Pourquoi joue-t-on?

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Comme site ludique, nous nous sentons obligés d’aborder cette question. De nombreux philosophes, psychologues, auteurs de jeux et webmasters ont déjà cherché à répondre à cette question, nous en rajoutons une couche.

Introduction

Universel, intemporel, le jeu a toujours été une activité humaine fondamentale. Pas qu’une humaine en fait, les animaux eux-mêmes jouent aussi.

Alors, pourquoi joue-t-on? Que recherchons-nous dans le jeu et que sommes-nous si avides d’obtenir pour nous lancer « corps et âme » dans cette activité?

Cet article dresse un portrait généraliste du jeu, nous parlons aussi bien du jeu de plateau que du jeu vidéo, du jeu de rôle mais également du sport, qui est, après tout, aussi un jeu.

N’importe où

Le jeu peut avoir lieu n’importe où, il est aspatial, il suffit d’une balle, d’une table, d’un peu de sable, de cartes, et on peut alors jouer. Le lieu n’importe pas. Cet aspect rend le jeu intéressant puisqu’universel.

Objectif

Le jeu nous donne un but. On vise la victoire bien sûr, et pour y arriver on doit passer par plusieurs étapes : attaque & défense, recherche & acquisition d’éléments, etc. Tous ces stades rendent le jeu captivant, car il nous donne une mission, nous savons quoi faire et où aller, ce qui n’est pas toujours le cas dans la vie en général. Nous vivons, nous travaillons, nous cherchons le bonheur, mais ce n’est pas facile de définir son but personnel dans la vie.

Résolution

Les jeux nous demandent de résoudre des défis, des énigmes, des difficultés. Nous les apprécions, car ils nous font croître. Ils nous épuisent, nous fragilisent certes, mais nous rendent au final grandis.

Contrôle

Jouer nous donne la possibilité de contrôler notre environnement. Même si les règles sont là pour cadrer le jeu, notre contrôle s’affirme justement en développant des stratégies pour parvenir à la victoire dans un cadre donné. La vie ne nous offre pas toujours autant de contrôle, nous la subissons en partie : santé, lois physiques, travail, etc.

Le jeu nous permet justement de « tordre la réalité » comme il nous paraît approprié, cela nous donne une sensation de liberté et de puissance.

Progression

Le jeu nous permet de progresser, comme vu plus haut dans l’aspect « objectif ». Mais le jeu nous donne surtout la possibilité de visualiser cette progression. Il nous donne un sentiment d’accomplissement, d’élévation, puisque souvent des niveaux supérieurs sont atteints.

Cette recherche d’amélioration et de progression est importante, car elle témoigne de notre avancée, de nos accomplissements. Dans la vraie vie, à part quelque promotion, on ne reçoit pas de badge ou de level-up quand on réussit quelque chose.

Risques

Jouer permet de prendre des risques, et de ne pas y rester. Combats, prouesses physiques, tout est simulé, et en principe il ne devrait pas y avoir de risques de blessures. J’ai dit « en principe ».

Prendre des risques est nécessaire pour notre développement, cela nous permet de connaître nos limites. Dans le jeu, tout est factice, cela nous  permet de nous « entraîner » et de nous sentir libres.

Gloire

Le 31 octobre 2011, nous avons franchi la barre des 7 milliards d’individus sur la planète. L’une des grandes caractéristiques communes à l’être humain, c’est de vouloir toujours être meilleur que les autres, de se détacher, de se sentir différent et spécial.

Les hommes (et les femmes) se sont toujours mesurés à leurs compatriotes. En entrant dans une pièce, on jauge les personnes présentes pour se dire qu’on est plus beau / grand / fort / intelligent que les autres : joutes, compétitions, jeux. Se faire sa place est important.

Ce besoin de nous détacher de « la meute » est certainement un réflexe animal qui remonte à loin dans notre évolution. Supérieur aux autres, nous prouvons notre valeur, mais surtout notre capacité à survivre.

Le jeu nous permet justement de nous mesurer aux autres et de connaître la « gloire » par la victoire.

Relevons également que pour se sentir supérieur, on a besoin de la reconnaissance des autres. Tout seul, toute affirmation est caduque.

Temps

Le jeu est une formidable machine à voyager dans le temps. On peut passer 4h sur un jeu et ne pas avoir vu le temps passer. C’est d’ailleurs bien pour cela qu’il n’y a jamais de fenêtres dans les casinos, l’extérieur est toujours occulté, pour que les joueurs ne remarquent pas le temps passer et continuent à jouer (et dépenser leur argent).

Jouer nous transpose dans une réalité temporelle virtuelle, et appréciable. Plus une activité est fun, plus le temps passe vite. Le contraire est aussi vrai, rappelez-vous vos cours de maths / allemand / visites chez le dentiste (cochez la bonne proposition).

Ensemble

Le jeu est avant tout social. Même les jeux vidéo d’aujourd’hui sont devenus en réseau, MMO, sur réseaux sociaux pour comparer ses résultats, etc.

L’homme est un animal grégaire, il faut se faire violence pour rester solitaire. Nous avons besoin des autres, d’être en société, nous avons, pour la plupart d’entre nous, beaucoup de difficultés à accepter la solitude.

Jouer, c’est être entouré, partager du temps à plusieurs, ensemble.

Meilleur

Le jeu nous permet également de projeter une meilleure image de soi, de se transposer et de se transfigurer.

Le cas est flagrant dans les jeux de rôle, vidéo ou papier, lorsque nous nous créons un alter ego, souvent plus rapide, plus beau, plus fort, comme Jake Sully dans Avatar par exemple. Cela nous permet de nous échapper de notre condition et de nous imaginer ailleurs, meilleur.

Fun

La dernière raison qui nous pousse à jouer est bien évidemment le fun que nous ressentons en jouant. Fun = plaisir.

L’être humain est hédoniste. Il apprécie s’adonner au plaisir, cela lui confère bonheur et soulagement dans une vie pas tous les jours facile. Le jeu est un exutoire, une parenthèse bienfaisante. Nous jouons pour oublier, passer et voir autre chose.

Nous avons tout récemment publié un article sur le fun justement, la différence entre « simple fun » et « hard fun » à lire ici.

Ai-je fait le tour ? Êtes-vous d’accord avec moi ? Verriez-vous d’autres facteurs sociaux ou psychologiques qui nous poussent à jouer ?

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  1. Intéressant. Pour ma part, un des facteurs importants pour apprécier un jeu est la force de son univers. J’utilise, à dessein, le mot force plus que richesse car, pour moi, ce n’est pas forcément question de profondeur mais bien de ressenti. Je suis incapable de me passionner pour le moindre jeu abstrait.
    De ‘petits jeux’, aux mécanismes pourtant simples, me font passer de très bon moment parce qu’ils m’embarquent (déballez Mr Jack et je me vois dans les rues sombres et humides de Londres).
    Un jeu comme Troyes me transporte, et peu importe que je perde à chaque fois… la notion de victoire qui, très instinctivement, est associé au plaisir de jeu n’a plus rien à faire là dans mon cas. Et pourtant j’aime gagner ! Mais le dépaysement est le plus fort.
    Je travaille sur plusieurs prototypes de jeux, aux thèmes très variés. Je me rends compte que le fil rouge de l’ensemble de ces projets est que je veux créer des jeux qui se racontent. Une partie doit pouvoir se narrer pour me passionner.

    En somme, il me faut de l’évasion (qui est certainement la somme de plusieurs des critères que vous citez).

  2. Intéressant et concis. On peut aussi ajouter le jeu de l’acteur, et le musicien qui joue de la musique !
    Il y a bien sûr l’évasion, l’apprentissage et le plaisir dans tous ces jeux. Chacun étant différent dans ses façons de s’évader, d’apprendre et de prendre du plaisir, c’est pour cela qu’il y a tant de formes de jeux !!! Et tant mieux !!!

  3. je suis tombée sur votre article en préparant quelque chose sur le jeu coopératif… du coup, je trouve dommage que vous n’abordiez pas du tout le rôle socialisant du jeu – pas celui de se comparer aux autres, celui du plaisir de faire avec, de partager, de réussir un défi ensemble.

  4. Je pense que l’aspect social du jeu est important lui aussi. Pas uniquement dans le fait de dépasser les autres mais aussi dans son rôle de moyen de communication. Le jeu est quelque chose d’informel, il n’y a pas de pression, d’obligation de victoire mais il permet de rassembler les gens dans un but commun sans distinctions de classes ou de provenances voir d’âge et de capacités. Il favorise les échanges et sert de base à la communication entre personnes ne se connaissant pas obligatoirement.

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