la chaîne, reproduire des schémas classiques et bien rodés.

Au 21e siècle, ces modèles sont clairement en train de péricliter, nous le constatons tous les jours. L’avenir n’est plus dans le conformisme mais dans l’innovation, la créativité.

Créer, un jeu, un livre, une bédé, un film, en est l’accomplissement. Les auteurs et artistes ont toujours été présents dans une société productiviste pour nous rappeler à l’originalité. Plus que jamais, créer est devenu nécessaire pour proposer de nouveaux modèles.

Surmonter tous ces obstacles, aussi présents, fréquents et méchants qu’ils puissent être, nous poussent à devenir meilleurs, à se montrer résilients. Comme disent les jedis, ce n’est que par le feu qu’une lame forte est forgée.

Conseils pour la création, surmonter les difficultés I

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Après avoir décortiqué le jeu et développé les 12 piliers du jeu,

Nous allons entamer un nouveau cycle approfondissant la création ludique.

Nous allons commencer aujourd’hui en nous penchant sur les difficultés, et notamment comment les surpasser.

Présentation

Quand on se plonge dans le processus créatif, quel qu’il soit, livre, film, bédé, jeu, on doit faire face à plusieurs obstacles.

1. Temps

2. Motivation

3. Discipline

4. Perfectionnisme

5. Argent

6. Style

7. Peur de l’échec

8. Détester créer pour toutes les raisons ci-dessus

1. Temps

Quand trouver le temps pour créer un jeu ?

Il n’y a pas de métier d’auteur à proprement parler, rares sont les auteurs de jeux à temps complet et professionnels, la plupart des auteurs ont un autre métier (éditeur, informaticien, enseignant) et se mettent à la création ludique dans leur temps libre, ce qui n’est jamais facile, d’autant plus qu’il faut également concilier vie de famille & sociale.

On dit souvent ne pas avoir assez de temps.

Alors, quand créer?

Le mieux est de s’instaurer un rituel et de s’y tenir. Une fois par semaine le même jour, à la même heure, etc.

Certains auteurs apprécient créer le soir quand l’effervescence journalière s’estompe, ou le matin, quand son énergie est au plut haut. S’imposer une telle plage créative développera l’aspect sérieux de la chose et empêchera toute procrastination.

Le processus de création intervient souvent dans des endroits incongrus: en déplacement dans les transports, au restaurant, sous la douche, chez des amis, etc. Il est alors important de noter toutes les idées pour ne pas les oublier et y revenir ensuite. Le moment ritualisé permettra alors de s’y pencher à nouveau.

2. Motivation

Comment palier au manque de motivation? Créer un jeu n’est pas facile, il peut arriver que l’on traverse des phases de démotivation et de repli profond.

A cela, deux réactions peuvent émerger:

1. la pause : votre jeu n’avance pas et commence sérieusement à vous fatiguer? Vous êtes bloqué quelque part, ça n’avance pas et vous en avez assez? Accordez-vous une pause. De 5 minutes, un jour, une semaine. L’avantage c’est que vous y reviendrez le cœur léger et les idées plus claires.

Attention toutefois à ne pas lâcher la chose, persévérer est nécessaire, même si parfois un jeu abandonné au fond d’un tiroir peut ressortir quelques années plus tard, avec un élément qui se décoince alors.

2. la persévérance : ne pas lâcher, se montrer persévérant. Car après tout, la création ludique est un jeu en soi. Abandonner pourrait apparaître comme un manque de sérieux, voire même comme un échec. L’avantage de cette réaction c’est qu’elle vous poussera à la ténacité, aux résultats, mais risque cependant de vous épuiser à force.

3. Discipline

Créer demande une certaine discipline. Il faut s’imposer des moments, du sérieux, de la ténacité, de la pugnacité même, ce qui n’est jamais facile, d’autant que nous somment constamment bombardés de distractions et divertissements divers. Comment travailler et développer une idée quand tout nous dérange?

Le mieux, pour créer dans des conditions optimales, est d’éteindre tout, portable, Twitter, Facebook, télé, et de se consacrer entièrement à la création. Toute distraction empiète sur son processus, et diminue efficience et motivation.

S’imposer une certaine discipline améliorera la créativité.

4. Perfectionnisme

Le perfectionnisme est souvent considéré comme un défaut, et pour cause.

Tout le monde connaît l’adage populaire : "le mieux est l’ennemi du bien". Vouloir toujours faire mieux est certes un moteur de perfection et d’optimisation, mais il peut souvent se retourner contre l’auteur puisqu’il diminuera le processus créatif.

Lâcher prise et créer un jeu bien est souvent plus que suffisant. Vouloir toujours faire mieux diminue ses forces et ralentit nettement la gestation.

Dans la suite de l’article, nous aborderons les 4 autres difficultés : Argent, style, peur de l’échec & détester créer pour toutes les raisons évoquées.

Avez-vous déjà été confronté à ces obstacles ? Et comment les avez-vous surmontés?

5 idées de jeux pour auteurs en panne d’idées I

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Les auteurs de jeux ont la vie dure. Comment proposer des thèmes originaux, des mécaniques innovantes, avec autant de jeux sur le marché ?

Voici 5 idées de jeux pour auteurs en panne d’idées, gracieusement offertes par Gus&Co.

1. Un jeu de gestion et de marketing de… jeux. Un meta-jeu en fait. Créer, éditer, produire et vendre son jeu.

2. La réédition de Super Gang, formidable jeu sorti en 1984. Contactez Ludodélire, l’éditeur original, et hop, 500’000 boîtes vendues  en moins d’un mois (dont une offerte à moi, merci)

3. Un jeu sur le Triangle des Bermudes. Les phénomènes mystérieux ont toujours captivé

4. Un jeu de course de VTT, avec racines, terrain accidenté et freestyle

5. Un jeu d’horreur glauque et sombre, aux portes du jeu de rôle, où les joueurs tentent de fuir un psychopathe effrayant

Vous en pensez quoi de ces 5 idées? D’autres idées à suggérer aux auteurs de jeux en mal d’inspiration?

ps Nous ne prenons aucun copyright ni royalties, mais si votre jeu est publié (grâce à nous uniquement, soyons honnêtes), nous acceptons tout versement en pots de confiture de gelée de coing. Merci d’avance.

Auteur de jeu, un métier?

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Métier?

Le "métier" de créateur / auteur de jeu est bien étrange.

En effet, la plupart des auteurs de jeux de société modernes actuels ne sont pas des professionnels mais créent des jeux comme hobby, le soir, le weekend, en plus de leur travail ordinaire.

Quels sont les auteurs de jeu qui ne vivent que de cette activité aujourd’hui ? Certainement très très peu : Antoine Bauza, Reiner Knizia, Klaus Teuber, Wolfgang Kramer, Michael Schacht?

Même le très prolifique Bruno Cathala travaille deux après-midi dans des boutiques de jeux, et Bruno Faidutti est enseignant.

Comme quoi, publier de nombreux jeux, même à succès, ne suffit pas pour en vivre.

Edition

Beaucoup d’auteurs de jeux sont également devenus éditeurs, soit pour une auto-édition, certainement pour gagner une marge plus importante.

C’est le cas d’Alain Epron de Krok Nik Douil (Mâamut, Vanuatu), de Cyril Demaegd Ystari (Bombay, Ys), de Bernd Eisenstein d’Iron Games (Peloponnes, PAX), de Cédric Lefebvre de Ludonaute (Offrandes, Yggdrasil), Sébastien Dujardin (Troyes, Tournay).

La liste est ici bien plus longue que les auteurs indépendants qui essaient de ne faire que ça pour en vivre.

Salaire

Un auteur de jeu gagne entre 2 et 5% de la vente du jeu avant distribution, tout dépend de son contrat. 4% est la moyenne. Pour un jeu acheté 40euros / 60 CHF, l’auteur peut toucher jusqu’à 1 euro. Si un jeu est vendu à plusieurs millions d’exemplaires, le cas du Monopoly ou des Colons de Catane, cela peut sembler financièrement intéressant.

Mais aujourd’hui, au vu de la surproduction ludique, près de 1’400 jeux publiés pour toute l’année 2011, si un jeu est vendu à plus de 10’000 unités, cela représente déjà un très beau résultat. Et vivre avec 10’000 euros sur une année avec la vente d’un jeu, cela risque de s’avérer difficile.

Rêve

Le jeu pousse à la création. Savoir que son jeu va être joué de l’autre côté de la planète (si traduit) fait effectivement rêver. Et voir son nom sur une boîte peut représenter un accomplissement, un succès, sans parler de l’appât du gain.

Passer de "simple" consommateur-joueur à producteur-auteur ne paraît pas compliqué, en tout cas pas au début. Une idée de jeu, de thème, de mécaniques, une paire de ciseaux, du carton, une imprimante, et voici son proto réalisé. Et après ? Tests, retests et encore tests, entre amis, en famille, dans un cercle de jeu.

VRP

Comme le dit mon ami Bruno Cathala, 50% du métier d’auteur réside dans la création, 50% dans la représentation.

En effet, au vu de la pléthore de jeux et de protos actuels, avoir le meilleur jeu du monde ne suffit plus pour se faire publier, il faudra encore bien "se vendre" auprès des éditeurs. Démarcher, contacter, voyager sur les différents salons, se faire voir et écouter, tout un programme.

Concurrence

Vous vous feriez opérer du coeur par votre mécanicien-vélo? Ou piloter votre avion par votre vendeur de fruits et légumes?

C’est en cela que le "métier" d’auteur de jeux est étrange; car au final, tout le monde peut créer un jeu, en plus de son travail habituel. Et du coup faire concurrence aux "véritables" professionnels.

C’est d’ailleurs certainement pour cela que le marché ludique actuel est saturé, beaucoup de joueurs se lancent dans la création, et les éditeurs, pour ne pas rater LA perle et pour continuer d’exister, publient de plus en plus.

Professionnels?

Les exemples du mécanicien-chirurgien et maraîcher-pilote sont biaisés. Car le chirurgien, comme le pilote, sont formés pour leur métier. Et il n’existe pas (encore) d’école et de diplôme de création de jeux. Il y a des professionnels du jeu, car ils gagnent leur vie, ou essaient de, mais du point de vue de la formation et de la reconnaissance des titres, c’est le vide absolu.

Pourquoi ne pas envisager une académie du jeu? Un département ludique dans les facs? Comment élaborer un bon proto? Comment contacter un éditeur? Historique du jeu, des mécaniques? Comment réaliser un bon test? Editer et produire? La liste de sujets est extrêmement riche.

Mais voilà, proposer une formation ludique et professionnaliser le domaine va à l’encontre-même de l’activité, car le métier d’auteur de jeux commence par une impulsion, une envie, une indépendance. Lancer une telle formation pourrait ralentir les ardeurs.

Alors?

Tant que les auteurs confirmés continueront à créer des jeux, que de "jeunes" auteurs se lancent dans l’aventure, le métier d’auteur de jeux va devenir de plus en plus difficile, ce qui est déjà largement le cas aujourd’hui.

De plus en plus de jeux sortent sur le marché, ce qui l’inonde et noient les sorties. Après Essen et ses 750 jeux juste sortis pour l’occasion, combien d’entre eux connaîtront un succès commercial honorable?

Le métier d’auteur de jeux est véritablement étrange: aucune formation, concurrence extrême, peu de gain, grande fragilité.

Qu’en pensez-vous?