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Faut-il publier des critiques négatives de jeux?

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Flickr, CC, Living Together, by Sergio Alvarez

Après avoir écouté le podcast #7 de Geeklette, qui disait désormais vouloir uniquement parler des jeux qu’elle appréciait et éviter d’émettre des avis négatifs, notamment pour ne pas froisser les éditeurs, posons-nous la question: faut-il poster des avis négatifs de jeux sur le net? N’est-il pas mieux de ne parler que des « bons » jeux, pour éviter de dégoûter les joueurs et se mettre les éditeurs et auteurs à dos?

Ou au contraire, vaut-il mieux parler de tous les jeux, tout simplement, des bons comme des moins bons sans poser de filtre? Est-ce la « responsabilité » des blogueurs / podcasteurs d’analyser les jeux, et d’en exposer tous les attributs, positifs ou négatifs? Au risque de froisser certains éditeurs qui risquent alors de vous retirer de leur liste de distribution de communiqués de presse ainsi que de jeux offerts en exemplaire presse; ça m’est arrivé, après une critique en demie-teinte d’un jeu, je suis devenu « persona non grata » pour cet éditeur.

A la suite des nombreux commentaires extrêmement intéressants au sujet de la transparence des blogs et podcast, Martin « Patate » Vidberg, également membre du jury du Festival de Cannes, dit, et je cite : « même si l’on écrit sur Internet, même si on se prend parfois pour des critiques, il ne faut pas perdre de vue qu’on reste des joueurs avec des goûts différents les uns des autres. »

Du coup, je me demande si émettre un avis négatif repose uniquement sur la subjectivité. N’y a-t-il donc aucun aspect objectif à relever? Telle que la répétitivité du jeu? Des règles mal rédigées? Un thème mal exploité? Une mécanique lourde ou défaillante? Un manque crucial d’originalité? Est-ce que tous ces aspects ne sont finalement que subjectifs?

Alors certes, on pourra dire en fin de compte : « j’ai aimé », « je n’ai pas aimé » en fonction de ses goûts personnels, thème, mécaniques, etc. Mais si c’est pour rédiger une critique, autant essayer d’être le plus objectif possible, non? En relisant le commentaire de Shanouillette sur la transparence je me dis que ce sujet est vraiment délicat et qu’il touche également le monde du jeu vidéo de plein fouet.

Qu’en pensez-vous?

Je ne veux pas influencer votre opinion, mais quant à moi, avec mes 217 années d’expérience de critique de jeu professionnel et mondialement reconnu, je pense qu’il est de notre « responsabilité » de parler de tous les jeux, même s’il faut en publier les mauvais points / points faibles. Tout en cherchant les bons points également. Ménager la chèvre et le chou? La voie du milieu (bien suisse)?

Polémique: faut-il plus de transparence dans les blogs ou podcast ludiques?

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Après notre article 5 manières de rendre votre blog ou podcast ludique plus transparent de la semaine passée, le débat fait rage sur notre site mais également sur Twitter.

Visiblement, la plupart des commentateurs ne sont pas favorables à mettre une telle charte en place, pour eux il est inutile d’indiquer l’origine des jeux présentés, s’ils ont été reçus par les éditeurs ou achetés. La majorité de nos confrères préfèrent ne pas l’indiquer.

Selon les commentaires, et je résume en gros, nos lecteurs peuvent faire preuve de capacité de discernement et savoir par eux-mêmes d’où provient quoi, pas besoin d’en rajouter, on risquerait de perdre en fluidité voire même au final de transparence selon certains.

D’autres voix s’élèvent pour préciser qu’au final, tant que les jeux sont chroniqués et que l’objectivité est de mise, pas besoin d’en estampiller l’origine.

Bref, un débat d’idées extrêmement intéressant, avec, au fond, peut-être le besoin  de se poser une question essentielle, qui sommes-nous au juste.

En tant que blogueurs ou podcasteurs, sommes-nous « juste » des passionnés qui partageons notre passion, ou sommes-nous un réel service public, un canal d’information, voire même une vitrine publicitaire? Sommes-nous astreints au même code déontologique que les médias « traditionnels »?

Pour creuser le sujet, je vous joins ici la chronique d’Eliane Ballif dans l’excellente émission Médialogue de la Radio Suisse Romande du samedi 1er février 2014. Médialogue est une émission qui se penche sur les médias que j’écoute assidûment chaque semaine, et Eliane Ballif est directrice du Centre Romand de Formation des Journalistes, elle y aborde justement cette idée de charte qui semble visiblement créer une polémique sur notre site.

Shanouillette, rédactrice sur JedisJeux, nous a fait l’honneur vendredi 25 avril de lâcher un bon gros commentaire, riche et extrêmement intéressant, qui fait intelligemment avancer le débat plutôt que d’essayer de le fermer.

Avec son accord, le voici publié in extenso. On y apprend également que la journaliste est en train de monter un nouveau site à vocation neutre et sans affiliation. On se réjouit pour deux raisons : 1. ça fait toujours plaisir de voir la naissance d’un nouveau collègue, plus il y a de voix plus il y a d’approches et moins on a une vision unique et fermée 2. si le site tient ses promesses de neutralité le lecteur a finalement tout à y gagner.

Voici son commentaire:

Ce billet est basé sur mon commentaire suite à l’article de Gus sur « 5 manières de rendre votre blog ou podcast ludique plus transparent ». Gus a souhaité publié mon commentaire à la une, et je l’en remercie. J’en profite pour exposer un peu mieux ma pensée.

A titre personnel, je rejoins totalement Gus dans sa démarche sur la transparence concernant les critiques de jeu. A mon sens, dans le web ludique francophone, la question de la déontologie est extrêmement pertinente car le plus souvent absente et occultée. Pour ceux qui douteraient de l’intérêt de ce débat, je les invite à lire cet article qui parle de la presse spécialisée des jeux vidéo : « Une presse sous influence » par Frédéric Lemaire.

A la lecture de cet article, vous pourrez constater que le problème soulevé ici n’est pas une invention de l’esprit ou une lubie du « donnez-nous de la transparence », mais révèle au contraire une importante problématique qui touche tous les critiques spécialisés (musique, cinéma, jeux vidéo…etc) et peut causer leur perte de crédibilité.

Frédéric Lemaire conclut : « un modèle de médias basé sur le mercantilisme et la compromission n’est pas viable, car incapable à terme de s’attirer la confiance du public ». Le marché actuel des jeux de société étant en plein essor / professionnalisation, il s’agit je pense d’un moment privilégié pour définir des règles que nous voulons suivre (aussi utopiste que cela puisse paraitre à certains).

Un journaliste n’est pas censé accepter une quelconque gratification contre publication d’une information. Oui mais qu’est-ce qu’un journaliste ? Vaste sujet en 2014 ! Le terme « journaliste  » fait débat et ce depuis son origine. Existe-t-il de « vrais journalistes » ludiques avec carte de presse en France ? En tout cas, le positionnement entre un journaliste spécialisé et un rédacteur amateur est parfois très proche, y compris (surtout ?) dans notre domaine, et les éditeurs en tirent leur parti, tandis que le lecteur n’est que rarement informé des enjeux.

Une chose est sûre, sur le web ludique, on se retrouve souvent face à un mélange plus ou moins subtil entre le publi-communiqué et l’information. Quand on retrouve partout des critiques dithyrambiques, est-ce que c’est au lecteur de lire entre les lignes et de « recouper les informations » ? Bien sûr, il peut le faire s’il a le temps, mais c’est à la base le travail d’un journaliste.

Dans le cadre de l’info et du conseil au joueur, le lecteur devrait être en droit d’attendre plus de transparence (même si le mot agace tant il est cuisiné à toutes les sauces), surtout avec la multitude de jeux qui sortent. Bien sûr, le rédacteur amateur n’est pas tenu de respecter des règles déontologiques strictes comme le doit un journaliste professionnel, il n’existe aucun cadre éthique obligatoire (même si le parlement européen en a discuté et le débat agite régulièrement la toile).

Aujourd’hui c’est à chacun de se positionner selon sa conscience, et son objectif – qui est souvent le simple plaisir de s’adresser aux passionnés.

Mais quand j’entends un éditeur dire « prends ma boite, mais tu n’en parles pas si tu n’aimes pas » je n’ai pas l’impression d’être du côté des passionnés. D’ailleurs, je sais que peu de lecteurs imaginent qu’il existe de fait ce genre de protocoles, et quand ils l’apprennent, ils sont souvent choqués. Je les comprends. Personnellement, je n’aime pas avoir à négocier ma liberté de parole. (Cela n’empêche pas que je trouve les gens supers humainement, mais il ne faut pas tout mélanger…). Je pense que la majorité des éditeurs est suffisamment professionnelle pour comprendre qu’un autre compromis devrait exister afin que chacun puisse effectuer sa tâche en toute intelligence… et faire confiance aux lecteurs pour le reste.

Notons que c’est déjà la démarche de certains et je ne crois pas qu’ils le regrettent.

Parlons de l’expérience Jedisjeux par exemple puisque c’est celle que je connais bien. Sur Jdj ont été mis en place des contrats « moraux » avec les éditeurs, la plupart du temps il s’agit du deal suivant : un jeu contre un test s’il n’est pas trop négatif, sinon un article plus neutre de présentation du jeu, façon « c’est dans la boite » (note : cela ne veut pas dire que les « c’est dans les boites » présentent que des jeux qu’on n’a pas aimé, d’autres raisons font qu’on utilise ce format).

Quand dans le passé, nous n’avons pas tenu la ligne dictée par certains éditeurs, certains ont pu réagir durement en coupant toute communication et ce, pendant des années.

La question est simple : un rédacteur prendra-t-il le risque d’une critique négative quitte à ne plus rien recevoir ensuite, ou est-ce qu’il préfèrera mettre de l’eau dans son vin ? Précisons que les éditeurs qui envoient leur jeu « A » n’apprécieront pas plus que leur jeu « B » qu’ils n’ont pas envoyés soit descendu sur le même site ! Ainsi, aussitôt qu’on accepte les termes de certains éditeurs, on se retrouve coincé à devoir dire ce qu’ils attendent -ou bien se taire.

Bien sûr, journaliste ou blogueur, on ne sera et on ne pourra pas être objectif, mais on a le devoir d’être honnête (et c’est d’ailleurs une des premières choses qu’on apprend en école de journalisme).

Or, recevoir des boites permet de continuer à être à la pointe de l’info, tester un max de choses, et les bénévoles qui passent beaucoup de temps à écrire ont bien le droit à une compensation s’ils le souhaitent. De plus, clairement, on ne peut pas faire un article de fond complet sans un minimum de parties, ce qui oblige à posséder le jeu et acheter toutes les nouveautés est impossible !

Le critique qui reçoit des jeux se retrouve donc un jour ou l’autre face à un dilemme un peu insoluble. Voilà aussi pourquoi partout on ne parle que des jeux « qu’on aime », et voilà peut-être pourquoi il y a des réactions de rejet devant l’idée de charte de transparence que propose Gus.

A mon avis, la communauté des amateurs et des passionnés produit un certain nombre de contenus de qualité et il est tout à fait normal de fournir une contrepartie à cet effort qui participe à l’évolution et à la professionnalisation du milieu, mais déontologiquement, et avec tout le respect que j’ai pour leur travail, ça ne devrait pas être aux éditeurs de le faire.

Ces réflexions (entre autres) m’ont amenée à vouloir développer un nouveau site dont l’objectif est d’être plus pro, plus indépendant tout en étant ouvert à des rédacteurs choisis, de plusieurs profils, avec un système de rétribution juste, basée sur l’appréciation des contenus par les lecteurs.

Sans entrer dans les détails, une des idées de ce site est de donner un espace d’expression libre (mais argumenté et respectueux) où les rédacteurs seront récompensés pour leurs contributions.

D’expérience, le bénévolat profite toujours à quelqu’un, alors autant valoriser directement ceux qui ont des choses intéressantes à dire. Le site est en construction actuellement, mais vu le sujet débattu ici, je ne pouvais pas rester sans en parler !

Dans le web ludique français et même Européen, il existe peu de sites de référence, et certains, comme Tric Trac qui ne s’en cache aucunement, ont un positionnement éditeur fort.

Malgré tout, ce positionnement n’est visible que de personnes déjà averties dans le milieu, et ne sautera pas aux yeux des nouveaux arrivés, ni des nombreux visiteurs « de passage ».

Partant de ce constat, je pense que l’idée d’une charte est intéressante mais plus dans le sens d’une sorte de « déclaration d’indépendance journalistique ».

Je crois que sur un site, il serait assez étrange d’un point de vue rédactionnel de dire « attention cet article a été subventionné » et « celui-là c’est de la vraie liberté de parole ». A mon sens, pour être crédible et cohérent, il faut positionner sa ligne éditoriale : être indépendant… ou pas, mais que les choses aient le mérite d’être claires. En tout cas, c’est personnellement quelque chose qui me tient à cœur et je suis heureuse de découvrir que quelqu’un comme Gus, pilier de la blogosphère ludique, se pose le même genre de questions.

 

5 manières de rendre votre blog ou podcast ludique plus transparent

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Situation

Si vous suivez régulièrement notre blog, vous savez que depuis quelques semaines nous nous intéressons à un sujet épineux, le paiement de blogueurs pour la rédaction de critiques et annonces.

Depuis plusieurs années, le nombre de blogs et podcast ludiques ne fait qu’augmenter, vu la (quasi)facilité technique pour y parvenir: WordPress, Blogspot, Facebook, Audacity, etc. De nombreux passionnés, dont nous, se sont lancés dans l’aventure journalistique: critiques, compte-rendus de parties, d’événements, annonces de sorties, analyses et dossiers en tous genres.

Et non seulement nous observons une augmentation, mais également une (semi)professionnalisation et amélioration de la qualité rédactionnelle.

Pourquoi une charte?

Pour que les choses soient plus claires et transparentes pour tout le monde, lecteurs, rédacteurs et éditeurs, pourquoi ne pas lancer une charte pour les blogueurs ludiques?

Avec une telle charte, les lecteurs et auditeurs pourront connaître l’origine des jeux et autres arrangements avec les éditeurs. Avons-nous quelque chose à cacher? Avons-nous honte de recevoir du matériel promotionnel pour faire vivre nos blogs et podcast? Est-ce mal d’accepter de faire financer son site par de la pub?

Pourquoi ne pas « jouer le jeu » et proposer un code déontologique de notre métier passion? Que tout devienne ainsi transparent?

Voici 5 manières de rendre votre blog ou podcast ludique plus transparent :

  1. Indication : cette charte devrait clairement figurer quelque part sur le site.
  2. Pour les critiques : les blogueurs annoncent pour chaque critique d’où proviennent les jeux critiqués: cadeau reçu de l’éditeur / auteur? Achat personnel?
  3. Pour les événements : quels sont les frais pris en charge par les organisateurs? Voyage, hôtel, entrées?
  4. Pour les annonces et avant-premières : quelles sont les sources? Newsletter des éditeurs, autre site, auteur?
  5. Pour le financement : quel est le modèle financier du blog? Pub, 100% bénévole, partenariat?

Qu’en pensez-vous? Avec-vous d’autres propositions?

Alors, qu’en dites-vous, on la lance cette charte Ludigaume, Mon Petit Ludigaume, BoitecastJedisJeux, Geeklette, Proxijeux, Le Repaire des Jeux, La Taverne du Jeu, Merlindumesnil, Potion Rouge, Jeux à DeuxJumanji, Un Clic un Jeu, Meeple toi-même!Les Dessous du Troll, JeuxSoc, Ludo le Gars, Vin d’Jeu, Le Blog du Lord, Martin Vidberg (quand il parle de jeux), Fjord et Jeux,  Jeux et Flammenkueche, Videorègles, et j’en oublie énormément, mes plus plates excuses !!!

J’attends vos réactions.

Tendance : est-ce que la Gencon change la donne?

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Soyons honnêtes: le Festival International de Cannes 2014 fut une déception. Pas en terme de rencontres, le public comme les éditeurs et auteurs furent extrêmement sympathiques, ni en terme d’organisation, tout s’est très bien déroulé, mais en terme de sorties de jeux.

En effet, les grandes nouveautés ludiques sorties juste pour l’occasion étaient plutôt rares, la grande majorité des éditeurs se contentant de présenter leurs prochaines sorties 2014 : Space Cowboys avec Black Fleet, Bombyx avec Abyss, Deus et l’Auberge Rouge chez Pearl Games, Lords of Xidit et Loony Quest chez Libellud, Witness, Concordia et Drake chez Ystari, et j’en passe.

Le FIJ fut plutôt une vitrine des jeux à venir. Et à chaque fois que je demandais aux éditeurs la date de sortie, la réponse la plus fréquente fut : fin août / début septembre en Europe, avec une sortie en avant-première pour la GenCon. Depuis 2-3 ans, la GenCon est devenue un événement majeur dans le calendrier ludique, tendance qui va clairement se renforcer en 2014 et ces prochaines années.

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La GenCon, établie à Indianapolis depuis 2005, existe depuis 1968 (!). Elle a été créée par feu-Gary Gigax, le papa du cultissime jeu de rôle Donjons&Dragons.

Chaque été, fin juillet ou mi-août, pendant 4 jours, ce sont des dizaines de milliers de visiteurs / joueurs, près de 50’000 en 2013, qui viennent pour acheter, mais pas que. Sur 5 halles, une seule est réservée aux stands des éditeurs, les autres le sont uniquement pour le jeu: multiples tournois, parties d’initiation, etc.

La GenCon est la plus grosse convention en Amérique du Nord et correspond plus ou moins à notre Essen européen à nous. Presque. Car si Essen fait la part belle aux achats, soyons clairs, il est toujours extrêmement difficile de jouer sur le salon.

Bref, en 2-3 ans, la GenCon d’Indianapolis est devenu le nouveau rendez-vous impératif des éditeurs francophones. Et au vu du peu de sorties à Cannes cette année, je pourrais même affirmer que la méga-convention américaine a supplanté l’événement de la Croisette. Il est certes toujours nécessaire pour les éditeurs et auteurs d’être présent au FIJ de Cannes, rien que pour se faire voir, mais la GenCon est le nouvel Eldorado des éditeurs francophones. Pourquoi?

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Est-ce que le marché européen stagne et que le marché américain représente un nouvelle plateforme intéressante? Il y a certainement un peu de cela. Tout nouveau marché est bon à prendre, surtout qu’en terme de chiffres, les US sont quand même le troisième pays le plus peuplé au monde, et en y rajoutant le Canada, anglophone et francophone, le bassin de population devient juste immense. D’autant que le marché du jeu en Europe est un marché de niche concentré sur les rares boutiques spé. Tandis qu’aux US, le marché est beaucoup plus établi avec un e-commerce très présent et logique avec le vaste territoire américain. Soyons clairs, il est toutefois encore très difficile d’obtenir la grande majorité des titres ludiques européens dû à une difficile distrib outre-Atlantique. D’où l’intérêt d’être présent à Indianapolis pour améliorer sa présence sur sol américain.

Mais surtout, la GenCon, comme Essen, attire plusieurs centaines de milliers de visiteurs, donc acheteurs potentiels, sans parler de l’engouement médiatique que représente l’événement, une excellente plateforme publicitaire qui génère visibilité et envie des européens, qui devront encore attendre 1d6 semaines avant d’obtenir les nouveautés sur le Vieux Continent.

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Cannes, trop rapproché d’Essen? Essen, c’est évidemment l’événement majeur / capital dans le calendrier de tout éditeur. L’année passée, record historique, plus de 800 jeux y furent présentés (Essen en 11 chiffres). Ne pas être présent à Essen avec un nouveau jeu c’est un peu « rater » son année, même si du coup son jeu est perdu dans la masse, et c’est peu dire.

Cannes a lieu fin-février début mars, juste après les fêtes de fin d’année, quand le soufflet d’Essen est retombé. Difficile donc pour les éditeurs de relancer la machine si rapidement après Essen. La GenCon permet donc aux éditeurs de respirer quelques mois pour de nouvelles sorties mi août.

D’autant que mi août n’est pas si loin d’octobre, donc pour les plus petits éditeurs, ou moins « gourmands », le seul jeu présenté à Indianapolis pourra être « recyclé » deux mois plus tard à Essen.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, en avril, et depuis plusieurs semaines, les sorties sont plutôt rares, tous les éditeurs préparent la GenCon et / ou Essen, le rush risque d’être hallucinant en septembre-octobre.

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je trouve ce premier semestre très morne en terme de sorties. Essen, et maintenant la GenCon, demande une certaine concentration et préparation des éditeurs pour pouvoir sortir leurs galettes au « bon moment ». Je mets entre guillemets, car si tous les éditeurs de jeux font pareil, je ne suis pas persuadé que le « bon moment » soit véritablement le « bon moment »…

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Tous les éditeurs francophones se connaissent, se fréquentent, et, chose inouïe, pour la plupart, s’apprécient. Je me demande si les patrons de Samsung, HTC et Apple vont boire des godets ensemble, jouer au bowling ou passer des vacances de ski. Les éditeurs de jeux, oui, alors qu’ils sont tous concurrents! Dingue.

Depuis 2-3 ans donc, depuis qu’Asmodée US y a une forte délégation, de plus en plus en d’auteurs et éditeurs européens font le déplacement à la GenCon, ce qui motive alors d’autres collègues à faire pareil. Effet boule de neige, malgré la distance, 15h de vol depuis la France, et les coûts.

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Un autre facteur rend la GenCon intéressante pour les éditeurs : son public. Au contraire des Européens que nous sommes, les Américains sont encore très peu « blasés » car ils ne sont pas « inondés » par autant de titres que nous. Le marché européen, même si de niche, est extrêmement bien distribué intra-Europe, ce qui n’est clairement pas le cas aux US (relire la chapitre « marché »). Le public est donc moins « gavé », plus ouvert à la découverte, même si bien différent du public européen.

Si les Américains sont connus pour préférer l’Ameritrash, jeux à thème fort et au matériel élaboré, plutôt qu’à des mécaniques ripolinées mais au thème collé, les Eurogames, ce public n’a en fait pas eu tellement la chance de découvrir autre chose, l’Ameristrash étant fortement implanté aux Etats-Unis, logique.

gus&CoBon, ne nous reste plus qu’à trouver un éditeur qui veuille bien nous financer le déplacement pour aller couvrir l’événement. Ou attendez, nous pourrions lancer une campagne Kickstarter pour ça, c’est bien la mode, non?

Et Cannes? En ce qui nous concerne, après notre déception de cette année, nous ne pensons plus nous rendre à Cannes, en tout cas pas ces prochaines années. Nous ne trouvons l’événement plus véritablement « nécessaire » en terme de sorties, comme vu dans cet article un shift est clairement en train de s’effectuer au profit des US.

[edit : nous avons effacé toute une partie concernant le FIJ. Suite à un malentendu, un arrangement cordial a pu être trouvé]

Cette année, la GenCon aura lieu du 14 au 17 août 2014.

Et vous, avez-vous prévu de vous rendre prochainement / une fois / jamais à la GenCon?

Alien Frontiers sur Ulule, mais ouate de phoque

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Après l’échec cuisant de Massilia de KND sur Ulule, nous dirigeons-nous vers une nouvelle arnaque sur Ulule?

Alien Frontiers de Tory Niemann, relancé par les Polonais de LocWorks, a été financé à 125% pour plus de 22’000 CHF / 18’000 euros en juillet 2012. Juillet 2012. 2012. Donc bientôt deux ans. Et le jeu n’est toujours pas sorti, alors qu’il était initialement prévu pour… NOVEMBRE 2012 !!! NOVEMBRE 2012 !!! Nous sommes en avril, soit une année et demie plus tard, et toujours rien.

Ouate de phoque? Sérieux? Ils ont dû planter des arbres en Pologne et attendre qu’ils poussent pour les couper pour en faire ensuite des cubes?

Le tout dernier message d’information remonte au 31 décembre 2013 pour dire qu’ils s’étaient planté de fournisseurs et que le jeu prendrait du retard : « Après plus d’un an de retard, je comprends que votre patience est à bout. La situation dans la quelle nous sommes tous est due aux erreurs que j’ai commises. Cependant le projet ne sera pas annulé et le jeu sera édité ».

Bonne nouvelle. Sauf que.

Sauf que là ça fait quand même quatre mois que l’éditeur n’a plus donné de nouvelles. Je lui ai écrit hier matin et l’éditeur m’a rapidement et poliment répondu en affirmant comprendre mon agacement et colère. D’après son message, il aurait enfin reçu reçu le matériel, et devrait à présent négocier avec un fabricant polonais pour établir un échéancier. Ce n’est donc certainement pas pour tout de suite..

Me serais-je fait à nouveau arnaquer par / sur Ulule (qui se dégage évidemment de toute responsabilité gnagnagna…). Non, je ne pense pas. Juste que le jeu aura connu un retard hallucinant, et que ça saoule vraiment.

En tout cas, même si le jeu sort dans 1-2 années / siècles, encore une fois, je réalise à quel point toutes ces plateformes de financement participatif sont vraiment du gros ouate de phoque, et on ne s’improvise pas éditeur du jour au lendemain.

Et vous, avez-vous également financé Alien Frontiers? Êtes-vous, comme moi, un tout petit peu énervé?

PS La 4 édition d’Alien Frontiers peut désormais se trouver sans problème sur Philibert… J’hésite d’ailleurs à l’acheter, comme ça au moins j’aurai le jeu avant la retraite.

Le lien direct sur Ulule

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Si toute cette histoire vous fait un peu mal, Gus&Co vous offre ici un cadeau bien pratique.

Scandale: des blogueurs payés 100 euros pour écrire des critiques de jeux. Et Gus&Co?

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Money, CC Flickr, by 401(K) 2012

Pour faire suite à notre précédent article sur des blogueurs qui toucheraient 100 euros pour écrire des critiques de jeux, nous tenons ici à vous présenter, chère lectrice, cher lecteur, notre charte, notre « code déontologique », pour que tout soit plus clair entre nous.

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Comme beaucoup d’autres collègues blogueurs ou podcasteurs francophones, nous recevons quelques fois des jeux des éditeurs pour en écrire ensuite un article.

Bon an mal an, nous recevons en moyenne un exemplaire-presse par mois. C’est certainement peu à comparer avec d’autres blogs, mais il faut dire que comme nous sommes domiciliés en Suisse à Genève, cela refroidit quelque peu les éditeurs étrangers à payer les frais de port. Nous recevons donc 12 jeux par année, jeux auxquels nous nous efforçons de jouer pour ensuite en rédiger une critique. Les éditeurs connaissent notre site, connaissent notre style, franchise et ton.

Que les choses soient claires: si le jeu ne nous a pas plu, ce n’est pas parce qu’on nous envoie des jeux que nous allons forcément en dire du bien! La preuve, notre récente critique du très très très moyen Dark Darker Darkest chez Queen envoyé pas Asmodée en novembre 2013. Nous nous sommes d’ailleurs même déjà fâchés avec certains auteurs et éditeurs pour nous être montrés honnêtes (je ne citerai personne…).

Mais plutôt que de « descendre gratuitement » un jeu, nous essayons plutôt d’être sincères et de relever les points positifs comme les négatifs: la preuve, notre critique de l’excellent Pathfinder jeu de cartes, que nous avons acheté nous-mêmes, au passage. Nous en disons le plus grand bien, mais nous soulevons également le fait qu’il est très répétitif, surtout après 9h de partie non-stop ;-) Donc du bon et du moins bon. Pareil pour Quantum par exemple.

Désormais, pour que les choses soient plus claires sur notre site, dès que nous posterons un article sur un jeu offert par un éditeur, nous l’indiquerons clairement dans la présentation. Le lecteur sera ainsi mieux informé, à lui de décider ensuite si notre jugement a été influencé par le cadeau. Peut-être même que toute la confrérie de blogueurs ludiques pourraient faire pareil pour gagner en clarté et honnêteté, non?

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Nous refusons tout paiement et insert publicitaire dans la partie générale de notre site. Nous venons juste d’ailleurs de décliner deux propositions publicitaires : une bannière d’un éditeur très connu qui nous proposait des jeux en échange, ainsi qu’une rédactrice, payée par des sites de poker en ligne, qui voulait nous proposer des articles, du contenu, en y plaçant 1-2 liens vers des sites de jeu d’argent; nous aurions alors été payés 50 euros par article publié. Nous avons préféré rejeter ces deux demandes.

Recevoir des jeux est une chose, mais placer de la publicité sur notre site en est une autre. Cela nous dérange pour trois raisons :

  1. visuellement : les bannières et autres logos peuvent « défigurer » notre site. Même s’il n’est clairement pas le plus joli de l’univers nous l’admettons volontiers, en y ajoutant des bannières de tous les côtés nous craignons qu’il devienne (encore plus) moche.
  2. objectivité : en plaçant de la publicité d’éditeurs, nous voulons éviter toute incohérence avec notre ligne éditoriale. Vous vous imaginez si nous présentions la critique d’un jeu moisi d’un éditeur alors que sa bannière publicitaire se trouvait juste à droite, là? Nooooon.
  3. consommation : la publicité pousse à la consommation, c’est bien le principe d’ailleurs. Et si nous pouvons limiter la consommation, tant mieux. Pour notre porte-monnaie, d’abord, mais surtout pour la planète.

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A Gus&Co nous n’acceptons aucun paiement en espèce de n’importe quelle source, éditeur, auteur, distributeur. Nous sommes un site à 100% bénévole, nous ne faisons pas ça pour en vivre, encore moins pour l’argent, nous écrivons sur le net depuis 2007 par pur plaisir et passion.

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Comme vous le savez, nous sommes également gérants du Bar à Jeux de Genève, ouvert un samedi par mois, un bar associatif bénévole qui met quantité de jeux gratuitement à disposition et qui sert de la petite restauration bio et végétarienne.

Les entrées d’argent nous permettent à peine de rentrer dans nos frais. Nous ne touchons aucun salaire. Et c’est mieux ainsi. Nous pourrions acheter des produits moins cher, augmenter nos prix, faire payer l’utilisation des jeux comme cela se fait déjà dans nombre cafés-jeux en France. Mais depuis le début de l’aventure, nous avons décidé d’éviter de capitaliser. Nos trois objectifs:

  1. partager notre passion du jeu
  2. offrir un lieu convivial, ludique et fun à Genève
  3. offrir une petite restauration bio et végétarienne pas hors de prix: café à 2.4 euros, thé à 1.60, jus de fruits équitable à 2.40, pizza à 8 euros. Mais je ne vais pas non plus vous faire toute la liste de notre menu ici…

Pourquoi parler du Bar à Jeux? Parce que si vous cliquez sur l’onglet en-haut vous tomberez nécessairement sur la longue liste des partenaires du Bar, ce qui contredit alors fondamentalement le point 2. Tous ces partenaires ne nous offrent pas d’argent mais des jeux (ou un lieu, ou des fruits locaux, ou des magazines) pour être mis ensuite à disposition des joueurs du Bar. Nous annonçons d’ailleurs souvent sur le site les nouveautés à découvrir, nouveautés envoyées par les éditeurs ou offerts par les magasins. Nous organisons même souvent des soirées spéciales pour lesquelles nous traitons alors directement avec un éditeur non-partenaire officiel, mais ami, ce que nous précisons bien évidemment.

En ce qui me concerne, je marque bien la différence entre le site général, les articles, critiques, partie générale indépendante, et la partie Bar à Jeux qui fonctionne grâce aux multiples partenaires (que nous tenons à remercier encore une fois ici). Donc même si nous sommes actifs dans ces deux activités, entre autres, l’une n’a pas d’influence directe sur l’autre, nous gardons tout à fait notre indépendance.

ps : le prochain Bar à Jeux aura lieu samedi 12 avril

Voilà, comme ça maintenant les choses sont plus claires pour vous, lecteurs fidèles.

 

Tendance : le crossmedia, l’avenir du jeu de société?

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Transparent Screen, Flickr, by Yohann Aberkane

Transparent Screen, Flickr, by Yohann Aberkane

Le crossmedia, c’est l’utilisation simultanée de plusieurs plateformes médias: tablettes, éléments IRL, jeux vidéo, smartphones, etc. C’est un tourbillon qui mélange réel et virtuel pour une expérience ludique immersive en proposant plusieurs supports différents.

Avec une technologie aujourd’hui bien implantée et nettement moins chère qu’il y a quelques années, le numérique est à portée du grand public, poussant auteurs et éditeurs à développer des jeux pour des formats innovants.

Après, comme ça fait toujours bien de se la péter en se la jouant expert et critique, est-ce que cette tendance crossmedia apportera un réel plus à l’expérience ludique ou est-ce qu’on nage plutôt dans une soupe de gadget technologique évanescente (vous avez vu comme je sors des termes pointus aujourd’hui)? A titre d’exemple, je citerais la Kinect de la Xbox 360, sortie en 2010, et qui n’a jamais vraiment décollé malgré un fort potentiel crossmedia / IRL; on verra avec la One si ça va changer…

Un bon exemple de projet crossmedia ludique, c’est Prodigy, dont la campagne Kickstarter vient tout juste de commencer cette semaine. Créé par le studio parisien Hanakai, Prodigy propose de mélanger habilement figurines, cartes et jeu vidéo, le tout grâce à la technologie NFC, pour des parties de RPG épiques. Si la campagne trouve son financement, 100’000 USD en 30 jours quand même, le jeu devrait sortir en 2015.

Qu’en pensez-vous? Pas de Prodigy, mais de cette tendance crossmedia? Bientôt un jeu Days of Wonder multi-plateforme? Et pourquoi pas?

A lire également, un dossier complet sur ePawn et l’avenir du crossmedia sur Proxijeux ici

La BA de Prodigy

Le gameplay

Le lien de la campagne KS de Prodigy