Archives de Tag: Agricola

AgricolAventure

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Nous accueillons un nouveau membre dans la Gus&Co Team, Geoffroy, qui signe ici son premier article riche et immersif. Un jeu comme si on y était, original.

Bienvenue à Geoffroy!

Voici une session imaginaire d’Agricola – jeu d’Uwe Rosenberg qu’on ne présente plus (enfin si, quand même, la critique du jeu ici)

Agricola, construction de ferme, gestion de foyer, course à l’équipement, meeple feeding.

Ce jeu que je respecte grandement génère une anxiété forte à chaque fois que j’y joue. Nourrir ma famille à jalons donnés nécessite la création de ce qu’on appelle un moteur à nourriture. Mais dès que celle-ci vient à manquer, ce ne sont pas seulement des points que l’on perd, c’est aussi notre rôle de père/mère et de maître de foyer qui en prend un coup. Voyons comment ça se passe…

« Nous nous installons enfin Maggie et moi. Cette terre est la nôtre et tout ce dont nous avons besoin est ici. Je suis impatient de planter mes premières carottes, de voir grandir mon premier chêne. Quant à Maggie, je crois que sa plus grande attente est de me donner un fils. Nous y  parviendrons, je n’en doute pas. Alors nous serons certainement heureux et fiers.

Demain, j’irai chercher du bois. Il en faudra beaucoup, tant de choses à construire. Au marché l’autre jour, j’ai échangé une de mes brouettes contre du matériel de base, marteaux, scie, clous. Au moment de partir, un pauvre hère me supplia de lui acheter son mouton. La peste de l’an dernier l’a laissé sans famille et sans le sou, avec un troupeau de moutons devenus inutiles. J’ai sacrifié alors quelques économies de la dot pour le soulager.

Le mouton nous tient compagnie dans la salle, heureux comme nous du foyer devenu chaleureux.

Un marchand itinérant, ostensiblement riche et arrogant, s’est arrêté ce midi près de la rivière pour reposer son attelage. Tout en conversant avec lui, je lui ai dérobé quelques bougies. La lumière à la maison éclaire notre âme.

Ce soir, Maggie cuisine des racines. Le bouillon est divin.

Mai est passé si vite. Je n’ai pas eu le temps de labourer mais au moins l’enclos pour le mouton est prêt. Je crois deviner Maggie enceinte mais je crains que racines et baies ne soient insuffisantes pour elle.
Avec la machette de mon père, j’ai pu récolter du roseau. Ce ne sera peut-être pas suffisant pour la chambre du bébé mais je pense que j’ai de quoi faire. Tout à l’heure, je vois mon cousin. Il vient du bourg m’aider à construire un four à pain. Il est très doué en maçonnerie et me rend un sacré coup de main. Je lui offrirai du rhum, le frère de Maggie en stocke dans notre cave. J’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur.

Que Dieu maudisse cette ordure! Ce sinistre individu a joué des coudes et d’une vulgarité insupportable pour vider le stock d’argile, juste sous mes yeux. Le vendeur est aux anges, lui, mais je fulmine. Mes économies ne me permettant rien d’autre que de l’argile, je retenterai ma chance demain. Je laisse alors traîner mes yeux sur les invendus de fin de marché. Pas grand-chose… Je crains ne pouvoir planter d’orge ce mois-ci mais au moins nous aurons un peu de pain.

Bénie soit la Sainte Vierge, Paul notre premier-né est encore nourri au sein, il n’est pas sujet à la faim.
Bénie soit Maggie aussi : chaque jour souriante, elle cache ses inquiétudes. Les repas sont préparés avec amour mais je vois bien qu’il n’y a jamais assez dans son assiette.

Malheureusement nous devrons de nouveau nous passer de viande. Pourtant Paul grandirait tellement mieux avec un peu de ragoût. Mais la brebis vient tout juste de mettre bas et nous avons besoin du troupeau complet pour le prochain hiver.

Je dois aller en ville. C’est loin et Maggie, une nouvelle fois enceinte, sera secondée par Paul. Je n’aime pas les laisser seuls si longtemps. J’espère que le prêt me sera accordé et qu’il ne nous étranglera pas trop. Grâce à cet argent, la maison s’agrandira !

L’étable est terminée depuis quelques jours. J’ai dû convaincre mon voisin – un paysan teigneux avec une femme plutôt laide – de me laisser couper du bois. Ce fou pense que la forêt lui appartient ! Il aurait bien mérité quelques jets de pierre, mais il aurait été capable de partir avec.

En tout cas, nous pouvons maintenant installer les cochons dans l’étable. A moins que les moutons n’y soient mieux ?

Maggie m’inquiète, elle est si maigre.

De la pluie, de la pluie, de la pluie… le sol de la maison est une gigantesque flaque. Les tomates et le mais sont gâtés. Le pain presque immangeable. Je hais Novembre.

Depuis une semaine, Paul n’attrape plus rien à la pêche. Du potager ne sortent que des choux faméliques. La pyrale fait des ravages.
Je prie la lune, je prie le soleil, je prie la terre et le ciel. Je prie sans cesse durant les heures dévolues au sommeil.

Enfin de la viande ! Avec les pommes de terre du jardin. La maison respire un vent de bonheur bienvenu. Penny, tout juste née, tête sans cesse au sein de sa mère épuisée mais rayonnante. Elle grandit si vite !

L’année prochaine, je m’offre une vache. Maggie n’est pas trop d’accord mais que serait une ferme sans vache ?!

Il ne nous reste plus aucun cochon… Labours et semis cet hiver furent éreintants, Paul et Penny avaient besoin de force. Tout le lard y est passé. Il nous reste toutefois beaucoup de sucre, les betteraves ont été généreuses. Les moutons se serrent dans l’enclos et leur laine fut un véritable réconfort.

Notre troisième enfant arrive déjà. Je crains malgré moi un nouvel hiver difficile.

Le stock de roseau est pourri, la chaux est sèche et cassante. L’argent dépensé pour agrandir la maison nous manque. J’ai commandé trop de pierre – tout ça pour rien, il va falloir se serrer. Coudes et ceintures.

Je n’aurai pas dû construire ce puits !! Penny a failli se noyer ! J’ai failli la perdre ! Maggie est en larmes et m’implore de condamner le puits. Je m’exécute.

Le maire passe à la maison ce matin. Il vient nous féliciter pour la ferme, pour les enfants. Dans quelques instants il va réclamer les impôts mais nous n’avons pas de quoi. Nous sommes à sec. Maggie le supplie, il part mécontent, furieux.

Paul est maintenant marié. Un fils lui est né. Ses bras et son ardeur manquent à la ferme.

Maggie et moi avons vendu les dernières vaches, elles réclamaient trop de travail. Avec cet argent, nous pourrons envoyer notre petit-fils à l’école. Penny continue de nous aider et elle a commencé à apprendre à lire, depuis un an maintenant. Peut-être ai-ce à voir avec ce jeune marchand de bougies ?

Notre troisième enfant fut vraiment un don du Ciel – il nous a comblé et il nous comble encore malgré les épreuves. Il n’a certes pas bien grandi, il est chétif et ne nous assiste qu’occasionnellement, mais il rayonne de bonheur. Maggie, elle, continue de pleurer. »

Critique de jeu : Agricola Terres d’Elevage

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Présentation

Agricola Terres d’Elevage (TdE) est sorti fin mai 2012 chez Filosofia, créé par l’infatiguable & ingénieux Uwe Rosenberg (Ora & Labora, Agricola, Bohnanza).

TdE est jeu de plateau pour 2 joueurs uniquement, d’une durée de 30’ à partir de 13 ans.

Thème

Le thème est rural, pas surprenant avec un titre pareil. Chaque joueur cherche à élever le plus d’animaux possibles : mout-mout, chevaux, sangliers et bœufs, en construisant enclos et étables.

Le thème n’est pas forcément des plus dépaysant (pas mal le jeu de mot. Des paysans. Non OK je sors), ni des plus original, mais il est bien intégré dans le jeu. Encore une fois, comme dans Agricola, on a vraiment l’impression de gérer enclos, animaux, etc.

Matériel

Le matériel est bon, surtout les animeeples (ndtr figurines en bois représentant des animaux) en forme de sangliers, chevaux, etc.

Photo prise au Bar à Jeux à Genève le 19 mai 2012

Les illustrations, même si peu présentes, signés Klemens Franz, sont (comme d’habitudes) sympathiques et légères.

Développement ingénieux de l’éditeur : Filosofia a inscrit les échelles de bonus sur le pourtour de l’extérieur de la boîte, ce qui permet de constamment garder un œil sur le décompte final.

Mécanique

On place ses trois ouvriers sur un plateau commun central, qui confère des actions spéciales : constructions d’enclos, acquisition d’animaux & ressources, achats de bâtiments.

Oui, du placement d’ouvriers, donc : faire les bons choix, bloquer l’autre joueur.

Photo prise au Bar à Jeux à Genève le 19 mai 2012

La grande difficulté du jeu sera d’optimiser son plateau personnel pour y placer ses pâturages et ses bâtiments, sachant que selon la configuration, on pourra installer un certain nombre d’animaux ; avec la difficulté que ses pâturages, au contraire des animaux, ne peuvent pas être réarrangés.

Toutes ces deux mécaniques sont encore saupoudrées de « stop ou encore », une prise de risque, puisque les ressources augmentent à chaque tour, et on aura souvent envie d’attendre plus longtemps pour en prendre alors plus. Avant que l’autre joueur ne le fasse.

En fin de partie, pour le décompte de points, on compte le nombre de ses animaux, puis selon le nombre, on obtient encore un bonus, sachant que si l’on n’en possède au plus 3 par type, on perd des points. Les bâtiments confèrent également des points, ainsi que les extensions de plateau complétés.

Le décompte final est assez rapide, et tout est ouvert pendant la partie, permettant de connaître son avancée et surtout celui de l’autre joueur.

Interaction

Dans TdE, on ne peut pas directement s’en prendre à son adversaire, l’interaction n’est pas active mais « froide » et passive, i.e. qu’il faudra être plus rapide et efficace que son adversaire, savoir prendre les ressources à temps et tenter de déjouer la stratégie de son adversaire.

Photo prise au Bar à Jeux à Genève le 19 mai 2012

On pourrait rester focaliser sur son propre jeu, ne pas lever la tête et ne pas s’intéresser à l’autre, mais ce serait une erreur.

Conclusion

TdE est extrêmement fluide et rapide. Rapide, c’est le maître-mot. Chaque manche ne comporte que 3 tours, un pour chacun de ses ouvriers, et on ne joue que 8 manches, donc 24 tours par joueur. C’est extrêmement court, il va donc falloir optimiser tous ses choix : est-ce que je prends un animal, de nouveaux enclos, des ressources pour construire un bâtiment spécial ? Pas facile.

Le jeu est tendu, rapide, et son format excessivement court le rend encore plus appréciable. Au vu de son apparente simplicité des règles, on pourrait penser que TdE est plutôt familial, léger, alors qu’il est violent et intense.

Au final, TdE en deviendra presque addictif, et on se surprendra à vouloir enchaîner les parties pour améliorer son score, sa gestion.

Bref, TdE est un très bon jeu à deux, parfait pour jouer cet été sur une terrasse avec un matériel pratique qui ne s’envolera pas à la moindre bourrasque.

Comparatif avec Agricola

Et Agricola dans tout ça ? Oui, c’est le même thème, la même mécanique, le même auteur, pas le même éditeur (Agricola est sorti en vf chez Ystari) ; mais TdE est du Agricola en ultra-light et épuré : aucune carte, pas d’aménagements mineurs et majeurs à profusion, et surtout, pas d’obligation et tension à nourrir ses ouvriers en fin de manche. On ne fait qu’élever des animaux, sans toute la « fioriture » du jeu de « base ».

Grand amateur d’Agricola, je me souviens m’être senti frustré après ma première partie de TdE, tellement le jeu à 2 est extrêmement dégraissé. Le format est tellement court qu’on n’a pas le temps de se développer tranquillement, et je me suis senti dépossédé de beaucoup de stratégies présentes dans le jeu de base. Mais.

TdE offre une expérience ludique différente, beaucoup plus tendue. Quand on joue à Agricola à 4-5 joueurs, on ne suit pas forcément le jeu de tous les autres joueurs, tandis que dans TdE on est en directe confrontation.

Pour les afficionados, comme moi, du jeu de base, il ne sera pas facile de « lâcher prise » et éviter les comparaisons, on finira toujours par le faire.

Toutefois, hormis quelques aspects cités ci-dessus, TdE est quand même différent, pas forcément mieux ni moins bon, juste différent. Pour des parties « sur le feu » courtes, tendues et à la mise en place rapide, pas le cas du jeu de base, TdE est l’alternative idéale. Pour un jeu plus long et ample, Agricola est bien évidemment plus adapté.

Extra

Nous avons publié ici une aide de jeu pratique pour déterminer le nombre d’animaux pouvant être hébergés sur son plateau personnel.

Clarifications

  • En page 6, phase 4, reproduction, il n’est pas clairement indiqué si deux animaux doivent se trouver dans le même enclos / bâtiment pour se reproduire. L’exemple fourni semble indiquer que oui, mais ce n’est explicitement détaillé. La réponse officielle de l’éditeur est : "L’important c’est d’avoir 2 animaux du même type. L’endroit où ils sont n’a pas d’importance".

Donc non, aucune obligation d’avoir les deux animaux dans le même pâturage / bâtiments. Ex. si vous avez un cheval dans votre maison (toujours très pratique pour poser la zapette) et un autre tout seul dans un pâturage ouvert mais avec une auge, donc paf, bébé!

Petit rappel, même 17’000 chevaux ne feront qu’un seul bébé.

  • En page 8, fin de la partie et décompte, il est écrit : « après le 13e mouton, le 11e cochon, etc. vous marquez 1 point de bonus de plus par animal » pas forcément clair avec l’échelle de bonus inscrite sur l’échelle de bonus sur le pourtour de la boîte. La réponse officielle de l’éditeur est : "Le bonus peut porter à confusion. À partir du 13e, du 11e, etc., le nombre de points que rapporte chaque type augmente de 1". Donc la règle ne contredit en rien l’échelle.

Ce que j’ai beaucoup apprécié

La fluidité et la simplicité du jeu

Un jeu adapté pour plusieurs types de joueurs : newbies, casuals et gamers

La gestion et la stratégie du jeu, devoir prévoir ses coups à l’avance

Une petite boîte & un petit matériel pour un grand jeu. Comme quoi, la taille importe peu. (C’est d’ailleurs souvent ce que Co, mon épouse, me dit.)

La tension liée au format court des parties, à peine 30’, voire moins avec des joueurs confirmés.

Son aspect addictif (mais est-ce vraiment un point positif quand on a encore 25 dissert en anglais à corriger ?)

Le matériel, notamment les bonus inscrits sur la boîte

Retrouver « l’univers Agricola »

Que l’auteur, Uwe Rosenberg, parvienne à faire de l’ultra-light et de l’ultra-condensé, alors que ce n’est dernièrement pas son créneau (Ora& Labora, Le Havre, Loyang…). C’est beau de se réinventer.

Ce que j’ai moins apprécié

Des parties courtes, parfois frustrantes

Élever des animaux. Oui, je suis végétarien à tendance végétalienne. Alors je me fais un film dans ma tête qu’on gère un hôpital pour animaux. Non, on ne se moque pas.

Son aspect addictif qui empêche d’aller corriger ses 25 dissert en anglais

Aparté

Tout petit rappel minuscule,

Ce samedi 19 mai, c’est Bar à Jeux !

Ouverture (exceptionnelle) à 18h30 jusqu’à minuit.

Spécial Filosofia avec un tournoi d’Agricola Terres d’Elevage en exclusivité (le jeu sort officiellement le… 25 mai)

Crédit photo : Fotopedia Jean-Michel BAUD

Et pourquoi une photo cute de chevaux ? Parce que dans Agricola Terres d’Elevage, il faut gérer des parcs d’animaux. Voilà.

Le Bar à Jeux, en quelques mots :

Ouvert de 18h30 (ouverture exceptionnelle une heure plus tard, normalement nous ouvrons à 17h30!) à minuit, au 14 rue du Village Suisse (quartier de la Jonction) à Genève. Petite restauration bio, végétarienne, éthique & chatoyante.

Venez nombreux, ou à plusieurs.

Le Bar à Jeux de Genève remercie tous ses partenaires.

Filosofia, pour les jeux

Le CPV pour le local

La boutique de jeux online Philibert

La boutique spécialisée de jeux à Genève Xénomorphe

Espace-Terroir, pour les fruits de la région et de saison

OU BIEN ?!, pour les fruits secs & succulents (oui, on pourrait dire secculents)

19 mai, Bar à Jeux !!!!!!!!

Agricola Terres d’Elevage – Aide de jeu

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Voici une aide de jeu fort pratique pour Agricola Terres d’Elevage sorti chez Filosofia en mai 2012 & créé par Uwe Rosenberg.

Ce tableau vous permet de retrouver rapidement le nombre d’animaux pouvant être hébergés dans votre ferme.

Téléchargez l’aide en PDF ici

Bonnes parties !

Et comme dit précédemment, en partenariat avec Filosofia, le Bar à Jeux de Genève organise un tournoi d’Agricola Terres d’Elevage samedi 19 mai.

 

Bar à Jeux du 19 mai, tournoi d’Agricola TdE, inscriptions

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&

Comme déjà annoncé ici,

En partenariat avec l’éditeur québécois Filosofia, nous organisons une soirée spéciale pour marquer la sortie de leur tout nouveau jeu à deux, Agricola Terres d’Élevage, toujours du très bon Uwe Rosenberg.

Un mini-tournoi sera d’ailleurs organisé. Les inscriptions sont ouvertes, il suffit de nous laisser un commentaire ici ou de venir directement sur place avant 20h.

Attention, places limitées.

Frais d’inscription : 2’534 CHF, ou un sourire, à choix.

Début du tournoi à 20h.

Un exemplaire du jeu à gagner pour le premier joueur offert par Filosofia. Un krümble aux pommes pour le 2e ;-)

En plus d’Agricola, nous aurons également l’extension pour l’Age de Pierre, toujours chez Filosofia, ainsi que le malin et (très) léger Divinare, parfait à jouer sur un bout de comptoir tout en sirotant un lait de soya bio au chocolat bio dans une tasse bio servie par une charmante barmaid bio (si c’est Florian Julie).

Et comme nous vous l’annoncions ici, nous avons un nouveau partenaire, OU BIEN ?! qui propose de savoureuses pommes & poires bio séchées. A goûter impérativement!

Le Bar à Jeux, en quelques mots :

Ouvert de 18h30 (ouverture exceptionnelle une heure plus tard, normalement nous ouvrons à 17h30!) à minuit, au 14 rue du Village Suisse (quartier de la Jonction) à Genève. Petite restauration bio, végétarienne, éthique & chatoyante.

Venez nombreux, ou à plusieurs.

Le Bar à Jeux de Genève remercie tous ses partenaires.

Filosofia, pour les jeux

Le CPV pour le local

La boutique de jeux online Philibert

La boutique spécialisée de jeux à Genève Xénomorphe

Espace-Terroir, pour les fruits de la région et de saison

OU BIEN ?!, pour les fruits secs & succulents (oui, on pourrait dire secculents)

Ora et Labora, Le Havricola, le nouveau gros jeu d’Uwe Rosenberg

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Ora et Labora sera le 5e gros jeu de l’auteur, après Agricola, Le Havre, Loyang et Merkator. Les premiers retours du jeu après test sur proto, puisque le jeu ne sort que pour Essen 2011, le place entre Le Havre et Agricola.

Le Havre

Comme dans Le Havre, les ressources ont deux faces, simples et améliorées. Des bâtiments entrent également en jeu, bâtiment qui peuvent être soit construits soit utilisés.

Bref, un jeu de placement d’ouvrier et d’optimisation.

Agricola

Comme dans Agricola, les joueurs auront un tableau personnel sur lequel ils pourront placer leurs bâtiments construits, et il faudra également déforester pour obtenir plus de place, exactement comme dans l’extension d’Agricola « les fermiers de la lande ».

De plus, certains bâtiments ne se construisent que sur certains types de terrain particulier.

Rondelle

Comme dans les jeux de MacGerdts (Imperial, Navegador), Ora et Labora introduit une mécanique de rondelle pour obtenir les différentes ressources.

Interaction

Apparemment, les autres joueurs peuvent déplacer vos ouvriers pour les mettre sur d’autres bâtiments, introduisant un facteur interactif direct plus fort que dans Le Havre & Agricola.

Conclusion

Après l’extrêmement décevant Merkator sorti à Essen 2010, Ora et Labora est attendu au contour. Réussira-t-il à apporter autre chose que Le Havre et Agricola ?

Rendez-vous en octobre pour le vérifier.

Critique de jeu : Agricola

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Laine Farmer

Impressionnant travail d’auteur !

Uwe Rosenberg est surtout connu pour ses jeux de cartes, simples et très interactifs tel le très célèbre Bohnanza et ses 18’000 extensions (Bohnaparte, Lady Bohn, La Isla Bohnita, etc.) et Mamma Mia. Avec Agricola, Rosenberg passe et joue dans la cour des grands, des très grands. Ce jeu est en passe de devenir un jeu culte. Pourquoi est-ce qu’Agricola va se trouver très prochainement sur beaucoup de tables et dans la bouche de nombreux joueurs ? Posons-nous ici la question:

Thème ?

Agricola, c’est avant tout un thème d’une simplissitude (sic) exemplaire. Vous incarnez des fermiers au 17e siècle, et vous devez développer votre exploitation. Voilà. C’est tout. Tous les joueurs le savent bien, les Allemands, et les Français depuis peu, au contraire des Américains, mettent la mécanique avant le thème, celui-ci souvent collé au jeu parce qu’il en faut bien un, le rendant souvent artificiel, voire dénaturé (e.g. la plupart des jeux de R. Knizia ou ceux d’Ystari).

Agricola possède un thème tellement léger et superficiel qu’on aurait pu s’attendre au pire ; et là, grande surprise, le thème est parfaitement adapté au jeu, à croire que l’auteur s’est d’abord intéressé au thème et ensuite à la mécanique pour exploiter le premier par le second. Les cartes présentant les développements et les formations / personnages, le matériel symbolisant les ressources (céréales, légumes) ou le bétail (sangliers, mouton, bœufs), tout est pensé pour immerger le joueur dans la réalité paysanne du 17e siècle. On s’amuse à bêcher ses champs, à planter ses céréales, à aller pêcher pour ramener de la nourriture.

Tension ?

C’est un peu simple de tirer un parallèle entre les jeux de Stefan Feld -le champ en allemand, tellement à propos ici- tels que Notre Dame et surtout L’Année du Dragon. Agricola fonctionne un peu de la même manière puisque à la fin de certains tours, et de plus en plus rapidement et fréquemment, il faudra nourrir ses fermiers, un peu à la manière de la famine dans l’Année du Dragon. Si l’on n’en possède pas, on pourra toujours mendier, ce qui diminuera bien évidemment ses points de victoire lors du décompte final. On sent bien la tension constante pour toujours trouver de quoi sustenter ses familles, sachant de plus que comme chaque travailleur activera l’une ou l’autre action (à la Caylus ou Piliers de la Terre avec leurs artisans), plus on en aura plus on aura droit à des actions, mais plus on devra forcément nourrir de bouches.

Stratégie ?

A Agricola on est obligé de se projeter 2 ou 3 tours en avance si on veut réussir à tout faire. Agricola est un jeu fondamentalement diachronique, on joue maintenant pour après. Comme toute action apporte résultat, mais comme toute construction ou autres actions nécessitent ressources, vous l’aurez bien compris, il faudra se projeter plus ou moins loin dans l’avenir. Vous voulez élever des moutons ? Rien de plus simple, a priori: il vous faudra construire un enclôt, donc du bois, donc activer l’action "enclos", puis ensuite prendre des moutons, donc en acquérir sur la case correspondante = mimimum 2 tours à deux fermiers! Tout ça si tout va bien évidemment, que vous trouvez tout ce qu’il vous faut et que personne ne s’en soit saisi au préalable. Oui, Agricola demande que l’on réfléchisse et que l’on puisse établir des stratégies adéquates. Encore faudra-t-il savoir quelle stratégie adopter. On a presque l’impression de se trouver dans Amyitis ou Cuba, avec leur pléthore de choix disponibles, mais en encore pire, car on peut / doit y exécuter 2’000 différentes actions / développements / stratégies. Se concentrera-t-on sur le bétail ? Sur les champs pour les récoltes de céréales et légumes ? Sur les petites et/ou grandes améliorations ? Sur l’agrandissement et / ou rénovation de sa maison ? Et les cartes "formations" dans tout ça ? Faut-il adopter une seule stratégie qui vous rapportera plus de points, tout en en négligeant d’autres qui vous en enlèveront en fin de partie ? Doit-on essayer de toucher à tout un minimum ?

Vous l’aurez compris, lors de la toute première partie d’Agricola, vous ne saurez pas tellement à quel sein (saint?) vous vouer. Et même après plusieurs, vous ne saurez pas tellement quoi faire, et c’est tant mieux, cela vous poussera à en refaire pour essayer d’autres possibilités, gage de valeur d’un excellent jeu.

Matériel ?

Agricola possède un matériel gigantesque : plus de 300 cartes ! ! ! c’est d’autant plus gigantesque car on n’en tire que 2×7 par personne en début de partie, et c’est tout. Le reste servira à renouveler les prochaines parties, et renouveau il y aura. L’auteur et le jeune éditeur Lookout Games (qui n’a édité à peine quelques jeux jusqu’à ce jour) ont voulu conférer à Agricola une durée de vie impressionante. Puisque la réserve de cartes est tellement impressionnante, il n’y a aucune chance pour qu’une partie ressemble à l’autre. Sachant également qu’il existe 3 niveaux de difficulté de jeux, simple, interactive et complexe. Les règles proposent de mélanger les 3 niveaux, mais nous conseillons de se faire d’abord les dents sur les cartes simples, qui n’ont de simple que leur nom. Le système de tours est également bien pensé puisqu’on tout un chacun connaît les actions disponibles grâce à l’aide de jeu, mais ces actions, puisque tirées au début de chaque tour, peuvent sortir plus ou moins tôt, ce qui apporte à nouveau une variabilité des parties et une excellente durée de vie du jeu. Citons enfin que le jeu peut se pratiquer de deux façons / modes différents, un familial, plus léger, et un normal, plus cossu.

Nombre de joueurs ?

A combien de joueurs jouer à Agricola ? On peut y jouer en solo ( !) ou jusqu’à 5. Le jeu bien développé, puisque plus il y aura de joueurs, plus il y aura d’actions disponibles bien évidemment. Même tout seul, le jeu est intéressant et tendu puisque le coût en nourriture sera plus élevé. On fera volontiers deux parties à la suite en solo, histoire de dépasser son score précédent. A 5 le temps d’attente est un peu plus long, mais à peine, puisqu’au final il y a tellement de stratégies qu’on trouve toujours une action possible et qu’on ne perd pas tant en fluidité.

Interactivité ?

Oui et non. Certes, avec Agricola, on se situe loin de Bohnanza. La majeure part d’interactivité réside dans le fait d’observer et deviner ce que ses partenaires ont en tête pour poser ses travailleurs sur les cases. De plus, comme à Caylus où l’on peut (et devrait) réarranger fréquemment l’ordre du tour, le pion et privilège de poser en premier s’obtiennent en activant une case. Tant que personne ne le fait, le premier joueur le demeure jusqu’à la fin de la partie. Il faudra bien saisir cette opportunité à un moment ou à un autre pour ne pas devoir toujours se contenter de prendre ce qui reste.

Reste enfin le cas des cartes de niveau « interactif ». Là l’interactivité est quelque peu renforcée, puisque selon les améliorations qu’on aura développées, on pourra recevoir l’une ou l’autre action ou ressources en fonction des choix des autres joueurs, donc on pourra adapter sa stratégie en fonction.

Il serait certes intéressant de consacrer un article ou un édito prochain sur l’interactivité ludique, car on peut constater que la plupart des jeux récents mettent en exergue une interactivité « froide » plus que « chaude », i.e. une interactivité limitée au fait d’observer les plans de ses partenaires pour les déjouer et les dépasser. Citons à titre d’exemple les fameux Caylus, Yspahan, Les Aventuriers du Rail, Kingsburg, Thurn und Taxis, Theben, Les Piliers de la Terre, Cuba, etc. Mais est-ce que le fait d’être déjà assis ensemble à une table ne représente-t-il pas la plus grande part d’interactivité recherchée et fournie par un jeu ?

Point négatifs ?

Oui, deux à relever : la qualité des cartes laissent méchamment à désirer. Je ne parle pas ici des illustrations, tout à fait bien réalisées et adaptées, mais du papier utilisé, de très pauvre qualité. Une fois mélangées, et il faudra en mélanger des cartes au début au vu de la quantité, elles seront pliées et endommagées. Je suppose qu’au vu de la quantité phénoménale, pour des questions de poids (le jeu est presque aussi lourd qu’un Days of Wonder, voire plus) ou de coûts, l’éditeur n’a pas eu tellement de choix. Dommage.

Autre point négatif, à cause de l’auteur, on a quitté ses artisans construisant des murailles ou ses planteurs de tabac pour élever des moutons (et les cuire pour les manger après, dur dur pour un végétarien). On a de la peine à abandonner le jeu, tellement on veut optimiser son exploitation. Seul à plusieurs, il devient désormais difficile de quitter sa vie paysanne… Est-ce que les jeux peuvent-ils rendre dépendants, au même titre que la cigarette ou le tofu ? La Confédération Paysanne devrait être ravie que de plus ou moins jeunes urbains (ou pas) se mettent à planter, élever, gérer bétail, céréales et stock de nourriture

Vous l’aurez compris, Agricola est une véritable réussite, un GRAND jeu. Attention toutefois, comme il y a vraiment beaucoup de texte sur le cartes et que le jeu n’existe pour l’instant qu’en allemand, soit vous maîtrisez la langue de Goethe, soit vous aimez jouer en compagnie d’un dictionnaire, soit vous vous aidez de la traduction (très moyenne) française disponible ici, soit vous vous armez enfin de patience pour la réédition française. Et devinez qui s’en charge ? Quelle est la maison d’édition française qui aime les petits cubes et les jeux de gestion ? Vous l’aurez certainement deviné, Ystari, et ils auraient tort de se gêner, tellement de 1. le jeu rejoint parfaitement leur ligne éditoriale 2. le jeu va se vendre comme des petits légumes (ou petits pains, c’est selon, mais ça collait ici mieux au thème).

Avec les sorties actuelles post-Essen, Cuba, L’Année du Dragon, Darjeeling, et maintenant Agricola, 2008 s’annonce d’ores et déjà comme une année ludique impressionnante (et chère, avec tous ces excellents jeux à se procurer).

Petits conseils stratégiques :

Bois: ne délaissez pas trop le bois comme ressource, il peut vous servir pour beaucoup de constructions: étables (plus de bétail dans vos prés), pièces de maison (plus de travailleurs), enclôts (plus d’animaux, moins de champs libres donc moins de points négatifs en fin de jeu), sans parler des divers améliorations qui en nécessitent. Si vous laissez les autres joueurs attendre que le stock de bois se remplissent tours après tours pour finalement les prendre, vous risquez ainsi d’être mis à mal et rapidement distancé.

Pierre : la pierre sort assez tard dans le jeu à moins de 4, mais cette ressource ne représente finalement pas un intérêt majeur, si ce n’est pour certaines grandes améliorations et la rénovation de votre maison en pierre. Ne vous jetez pas sur elle quand elle sort.

Argile : l’argile est très important, il permet d’une part de rénover votre maison, mais surtout vous permet d’obtenir la plupart des grandes améliorations, tels que les cuisinières ou hâtres. Et comme vous le remarquerez, certaines grandes améliorations sont à double, mais la deuxième coûte toujours plus chère, un argile supplémentaire. Comme les cuisinières représentent un apport substantiel de nourriture (=cuisson), nous vous conseillons vivement de vous en procurer une rapidement, donc de prendre de l’argile dès les premiers tours.

Nourriture : évitez coûte que coûte toute carte de mendicité, cela vous handicapperait sérieusement en fin de partie. Nous pensons toutefois que se jeter sur plus de nourriture que nécessaire les premiers rounds vous empêcherait de développer votre exploitation. C’est finalement une erreur de débutant qui ne sait pas trop quoi faire que de prendre le plus de nourriture possible, quitte à le stocker pour plus tard, alors que vos voisins prennent le temps pour d’autres actions et en obtiennent suffisamment juste avant la récolte. Même si vous parvenez tout juste à nourrir vos fermiers, au moins vous aurez effectué au préalable d’autres actions bien plus nécessaires.

Céréales : n’oubliez pas d’avoir toujours un jeton "céréales" à disposition, soit pour planter (qui en fait alors pousser 2 autres), soit pour en faire du pain (2 ou 5 nourriture par jeton, selon le four possédé), soit au pire pour l’échanger contre 1 nourriture.

Roseaux : les roseaux (ressource originale peu, voire pas présente dans les autres jeux) n’est pas fondamentalement vitale, elle sert principalement à agrandir et rénover votre maison. Inutile d’en posséder trop, quelques-uns suffiront amplement (2 pour agrandir, 1 pour rénover).

Boeuf : les boeufs sortent tard dans le jeu, et c’est normal puisque c’est l’animal le plus rentable en terme de points en fin de partie et de rendement en nourriture. Jetez vous dessus aussi vite que possible, et essayez de faire des petits le cas échéant (2 donnent 1 bien sûr).

Cartes des scores : attention à ne pas quitter votre carte des scores / aide de jeu des yeux, soyez au clair avec tous les décomptes, les boni et mali (oui, bonus et malus au pluriel latin) pour ne perdre des points maladroitement en fin de partie. Vous trouverez également sur la carte l’arrivée des différentes actions par tour, forcément pas dans l’ordre, mais vous serez au moins au courant de ce qui peut sortir et plus ou moins quand.

Petit clin d’oeil / private joke à ne pas rater: sur 2 tuiles des pièces de maisons en bois, on peut voir une partie de Bohnanza en cours; sur 2 tuiles de pièces de maisons en pierre, on peut voir une partie de… Agricola.

Mise à jour de l’article du 11.7.08

Voilà c’est fait, la version française est enfin sortie et édité comme précédemment annoncé par Ystari, et malgré 2-3 maladresses de traduction, l’éditeur s’est fait plaisir en fournissant des meeples (petites pièces en bois) en forme d’animaux pour le bétail ainsi qu’un deck de cartes inédites (dont l’auteur de jeux, sic). Dommage juste que la qualité des cartes soit toujours de si pauvre qualité.

Mise à jour de l’article du 1.10.08

Spielbox, le magazine allemand de jeux, publie dans son édition du 15.10 de nouvelles cartes. Pour Halloween, des fantômes, zombies et aliens font leur apparition dans la campagne du 17e siècle. Et pourquoi pas d’abord? Pour vous procurer le magazine et les nouvelles cartes, pour l’instant qu’en allemand, cliquez ici.

Mise à jour de l’article du 24.12.08

Le Havre est sorti, le nouveau jeu du même auteur, reprenant passablement beaucoup de mécaniques d’Agricola.

Mise à jour de l’article du 27.7.12

Une version à deux uniquement est sortie, Agricola Terre d’Elevage. Notre critique ici